‹ Dictionnaire universel des synonymes de la langue franseChapitre 75 sur 494 · LANGAGE · texte numérisé non relu

LANGAGE

cution qui sont propres à un idiome : c'est dans cette propriété <jue consistent les finesses et les délicatesses de chacun; et on ne peut les apprendre que par la fréquentation des honnêtes gens de chaque nation , ou par la lecture assidue et réfléchie de ses meilleurs écrivains.

Si une langue est parlée par une nation composée de plusieurs peuples égaux , et dont les états sont indépendants les uns des autres, tels qu'étoient anciennement les Grecs, et tels que sont aujourd'hui les Italiens et les Allemands , avec l'usage général des mêmes mots et de la même sjntaxe, chaque peuple peut avoir^des usages propres sur la prononciation ou sur la déclinaison des mêmeS' mots : ces usages subalternes , également légitimes , à cause de l'égalité des États où ils sont autorisés , constituent les dialectes de la langue nationale..

Si , cQmme les Romains autrefois , et comme les Français aujourd'hui, la nation est une par rapport au gouvernement, il ne peut y avoir dans sa manière de parler qu'un usage légitime , celui de la cour et des gens de lettres , à qui elle doit des encouragements. Tout autre usage qui s'en écarte dans la prononciation , dans les terminaisons , ou de quelque autre façon que ce puisse être , ne fait ni une langue ou un idiome à part , ni un dialecte de la langue Nationale : c'est un pœtois abandonné à la populace des provinces , et chaque province a le sien.;

Un jargon est un langage particulier aux gens âe certains états vils , comme les gueux et les filous de toute espèce : ou c'est un composé de façons de parler , qui tiennent à quelque défaut dominant de l'esprit ou du cœur, comme il arrive aux petits-maîtres , aux coquettes , etc. Le mot de jargon fait donc toujours naitre une iHée de mépris , qui ne se trouve point à la suite des termes précédents : et si on l'emploie quelquefois pour désigner quelque langage bien autorisé, c'est alors pour marquer le cas que l'on en fait dans le moment , plutôt que celui qu'il en faut faire dans tous les temps.

Le langage se sert de tout pour manifester les pensées. Les langues n'emploient que la parole. Les idiomes se sont approprié'exclusivement certaines façons de parler qui rendent difficile la traduction des pensées de l'un ou de l'autre. Les diaieçtcs produisent dans la lantjue uationaîc des variétés qui

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