EP
entrelace sous ceux qui ne sont pas décommis. Les épissoirs en fer sont ordinairement recourbés en forme de corne de bœuf» et. les épissoirs en bois sont taniés en cône droit. Ces derniers servent plus particulièrement à agrandir les ouvertures pratiquées entre les torons à Taide des premiers.
ËPISSURE , s. /. Jonction de deux bouts d'un cordage cassé, ou des extrémités de deux cordages. [P^oy, Epissbk.)
ÉPI TE , $, {. Petite cheytlle en bois. Elles servent à remplir les vides laissés par des clous qa'on a enlevés ou à grossir et faire forcer dans leurs trous des gournables ou chevilles de bois dans la tète desquelles elles sont enfoncées. Pour le premier usage , les épites sont arrondies, et elfes sont carrées pour le second.
ÉPITOIR, «. ni. Poinçon en fer qui sert è fendre la tôte des gournables pour faciliter l'introduction des épites.
EPONTILLAGE, s. m. Résultat de Faction et action d*épontiller. {Foy. ce mot.)
ÉPOIKTILLE, $.f. Pièces de bois ou de fer qui servent à étançonner les ponts d*un bitiment (f^oy.
CONSTROCTION.)
ÊP03ÎTILLER, v. a. Garnirun bâtiment d'épon« tilles.
ÊPIJIlATIO.\ ^ 8. f. Action d*éptirerf de dégager tin corpa, une subslanee, soit de quelques unes de ses parties, soit d'autres corps ou substances qui nuisent à son emploi. Ou ipHre^ ou mieux, on affine l'or, l'argent, la fonte, le fer, Tacier et les autres métaux, en* core bien que l'on diae du fer qu'il est bien ou mal èpvré ; maia èpurtr se rapporte plus spécialement i Faction à exercer sur les aubatances animales et végér taies, sur lea produits solides ou iiquidea qu'on en extrait, ainsi que sur lea eaux tant naturelles qu'artificielles. On rectifie^ ce qui veut ausai dire qu'on lea épvre^ les esprits, lea alcools, et en général les produits
de la distillation.
D'après ces distinctions qui étaient préalablement nécesaaires, novs ne mentionnons ici que pour ordre d'abord Voffinage de la fonte^ du fer, etc. {Foy. Fondbmb), et noua nous arrêtons, quant aux aubatances vé* gétalea» à Vépuraliou du chanvrey matière dont Tapprovisionnement est d'un très haut intérêt pour la marine.
Noua ayona dit, ■ au mot Coebagc, que le chanvre subit, dans l'atelier des espadeurs, une première préparation qui le dégage des corps étrangers et de l'étoupe la plus grossîète, et ce travail était en effet indispensaMoi lorsque le chanvre était acheté, pois livré brut, c'eat*è-dire tel qu'il aort» en France, des mains do cultîTateor, aox ouvrier^ chargés de le mettre en oeuvre. Mail daoa cet état do chaoTre» le .déchet occa«ioné
àpv
par lopéralion de Tespadage et par celle d'un peignage è fond était très considérable; ainsi, après Ces deux préparations, le chanvre indigène ne donnait communément que 60 p. % d'un premier brin, de qualité souvent contestable, qui seul était employé à faire lea cordages destinés i l'armement des bâtimens de guerre, 20 p. % do deuxième brin, qu'on utilisait pour le service intérieur du port, et 10 à 12 p. ^U d'étoupe, le surplus tombant en perte absolue, tandis que le chanvre du Nord, livré è la marine tout épuré donne, à Taide d'un léger peignage, 92 p. % de brin bon à filer, propre & faire d'excellent cordage pour les gréemens, et 8 p. Vo d'étoupe ou de déchet seulement.
