III16. TAIUE, CELER, CACHER
Taire marque- le pur silence qu'on garde sur la chose : celer f le secret qu'on en fait ; cacher, le mystère dans lequel on veut l'ensevelir.
Pour taire une chose , il suffit de ne pas la dire quand il y a occasion d'en parler : pour la celer, il faut non-seulement la taire, mais encore avoir une attention foi-melle de ne point la manifester, et une attention particulière à ne pas se déceler : pour la cacher, on est obligé, non-seulement de la celer, mais même de la renfermer dans le fond de son cœur, et de l'envelopper de manière qu'elle ne puisse pas être découverte.
Il u'j a qu'à retenii- sa langue pour taire ce qu'il ne faut pas «dire : on a quelquefois besoin de feindre et de dissimuler j)0ur le celer avec des gens qui cherchent à tirer votre secret : oji est souvent réduit au déguisement , à l'artifice , à la tromperie , pour le cacher à des gens pénétrants qui vous sondent et vous retournent de mille inanières pour trouver le fond de vos pensées.
Par paresse , par timidité , par capi-ice , par égard , par raison ou sans raison , vous taisez ce que vous pourriez dire ; par prudence, par charité , par justice, par des motifs d'intérêt, par de bonnes raisons, vous le celez; par une grande «rainte, par un dessein profond , par de puissants intérêts ou (de grands motifs , vous le cachez.
Il y a une manièx-e de taire les choses qui en dit trop. Il y a une affectation à celer qui vous décèle. Il y a un embarra"S ^les cacher qui les fait découvrir. (R.}
lliy. SE TAPIR, SE BLOTTIR.
fSe tapir, c'est pi'oprement se cacher, mais derrière quelque chose qui vous couvre et en prenant une posture raccourcie jet resserrée. Blottir paroît exprimer proprement l'action de ^'acGroupij'j ,de se ramasser, de se rouler sur soi-même.