‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 265 sur 494 · PRÉCIPICE, GOUFFRE, ABIME · texte numérisé non relu

PRÉCIPICE, GOUFFRE, ABIME

On tombe dans le précipice. On est englouti par le gouffre. On se perd dans \ abîme. Le premier emporte avec lui l'idée d'un vide escarpé de toutes parts , d'où il est presque impossible de se retirer quand on y est. Le second renferme une idée particulière de voracité insatiable , qui entraîne , fait disparoitre et consume tout ce qui en approclxe. Le troisième emporte l'idée d'une profondeur immense, jusqu'où l'on ne saui'oit parvenir, et où l'on perd également de vue le point d'où l'on est parti , et celui où l'on vouloit aller.

Le précipice a des bords glissants et dangereux pour ceux qui marchent sans précaution , et inaccessibles pour ceux qui sont dedans; la chute est rude. Le gouffre a des tours et des circuits dont on ne peut se dégager dès qu'on j fait un pas; et l'on j est emporté malgré soi. h'ablme ne présente que des routes obscures et incertaines , qu'aucun but ne termine : on s'y jette quelquefois tête baissée , dans l'espérance de trouver une issue; mais le courage rebuté j abandonne l'homme, et le laijsc dans un chaos de doutes et d'inquiétudes accablantes..

Le chemin de la fortune est à la Cour environné de mille précipices, où chacun vous pousse de son mieux. Une femme débauchée est un gouffre de malheurs : tout y périt; la vertu, les biens et la santé. Souvent la raison du philosophe, à force de chercher de l'évidence en tout, ne fait que se creuser un abîme àe ténèbres.

L'avarice est le précipice de l'équité. Paris est le gouffre des provinces. L'infini est l'abîme du raisonnement. (G.)

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