‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 16 sur 370 · AZIMUT · texte numérisé non relu

AZIMUT

Presque tous les recueils de tables nautiques contiennent une table des amplitudes du soleil , qui peut dis* penser d'une partie des calculs indiqués ci-dessos. Nous ne la rapportons pas ici , parce que son étendue n'est pas en rapport avec son utilité , et qu'elle exige un calcul des parties proportionnelles qot, en définitive-, rend r<>pération atùst longue que l'eibpldi des loga.»

Htfatnes;

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coDîquQS en yerre , superposées et communiquant par leurs sommets; elles servent â marquer les quarts à bord. Dans ces fioles, se trouve une certaine quantité déterminée de sable très fin, qui coule alternativement de l'une dans l'autre, et donne ainsi IMieure approxima» tive. Comme on le voit, cette imitation du sablier des anciens ne présente pas de grandes garanties d'exactitude ; il suffit d*un instant d'inattention du timonier, chargé de veiller Tam^ulette , lorsque le sable est écoulé et qu'il faut la retourner, pour occasionner plus ou moins de retard. Aussi n'emploie-t-on les ampoulettes à bord que pour la forine, car on est forcé, dç les régler à chaque instant, La fig. i9,pL III, représente des ampoulettes*

AMURE, 8,f. Les quatre angles des voiles carrées portent les noms suivans : les deux supérieurs, empoîntures, et les deux inférieurs, points. Pour une basse voile, le point sous le vent se nomme écoute, et celui du vent, amure. .Pour Les voiles hautes, les points prennent indifféremment le nom d'écoutes. Ainsi l'amure d'une voile basse est le point qui se trouve au vent. Les cordages qu'on emploie pour éta|)lir les points des basses voiles au vent se noinnient également amures. On a les amures à tribord, lorsque le bâtiment présente ce bord au vent; à bâbord, si le vent souffle de bâbord. Changer d'amures, c'est donc prendre les amures à l'autre bord, virer de bord. Les amures changent ainsi selon que le bâtiment est orienté « le point d'amure étant toujours celui du vent. — La grande voile s'amure sur une poulie, établie dans le bastingage ; on se sert encore pour cet effet , A boni des bâtimens de commerce, de dogues d*amùrcs (^oy. tétàr). La misaine s'amure sur l'extrémité du minot, qui prend aussi le nom de porte-lof; la vpile de fortune sur la muraille du Tibord en dedans du bastingage ; les voiles auriques et celles d'étais ont leurs amures fixées sUr l'arrière des mâts, et les focs sur le beaupré. Les bonnettes basses ont aussiJeurs amures.

AHVRER , V. a. C'est haler sur les amures, pour amener le point de la voile sur son tétar ou sur son porte- lof, etc.

ANCETTES pe boulime, s. f. Vieux mot, dont on se servait pour désigner les pattes de bouline.

ANCRAGE, $. m. Vieux mot, synonyme de mouillage, qu'on employait autrefois pour indiquer un endroit où l'on pouvait jeter l'ancre. — On nomme aujourd'hui droit d'ancrage une taxe exigée des bâtimens en certains lieux, pour avoir la permission de jeter l'ancre. Le droit d'ancrage^ qui est un droit de navigation, varie suivant les pays, et est fixé par des lois ou ordonnances â cet effet.

ANCRE. Crochet en fer forgé, â 2, 3 ou 4 becs, que Ton jette au fond de la mer, pour qu'il s'y cram**

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p<mne et arrête ainsi le navire auquel il est lié par un câble ou une chaioe.. Les ancres â 3 et 4 becs, généralement plus petites que celles qui n'en ont que deux, sont spécialement appelées grappins. Dans l'enfance de la navigation , les barques s'approchaient avec facilité des rivages, et rien de plus simple alors que de les retenir avec une corde passée dans une boucle , ou bien roulée autour d'une colonne ou d'un pieu. Mais â me* sure que les bâtimens grandirent, comme il leur fallut un tirant d'eau plus fort, on eut besoin de trouver un expédient pour les arrêter loin dés côtes qu'ils ne pouvaient plus aborder. Le premier moyen qui se présenta d'abord fut de -les fixer par un corps très lourd, qu'il leur était impossible d'entraîner, après eux. En eflet^ Siifdas nous apprend qu'Yphicrate, commandant de la flotte des Athéniens, 390 ans avant Jésus-Christ, or* donna à ses capitaines d'employer des sacs de sable "pour la tenue de leurs vaisseaux ; etâ l'exemple d'Yphicrate, c'est encore avec une grosse pierre, jetée au fond de l'eau, que les pêcheurs fixent leurs barques. Plus tard, lorsque les navires grandirent et se perfectionnèrent, ces moyens devinrent iosuffisans ; on fit des ancres en bois : les Chinois et les Japonais s'en servent toujours. Enfin, on eut recours à des ancres de fer; on prétend qu'elles furent inventées par le philosophe Àna-; charsis, 550 ans.avant l'ère chrétienne. Il est probable que les ancres â 3 et 4 dents , que nous nommons grappjns , ont été antérieures aux autres , puisque l'usage des grappins suppose moins de raisonnemens et de connaissances mécaniques : ces petites ancres sont exclusivement employées par les Arabes de la mer Kouge, les plus arriérés de tous les navigateurs du globe.

