FON
FOC , s. m. Nom de plusieurs voiles triangulaires, qu on déploie entre le mât de misaine et le beaupré. [Voy, Grékment et Voiles.)
FOIRER, V. n. Une garniture, une fourrure a foitéy lorsque ses tours ont glissé en s'écartant les uns des autres.
FOLLE BRïSE, petit vent qui varie sans cesse.
FOND, s. m. Profondeur de la mer; sol qu'elle recouvre.'— Le fond est bas, lorsque la profondeur est grande ; il est plat, lorsqu'il reste le même dans une grande étendue et à une petite profondeur. Il n'y a pas de fond, lorsqu'on ne peut le Icouver avec la sonde ; on est sur le fond, lorsqu'on Ta rencontré avec la sonde. Le fond est de sable, ou de vase, ou de roches, ou do gravier, ou decoquilles, ou de corail, ou cuivré ; dans les rades on distingue ses qualités par dur, mou, do bonne tenue, de mauvaise tenue, de petit fond, grand fond.*— Les varangues des couples forment ce qupn appelle les fonds d'un bâtiment. --^ Le fond d'une vbile est sa partie intérieure, comprise du ceutre â la ralingue d'en bas ou du fond.
FO\*DERIE , t. f. Les ateliers contenant les appa* reils nécessaires pour opérer la fusion des hiatiéres métal ifques telles que le fer, 1c cuivre, le plomb, etc., par quelques procédés et pour la fabricatioa de quelque o.bjet quecoBoit, constituent une fonderie. On désigne aussi sous ce nom les ateliers dans lesquels on épure les graisseSy les résines, etc., par le moyen du feu.
Les fonderies de la marine ont principalement pour objet la fabrication des bouclies â feu en fer et en cuivre, celle des pièces diverses en fonte de fer et decuivre, qui entrent dans la construction , Tinstallation et Tarmement de la flotte.
^'ous avons donné, au mot Canon {Voy. ce mol), de longs développemens sur les règles établies par une ordonnance du roi, du 24 avril 1837, pour la fabrication, l'épreuve et la réception des bout:hes à feu en fonte d& fer. 11 nous resterait à traiter de la fabrication des bouches à feu en fonte de cuivre, ainsi que des objets divers que nous venons d*énomérer; mais cçs détails seront convenablement précédés par quelques considérations générales.
La fabrication des bouches â feu en fonte de fer est déjà ancienne, et le fer fondu était, de plus, employé dans le principe, pour la fabrication des ancres, des courbes de liaison des baux avec les murailles des bâtimens^ ainsi que des pentures de gouvernail et de plusieurs autres objets. Mais on a bientôt renoncé â la fonte de fer pour ces pièces fort importantes; toutefois» c'est de Hambourg qu'ont été tirées les premières peatures de gouvernail , en -foute de cuivre, employées dans nos arsenaux.
Le port do Toulon est le seul, en France, >iui ait eu
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anciennement ane fonderie de canons de fer. Dee usines établies à Ruelle» à La Chapelle, etc., et jusques à Bégorry, dans la Navarre, fournissaient l'artillerie de fer aux autres ports, jusqu'à l'établissement de lafonderie d'Indrety sur la Loire> par les soins do M. de Sarline, ministre de la marine sous Louis XYI» et dont ce minis* tre donna la direction à ringénieur anglais, nommé Wilkinson , auquel on doit Tinvention du fourneau on four de fusion , qui a conservé son nom et qui est encore très eti usage. Bientôt il livra, dans les ports, des canons de 18 et de 12, très supérieurs à ceux que l'on y avait reçus jusqu alors, nonseuFement quant i la maind'œuvre, mais aussi quant à la -matière ^ui présentai! ua degré d'épuration très notable. Les progrès de la fonderie d'I;idret ont toujours pris de l'accroissement jusqu'à la retraite de son directeur, qui eut lieu à l'époque de la guerre de 1778, et amena la remise de rétablissement à un entrepreneur particulier, sous la surveillance d'un capitaine et d'un lieutenant de vaisseau. On conçoit que ces ofûciers ne pouvaient avoir à opposer à l'intérêt d'un spéculateur l'expérience de l'art du fon» deur qui leur eût été nécessaire, avant tout* pour l'acoomplissement de leur mission.
