PESANTEUn, POIDS, GRAVITE
ludi pesanteur est dans le corps une quantité qu'on sent et qu'on distingue par elle-même. Le poids est la mesure ou le degré de cette qualité; on ne le connoit que par comparaison.
La gravité est précisément la même chose que la pesanteur, avec un peu de mélange de 1 idée du poids; c'est-à-dire, qu'elle désigne une certaine mesure générale et indéfinie de pesanteur. Ce mot , pris dans le sens physique , est un terme dogmatique de science, qui n'est guère d'usag« que dans 1 occasion où l'on parle d'équilibre, et lorsqu'on le joint avec le mot de CENTRE : ainsi l'on dit que pour mettre un corps dans 1 éqtuiibie , il faut trouver le centre de gravité ; mais on s'en
PESTILENT. -zi-
scrt plus fréquemment au figuré , lorsqu il s'agit Aq mœurs et de manières..
On dit absolument, et dans un sens indéfini, qu'une chose a de la pesanteur; mais on dit relativement et d'une manière déterminée, qu'elle est d'un tel poids , de deux livres, par exemple , de trois , de quatre , etc.
Mille raisons prouvent la pesanteur de l'air , et le mercure en marque \e poids.
Au siècle d'Aristote, la pesanteur des corps étoit une qualité occulte qui les faisoit tendre vers leur centre; et de notre temps, elle est une impulsion ou un mouvement inconnu qui les envoie dans les places que la nature leur a assignées. Le poids seul a d'abord réglé la valeur des monnoies ; ensuite l'autorité les a fait valoir par l'empreinte du coin.
Dans le sens figuré, la pesanteur se pread en mauvaise part^ elle est alors une qualité opposée à celle qui provient de la pénétration et de la vivacité de l'esprit. Le poids s'y prend en bonne part; il s'applique à cette sorte de mérite qui naît de l'habileté jointe à un extérieur réservé, et qui procure à celui qui le possède, du crédit et de l'autorité sur l'esprit des autres.
Rien n'est si propre à délivrer l'esprit de la pesanteur naturelle, que le commerce des dames et de la Cour. La réputation donne plus de poids , chez le commun du peuple, que le vrai mérite.
L'étude du cabinet rend savant , et la réflexion rend sage ; mais l'une et l'autre émoussent quelquefois la vivacité de l'f "-prit , et le font paroitre pesant danô la conversation , quoiqu il pense finement. (G,.)