Cette supériorité du chanvre reçu épuré sUr le chanvre reçu brut n'a point, dans le principe, été unanimement reconnue comme Ton devait s'y attendre, tant lea habitudes de routine ont de force, et, pour tâcher de la contre-balancer, on s'est attaché dans le port de Brest, par exemple, à n'admettre que des chanvres indigènes de première qualité. Après l'espadage du chanvre, et pour en tirer 92 p. <*/o ou â peu près de brin bon à filer, on le peignait à diverses reprises, de manière à en extraire deux ou trois brins différons. On mêlait alors ces deux ou trois brins, afin d'en former une masseile 9â kilogrammes qu'on soumettait ensuite aux épreuves de force, ce qui revenait à n'avoir, pour la fabrication des cordages, que du chanvre avalé, tel que celui qu'on obtenait anciennement déjà du mélange des brins, et que dès lors on reconnaissait être de beaucoup inférieur au chanvre de premier brin.
Ce qui fait que cet inconvénient n'a jamais lieu, et que Ton est dispensé des opérations à la fois malsaines et dispendieuses d'espadage et de peignage à fond, avee les chanvres de Russie , c'est que ces chanvres n'y sont point livrés bruts au commerce, et n'y sont admis aux ventée qu'après avoir subi une préparation qui exempte de la main-d'œuvre préliminaire que les chanvres de France exigent.
. Il était donc rationnel, utile et aux intérêts de l'état et au perfectionnement de la production du chanvre indigène, que la marine demandât à ses fournisseurs des chanvres de France, préparés A la. manière de ceux de Russie, et dont, comme de ces derniers, on pût obtenir sur-le-champ, par un loger peignage, 7 A 8 p. 7» d'étoupe et 92 p. 7o^® ^^ ^>'*"' propre A la fabrica» tion des meilleurs cordages.
C'est pourquoi la marine fait depuis long-temps les plus grands efforts pour obtenir qu'on lui fournisse dea chanvres de France épurés. Les premiers résultats de ses soins avaient été heureux, mais bientôt ils ont été contrariés par la spéculation, qui s'est emparée de la difficulté inliérente à tout changement, non pour l'aplanir comme aon intérêt bien comprils l'y eût portéOi mail
ÉPU
pour en faire une source de bénéfices exagérés. Elle en a pris occasion de pressurer^ d'une part, les cuUivateurs en dépréciant les produits qu'ils ne savent point préparer, et, d autre part, de forcer la main à Tadministration, en se concertant pour éjevcr outre mesure les prix demandés aux adjudications. Ces prix ont été poussés jusqu'à 115 fr. par quintal métrique, tandis que la marine pouvait, au même moment, avoir à 90 fr^ les chanvres de Russie, d*une qualité très supérieure.
En prenant le parti de tirer les chanvres de Tétranger» comme les prétentions des fournisseurs semblent y forcer, il serait, sans doute, à craindre que la culture indigène de cette production ne décrût faute d'en* couragement, et qu'ainsi les moyens d'approvisionnement ne se trouvassent nuls le jour où les étrangers s^abstîendraient de venir à nos adjudications. Mais, d'un autre côté, la limite des sacriGces que la marine doit s'imposer dans cette dernière prévision, et, à la fois , sous le premier rapport^ est très difficile à poser; car s'il faut, pour encourager la culture indigène, payer ses produits beaucoup plus cher que ne valent les mar-* cliandises achetées au dehors, il y a lésion des intérêts du trésor public et par conséquent de ceux des contribuables, au profit seulement de quelques intérêts, soit de localités , soit de spéculations privées. Or , c'est ce qui arriverait si la marine allouait à la spéculation sur les chanvres indigènes le bénéfice qu'elle demandait de 27 à 28 p. Vo* Il semble qu'elle s'estefforcée de concilier, autant qu'il lui était possible, l'intérêt de la culture indigène avec celui du trésor, lorsqu'on 1838 elle a fixé à 103 francs le maximum du prix du quintal métrique des chanvres de France épurés, surtout si Ton ne perd pas de vue que déjà il aura été perçu un droit d'entrée sur les chanvres de Russie qu'elle pou« vait obtenir au prix de 90 francs. Comme l'approvisionnement moyen annuel , en temps de paix » n'est pas moindre de 1,400,000 à 1,500,000 kilogrammes, on-voit qu'au prix de 103 francs que la mtirine offre pour les produits indigènes, comparée celuidc 00 francs, c'est une primede 182à 195,000 francs quelle attribue annuelle* ment à l'encouragement de notre culture. Pourrai t*>ello accroître ce sacrifice volontaire sans encourir de justes reproches de la part de la législature? Il est dilficile do le penser y et on est porté à admettre qu'elle fera sagement de persister^ et de ne pas rétrograder vers le passé auquel des habitudes de routine ou le désir de proGls exagérés clierchent à fenlraîner.
