IIEOI.E, MODiLE
L'un et l'autre ont pour objet de diriger, mais en diverse? manières. La rf-gle prescrit ce qu il faut faire; le modèle 1q montre tout fait : on doit suivre l'une et imiter l'autre.
La règle parle à l'esprit, elle l'éclairé, elle lui fait coiinoîtré ce qui doit se faire ; mais elle est froide et sans force. Le modèle échauffe l'âme, la met en mouvement, fait disparoitre toutes les difficultés, anéantit tous les prétextes.
On trouve dans les écrits d'Aristote, de Longin , de Denys d'Halicarnasse , de Cicéron , de Quintilien et de plusieurs modernes , d'excellentes règles sur Téloquence ; mais elles seront infi-uctueuses , ou bien peu utiles pour former les orateurs, si l'on ne s'attache à l'étude des grands modèles, comme Démosthènes et Cicéron, Bossuet et Fléchier, Bourdaloue et Massillon, d'Aguesseau et Cochin.
Les philosophes nous prescrivent des règles de conduite qui sont admirables , si l'on veut , et pleines de sagesse : mai3 ils ne gagneront rien s'ils s'en tiennent à la théorie ; il faut
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qu'ils aient recours à l'histoire, qui, en nous proposant de grands et d'illustres mof/c'/e5^ uous soumet aux rccjles par 1 imitation.
Les lois sont des règles déterminées par l'autorité du h'-gislateur; les modèles montrent des exemples qui justitlent les règles j et qui condamnent les rélractaires. Ainsi, l'on peut appliquer ici à la règle et au modèle ce que Rousseau a dit do la lui et de l'exemple :
Contre la loi qui nous gêne , La nature se déchaîne Et cherche à se révolter ; Muis l'exemple nous entraîne Et nous force à l'imiter.
Ode h l'impér, Amélie,
« Il y a des endroits, dit le P. Bonheurs , où l'on peut employer également les deux mots de règle oia de modèle : par exemple, on peut dire : la vie de N. S. est la règle des chrétiens , ou le modèle des chrétiens. »
Cela peut se dire sans, doute , mais ce n'en sont pas moins deux expressions difFe'rentes par la forme et par le sens ; la première signifie que de la vie de N. S. nous pouvons conclure quelles sont les véritables règles de la vie chrétienne ; la seconde, que dans la vie de N. S. nous trouvons un modèle qui nous porte à nous conformer aux règles de la vie chrétienne, et qui nous en montre la manière. La première expression est, pour ainsi dire, de pure théorie; la seconde est de pratique : ainsi il y a encore un choix qui dépend des circonstances, et qui n échappera pas au bon goût.(B.)
98g. RÈGLE, RÈGLEMENT.
La règle regarde proprement les choses qu'on doit faire ; el le règlement, la manière dont on les doit faire. Il enti^e dan» l'idée de l'un quelque chose qui tient plus du droit naturel ; et dans l'idée de l'autre, quelque chose qui tient plus du droit positif.
L'équité et la charité doivent être les deux grandes réglas de la conduite des hommes; elles sont même en droit de déroger à tous les règlements particuliers.
3o6 RÉGLÉ.
On se soumet à la règle; on se conforme an régtemeat. Q^iiok[ue celle-là soit plus indispensable , elle est néanmoins plus transgressée, parce qu'on est plus frappé du détail du réglemeut que de l'avantage de la rècjte. (G-)