‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 154 sur 370 · GUI · texte numérisé non relu

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des grands bâtimeDS où elle est arrimée par plans à se toucher. Pour faciliter remploi des gueuses* oo les perce, par un bout, d'un trou par lequel on peut passer un petit croc.

GUI » s. m. Grande vergue sèche ou arc-boutant qui sert à déployer la ralingue inférieure de la brigantine. Par un bout, il est tenu par un croissant qui le supporte au mât d'artimon ; par l'autre bout, qui sort du quart de sa longueur en dehors du bâtiment, il est soutenu par un croissant fixé sur le haut et au milieu du couronnement , tant que la briganline n*est pas en dehors , autrement la balancine le soutient.

GUIBRE, s, /. Nom de toute la charpente placée en saillie devant Tétrave d'un bâtiment. On lui donne aussi le nom d'éperon, (f^oy. ce mot.)

GUIDE y s. m. Manœuvre qui hâle le palan d'étai à volonté sur Favant du grand mât. Elle fait dormant sur le pondeur, à Taiguilletage , près du talon de la poulie, et son courant passe dans une poulie estropée sur les élongis de misaine. — Lorsqu'on fait entrer un bâtiment dans un bassin, on le dirige par le moyen de certaines marques établies à terre, qui portent le nom de guides de bassin — On donne quelquefois le nom de guides aux gouvernails des drisses des huniers. {F'oy. ce mot.)

GUIDON, s. m. Marque distinctive que porte à la tète du grand mât le chef d'une division^ composée de trois bâtimens de guerre au moins ; il y a aussi des guidons pour signaux, qui sont au nombre de quatre {Voy. Signaux). — Un guidon de mire est un instrument qui se se place sur la volée d'un canon, et dont la hauteur rend la ligne de mire parallèle. à celle de l'axe de la pièce. Il est en usage dans la marine anglaise.

GUIGNETTE , s. /. Ciseau de calfat, tranchant par un côté, qui sert à ouvrir des joints ou agrandir des coutures.

GUIGUE. Canot très léger dont se servent les Anglais. Il est à fond plat, les deux bouts en pointe, et il a 6»,50 à 8*° de longueur, 1"',80 de bau et 0'°,82 de profondeur; il est armé de six avirons à pointe et grée une voile i antenne sur un mât très court placé au milieu.

GUINDAGE, s. m. Action de guinder un mât supérieur ou de l'élever au dessus d'un mât inférieur, pour le mettre en place. — Le guindage est aussi l'action de charger et de décharger les objets qui forment la caricaison d'un bâtiment de commerce ; le salaire des gens qui l'exercent se nomme frais de guindage. — On

entend encore par guindage, la distance qu'il y a entre la poulie crochée par Télingue et celle qui est au haat de l'appareil qu'on emploie à guinder.

GUINDANT, s. m. Le guindant d'une voile, c'est sa longueur, la plus grande hauteur à laquelle on puisse l'élever à la tête du mât, si c'est une voile carrée, ou le long d'une draille, si c'est un foc ou une voile d'étai. — Les pavillons et guidons ont aussi leur guindant.

GUINDE AU, s. m. Treuil, sorte de cabestan horizontal dont la forme est cylindrique, ou celle d'un prisme à plusieurs faces. Il roule sur deux tourillons, qui le terminent et qui sont portés par deux montans verticaux. On le faittourner au moyen de trois ou quatre barres, et ses linguets sont placés sur l'avant en arcboutant, pour l'empêcher de dériver.

GUINDER, V. a. Elever â leur place, dans un bâtiment, pour les mettre en clef, les mâts de hune, de perroquet ou de cacatois.

GUINDERESSE, s.f. Gros cordage, commis en aussière qui, dans un bâtiment, est employé à guinder et à caler les mâts de hune, etc. (Foy. Manœuvre.) .

GUIPON, s. m. Espèce de pinceau formé de fils de laine, arrangés en faisceau, ou de morceaux carrés d'étoffes de laine, cloués sur le bout d'un Lâlon qui en forme le manche. Leguipon sert au calfat à étendre le brai chaud ou tout autre enduit, dont on recouvre les coutures de la carène d'un bâtiment ou sa carène entière.