La bonne qualité des cordages est, sans contredit» une des conditions les plus essentielles des armcmens» La substitution de/) câbles en fer à la majeure partie des câbles en chanvre a déjà pourvu , il est vrai , de la manière la plus efficace , à la sûreté du mouillage des vaisseaux ; le fer a aussi fort otilement remplacé le
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chanvre pour certaines pièces du gréemènt, telles, par exemple, que les guinderessei (Voy. ce mot), qui ont de très grands poids à supporter, et des essais heureux ont , enGn , été tentés dans la vue de remplacer le chanvre par le^fer pour diverses manœuvres dor~ mani€s ou fixes , telles que les étais » les haubans, etc.; mais il convient de no point perdre de vue que l'élasticité des principales pièces du gréemeht des bâtimens de guerre peut être une condition de la préservation de leur mâture, dans les chocs siviolens, et souveot si brusques , de roulis et de tangage auxquels ils soat exposés ; cette condition d'élasticité a été môme étendue jusqu'à la coque des bâtimens, à l'égard de laquelle on a dit qu'il ne fallait pas quelle fût trop liée^ pour que le bâtiment pût conserver ou .acquérir , soit la marche la plus avantageuse , soil les autres qualités désirables.
Ces considérations confirment , quant aux gréemena, la nécessité que la marine ne reçoive que du chanvre aussi bien épuré que Test ordinairement le chanvre de Riga. Les mêmes motifs expliquent les efforts faits dans les arsenaux , avec une persévérance digne des plus grands éloges , pour perfectionner tous les travaux de corderie. Des résultats très importans ont déjà été obtenus , et de nombreuses expériences ont prouvé que l'introduction des méthodes nouvelles a en poar effet d'augnienter la forcé des cordages dans une proportion des plus remarquables. L'art du cordîer est sur le point d'être porté à un haut degré de perfection , au moyen des machines mises en usage; la fabrication du fil est dés à présent soumise k une maitf* d'œuvre plus précise et plus sûre qu'elle ne l'a jamais été» et rinvenlion récente d'un nouvel appareil , dont le bal est d'obtenir des fils exactement semblables entre eux , soit par la torsion , soit par le diamètre, si elle réalise toutes les espérances qu'elle fait concevoir, donnera la solution de la plus grave difficulté que cette partie primordiale de l'art ait eu à surmonter. L'adjonction de cette machine à celles d'un tiaut mérite, au moyen desquelles nos corderies effectuent déjà un conimettage si parfait, compIMara, dans les arsenaux maritimes» un système de fabrication des cordages trèa perfectionné; noua n'omettrons pas de le faire connaître dans ses plus intéressans détails, (f^oy. Perfectionnimbnt).
Épuration de l'eau douce d'armement. {Voy. Filtri).
Épuration de l*eaudemer, {Voy. Hbr).
EQUATEUR, s. m. {Foy. Astronoh», n^ % et 17.)
Ét^UERRAGE, s. m. Angle que forment entre elles deux faces planes d'une pièce de boia • L'éqner* rage est en gras si cet angle est obtus , il est en maigre si cet angle est aigu.
ÉQUERRER, v. s» C'est «oaser « OM piM
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^'équerrageeonvenable pour être placée dans une partie quelconque de la charpente d*un bâtiment.
