PRÉCIS, SUCCINCT, CONCIS
C'est ainsi que l'on qualifie un discours où il n'entre que ce qu'il faut ; mais il y a des nuances qui diiTéreucient l'usage de ces termes.
Le précis et le succincl regardent les idées ; le précis rejette celles qui sont étrangères , et n'admet que celles qui tiennent au sujet ; le succj^nct se débarrasse des idées inutiles , et n« clioisit quenelles qui soait essentielles au but.
Le concis est relatif à l'expression; il rejette les mots superflus , évite les circonlocutions inutiles , et ne fait usage que des termes les plus propres et les plus énergiques.
L'opposé du précis est le prolixe; l'opposé du succinct est l'étendu ; l'opposé du concis est le diffus.
On peut dire du succinct *it du précis , ce que Quintilien disoit de Démosthènos et de Ciceion s « Ou ne peut rien ôtev au premier, on ne peut rien ajouter au second. » Si l'on retranche du succinct, on devient obscur; si l'on ajoute au arécisj on devient prolixe : au contraire, en ajoutant au suc-
^ L'auteur a dît (art. 176) que le dijfus est l'opposé du succinct '^ ici il l'oppose au concis ; n'est-on pas autorisé à conclure (in.e succincl et concis sont absolument sy nous mes? Cela n'est pourtant pas et n-e peut pas être. ( Voif. l'art, suiv. pmir leurs difftreuces.)
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cincf^ on ne fait que l'étendre ; en retranchant du précis, on le ramène au succinct. Mais on ne peut ni retrancher ni ajouter au concis : si tous en retranchez , vous devenez obscur et vous fatiguez; si vous v ajoutez, vous devenez diflfus et vous ennuyez. (B.)