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SAGESSE

ce qu'on sait pai-faitement , suvtQut lorsqu'on veut se faire estimer. On peut ajouter à cette maxime, qu'il est de la j>rudence de ne parler que de ce qui peut plaire, surtout quand on a dessein de se faire aimer. (G.)

La sagesse a pour objet la vérité; la prudence j le bonheur : la sagesse s'occupe des choses; la prudence, de nos intérêts. La sagesse médite pour découvrir; la prudence travaille sur Ihomme , comme dit La Rochefoucauld , pour le régler. La sagesse est la raison perfectionnée par la science : la prudence est la droite raison appliquée à la conduite de la vie. La sagesse vous donnera l'instruction bien ordonnée ; et la prudence, le giand art de vivre, comme dit Cicéron , lib. 5^ de finib.

La sagesse participe , selon Aristote , de 1 intelligence qui voit, et de la science qui démontre. La prudence tient à celte sagesse qui apprend à apprécier les biens et les maux; ce qu'il faut éviter ou ce qu'il faut rechercher; et à l'expérience qui , jugeant par ce qui s'est fait, de ce qu'il convient de faiie, sert à déterminer la volonté sur le choix des moyens pour assurer le succès. La sagesse sera peut-êt've le partage de quelques jeunes gens : la prudence est en général l'apanage de la vieillesse. La sagesse, absorbée dans les méditations, se repose sur la prudence du soin de l'égler nos penchanlij. La sagesse est proprement en théorie: la prudence est essentiellement en pratique. Suivant ces philosophes, de toutes les qualités de l'âme, la plus émineuîe est la sagesse j la plus utile est la prudence.

Xénophon , Platon, etc., d'après Socrate , uniquement occupés des mœurs , donnent le nom de sagesse à la prudence proprement dite. Archjtas , Cicéron, etc., d'après un usage .ommun , prennent la prudence pour la sagesse, ou du moins pour la science des biens qui conviennent à l'homme, ainsi que des maux qui lui sont funestes.

La sagesse n'est une vertu proprement dite, qu'autant qu'elle influe sur les mœurs. La prudence, uniquement attachée aux mœurs , est non-seulement une vertu ', mais la première des vertus cardinales , la source et la règle de toutes les autres , en un mot , l'habitude de la vertu.

La sagesse niovaie , distinguée de la prudence, montre les

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