PIQUANT
de sa conservation , dans l'idée qu'il j a du péril. La frayeur est un trouble plus grand , plus frappant , plus perséyérant. La terreur est une passion accablante de l'âme , causée par la présence réelle , ou par l'idée très-forte d'un grand péril.
Pjrrhus eut moins de peur des forces de la république romaine , que d'admiration pour ses procédés. Attila faisoit un trafic continuel de la frayeur des Romains ; mais Julien , par sa sagesse, sa constance, son économie, sa valeur, et une suite perpétuelle d'actions béroïque?, lechassa les Barbares des fronti-lres de' son empire; et la terreur que son nom leur inspiroit les contint tant qu'il vécut.
Dans la /?eur qu'Auguste eut toujours devant les yeux d'éprouver le sort de son prédécesseur, il ne songea qu'à s'éloigner de sa conduite : voilà la clef de toute la vie d'Octave.
On lit qu'après la bataille de Cannes la frayeur fiit extrême dans Rome : mais il n'en est pas de la consternation d'un peuple libre et belliqueux, qui trouve toujours des ressources dans son courage, comme de celle d'un peuple esclave, qui ne sent que sa foiblesse.
On ne sauroit exprimer la terreur que répandit César lorsqu'il passa le Rubicon ; Pompée lui-même , éperdu , ne sut que fuir, abandonner l'Italie, et gagner promptement la mer. (£nci/c/.XII, 38q.)