‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 15 sur 370 · AMIE · texte numérisé non relu

AMIE

temps. Qiiaiiâ il s'agit d*an mât, on ne se sert pas du verbe amener, mais du mot caler. Dans les travaux mécaniques des ports et sur les vaisseaux, on emploie le mot amener, pour signifier larguer les garans ou les cordages qoi supportent on ot)jet quelconque' — A bord des bâtimens à voiles latines, on amène en caine, c*eê\r à-dire on descend l'antenne le long du mât parallèle* ment à la quille et à baulenr d'homme, afin que les matelots puissent serrer la voile sans monter dessus l'antenne. Cette manoeuvre est avai^tageuse, lorsqu'il vente frais au mouillage, ou lorsqu'on est surpris par un grain. — Amener deux objets Tun par l'autre, ic'estse placer sur nsi poîat d'une ligne droite qui passe par ces deux objets (Foy. ânbbs). — Faire amener un bàtjmeqt, c'est le forcer à se rendre. On lui commande : Amène Ion payiUoD ! et s'il exécute cet ordre, il s'est rendu. O9 a très rarement cité des bâtimens français, qui se soiienl; rendus sans combat c^ 4 cette jsimple injooction.

AMfilUS, s. m. Ce sont des marques apparentes e^ fixesprîses sur la terre, q/n servent i guider les bâtimenf en VMo de^ cMes^Oia cboi^it ordinairement pour amers, des clacJM0V« i^ batfyeries et autres coostructiops stabieis. U eat h^ de comprendre que si l'on prenait pour tmers pu points i» re^co/uiaissance des objets susceptibles d'être cbaogès deplf c|9 ou de disparaître, tels que des arbres, par laxemple, qu'on peut abattre d'un mor ment à l'autre, il an résulterait pour le bâtiment qui les aurait choisis dans un précédent voyage d/es erreurs fravj^s qui le mettriûent peut-èl^e en (^n^er de se perdre. Ainsi, pour éviter les brisans ou autre obstacle en entrant dans telle oiu telle baie, on gouyerne sur tel clocber ou #ur telle batterie. 0n dit : Vous trouverons un bon qiouiUage, lorsque telle batterie nous restera au Qord-Est, et tel clocho/r au Mord-Ouesf. La batterie et le docher sont les apers. On peiit établi^ ses amers de difféfentea manières. Dans l'exemple précédent, ils forment avec le bâtiment un angle droit (Foy, lafigAi^ pjl. Ul). A. est l'endroit où le navire a dû mouiller; B , l'amersIir.-JO. C, i'amers N.<£. On comprend aisément

que les amers sont d'autant plus faciles à reconnaître , qu'ils se rapprochent d'avantage de l'angle droit. On corn- 4)re^d jde même qu'un seul amers sur la môme ligne est insuffisant pour l'indiquer exactement, et on en prend Qrdij^airement deux sur cette même ligne, soit C et C, 9 et B'. Quand un bâtiment est au mouillsge, il b4 fjfUkt .de relever ses amers dans une seule ligne ou /d'amener deux objets l'un par l'autre, pour reconnaître »jl dia^se s^ur ses ancres. 11 est bon que les amers dé la ^fîè^c lignjB soient un peu éloignés l'un de l'autre, {lour que la direction soit mieux déterminée.

AlIflUT^R, V. a. Mettre de l'accord, du concert, jj^Tensemble dans un équipage , pour l'exécution des

nanœuYres, L'amiral Lalande diaait dernièrement â U

tribune : Il ne suffit pas qu'un bâtiment soit solidement et parfaitement construit, que son armement ne laisse ' rien â désirer, il faut encore que ses matelots soient bien ameutés, c'est-A-dire, pour s'exprimer comme les soldats de Farméede terre, qu'ils sachent, tous réunis, agir comme un seul homme.

AMI, s. m. Bâtiment ami; celui qu'on rencontre â la mer en temps de guerre, et qui prouve par des ai* gnaux particuliers qu'il est de la même nation ou d'une liation alliée* Il es*l important, comme on le voit, de dé-' rober â l'ennemi, la connaissance des signaux de convention. {Foy. le mot signaux.)