ÉQUIPAGE, t. m. I. Marine militaire. — Le personnel nécessaire à la manœuvre et au service dea bouches à feu constitue l'équipage d*un bâtiment.
Une marine se compose de trois élémens distincts : des vaisseaux , des matelots et des officiers ; le premier peut s'acquérir , en plus ou moins de temps, avec de l'argent; on aura des vaisseaux , selon la somme de millions que l'on pourra ou que l'on voudra employer à les construire et â les armer , c'est une question de finances. Il n'en est pas de même des deux autres ; il faut les préparer long-tempa d'avance à l'aide d'institutions prévoyantes et fixes, surtout, quant au deuxième, pour la circonstance critique d'une déclaration de guerre qui surviendrait au moment où le plus grand nombre des meilleurs matelots, des matelots tout formés, serait employé par le commerce. La constitution du troisiènie élément, du corps des officiers , soulève des questions d'un ordre très élevé que nous développerons en leur Heu {P^oy. PBRseNMEi.) ; c'est au deuxième que se rapportent les considérations succinctes que nous allons présenter.
Les hommes composant un équipage sont pris dans rinscriptioD maritime et les équipages de ligne.
Inscription mariiime. — Tout marin inscrit (loi du 3 brumaire an iv) est tenu de servir sur les bâtimens de guerre et dans les arsenaux^ L'article 5 de cette même loi rend passible de rinscription définitive sur Ta matricule des gêna de mer tout citoyen , âgé de dixhuit ans révolus, qui aura fait la petite pèche pendant deux ans.
La levée permanente atteint les matelots âgés de vingt à quarante ans , sans services sur les bâtimens de l'état, ou ayant moins de trois années de services sur ce» bâtimens, ainsi que les ofiiciers mariniers , âgés de vingt âj]uarante-cinq an»,qu^ n'ayant pds trois années de services dans ce grade , réunissent moins de six ans de service en totalité. (Foy, IifSCRiPTioif h aritisie.)
Équipage de ligne. '^Lti formation des corps de marias connus sous le titre d'équipages de haut-bord , créés en 1808, puis licenciés en 1814, a conduit à celle des équipages de ligne. On avait , depuis long-temps , apprécié l'importance d'avoir des cadres permanens dans lesquels les marins provenant de l'inscription , appelés au service de TÉtat, pussent être placés selon les degrés de leur instruction nautique, et ces cadres ont ensuite fourni les dépèls dans lesquels les apprentis marins provenant du recrutement sont reçus et préparés au service de* nier. (f^oy. RscRUTEUEnT.)
Divers essais plus ou moins heureux ont été faits pour perfectionner cette utile institution , et de graves diflkaRM ont du dtrç surmontées d'abord , en ce qal
concerne la comptabilité de corps aussi mobiles et aussi fractionnés. D'autres difficultés non moins sérieuses restent encore â vaincre : Fune des principales provient de la répugnance marquée que tous les matelots , en général, éprouvent pour les exercices militaires qui impliquent, comme condition d'un accomplissement régulier, rimmobililé ou la raideur des mouvemens. C'est cette aversion constante qui est une suite de leurs idées , de leurs habitudes , de leurs allures de corps essentiellement mobiles et toujours libres , qu'il paraît sage de s'efforcer d'admettre , puisque Ton ne peut la vaincre, comme élément inévitable dans le système militaire de notre marine, et l'on peut regarder comme des plus fâcheuses toutes les tentatives qui ont été faites conséqtiemment au principe contraire. Leur effet, si elles n'étaient définitivement abandonnées, serait de tendre directentent à accroître Téloignement des matelots de la flotte du commerce pour le service de la flotte de guerre, et, par un contre^coup plus fâcheux encore , de diminuer sensiblement le chiffre des hommes qui se font classer dans l'inscription maritime. Or, une inscription maritime nombreuse, dan^ un état constitué sur les bases économiques de la France', c'est, comme nous le démontrerons en son lieu, la condition impérativede l'existence d'une puissante marine militaire.
