LANGAGE
699. lANCAGE , LANGUE , IDIOME , DIALECTE , PATOIS , JARGON.,
Ce qu'il y a de commun entre ces termes , c'est qu'ils marquent tous la manière d'exprimer les pensées ; c'est par-là qu'ils sont synonymes : voici les diffe'rences par où ils cessent de l'être.
Le mot de langage est le plus général , et il ne comprend dans sa signification que l'idée qui lui est commune avec tous les autres , celle de la manière d'exprimer les pensées , sans aucune autre détermination ; en sorte que l'on donne le nom de langage a tout ce qui fait ou paroît faire connoître les pensées ; de-là vient que l'on dit même , le tangage des yeux , un Utngage par signes , tel que celui des sourds et muets ; le geste est un langage muet.'
Les autres mots ajoutent a cette idée générale et commune, celle du moyen dont on se sert pour rendre sensible l'expression des pensées : chacun de ces termes suppose que la parole est le moyen, et par conséquent que le langage est oral. C'est par cette nouvelle idée qu'ils diflFèrent tous du mot langage; mais puisqu'elle leur est commune, ils sont encore, à cet égard , synonymes entre eux, et il fiaut chercher les idées accessoires qui les distinguent.
Une langue est la totalité des usages propres d'une nation , pour exprimer les pensées par la parole. Tout est usage dans les langues; le matériel et la signitication des mots, l'analogie et l'anomalie des terminaisons , la sei'vitude ou la liberté des constructions , le purisme ou le barbarisme des ensembles. Les mots en sont consignés dans les dictionnaires; l'analogie en est exposée dans les grammaires particulières de chacune.
Si , dans le tangage oral d'une nation , on ne considère que l'expression des pensées par la parole, d'après les principes généraux et communs à tous les hommes , le nom de tangue exprime parfaitement cette idée ; mais si l'on veut encore y ajouter les vues particulières à cette nation , et les tours singuliers qu'elles occasionnent nécessairement dans sa manière de parler , le terme d'idiome est alors celui qui convient le mieux à cette idée moins générale et plus restreinte. Delà vient que l'on donne le nom d'idiotisme aux tours délo-