PROJET
butin est proprement affecté à désigner ce qu'on a pris en guerre ou sur l'ennemi , des dépouilles. Mais l'un et l'autre sont le plus souvent emplo je's dans des sens plus vagues ; le premier avec une idée distînctivrede destruction^le secondaLvec «n idée caractéristique de pillage.
L'appétit féroce cherche une proie: l'avide cupidité cherche du butin. L'animal carnassier court à sa proie pour la déchirer et en faire sa pâture : l'abeille diligente vole au butin pour l'enlever et l'empoi'ter dans sa ruche.
Celui qui ne vit que de butin sera la proie de la misère : «elui qui s'en engraisse sera la proie de la cori'uption.
Il faut bien que les animaux soient la proie de l'homme, si l'homme ne veut pas être la proie des animaux ; car ils font la guerre ou à sa personne ou à ses ouvrages. Il faut bien que la justice rende en entier aux propriétaires le butin qu'elle a repris sur des brigands , à moins qu'elle ne prétende participer au brigandage ; car la protection ou la puissance tutélaire est déjà payée.
Chez les peuples anthropophages , le prisonnier de guerre est rigoureusement la proie du vainqueur; il est mangé : chez des peuples baibares , du moins quant à leur droit des gerfs, les prisonniers de gueri-e étoient une partie du butin; an les faisoit esclaves.
Toute chose est, dans la nature , la proie d'une autre, qui lo sera d'une autre à son tour, et ainsi à l'infini : tout change, tandis que l'ordre est toujours le même.
Quelques-unes des phrases précédentes indiquent au lecteur que le mot butin ne se prend pas toujours, comme proie, dans un sens odieux, (R.)