Telle qu'elle est, au surplus , et en attendant les perfectionnemens dont elle est susceptible, l'institution des équipages de ligne est un progrès des plus notables. Elle a été récemment déjà améliorée par la création des régimeiis d'infanterie de marine qui doit dispenser les marins des équipages de tout service militaire pendant leur séjour â terre. On a aussi proposé, comme de haut intérêt , la mesure qui consisterait à embarquer sur des bâtimens commissionnés ou sur des navires d'instruction, les compagnies qui ne sont pas employées au service actif de la flotte. Les hommes du recrutement surtout recevraient, par ce moyen, une préparation bien plus réelle, bien plus efficace â la vie laborieuse du marin que n'a pu leur donner jusqu'à présent celte existence de caserne qui énerverait, dans leqr germç, les dispositions les plus prononcées que quelques uns de ces hommes pourraient avoir pour le métier de la mer, et tend , â plus forte raison, à les anéantir chez tous. C'est d'ailleurs encore un important sujet d'étude que la meilleure application , le meilleur emploi â faire â bord de ces mêmes hommes dû recrutement qui y arrivent comme auxiliaires, avec le titre d-appreotis marins, mais complètement ignorans des premiers élémens, des premières et plus simples pratiques du métier. Nous aurons l'occasion d'exposer les différons systèmes qui ont été essayés ^ous ce dernier rapport* {Fay. Oroawisation).
256 EQÔ
Les compagnie^ des équipages de lignes se recrutent, cx)mme nous lavons dit, par l'inscription maritime, par des admissions faites en vertu de la loi du recrutement et par des enrôlemens volontaires. Iics sous-officiers, caporaux et soldats des troupes de la marine (inranterie et artillerie) peuvent y être admis avec Tautorisation du ministre de la marine.
La durée des engagemens volontaires est déterminée par la loi de recrutement. Quant aux.rengagemens,.!ls •ont de deux ans au moins et de cinq ans au plus; ils ne peuvent être contractés que dans la dernière année du service obligé.
Le maximum de Tige auquel peuvent être admis les enrôlés volontaires, qui ne proviennent ni de Tinscrip* lion maritime, ni des troupes de la marine, est de vingtet-un ans et demi. Sont exceptés les capitaines d'armes non inscrits et les armuriers*forgerons y qui sont admis à contracter engagement jusqu'à Tâge de qua- Tanle*cinq ans, lors même qu'ils seraient mariés ou Yeufs ayec enfans.
Les marins de Tinscription ne peuvent être admis comme enrôlés volontaires après l'âge de trente-cinq ans, et les officiers-mariniers après l'âge de quarantecinq ans, à moins d'une autorisation spéciale du ministre.
Les enrôlés volontaires qui n'ont pas navigué, et ne remplissent pas d'ailleurs les conditions déterminées pour être définilivement inscrits^ sont admis en qualité d'apprentis-marins.
Telles sont, quant au recrutement deséquipages de ligne, les principales dispositions de l'ordonnance du 11 octobre 183G, qui est en vigueur. D'après celle même ordonnance, le corps des équipages de ligne est réparti en cinq divisions,dont deux de première classe, placées Tune â Brest, l'autre â Toulon, et trois de deuxième classe, placées dans les ports de Rocheforfp Lorient et Cherbourg.
Chaque division est composée :
D'un état-major, d*un petit état*major^
De compagnies permanentes ;
De compagnies de dépôl ;
De compagnies provisoires du recrutement;
Et de compagnies de mousses dans les divisions de Brest, Toulon et Clierbourg.
L'élat-major de chaque division est lui-même composé comme suit, savoir :
D'iviêion de première elasse.
Un capitaine de vaisseau , commandant ;
Un capitaine de corvette, commandant en second ; Deux lieutenans de vaisseau , adjudans-mujors ;
Un lieutenant de raisseau . chargé du détail de Thabillement;
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Un lieutenant de vaisseau , chargé du détail du casernement et de l'armement ;
Un sous-commissaire, quartier-maître trésorier et secrétaire du conseil d'administration ;
Un chirurgien de première classe.
