PROVERBE, ADAGE
Mots ou dits sentencieux et familiers on populaires. Les proverbes , dit Bouhoui-s , sont des sentences du peuple; et les sentences sont les proverbes des honnêtes gens. Je croirois qu'il y a beaucoup de proverbes qui valent bien les sentences des honnêtes gens ; et je vois que beaucoup de sentences d'honnêtes gens, tels, par exemple, que La Fontaiue et Molière , deviennent proverbes. Nous ne disons gnève nt^nge qu'en y joignant l'épithète de vieux : est-ce que la raison vieillit, ou qu'il ne se trouve à' adages que chez les anciens ?
Le proverbe est une sentence populaire ou un mot familier et plein de sens : Yadage est un proverbe piquant et plein de sel. Le proverbe annonce une vérité naïve , tirée de l'observation; Vadage donne à cette vérité une pointe pour la rendre plus pénétrante. Il n'y a que du sens et de la précision dans le proverbe • il y a de l'esprit et de la finesse dans V adage. Le proverbe instruit ; l'adage excite. Le proverbe qui joint à l'instruction des motifs d'agir , est un adage.
Tout ce qui reluit n'est pas or; monnaie fait tout; nul n'^est prophète dans son pays ; tel maître, tel valet ; yoilk de simples proverbes qui nous apprennent ce qui est, ce qui se passe , ce qu'on a observé , sans autre circonstance remarquable que la précision des phrases. Bonne renommée vaut mieux gue ceinture dorée; un tiens vaut mieux que deux tu l'auras ; la mélancolie ne paye pas les dettes ; faites bien, bien vaut bien : voilà des proverbes qui deviennent «daj/ei par une tournure singulière, par l'invitation qu'ils nous font, par la règle de conduite qu'ils nous donnent. (R.)