LITTÉRATUIVE , ÉRUDITIO» , SAVOIR, SCIENCE, DOCTRINE
Il y a, ce me semble, entre les quatre premières de ces qualités , un ordre de gradation et de sublimité d'objet , suivant le rang où elles sont ici placées. La Ut'érattire désigne simplement les connoissances qu'on acquiert par les études ordinaires du collège; car ce mot n'est pas pris ici dans le sens où il sert à dénommer en général l'occupation de l'étude et les ouvrages qu'elle produit. L'érudition annonce les connoissances les plus recherchées , mais dans l'ordre seulement des belles-lettres. Le savoir dit quelque chose de plus éteudu , principalement dans ce qui est de pratique. La science enchérit par la profondeur des connoissances, avec un rapport particulier à ce qui est de spéculation. Quant au mot de doctrine, il ne se dit proprement qu'en fait de moeurs et de religion : il emporte aussi une idée de choix dans le dogme, et d'attachement à un parti ou à une secte.
Lai littérature fait les gens lettrés; l'érudition fait les gens de lettres ; le savoir fait les doctes ; la science lait les savants ; la doctrine fait les gens instruits.
Il y a eu un temps oii la noblesse se piquoit de n'avoir pas même les premiers éléments de littérature. Le goût de {''érudition fournit des amusements infinis à une vie tranquille et retirée. Il faut, dans le savoir, préférer l'utile au brillant. Le reproche d'orgueil qu'on fait à la science n'est qu'une