La fonderie d'Indret avait d'ailleors été établie dans les plua larges proportions, et occasionné des dépenses très considérables. Notons, en passant, que c'est «danç cette usine que l'Anglais Wilkinson fit le premier em- ' ploi de rails en fer^ pour établir des communications faciles entre les divers ateliers, malgré !• poids considérable des objets que ces ateliers avaient à se transmettre. Elle pouvait fournir, année commune, 200 piè^ ces de tout ^salibre, et, au besoin, jusqu'à 300 pièces. L'ile d'Indret est maintenant occupée par un établissement qui réunit à un chantier de eonstruction de bateaux à vapeur, ies grands ateliers nécessaires pour la fabrication des machines de ces bàtimens. Mous le .décrirons dans un article spécial. (Voy. Usine.)
Des fonderies actuelles de canons pour la marine, la plus ancienne et la plus importante est celle de Ruelle, près d'Angpulème. Elle a reçu, depuis son origine, de très grands accroissemens; mais le cours d*eau, fourni par la Touvre, rivière dont ies eaux sont abondantes limle Fannée, qui lui sert de moteur, pourrait suffire à un établissement beaucoup plus considérable. On estime la force de ce moteur à Téquivalent de 272 chevaux, terme moyen ; mais elle s'élève jusqu'à 416 chevaux et n'est jamais au dessous de 127, suivant le» saisons. Deux hauts-fourneaux, douze fours àréverbère, dix-huit bancs do forerie, et tous les accessoires nécessaires composent cette fonderie à laquelle il manque des forges, celles qui s'y trouvent étant en nnauvais état.
La seconde fonderie de canons pour la marine, située à Notera, n'a point de hauts-fourneaux, nuds seulement
roN
huit fours à réverbère, une fonderie et quinze banea de forerie ; les foreries sont mises en mouvement par la Nièvre, avec une force d'environ 60 chevaux.
La troisième et dernière fonderie, placée à Saint- Gervais, sur la rive gauche de l'Isère, se compose de deux hauts- fourneaux, deux fours à réverbère et huit bancs de forerie seulement. Des eaux provenant des montagnes voisines, et reçues dans un vaste réservoir, construit à environ six mètres de hauteur, impriment le mouvement aux machinesavec une force d'à peu près 18 chevaux.
La création du nouveau matériel d'artillerie, en bouches à feu du calibre uniforme de 30, substitué à presque tous les anciens calibres pour l'armement de la flotte, et la fabrication de canons-obusiers de 80, qui font maintenant partie d^ l'armement des vaisseaux, des grandes frégates, ainsi que des bàtimehs à vapeur, constituent les travaux do ces trois fonderies. Elles sont exploitées en régie et dirigées avec un talent remarquable par des officiers supérieurs du corps royal d'artillerie de marine. Les produits luttent avantageusement avec ceux des fonderies de Suède et d'Angleterre, tant pour la qualité de la matière que pour la perfection du travaik Ce résultat, qtie des expériences authentiques fartes dans ces dernières années ont complètement démontré, n'a pu être obtenu qu'à laide d'essais multipliés, pour parvenir à déterminer la composition de l'atliage offrant le plus de résistande. De nombreuses épreuves ont eu lieu pour cet effet, et sont encore répétées dans les trois fonderies, toutes les fois qu'il reste le moindre doute sur la supériorité des combinaisona admises, ensorle qu'il n'est peint rare maintenant de voir des ca-^ nous d'épreuve du calibre de 8 résister au tir à outrance, et n'éclater qu'après plus de 65 coups, dont les 10 derniers tirés à la charge de 8 kilogrammes de poudra avec treize boulets pour chaque coup.
Cts succès justifieraient^s'il en était besoin, lasupériorité du système de régie directe appliqué aux fonderies de canpns pour la marine, sur te système d'exécution des mêmes travaux par entreprise, anciennement essayé à Ruelle même et dans lei autres usines, comme dans celle d'Indret, que nous avons citées au commencement de cet article. La première condition pour faire la guerre, et la guerre n^aritime surtout, c'est d'avoir des armes qui méritent une confiance absolue; or, on sait qu'à l'époque où des fonderies étaient confiées à des entrepreneurs, beaucoup de canons ont été manques ^ que, parmi ceux admis en service, il s'en est trouvé de mauvais qui ont occasionné de graves accidens; qu'enfin, des fondages entiers ont, plusieurs fois, dû être rebutés. Le système de régie a donc dû prévaloir ; car, au risque même de payer plus cher, il fallait, avant tout, avoir des bouches à feu dont on fût complètement sûr. Hals^