AMIHAN, AMI AN , s. m. Mot qui sert â désigner les objets â la traîne; par exemple, quand on trouva dans le grément un morceau de toile, d'étoupe, etc., hors de place, on peut dire : Quel est cet anrnhan? retirez cet amiban! Ce mot s'emploie encore pour désigner familièrement un bout de filin ou de bois , qu'on emploie * momentanément pour tenir lieu et place d'un objet qui manque et dont l'usage est spécial.

AMIRAL , s, m, La charge d'amiral était autrefois en France une dignité de la couronne. Celui qui eo était revêtu, commandait en chef les flottes, les armées navales et dirigeait la police navale de l'état; sa signature se trouvait au bas de toutes les ordonnances du roi, relatives â la marine. Cette dignité, supprimée par Louis XIII^ en 1627, Ait rétablie en 1668 par Louis XIY, puis supprimée de nouveau en 1791 par l'assembfée nationale, fin i81 4, eHe fut conférée au duc d'Angoulème. Maintenant, d'après l'ordonnance du 13 août 1830, le corps royal de la marine admet trois amiraux^ assimilés aux maréchaux de France. — Los armateurs qui expédient plusieurs bâtimens en société, pour faire la pèche de la mofue, donnent le tilred'nrl* mirai au capitaine chargé de surveiller tous les autres* — On nomme vaissean-atittra/, dans une flotte, celui qui porte le commandant «n chef; dans un port, celui qui sert de corps-de^ardé principal.

AMIRAUTÉ , s. /. C'éUit jadis une cour contentieuse, où la justice se rendait sous le nom et t'autorité du grand aîniral ; c'est maintenant un conseil , présidé par le ministre de la marine, et dans lequel se traitent toutes les affaires qui concernent la marine del'éti^t. Le conseil d'amiraïUé est composé d'un vice-président , de deux vice- amiraux , d'un directeur des ports, d'un directeur des constructions navales et d*un directeur des fonds et invalides.

AMOIiETTES, s. f. Trous carrés ou morUiaes en pyramide tronquée , pratiqués dans la tftte des cabestans , sur les vireveaux et tes guindeaux. Dana les cabestans, leur profoudeor est égaie â la sixiénoui partie de leur diamètre A 4'owrertvw^ EUas lerjfrant à

nscerotr le bout des barrée destiaéee à melire cet ma* chines en action.

AMONT , adv. Vent d'amont. C'est celui qui souffle par opposition à celui d'ayal dans le sens que coule une rivière, surtout si son cours est de TEst à TOuest. On se sert de la même désignation dans les ports et sur les côtes ^ particulièrement quand la terre est à l'Est. Le vent d*amont est donc un vènl d'Est. Les marins appliquent ce nom de vonts d'atnoht à ceux compris du N.-E. on S.-E., passant par l'Est* Ils donnent encore le nom de vents hauts à ceux qui viennent de l'Est» et de vents bas à ceux qui viennent de l'Ouest. — Amont signifle encore la partie d'en hant d'une èôte, d'un rivage, d'une rive, par opposition & aval, qui s'applique à sa partie basse.

AMOftCE , s. f. Poudre bu composition, que l'on place à la lumière des arines i feu. Sur les b&iimens de guerre, on amorce les canons avec un grain de poudre fulminante , de la grosseur d'un grain de poivre, qui détonne par percussion. On emploie encore de la poudre fine.

AMORCER, V. a. Placer Tamoree sur la lumière. •—Amorcer, au figuré,8igBifie attirer par ruse de guerre un ennemi inférieur, soit en masquant sa batterie et en prenant l'allure d'un bâtiment qui ne saurait se défendre, soit à l'aide de signaux de reconnaissance qu'on aurait surpris , ou de quelque autre manière que ce

soit.

AMORTIR» V. a. Diminuer l'aire d'un bâtiment; l'arrêter, annuler sa vitesse. On amortit sous voile, lorsqu'on découvre des brisans â l'avant ou tout antre obstacle, ou bien encore lorsqu'on veut jeter l'ancre. — On amortit l'aire d*un bâtiment à rames, en sciant à culer. — On amortit aussi l'aire d'un bâtiment qu'on lance â l'eau, soit en lui opposant carrément des bosses cassantes, soit lorsqu'il est de haut bord, en lui présentant une drôme de matéreaux où il va heur* ter de son étambot , qui est garni de manière â ne pas être endommagé.

