VRAI
1231. VRAI j VÉaiDIQUE.
Vrai se prend quelquefois daiis l'acception do véridique ^ qui dit la vérité , qui dit vérité, mais avec un bien plus grand sens. Les Latins disoient aussi verus pour veridicus : Verus SLiin? suis-je vrai? dit Térence dans VÂndrienne.
L'homme véridiffue dit vrai; l'homme vrai dit le vrai
L'homme vrai est véridique par caractère, par la simplicité, la droiture , l'honnêteté , la véracité de «on caractère.
L'homme véridique aimera bien à dire la vérité : mais l'homme vrai ne peut que la dire.
Dieu est vrai par essence.: l'écrivain ins-piré par lui est contraint d'ùXvcvéridi(iue. (R.)
1232. VRAI, VÉRÏTABLE.'
Vrai marque précisément la vérité objective, c'est-à-dire, qu'il tombe directement sur la réalité de la chose ; il signifie qu'elle est telle qu'on la dit. Véritable désigne proprement la vérité expressive, c'est-à-diie , qu'il se rapporte principalement à l'exposition de la chose ; et il signifie qu'on la dit telle qu'elle est. Ainsi le premier de ces mots aura une grâce particulière, lorsque, dans l'emploi, on portera d'abord son point de vue sur le sujet en lui-mêm« ; et le second conviendra mieux lorsqu'on portera ce point de vue sur le discours. Cette différence est extrêmement métaphysique, et j'avoue qu'il faut des yeux lins pour l'apercevoir; mais elle n'en subsiste pas moins, et d'ailleurs on ne doit pas exiger de moi des différences marquées, où l'usage n'en a mis que de très-délicates : peut-être que l'exemple suivant donnera du jour à ce que je viens d'expliquer, et qu'on sentira mieux cette distinction dans l'application que dans la définition.
Quekjues auteurs, même protestants, soutiennent qu'il n'est pas vrai qu il y ait eu une papesse Jeanne, et que l'hisloivc qu'on en a faite n'est pas véritable. (G.)
5ij ZEPHYR.