‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 57 sur 494 · S JOIE · texte numérisé non relu

S JOIE

d'une durée dont vous désirez inutilement la fin , et que la

chose en paroisse plus longue.

Deux amants se jurent d'être à jamais l'un à l'autre : deux époux sont l'un à l'autre pour jamais. La dernière phrase n'exprime que le fait , ce qui est. Dans la première , il s'agit d'exprimer la force des sentiments par la durée éternelle d'un attachement libre .( R . )

679' JOIE, GAlTÉ.

Ces deux mots marquent également une situation agréable de l'âme , causée par le plaisir ou par la possession d'un bien qu'elle éprouve. Mais la joie est plus dans le cœur, et la galté, dans les manières.

« Il arrive quelquefois, dit l'abbé Girard, que la possession d'un bien , dont l'espérance nous avoit tant causé de joie, nous procure beaucoup de chagrin. Il ne faut souvent qu'un tour d'imagination pour faire succéder une grande gaîté aux larmes qui paroissent les plus amères. »

La joie consiste dans un sentiment de l'âme plus fort, dans une satisfaction plus pleine; la galté dépend davantage du caractère, de l'humeur, du tempérament : l'une, sans pavoître toujours au dehors, fait une vive impression au dedans; l'autre éclate dans les j^eux et sur le visage. On agit par gaité^ on est affecté par la joie.

Les degrés de la galté ne sont ni bien vifs, ni bien étendus; mais ceux de la joie peuvent être portés au plus haut période : ce sont alors des transports , des ravis$eiiîents , une véritable ivresse.

Une humeur enjouée jette de la galté dans les entretiens ; un événement heui'eux répand la joie jusqu'au fond du cœur. On plaît aux autres par la galté; on peut tomber malade et mourir de joie. (Encyct. VIII, 867.)

Le premier degré du sentiment agréable de notre existence est la gaité. La joie est un sentiment plus pénétrant.

Les hommes qui ont de la gaîté n'étant pas d'ordinaire sî ardents que Le reste des hommes , ils ne sont peut-être pas capables des plus vives joies : mais les grandes joies durent peu , et laissent notre âme épuisée.

|ja gaUéf plus proportionnée à notre foiblesse que la joiCf

JOINDUE, 4jj

uous rend confiants et hardis; donne un être et un întévct aux choses les moins importantes; fait que nous nous plaisons par instinct eu nous-mêmes, dans nos possessions, nos enlours , notre esprit, notre suffisance, malgré d'assez grandes misères. Cette intime satisfaction nous conduit quelquefois à nous estimer nous-mêmes par de très-frivoles endroits; et il me semble que les personnes qui ont de la galté sont ordinairement un peu plus vaines que les autres. (Connoissance de L esprit humain, page 53.)

La galle est opposée à la tristesse, comme la joie l'est au chagrin. La joie et le chagrin sont des situations ; la tristesse et la galté sont des caractères. Mais les caractères les plus suivie sont souvent distraits par les situations : et c'est ainsi qu'il arrive à l'homme triste d être ivre de joie ; et à l'hQnjme gai, d'être accablé de chagrin. {Encijcl. YII , 423.)

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