SOLILOQUE, MONOLOGUE, COLLOQUE, DIALOOUE
Les deux premiers mots , l'un latin , l'autre grec , parfaitement synonymes dans leur sens naturel, désignent le discours de quelqu'un qui parle seul- mais l'usage les a distingués , ea affectant à celui de monoloque une idée ou un emploi particulier qui le restreint au théâtre : le monoloque est le soliloque d'uu personnage qui, seul sur la scène , ne parle que pour les spectateurs. Qn disoit autrefois les soliloques des pièces dramatiques, les soliloques de Corneille, l'abus des soliloques sur le théâtre :on ne dit plus que monoioques; c'est une espèce d'hommag-e que nous rendons aux Grecs , de qui nous tenon» particulièrement l'art dramatique. Soliloque^ plus étendu dans sa signification , est moins usité , et il a un certain air dogmatique ou moral : on dit les soliloques de S. Augustin. Ce mot désigne particulièrement les réflexions ei; les raisonnements qu'on fait avec soi, à part soi.
Le soliloque est une conversation que l'on fait avec soi comme avec un second. Le monoloque est une espèce de dialoque dans lequel le personnage joue tout à la fois son rôfe et celui d'un confident.
Puisque le soliloque est (ïans la nature (car il est naturel de converser avec soi-même), le monoloque n'est point déplacé sur la scène (car il est nécessairement des situations intéressantes dans lesquelles un personnage doit s'entretenir avec lui , et ne se confier qu'à lui. )
Le soliloque est puéril , s'il est sans objet , sans suite , sans intérêt; ou plutôt ce n'est pas un soliloque : les enfants, les fous , les gens ivres , parlent seuls. Le monoloque est absurde, *'il se réduit à un récit liistorique qui n'est ni obligé parla situation présente du personnage , ni fondu dans l'action : ou plutôt ce n'est pas là un monoloque; c'est l'auteur qui parle, quand le personnage devroit agir ; et en parlant aux spectateurs pour les instruire ou pour amuser le tapis , il étale sa misère.