AMORTIR t V. n. Se dit d'un bâtiment qui reste échoué dans un port ou un bassin, parce qu'il n'a pas assez d'eau pour flotter par suite du reflux de la mer. Ainsi, dans tel port, tel bâtiment est retenu jusqu'aux marées d'équinoxe, parce qu il a trop de tirant d'eau; il est alors dans un état d'amortissement.

AMORTISSEM£?iT , s. m. Etat d'un bâtiment qui cesse de flotter ; eiTet de raction d'amortir.

AMPHISDROAIE, s. (^ojf. corvette.)

AMPLITUDE, s« f. Arc de l'horizon comprjs entre le point où un astre se lève ou se couche et les vrais points de TEst ou de l'Ouest. , L'amplitude lost diip ariive, lorsqu'on la compte du point de l'Orient pour M IMC9 m*» l^ye ; die est dfte qpmm^ ton'q^ la

compte du point de l'Occident pour un astre qui s^ couche. L'amplitude soit ortive, soit occase, est leptentrionale ou méridionale suivant que les astres qui se lèvent ou se couchent ont une déclinaison iVorcf ou Sud. Par exemple, Tamplitude du soleil est septentrionale depuis Téquinoxe du printemps jusqu'à celui d'automne de la même année , et méridionale depuis Véquinoxe d'automne jusqu'à celui du printemps de l'année suivante.

Les marins font un fréquent usage de l'amplitude du soleil pour trouver la déclinaison de l'aiguille aiman« tée, ce qu'ils nomment la variation du compas. Toutes les fais qu'ils se trouvent dans un lieu dont ils connaissent la latitude et la longitude , ils peuvent déterminer la variation du compas en observant l'amplitude apparente au moyen du compas de variation (P^oy, BOUSSOLE.) , et en la comparant à l'amplitude vraie obtenue par le calcul. La première leur faisant connaître la distance dh soleil au polfll d'Est ou d'Ouest de la bouésole , et la seconde la diltance de ce même astre au vrai point d'Est ou d'Ouest , il est facile d'en conclure la distance de l'Est ou de l'Ouest magnétique â l'Est ou l'Ouest du monde ; cette distance étant néc(9S« sairement la même que celle du Nord magnétique au véritable Nord, est la variation cherchée. Comme l'amplitude est toujours comptée i partir du point d'Est ou buest , on voit aisément qiie là variation est égalé à là différence des amplitudes observée et calculée lorsque ces amplitudes sont de même signe, c'est-A-dire toutes deux Nord ou toutes deux Sud , et qu'elle est égale i leur somme lorsque Taniplitude observée est d'un signé différent de celui de l'amplitude calculée.

Le calcul de Tamplilude vraie n'exige d'autres données que la déclinaison du soleil et la latitude du lieii de l'obsetvation , quantités dont l'une est fournie pour chaque Jour de l'année par le livre de la Connaissance des temps ^ et dont l'autre est le résultat des observations particulières faites â bord. (^^oy. latitude.) Comme la déclinaison du soleil est donnée pour le ttiéridlen de Paris seulement , il faut |iréalablement rame* ner Thenre comptée à bord , au moment de l'observa* tlon , à celle de Paris pour le même instant ;. c'est la déclinaison correspondante à cette dernière heure qui doit entrer dans les calculs que nous allons indiquer.

Représentons par AESB {PL III , fig. 12) le cercle de l'horizon rationnel , et par AZFB le méridien du lieu ; soient P le pôle élevé , £ le vrai point d'Est ou d'Ouest , et S le point où le soleil se lève on se couche, l'are ES sera l'amplitude vraie , et comme PS i'epré* sente le cercle de déclinaison du soleil , on aura un triangle sphérique SPB , rectangle en B , dans lequel le côté PS sera le complémebt de Ik déclinaison; le Q6té PB bi ktitodoi et le côté SB le «tabplédKAt «

AMP

Tamplilade; ainsi en désignant par « l'amplitude» par X la latilnde et par /" la déclinaison da soleil , on aura » d'après les règles de la trigonométrie

sm « =

R. sin / Cos A

R étant le rayon des tables trigonométriqnes.

