VOULOIR
J 4dQ* VOyLOlR , AVOIR EKVIE , SOUHAITER , DJ^SIRER j SOUPlREn , CO-WOITER.
ïe dernier de ces mots n'est d'usage que dans la théologie morale , et il suppose toujours un objet illicite et défendu par la loi de Dieu : on convoite la femme ou le bien d'autrui. Les autres mots sont d'un usage ordinaire , et la force de leur signification ne dit rien de bon ou de mauvais dans l'objet : elle n'exprime que le mouvement par lequel larae se porte vers lui , quel qu'il soit , avec les diflférences suivantes pour chacun d'eux. On veut un objet présent, et l'on en a envie : mais on le veut, ce me semble, avec plus de connoissance et de ré-, flexion, et l'on en a envie avec plus de sentiment et plus de goût. On souhaite et on désire des choses plus éloignées : mais les souhaits sont plus vagues , et les désirs plus ardents. On soupire pour des choses plus touchantes.
Les volontés se conduisent par l'esprit; elles doivent être justes. Les envies tiennent des sens; elles doivent être réglées, Les souhaits se nourrissent d'imaginations ; ils doivent être bornés. Les désirs viennent des passions ; ils doivent être modérés. Les soupirs partent du cœur ; ils doiveiït être bien adressés.
On fait sa volonté. On satisfait son envie. On se repaît de souhaits. On s'abandonne à ses désirs. On pousse des soupirs.
Nous voulons ce qui peut nous convenir. Nous avons envie de ce qui nous plaît. Nous souhaitons ce qui nous flatte. INous désirons ce que nous estimons. Nous 50Mpi/-o/i5 pour ce qui nous attire.
On dit de la volonté, qu'elle est éclairée on aveugle -, de l'envie, qu'elle est bonne Ou mauvaise ; du souhait, qu'il est raisonnable eu ridicule; du désir, qu'il est foible out violent; et du soupir, qu'il est naturel ou affecté.
Les princes veulent d'une manière absolue. Les femmes ont de fortes envies. Les paresseux s'occupent à faire des souhaits chimériques. Les courtisans se tourmentent par des désirs ambitieux. Les amants romanesques s'amusent à de vains soupirs. (G.)