GUIRLANDE, s.f. En construction, on donne ce nom à de fortes pièces de bois, qui croisent horizontalement ou obliquement et l'étrave et les élonges d'écu-

bier : elles sont de courbures et de longueurs différentes, et on leur laisse toute la longueur qu'elles peuvent fournir et la plus grande force au collet, s'il s'agit d'un grand bâtiment. Les guirlandes forment des liaisons essentielles sous le bout des ponts et particulièrement de l'avant du bâtiment, en dedans de la contre-étrave {Foy, Construction et Vaisseau). — Dans le gréement, on nomme guirlande l'assemblage de plusieurs tours d'un petit cordage, dont on enveloppe un plus gros cordage, afin de prévenir la séparation de ses torons ou pour retenir son congréage bien appliqué dans le vide que les hélices laissent entre elles.

GUITERNE9 s. f. Arc-boutant, faisant partie d'une machine à mater les vaisseaux ou les frégates ; il est placé en arrière de la machine, un bout rousté sur la bigue du milieu, et l'autre sur le mât principal on à point fixe sur le pied.

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HABITACLE^ s. m. Ce mot désigne, eu 8tyle sacré, le lieu où Ton renferme un objet de vénération ; c'est aussi, à bord d'un bâtiment , Tespéce d'armoire dans laquelle l'on place lu boussole^ cet instrument qui préside à la destinée du navigateur, en le guidant sur rOcéan> et constitue pour lui, à ce titre, Tobjet le plus digne d'être révéré.

Nous avons fait connaître Torigine de la boussole (P^oy. Génie maritime) ; nous avons décrit sa propriété, son emploi {P^oy. Aiguille aimantée et Boussole), puis établi ses distinctions en compas de route, compas azimutal et compas de variation (Voy, Compas) ; il nous reste à donner une idée générale de Thabitacle , spécialement destiné i contenir le compas de route, à le préserver de tout choc, à le défendre contre les intempéries de la mer et du temps.

La boussole, composée dans l'origine d*un petit bar* reau d'aimant, flottant sur un vase d'eau; puis, par un perfectionnement notable, disposée sur un pivot avec une rose de compas, divisée en seize rumbsou airs de vent; amenée ensuite, par la méthode de la suspendre, de manière à lui conserver une position à peu près horizontale dans les mouvemens de roulis et de tangage du navire, et par la division en trente-deux airs de vent, à un état plus parfait, avait encore été, dans les derniers temps, Tobjet de quelques améliorations de détail ; mais sa boîte ou enveloppe paraît n'avoir que fort tardivement excité l'attention, et présenté quelque indice de l'espèce de culte justement acquis, dès les premières époques, à cet instrument, en raison de sa haute uUlité.

Cette botte, restreinte à l'avantage de laisser voir au timonier la boussole exposée, pendant le jour, à la clarté du soleil, et, pendant la nuit, à la lumière d'une lampe, n'était formée, il n'y a pas très long-temps encore, que d'une sorte d'armoire en sap, recouverte de peinture, et, de plus, assez peu solidement établie pour laisser craindre de la voir renversée par un coup de mer. L'appareil, enfumé k l'intérieur, n'excitait^ de la part du timonier, d'autre soin que celui indispensable, dans les nuits obscures surtout, de passer un peu d'étoupe sur la vitre terne au travers de laquelle la lumière arrivait sur la boussole.

Mais aujourd'hui Tacajou a, pour le pied de la boîte, remplacé le sap peint, La partie supérieure est surmon-

tée d'une sorte de cloche en verre, formant dôme, et recouvrant, en lui laissant toute la clarté du jour, la boussole qui se balance dans l'intérieur de l'appareil.

Au moyen de réflecteurs, une lumière égale et douce éclaire, pendant la nuit, le dessous de la boussole, et permet de voir parfaitement la rose de compas à travers la feuille de talc transparente sur laquelle cette rose se trouve divisée. ^

La partie qui forme entablement, entre le pied de la boîte et le dôme, est entourée d'une galerie à balustres en cuivre, et un compartiment y est ménagé pour recevoir une monire avec un large cadran.

