INFAMIE, IGNOMINIE, OPPROBRE
Infamie, formé de in, non ou sans , et de fama, réputation, autrefois famé, d'où famé'j diffamé, infâme, etc. lynominie, foi'mé de la même négation, et de nomen, nom.. Opprobre, formé de ob, devant, en face, et de prohrum,h\àme, reproche, affront, grande honte , opposé à prob , qui marque l'approbaàion , l'éloge , l'honnêteté et la probité.
Selon la force des termes, riH/?i»nte ôte la réputation, flétrit l'honneur; Vi^nominie souille le nom, donne un vilain renom; l'opprobre assujettit aux reproches , soumet aux outrages.
INFATUER. 3i
Selon les interprètes latins , le mot infamia diffère d'i^nominia, en ce que V infamie est répandue par la voix publique , et l'ij/Jorn/H/e prononcée par le juge. L'i'/i/hmie est au contraire, dans notre langue, une peine infligée par la loi, et non l'ignominie : la Cour te déclare infâme. Mais il j a aussi une infamie de fait. Tous les savants conviennent que ['ignominie est une note imprimée sur le nom , et Cicéron , 1. 4 de sa République, observe que l'animadversion du jugement tombant sur le nom, elle s'appelle , pour cette raison , ignominie.
C'est donc le jugement qui frappe d'infamie. C'est l'opinion d'une profonde humiliation attachée aux supplices ou aux peines des crimes h?.z , qui fait ïignominie. C'est l'abondance de l'infamie et de l'ignominie, versée , pour ainsi dire, à pleines maius , qui consomme l'opprobre. (R.)