RÊVE
f e rci>e vous a fait voir un objet conuiic piésciit : la rd\'erie vous feroit croire qu'il est réel.
Un bon esprit fait quelquefois des rêves comme un autre : mais, au rebours d'un esprit foible, il ne les prend que pour des rêveries.
Les gens qui font beaucoup de rêves sont fort sujets à débiter des rêveries.
On est distrait par des rêves. A force de rêveries on deviciu fou,
II faut bien des rêves avant de décotivrir une vérité. Combien de rêveries on vous débite avant de dire une chose sensée !
Quand on n'a rien à faire, on fait des rcves. Le public est comme les gens oisifs , il lui faut toujours quelque rêverie pour l'occuper et l'amuser ,* des nombres à deviner, des influences à croire , toujours de la magie.
Que deviendroient les malheureux sans les rêves qui endorment quelquefois leur douleur? Peut-être n'ont-iis jamais rien goûté de si doux que quelques douce* rêveries. Ils sont bien moins redevables aux promesses de l'espérance, qui les fait sourire à l'avenir, qu'au cliaime de ces iilusions , qui les font jouir du présent.
On répète tous les jours que les ouvrages de l'abbé de Saint- Pierre sont les rêves d'un homme de bien : si l'on veut dire des rêveries, j eu suis fâché pour ceux qui parlent ainsi. Ce bon abbé a beaucoup de projets excellents.
La rêverie est une situatioi^ de l'âme qui s'abandonne doucement, et se livre enfin toute entière à ses pensées, à ses imaginations, à ses réflexions. Mais il s'agit ici de l'acte, et non de l'état, d'une rêverie, sjnonjme d'un rêve. (R.J