‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 369 sur 494 · SAGESSE · texte numérisé non relu

SAGESSE

voies générales et le but. La prudence vous mène au but par

des routes souvent inconnues à la sagesse.

La sagesse propose ce qui est juste; la prudence détermine le choix des moyens. La sagesse, éclairée par la science , dicte des préceptes certains. La prudence , aidée de l'expérience, donne des règles approuvées par la raison. La sagesse voit bien et en grand. La prudence voit jusque dans les t>1us pelits détails, et prévoit : l'une pense bien, l'autre agit bien. La sagesse n a. que l'économie générale du savoir, tandis que la prudence est une sorte de providence humaine prête à tout événement. La prudence^ souvent incertaine et souvent trompée , emploie la circonspection, la diligi-nce, la finesse même, l'art, l'industrie, enfin, toutes les ressources légitimes, quand Ja sagesse ne suffit pas. (R.)

I033. SAGESSE, VERTV.

Ces deux termes , égalemant relatifs à la conduite de la vie , sont sjnonymes sous ce point de vue , parce qu'ils indiquent l'un et l'autie le principe d'une conduite louable; mais ils ont des différences bien marquées.

La. sagesse suppose, dans l'esprit, des lumières naturelles ou acquises ; son objet est de diriger l'homme par les meilleures voies, La vertu suppose dans le cœur, par tempéramentou par réflexion, du penchant pour le bien moral, et de léloignement pour le mal : son objet est de soumettre les passions aux lois.

La sagesse est comme un fanal qui montre la meilleure voie dès qu'on lui propose un but ; mais par elle - même elle n'en a point , et les méchants ont leur sagesse comme les bons. La. vertu a un but marqué par les lois, et elle y tend invariablement par quelque voie qu'elle soit forcée d'y aller. (B.)

La sagesse consiste à se rendre attentif à ses véritables et solides intérêts , à les démêler d'avec ce qui n'en a que l'apparence, à choisir bien, et à se soutenir dans des choix éclairés. La vertu va plus loin ; elle a à cœur le bien de la société ; elle lui sacrifie , dans le besoin , ses propres avantages ; elle sent la beauté et le prix de ce sacrifice , et par-là ne balance point de le faire quand il le faut. {EncgcL XIV , 496.)

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