Enfin, le déme lui-même est défendu contre tout accident par un double arceau en cuivre, lequel forte à son cintre une petite cloche pour frapper les heures. Tout le cuivre est poli, brillant, et présente, moyennant quelque soin, un ensemble aussi gracieux que solide. C'est un véritable ornement pour le gaillard d'arrière, où il est placé devant la roue du gouvernail ; en sorte que le timonier peut, à la fois, juger l'état du temps, reconnaître si les voiles portent bien, voir si le vaisseau suit eiactement la route ordonnée (Foi/. Gouvernail). Il est entendu que l'appareil est, lors du lavage du pont supérieur, recouvert d* un capoten toile peinte, etque,1ors des désarmemens, il se démonte avec la plus grande facilité, pour ôtreremisâ l'atelier qui l'a confectionné.

Cet atelier est naturellement le môme que celui dans lequel on fabrique les boussoles, répare les longues vues et les autres instrumens d'observation. Des motifs d'économie, d'une part, et, de l'autre, la perfection à laquelle ces instrumens ont été portés, à Paris, par plusieurs ingénieurs mécaniciens, ont, dans ces derniers temps, faitsoulever la question de savoir s'il ne seraitpas préférable de recourir à l'industrie particulière, pour en obtenir les instrumens nautiques de toute espèce , et même, un incendie ayant détruit, à Rochefort, l'atelier des boussoles, on avait décidé qu'il ne serait pas rétabli.

La solution, en effet, semblait ne pas devoir être douteuse; et cependant on a ensuite jugé que, dans l'impossibilité de fixer, k moins d'écarter à l'avance toute idée d^ progrès, des types immuables pendant la durée d'un marché, les artistes habiles avec lesquels on aurait à traiter, ne s'astreindraient pas à reproduire servilement des modèles auxquels ils reconnaîtraient

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des imperfections, et que, par analogie à d'autres objets fabriqués à des prix moindres dans les ports que dans les ateliers de Paris, les ouvrages de ces artistes seraient plus chers que les produits semblables obtenus des maîtres ouvriers, fort habiles aussi, des arsenaux ; cette opinion a prévalu.

Nous ne doutons pas que les avantages et les inconvéniens de la solution cherchée, dans le cours de la controverse qui a eu lieu, n'aient été attentivement pesés; et, toutefois, nous croyons qu'un nouvel examen pourra porter à revenir sur la concession faite, vraisemblablement surtout, à l'appréhension de voir, dans certains cas, la célérité des armemens compromise. Les perfectionnemens de haut intérêt déjà obtenus à Paris, par des artistes d'un vrai talent et d'une grande renommOe, la prévision même des progrès qu'on aurait à souhaiter dans la fabrication des instrumens nautiques, nous semblent constituer un puissant motif pour appeler ces artistes à doter la marine des fruits de leur habileté, et pour assurer à son service leur coopération^ dans le cas où l'emploi des instrumens par de savans observateurs conduirait à Taperception de quelque progrès; nous pensons que, loin d'y mettre obstacle, cette coopération serait indispensable pour arriver à un résultat capable d'être mis en expérimentation.

Au point de vue de Téconomie, s'il faut l'aborder aussi pour des objets d'une telle importance, l'outillage très perfectionné que la fabrication des instrumens nautiques exige, et qui demande, de la part des ouvriers, l'aptitude complète résultant d'un long usage, paraît une garantie contre la surélévation de prix qu'on redouterait, si, en même temps, l'on considère combien les ouvrages de précision exécutés dans les ports sont, en général, dispendieux. Si, enfin, l'on ajoute à ces observations qu'il peut suffire de commandes, faites en temps utile, pour approvisionner les ports de manière à ce que le service ne soit, dans aucun cas, compromis, il restera, nous le croyons, établi qu'il y aurait un avantage réel à revenir à la première décision qui reconnaissait, en principe, que les boussoles et tous les autres instrumens nautiques constituent , comme les montres marines, une catégorie spéciale d'objets à demander à l'industrie particulière^ et à confier, sous le rapport de la parfaite exécution, comme sous celui d*un approvisionnement convenable et très facile à appr^ cier, aux soins de la direction des cartes et plans do la inarine établie à Paris, en ne conservant, dans chaque port, que deux ou trois ouvriers spéciaux, près de l'un des ateliers de précision que comportent les arsenaux, pour faire les légères réparations.

Quant au luxe que Ton serait porté à critiquer dans la disposition extérieure des habitacles, il est plus apparent que réel ; ce sont les soins mis à entretenir lo

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