P0I.TIÎ05, LACHE
L'abbé Girard dit que le Idcde recule ^ et que le poltron n'avance pas ; il a raison : mais l'application est commune aux deux,, et ce n'est pas par un simple j.eu de mots et des traits insignifiants^ qu'on peut les distingrier.
Lâche est une expression figurée qui regarde la fosce; noîïseulement c'est le manque d'énergre , maiî c'est l'incapacits de tensioii. Le péril effraie tellem;ent l'homme lâcfie, qu'il as conçoit pas même 1 idée de la résistance.
Poltron est, selon les uns-^ l'ellipse de pollex iruitcatai , pouce coupé (moyen dont se servoient ceux qui eraîgnoient d'aller à la guerre) -, selon d'autres, c'est l'alleîïîajîdype/s^er qui signifie oreiller, parce qu'on suppose que le poltron aime à rester au lit. La première étymologie me paroît plus aaturelle, d'autant que l'usage l'a , pour ainsi dire , consacrée , en don nant le nom de poltron aux oiseaux de proie auxq^iiels on coupe l'ongle du doigt de derrière.
PoVtron est celui qui craint le danger, qui se laisse aller à la peur. Il diffère de lâche, en ce que celui-ci n'ose ni reculer ni se servir de ses armes , et que le poltron, qui n'est qu'intimidé , met tout en usage pour se sauver.
Le lâche tombe , s'abandonne et se laisse achever. Le poltron dort l'œil ouvert, il fuit, il craint le bruit de la guerre ; mais,