‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 352 sur 494 · JE34 RETIF · texte numérisé non relu

JE34 RETIF

«lence. On est modeste dans ses désirs , dans ses airs , dans ses r^osîures et dan* son habillement ; ce qui fait trois genres de xnodestie, par rapport au cœur, à l'esprit et au corps : les vices Opposés ne sont pas tous exprimés par le mot d'immodestie , qui ne désigne que celui qui regarde le corps , provenant de l'indécence des postures et des habits. La vanité est , par l'essor et la hauteur des airs qu'on se donne mal à propos, le vice opposé au genre de modestie qui concerne l'esprit. Celui qui est contraire à la modestie du cœur, est une ambition démesurée , qui fait désirer au-delà de ce qui convient et de ce qu'on peut obtenir.

La retenue est bonne partout ; mais elle est absolument néiîcssaire en public et avec les grands : quelque liberté qu'ils semblent accorder, on en est la dupe quand on s'y livre trop : ear ils se réservent toujours un certain droit de respect, dont ils imputent le manquement comme un crime irrémissible. La modestie est un ornement pour les personnes qui peuvent prétendre aux plus hauts rangs, pour celles qui ont un méritei eonnu et distingué, et pour celles à qui leur mérite permet tout sans conséquence; mais elle est pour toutes les autres personnes une vertu indispensable et d'état, sans laquelle elles i ne sauroient paroître décemment t>J f';-^^.!. \q ridicule. [G-.;

ïOlC B£Tir, DEBOURS, REVÊCHE, HÉC AICITH AUX.

Rélif, restif , qui résiste , reste h la même place, refuse d'avancer. Cette épithète s'applique proprement aux chevaux et aux autres animaux qui servent de monture ou qui sont employés à tirer.

Rebours, qui est à contre -sens, qui prend le contre -pied, qui est rebroussé ou relevé en sens contraire. Les ouvriers appellent 60/5 rebours celui qui a des nœuds ou de longues fibre; croisées; ce qui le rend très-difficile à travailler.

Revéche qui est âpre , rude , rebutant. On dit des vins, de:

fruits acerbes, âpres, qui grattent, qu'ils sont revéches. O

mot tient peut-être à celui de vexer, pris dans le sens propre.

Récalcitrant, qui regimbe , rue , se débat : recalcitrare , re

rauer les talons , jeter ses pieds , donner des coups de pied.

Le rétif refuse d'obéir ouxle céder même à l'aiguillon; ils roidit et sa câljre. Le rebours , hérissé contre vous , ne donn

aucune prise; qui s'y fi-otte , s'y pique. Le fevâche vous rcLute et vous repousse : si vous le presser , il se révolte et se soulève. Le récalcitrant se débat et se défend; ce nest pas lui qui ne mord ni ne rue.

Le rétif est fantasque , indocile , tôtu. Le rebours est farot:^ che , morose , intraitable. Le re^'êcfie est aigre , difBcile , entier. Le récalcitrant est volontaire , colère , iudisciplinablc.

L'enfant gâté , accoutumé à faire sa fantaisie , est rétif.. L'homme bourru , accoutumé à se livrer à son humeur , san$ contrariété, sera rebours. Une personne haute, accoutumée « l'empire et aux déférences , pourra bien être revêche. Un jeune homme ardent, accoutumé à l'indiscipline et à l'impunité , se" trouvera récalcitrant.

Rétif est du bon style : Boileau dît que, pour lui Phé})Ufi est sourd , et Pégase rétif; et qu'un jeune homme est rc/iy k Ja censure , et fou dans ses plaisirs.

Rebours est un mot très- négligé et abandonné à la conversation familière, quoique très-expressif. Louis X-III reprochoit à des magistrats d'être rebours. Amjot , Vie d'Agis ^ dit qu'Epitadeus , homme rebours, fier et superbe de nature , mit en avant (contre la loi de Ljcurgue) , en haine de son fils , qu'il fût loisible à chacun de donner son héritage à qui l'oo roudroit.

Revêche n'est point déplacé dans le style modéré. Boileau (Satire contre les femmes) fait le portrait de la revêche bizarre. Vaugelas dit qu'Alexandre s'étoit défié deCallisthène, comme d'un esprit revêche.

Récalcitrant n'est bon que pour le discours familier et plaidant. (R.)

1017. nèvE, uèvERiE.

La rêverie est un genre de rêve; et ce genre est celui de* rêves qui obsèdent l'esprit et qui n'en sont que plus dépourvus de raison. Les rêves extravagants et^continucld du délire sont des rêveries.

Le rêve est d'un homme rêvant : la rêverie est d'an rêveur.

La rêverie est le l'ésultat ou la suite du rêve. Le rêv est l'imagination qu'on a : la rêverie est le rêve dont on se re^ pait.

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