‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 450 sur 494 · TRÈS · texte numérisé non relu

TRÈS

clc. tout sentiment. Le ({^'cès vi,t la sortie hors de la vie, de In société de ce monde; la fin du cours ou de la carrière bumaine.

Il y a les trépassés et les morts, il v a aussi les défunts. C'est une excellente idée que celle de défunt. Ce mot signifie , à la lettre, qui s'est accfuitlé de la vie; de fungi, s'acquitter d'une charge, faire une fonction, fournir une carrière , remplir sa destination ou 5on devoir.

Le défunt a vécu; il a rempli sa charge. Le trépassé vit encove ,mais d'une vie nouvelle. Le mort n'est plus ; il est cendre et poussière. (R.)

1162. TRi;s, ro.vr, bien.

On se sert assez indiffe'remment de l'un ou de l'autre de ces trois mots pour marqvier ce que les grammairiens nomment suïERtATiF, c'est-à-dire le plus haut degré : par exemple, on dit dans le même sens, très-sn^e , fort sage, bien sage. Il me paroît cependant qu'il y a entre eux quelque petite différence; en ce que le mot très marque précisément et clairement ce superlatif , sans mélange d'autre idée ni d'aucun sentiment; que le mot de fort le marque peut-être moins précisément , mais qu'il y ajoute une espèce d'affirmation , et que le mot de bien exprime de plus un sentiment d'admiration. Ainsi l'on dit Dieu est frèi-juste ; les hommes sont fort mauvais ; la Providence est bien grande.

Outre cette différence , il y en a une autre plus sensible, ce me semble : c'est que très ne convient que dans le sens naturel et littéral; car, lorsqu'on dit d'un homme qu'il est très-sa^e , cela veut dire qu'il l'est véritablement; au lieu que fort et bien peuvent quelquefois être employés dans un sens ironique, avec cette différunce , que fort convient mieux lorsque l'ironie fait entendre qu'on pèche par déi'aut , et que bien est plus d'u^ ?agc loi'sque l'ironie fait entendre qu'on pèche par excès.»

Ondiroit donc en raillant : C 'est être /br< sage que de cjuitter ce qu'on a pour courir après ce qu'on ne sauroit avoir; et : est être bieii patient que de rtctvoir des coups de bâton sans eu rendre. (G.)

Je crois que trcs n'est pas du tout incompatible avec l'ironie, et qu'il est mémo préférable à bien et à fyrt ;, en ce qu'il.

483 ÏKOJWPER.

la marque moins. Lorsque fort et bien sont ironiques , il n'y a qu'une façon de les prononcer; et cette façon étant ironique elle-même , elle ne laisse rien à deviner à celui à qui on parle : très, au contraire, pouvant, quand il est ironique, «e prononcer comme s'il ne l'étoit pas , enveloppe davantage la ■raillerie, et laisse daus l'embarras celui qu'on raille. {Encycl. II, 245.)

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