nEeARDER, CONCERNER, TOUCHER
On dit assez indifféremment, et sans beaucoup de choix, qu'une chose nous regarde, nous concerne ou nous touche, pour marquer la part que nous y avons. Il me paroit néanmoins qu'il j a entre ces trois expressions une différence délicate, qui vient d'abord d'un ordre de gradation, en sorte que 1 une enchérit sur l'autre dans le rang que je leur ai donné. Quoique nous ne prenions qu'une légère part à la chose, nous pouvons dire qu'elle nous regarde, mais il en faut prendre davantage pour dii-e qu'elle nous concerne- et lorsqu'elle nous est plus sensible et personnelle,' nous disons qu'elle nous touche. Il me paroit aussi qu'on se sert plus communément du mot de regarder, lorsqu'il est question de choses sur lesquelles on a des prétentions ou des démêlés d'intérêt ; qu'on emploie avec plus de grâce celui de concerrcer lorsqu'il s'agit de choses commises au soin et à la conduite; et que celui de toucher se trouve mieux placé dans les affaire* du cœur, d'honneur et de fortune.
Il n'en est pas des biens publics comme des particuliers;' la succession regarde toujours ceux même qui y ont renoncé. Les moindres démêlés dans l'Europe regardent tous les États qui la partagent : il est difficile qu'aucun d eux se conserve long-temps dans une parfaite neutralité, tandis que les autre» sont en guerre. Toutes les opérations du gouvernement concernent le ipveraicv ministre-, il doit être au fait de tout, soit guen-e , police , finances , ou intérêt du dehors; mais chacune de ces parties ne concerne que celui qui en est particulièrement chargé. La conduite de la femme touche d'assez près le mari pour qu'il doive y avoir l'œil; mais la trop grande attention y est pour le moins aussi dangereuse que la négligt.iice. Les affaires des moines touchent trop la cour de Rome pour qu'elle n'en prenne pas connoissance , et qu'elle ne leur accorde point sa protection lorsqu'on les attaque.
Beaucoup c e gens s'inquiètent mal à propos de ce qui ne
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les regarde pas, se mêlent de ce qui ne les concerne point, et négligent ce qui les touche de près. (G.)
987. RÉGIE, DIRECTION, ADMINI STLR ATION , CONDUITE, GOUVEKÎiEMEH?^.
La 'régie regarde uniquement des biens temporels confiés aux soins de quelqu'un pour les faire valoir au profit d'un autre à qui ils appartiennent , et desquels on doit rendre compte de clerc à maître. La direction est pour certaines affaires où il y a distribution, soit de finances, soit d'occupations, et auxquelles on est commis pour y maintenir l'ordre convenable. IS administration a dea. objets dune plus grande conséquence, tels que la justice ou les finances d'un Etat; elle suppose une prééminence d'emploi qui donne du pouvoir , du crédit, et une sorte de liberté dans le département dont on est chargé. La conduite dé'signe quelque sagesse et quelque habileté à l'égard des choses, et une subordination à l'égard des personnes. Le gouvernement résulte de l'autorité et de la dépendance ; il indique une supérioiité de place sur des inférieurs , et a un rapport particulier à la politique. (G.)