A {pL II, fig. 3 et 4), la pièce principale â laquelle se ' relient toutes les autres, est appelée la verge; son extrjgmité supérieure B est percée d'un œillet dans lequel est fixé un anneau C. Au dessous de cet œillet, un premier tenon D, et un peu plus bas un deuxième tenon D', limitent un espace carré dans lequel vient se fixer solidement une pièce de bois dont nous parlerons bientôt ; cette partie de la verge se noinme en eflet le carré. A l'extrémité inférieure £. aboutissent les deux ^ras I,r. Chaque bras est garni d'un triangle G, g, qui est soudé sur la partie intérieure de l'extrémité de ce môme bras; ce triangle est nommé la patte de Tancre* Le bras accompagne en dessous la patte et se termine avec elle, en pointe taillée en sifflet ou en bec de flûte» afin de mordre et de s'enfoncer plus aisément dans le terrain ; cette partie en biseau, où finissent â la fois le bras et la patte, est appelée le bec. La portion des pattes qui, de chaque côté, dépasse le corps du bras sur lequel elle est soudée, a reçu le nom d'oreilles. Ces oreilles déterminent donc la largeur de la patte. L'extrémité in-

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férieare de la'verge, marquée parL, où viennent se joindre les bras et où Tancre acquiert ses plus fortes dimcn* siens, s'appelle le coUelovL U croisée {\). La forme anguleuse déterminée par le prolongement de la verge qui tinit en pointe H, forgée à facettes, porto le nom de diamant.

Le ja» de l'ancre est formé par l'assemblage de deux pièces de bois, liées entre elles par des cercîos de fer : il «si emboîté au dessous de l'œillet, dans le carré; les. deux tenons l'empêchent de monter ou de descendre. Le jas a pour but de contraindre, en tombant sur le sol, l'ancre à se Cxer au fond par l'une de ses deux pattes. Pour cela, il faut que son plan coupe celui des bras à angle droit; mais, pour que le jas remplisse plus sûrement sa fonction et remédie à l'inconvénient des grappins qui glissent souvent sans laisser mordre aucun de leurs becs, il est important qu'il soit plus long que l'étendue des deux bras de l'ancre. Aussi lui donne-t-on ordinairement la longueur de la verge. Les ancres à jet ( il y en a qui pèsent jusqu'à 1200 kllog.) ont des jas en fer d'une seule pièce qu'on élongc sur la verge à volonté.

C représente un gros anneau , passé au travers do l'œillet, ménagé à l'extrémité supérieure de la verge ; cet atmeau s'appelle Yorganeau, ou pins communément la cigale. C'est là quWétalingue le câble ou la cbalne qui, d'autte part, est tourné aux bittes du navire.

Ce n'est point sans efforts multipliés que l'on est ptrr* Ycnuà perfectionner les ancres. Plusieurs fois, les.corps tavans ont fait des recherches à ce sujet. Voici le problème, et sa solution dépouillée des incertitudes et dei embarras qui l'ont rendue si diflicîle :

Pour qu'un bâtiment mouillé «oit dans les meilleures conditions de bonne tenue,Ie bras de l'ancre doit faire^ avec le fonds dans lequel il entre, un angle de 45'', ce fonds étant d'ailleurs supposé horizontal. Alors, il réunit à l'avantage de s'enfoncer dans le terratn celui de la solidité du point d'appui. Si les bras pouvaient être flexibles, ils devraient être formés par une chaînette chargée de poids égaux, et, pour les rapprocher le plus dé la forme qu'ils affecteraient dans cette supposition^ 6n les courbe en arc de cercle , dont le centre est aux 0, 375 de la verge, en commençant à compter do la croisée. Cette verge, considérée comme un levier, doit être plutôt longue que courte, avoir ses proportions les plus fortes au collet et décroître en allant vers Torga- Bean, afin de conserver ainsi une force égale dans tous Tes points de son étendue : pour qu'elle ait les dimensions les plus conrenables, ga circonférence, à son collet égalera la cinquième partie de sa longueur, et du côté

(i) Quelquefois on désigne par la eroisée de l'ancre, la longueur perpendicalaire des deux bras, ou la ligne droite qui mesure la dtoUnce des deux becs.

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de Torgaheau, cette cifconférehcd se sera insensiblement réduite aux deux tiers de sa grandeur primitive. Comme Teffort de la verge doit se faire au fond de la mer, dans le plan qui passe par son milieu et par ses deux bras, il est avantageux que , dans la position où elle se trouve, quand l'ancre mord, elle ait plus de largeur que d'épaisseur. Les bras, considérés aussi comme leviers, doivent avoir, pour résister partout également, leurs proportions les plus fortes à l'endroit où ils se joi* gncnt à la verge. A la croisée , on leur donne une circonférence égale à celle de la verge ; auprès des pattes, elles n'en ont plus que les 3/4. La longueur di)s patteé est les 0,5 de celle des bras , et leur largeur ou leur étendue aux oreilles est égale aux 0,4 de la longueur des bras.

