PORTER, APPORTER, TRANSPORTER, EMPORTER
Porter n'a précisément rapport qu'à la charge du fardeau. Apporter renferme l'idée du fardeau et celle du lieu où l'on porte. Transporter a rapport , non-seulement au fardeau et au lieu où l'on doit le porter, mais encore à l'endroit d'où l'on le prend. Emporter enchérit par-dessus toutes ces idées , en y ajoutant une attribution de propriété à l'égard de la chose dont on se charge.
Nous laisons porter ce que . par foiblesse ou par bienséance,
:iJ4 POSTER.
nous ne pouvons porter nons-même. IVous oi-donnons qu'on nous apporte ce que nous souhaitons avoir. Nous faisons transporter ce que nous voulons changer de place. Nous pei-nicttons d'emporter ce que nous laissons aux autres , ou ce que nous leur donnons.
Les crocheteurs portent les fardeaux dont on les charge. Les domestiques apportent ce que leurs maîtres les envoient chercher. Les voituriers transportent les marchandises que les commerçants envoient d'une ville dans une autre. Les voleurs emportent ce qu'ils ont pris.
Virgile a loué le pieux Énée d'avoir porté son père Anchise sur ses épaules, pour le sauver du sac de Troie. Saint Luc nous apprend que les premiers fidèles apportoient aux apôtres le prix des biens qu'ils vendoient., L'histoire nous montre, ît n'en pouvoir douter, que la Providence punit toujours l'abus de l'autorité, en\^ transportant en d'autres mains. Si un de nos traducteurs avoitbien fait attention aux idées accessoires qui caractérisent les synonymes , il n'auroit pas dit que le malin esprit emporta Jésus-Christ, au lieu de dire qu'il le transporta. (G.)