On peut traduire cette formale par la règle suivante : du logarithme du sinus de la déclinaison, augmenté de 10, retranchez le logarithme du cosinus de la lati^ tude , le reste sera le logarithme du cosinus de Pam^plitude*

Exemple L— Le 29 août 1841 étant par une latitude estimée de 42<'35^Ny et la déclinaison du soleil étante l'instant de son coucher 9^7^N , on demande l'amplitude Vraie du soleil.

Type du calcuL

Déclin. 0 9» 7' Log. sin 19,1998793.

Lat. du yaiss . . 42 35 Log. cos 9,8670512.

d*où

Différence ou log. sin amplitude 9,3328281.

Amplitude vraie Q = 12«25'35''N

L'amplitude magnétique s'observe avec le compas de variation à l'instant où le bord inférieur du soleil est à environ 17"" minutes au dessus de l'horizon , car c'est alors le vrai moment du lever ou du coucher, à cause de la réfraction , de la parallaxe et de la dépression de l'horizon. {Foy. ces mota.) En admettant que , dans le cas de l'exemple précédent , l'amplitude magnétique ait été trouvée de 18''33'N , on conclurait la variation de Taiguille par la soustraction suivante :

Amplitude magnétique = 18<>33' O'/N. ; Amplitude vraie Q = ^2 2535 N.

Diff. ou variât, du compass= 6 7 25.

Il est aisé de voir que cette variation est H.jQ. , parce que le point où le soleil a été observé s'écartant plus de rOuest de la boussole que du véritable point d'Ouest , il en résulte qu'il est plus près du pôle de la boussole que du véritable pôle , et conséquemment que le pôle magnétique décline du Nord vers l'Ouest.

On peut déterminer, dans tous les cas, de la manière suivante , le signe de la variation : étant tourné du côté du soleil , regardez sur le compas Pair de vent qui représente C amplitude observée^ si P amplitude calculée est à la droite de Cobservée, la. variation est du Nord vers l'Est , ii elle est à gauche ^ la variation est du Nord vers l'Ouest.

Exemple U.— Le 14 février 1S36, à 7 heurei du io^^ ilMttÊiilaliMudeJ(39âafK et^ arâpPdé lobgUûde'Oi

AMP

on a observé l'amplitude occase du soleil de 5^45^N ; on demande la variation du compas.

Il faut premièrement ramener l'heure du bord à celle qu'on compte à Paris au même instant, à raison d*une heure par 15^ de différence en longitude; {f^oy*

L0N6ITUBE.) OU a

Heures comptées à bord le 14 7 heures.

Diff. des méridiens 30«0, ou en temps + 2

Heures comptées à Paris le 14 9

Ayant trouvé au moyen de cette heure que la déclinaison du soleil est de 13<>22'S. , on effectuera le calcul de l'amplitude vraie, comme ci-dessus, en employant seulement des logarithmes à cinq décimales qui suffisent pour toutes les opérations où l'approximation ne peut aller au delà des minutes.

Déclin. 0 13''22' log. sin. 19,36395

Lat. du vaisseau. 43 36 log. cos. 9^86104

Diff. ou log, sin. amplitude. z=z 9^50291

L'arc correspondant à ce logarithme étant de 18*34'' , et la déclinaison du soleil étant septentrionale, noua avons :

Amplitude vraie. = i8''34'S.

Amplitude magnétique = 5 45N .

Somme ou variation = 23«19^N.-0.

La Tariation est N.-O, parce que l'amplitude vraie est à la gauche de l'observée.

La méthode précédente de calculer la variation du conipas par l'amplitude du soleil est celle que les marins préfèrent à cause de sa simplicité, mais la difficulté de saisir l'instant où le bord inférieur du soleil est élevé de 17^ environ au dessus de l'horizon, rend les observations de l'amplitude magnétique peu suscepti* bies d'uhe grande précision. Dans les circonstances les plus favorables , on ne peut guère compter sur la vanor tion trouvée qu'à un degré près , ce qui peut suffire à la sûreté de la navigation , mais ne saurait satisfaire un bon observateur. Il est une autre méthode à laquelle on doit avoir recours lorsqu'on veut obtenir la variation du compas avec une grande exactitude, {f^oy.

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