La manière de forger les ancres a été (également l'ob* jet d'étîides sérieuses , et, , après bien des essais et des tâtonnemens, on a adopté une opératîon^très compliquée, dont nous donnons ici l'analyse.

En premier lieu, on forge h verge, composée de plu- Sieurs barres, que )*on soude ensemble sous le martinet. Le rtombre des barYes est toujours impair, parce qu'on eh place une au milieu, beaucoup plus longue que les autres, qui se nommé gouvernail, et sert à diriger plus aisément le massif sur rcndume,

2%iùieauén nombre de barres emptoyéeê suiffani le poids de i^afjiie ancre.

Ancres de 50 kilog. 3 barres.

Id. 100 Id. 6 Id.

Id. 150 à 200 Id. 9 Id.

Id. 250 à 400 Id. 15 Id.

Id. . 450 à 1000 Id. . 25 Id.

Id. 1050 à 2500 Id.

Id. 2550 à 4000 Id,

H là.

Chacun des bras est formé par ui^ nombre de barres égal â-celui de la verge; ainsi il faut 75 barres pour forger en entier une ancre, dont la verge en a 2^5, et 105 pour celle qui en compte 3.5. On donne à la verge les formes que nous avons décrites plus haut ; ôfn la laisse plate sur les deux faces larges, tandis qu on Tarron'ditau contraire &ur les deux autres. Lorsqu'elle est forgée, on sôudô les "tenons , on perce l'œillet avec un mandrin, puis on y place Torganeau. L'extrémilé opposée qui doit recevoir les bras, toujours plus Corte en dimensions, est çntaillée de manière que chacune de ses faces soit appropriée à cet effet. Ce travaH s'appelle amorcer la verge. Chaque bras est séparément forgé et amorcé de même pour s'appliquer dans cette entaille. On soude ensuite chaque patte sur son bras respectif, et alors les bras se réunissent par s<)udixre^ l'un après Taulre, evec la verge.

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L'âDcre forgée^ on l'enjalle ; maid ella doil, pour être admise au service, subir une épreuve qui coustale les bonnes qualités de ses soudures » et qui démontre que, toutes les fois que Ton fera effort sur Torganeau, elle ira nécessalreipont s'enfoncer dans le toi par Tun de ^es bras. Celte question de répreuye, mise aa concours par TAcadéoiie des Sciences, n'a jamais été parfaitement traitée, ot Ton est réduit à s'assurer de la bonne confection des Uncres par une ancienne métbode qui soulève plusieurs objections graves. Pour éprouver la solidité des soudures, on se boKie à laisser tomber Fancre d^une certaine hauteur sur un corps dur, ayaoi soin que le choo suit supporté par le' diamant^ car c'est là qu'il importe surtout que là jonction soit parfaite, puisque c'est l'endroit où a toujours lii^u l'effort le plus considérable, pendant que le navire est sollicilô par les forces qui tendent à l'entraîner. On la jette ensuite sur le sol, pour acquérir la certitude qu« lejas, dans toutes les cireonslanccs, forcera les pattes à se cramponner au terrain. Si Tancre sort victorieuse de ces épreuves, répétées un certain nombre de fois, on conclut que ses soudures sont bonnes , qu'elle est bien enjallée; en HBjnot, qu'elle est propre au service.

Parmi les ancres inégales dont un b&timent est pourvu^ la plus forte est nommée grande ancre^ maî^ ireste ancre^ autrefois ancre de miséricorde. Elle est . destinée k remplacer les pertes qui pourraient arriver durant une campagne. On la tient dans la cale s^ns être enjallée, la verge saisie le long de l'épontille du grand panneau* Les ancres qui, pour la grosseur, viennent immédiatement après celle-ci »* sont dites de ôoisoir ou de, po$te^ et sont d'un poids égal. Ce poids était mesuré par Ifi moitié de celui du câble qui les liait au navire. Le poids des ancres est encore d'jns le rapport du. carré de la longueur du maître bau* On est dans l'usage dépraver ce poids près du collet. On a des ancres de 150 kil. jusqu'à 4,000 klJ.

Les ancres de bossoir sont étalinguées et à poste » prêtes à servir (1). Un^ros cordage, nommé bosse-debout, est passé à l'organeau ^ par un second cordage, ajppelé serre-bosse, on élève les pattes on les portant vers l'arrière; ainsi l'ancre est traversée. Lorsque le b&timent est jur le point de mouiller, on (ait d'abord peneau en largant la senre-bosse. Aujourd'hui les ancres sont tenues par des mouilleurs en fer, qui laissent tomber r^iicre au fond^ dès qo'oa dégage wt des bras de ces leviers.

(i) Il est Inutile de rappeler ici qu'avant d'étalinguer un câble 0 faut garnir l'orgaoeau d'une einboudioure , c'est-à-dire d'un petit cordage qui fasse à cet anneau une sorte de revêtement, excepté dans la partie engagée dans l'œillet , afin d'empêcher îe eàUe de sa couper en frottant contre le £ér nu. Far la même raison l'étalingure est préservée par une garniture en totte.

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