Division de deuxième classe.
Un capitaine de vaisseau, ou un capitaine de corvette, commandant ;
Un capitaine de corvette ou on lieutenant de vaisseau, commandant en second ;
Un lieutenant de vaisseau , adjudant-major ;
Un lieutenant de vaisseau, chargé des détails de Thabiliement, du casernement et de l'armement;
Un commis principal, quartier-maître trésorier et secrétaire du conseil d'administration.
A la suite de ces premiers détails, il n'est pas sans intérêt d'envisager la composition qu'ils reproduisent, quant i la nature des fonctions dont des officiers de vaisseau se trouvent chargés, et qui sont si complètement étrangères â la haute spécialité de ces officiers. C'est là, il faut le dire, le côté faible, le côté le plus attaquable de l'utile institution des équipages de ligne.
Dans l'état de choses qui Ta précédée, et auquel ta création des équipages de baut-bord avait eu, comme elle , pour objet, entre autres vues générales, de remédier , lorsqu'un ou plusieurs bâtimens devaient être armés, on faisait une levée de mateloU inscrits, lesquels étaient, â leur arrivée dans le port, répartis sur chacun de ces bâtimens, en nombre convenable et selon , d'ailleurs , les grades, pour les officiers mariniers , et, pour les matelots, les classes ou degrés d'instruction, ^que les uns et les autres avaient acquis â l'époque, de leur dernier congédiement. On donnait , d'un autre côté , Tordre d'embarquer , pour composer rétat*major, aux officiers dontle tour de naviguer était venu , et, â l'exception 4e rencontres toutrâ-foit fortuites, tous, dans cette réunion improvisée, officiers, sous-officiers et marins se voyaient, en général, pour la première fois. Les incon venions qui. résultaient de cette absence de tous rapports antérieurs entre des élémens d'action si divers, qui ne sauraient <u>mposer cependant un tout tiop liomogène, pour que cette action soit aussi instantanée que forte, àont^ssez frappans iK>ur qu'il semble superQu de les développer.
La haute pensée qui a dominé la nouvelle organisation a donc été que , dans la même circonstance d'armement d'un ou plusieurs bâtimens , chaque lieutenant de vaisseau arrivât à bord avec sa compagnie toute formée, dans les différons grades et classes , des sousofficiers et matelots qu'elle comporte; et Ton conçoit rimm^iise avantage pour U célérité dee armemenu,
point si capital en temps de gaerre surtout, que le nouveau système a produit. Dès lors aussi les officiers, connaissant de longue main chacun de leurs hommes» tant au moral qu'au physique, sous les divers rapports de conduite 9 d'aptitude et de force qui servent à déterminer le meilleur emploi de ces hommes à bord » ont pu exercer sur eux, à un haut degré, et Tautorité morale à laquelle un patronage déjà accompli , d'une part, et éprouvé de l'autre part, donne tant de force, et cette justice distributive dont l'expérience des subordonnés assure aux chefs la plus complète efficacité. L'approbation de tous, pour les cas de récompense comme pour ceux de punition, qui naîtde cette double influence, fait que dans les entraves de la plua sévère discipline, le matelot se croit libre, et au jour des épreuves souvent si terribles, ne laisse pas voir de bornes dans son intrépide dévouement.
