POtJVOIR, PUISSANCE, FACULTÉ
Ces mots sont expliqués et pris ici dans le sens phjsique et littéral. Ils signifient tous une disposition dans le sujet, par le mojen de laquelle il est capable d'agir ou de produire un eflFet : mais le pouvoir vient des secours ou de la liberté d'agir : la puissance vient des forces ; et la ficuité vient des propriétés naturelles.
L homme , sans la grâce, n'a pas le pouvoir de faire le bien. La jeunesse manque de savoir pour délibérer, et la vieillesse manque de puissance pour exécuter. L'âme humaine a la faculté de raisonner, et en même temps fa facilité de s'en acquitter tout de traverè.
Faut-il regarder le pouvoir de mal faire comme uncléfaut dans l'être raisonnable, et seroit-il mieux que toute sa puissance se hotnât au hien? J'avois dit oui dans ma précédente édition ; et dans celle-ci je laisse répondre Pope, qui dit non. La faculté de désirer sert à rendre l'homme habile et laborieux ; mais elle contribue aussi à le rendre malheureux.
z3^ PRECIPICE.
Le pouvoir diminue. La pulssaHce s'affoiblit. La faculté se perd.
L'habitude diminue beaucoup le pouvoir de la liberté. L'âge n'afFoiblit que la puissance, et non le désir de satisfaire ses passions. L'âme ne perd de ses facultés que par les accidents qui arrivent dans les organes du corps. (G.)