Voilà des avantages incontestables; il n'en est pas do même do ceux que l'on a attendus de l'organisation de ces mêmes liommes à terrel Nous avons mentionné plus haut, dans cet article, l'aversion constante que tous les matelots, en général, éprouvent pour les exercices militaires ; et s'il faut reconnaître que, dans la prévision des débarquemens que les équipages des bàtimens de guerre peuvent être appelés à effectuer , il importe qu'ils ne soient pas entièrement étrangers à ces exercices, c'est, après le maniement du fusil, qu'ils apprennent, du reste, avec une grande facilité, âr un exercice analogue à celui auquel on doit les compagnies des tirailleurs de Yincennes, qui se sont déjà si fort distingués dans la guerre d'Afrique, qu'il conviendrait de les appliquer. Le matelot est éminemment propre par sa souplesse et son agilité à accomplir, comme en se jouant, tous les mouvemens enseignés par cet exercice spécial, tandis qu'il répugnera toujours essentiellement, comme i^ous l'avons dit, aux évolutions stratégiques qui impliquent la raideur ou la régularité. Ajoutons que ces derniers exercices ne peuvent, d'ailleurs, être considérés que comme d'une application exceptionnelle aux débarquemens de portions des équipages, lesquels ont, en général, des attaques par surprise et des coups de main rapides pour objet. Telle, dans ces derniers temps, a été l'attaque d'Ancône ; tel le coup de main hardi du jeune et intrépide officier de vaisseau qui , après avoir escaladé pendant la nuit, à la tête de quel* ques matelots d^élite, le rempart de cette place, en a ouvert une des portes aux déiachemens de nos troupes qui le suivaient, et a déterminé, par la prise de la ville sans coup férir, la reddition presque immédiate de la citadelle.
Mais c'est dans l'attribution que partagent nécessairement les officiers de vaisseau commandans à terre les compagnies des équipages, avec les officiera de la
même arme attachés aux divisions de ces équipages, de fonctions évidemment incompatibles avec leur haute spécialité^ que l'abus d'un excellent principe se révèle. De ce qu'il importe que les premiers de ces officiers ne cessent point de remplir envers les marins composant leurs compagnies, le patronage qui a de si utiles effets en mer, on a conclu qu'il fallait les charger sinon exclusivement, du moins concurremment avec les officiers des divisions, de tout ce qui concerne la solde, la nourriture, Tbabillement, et le casernement de leurs hommes après leur débarquement; d'où des détails, sans fin, de comptabilité, d'examen et de réception d'effets de linge et de chaussure, d'objets d'habillement, etc., auxquels les commandans et les officiers des compagnies doivent se livrer, et qui leur font consumer, en pure perte pour leur instruction , des loisirs qu'ils pourraient si utilement employer, soit dans les bibliothèques dont chaque grand port est pourvu , soit dans les arsenaux dont les travaux leur offriraient une source abondante d'études et d'observations.
Que ces officiers ne perdent point de vue un seul jour la conduite , le bien-être et l'instruction des marins sous leurs ordres, rien de mieux; mais les assujétir à né plus faire autre chose que le service d'officier d'in« fanterie, dès qu'ils sont débarqués^ constitue, nous le répétons, un excès très fâcheux dans l'application d'un excellent principe.
Le petit état-major de chaque division présente dans sa composition, en officiers-mariniers, capitaines d'armes, secrétaires militaires, maîtres et ouvriers de diverses professions, musiciens, tambours, fifres, etc., une partie mobile destinée à servir sur les bfttimens armés, et une partie sédentaire; il serait sans intérêt ici d'en reproduire les détails.
Les compagnies permanentes sont partagées en deux sections :
La première est commandée par un lieutenant et la deuxième par un enseigne de vaisseau.
Les compagnies de dépôt se distinguent dans chaque division, en compagnie de dépôt do l'inscription maritime, et compagnie de dépôt du recrutement.
Les compagnies provisoires, dont le nombre varie en raison des besoins du service, sont exclusivement destinées à recevoir les engagés volontaires et les hommes du recrutement.
Enfin, les compagnies de mousses sont au nombre de quatre ; leur effectif total est de 450 mousses, et l'on est porté à regretter qu'il ne soit pas plus considérable. (Foy» pour plus de détails, Org\kis4tion.)
!Nous donnons, de l'autre côté, le tableau do la composition des états-majors et équipages de tous les iâli- ,mens complètement armés, qui est annexé à l'ordonnance du 1} octobre 183&.
COUPOSITION DES ÉTATS-HAJORS ET ÉQVIPJ