‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 238 sur 370 · MAG · texte numérisé non relu

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sont destinés à contenir^ et dont nous aurions, par conséquentf à développer le très long détail. Nous nous Jbornerons à faire observer que si, en général, ta conservation des menus-objets ouvrés» soit en bois, soit en fer» est assez convenablement assurée dans presque tous les ports, il n'en est pas de même des grands objets d'armement, tant en bois, tels que les embarcations, les mâts, les vergues, les hunes, qu'en fer et en lôle, tels que les caisses à eau, le lest en fonte, les ancres, les canons, les projectiles, etc. Ces derniers objets en fer^ depuis le lest compris, sont rangés sur les quais et sans abri, où il convient, d'ailleurs, d'ajouter que l'on leur donne des soins susceptibles d'atténuer les causes de détérioration ; à l'égard des caisses à eau, que leurs dimensions rendent très difficiles à loger, on est souvent réduit, par le défaut d'emplacemens convenables, à les déposer sur les ponts des vaisseaux désarmés, ou mémo de ceux en construction, ce qui n'est point sans inconvénient, et doit déterminer à ajouter aux magasins existans ceux qui manquent pour recevoir les divers objets très importans que nous venons de citer.

MAGASINIER, s. m. C'est le titre du garde^magasin chargé, à bord des bâtimens de guerre, de recevoir, de conserver et de délivrer, dans le cours do la campagne, les objets dont se compose le magasin général du bord. {Voy. Magasin général.)

MAGASIN GÉNÉRAL , s. m. (Arsenaux.) Nom conservé par ménagement, par une sorte de courtoisie motivée sur d'anciens précédons, au magasin spécial des matières brutes ou matière^ premières.

Depuis la première organisation du service des ports, sous TinspiratioD de Colbert, et jusqu'à 1828, le magasin général d'un port constituait un être gigantesque, dont les bras s'étendaient fictivement sur la généralité du matériel naval, et n'embrassaient, en réalité, qu'une très petite partie de ce matériel, dont Taction se portait partout, de droit, mais était renfermée, de fait, dans des limites fort restreintes*

Ainsi, à partir de l'objet de la valeur la plus minime jusqu'au vaisseau de premier rang, tout était censé entrer au magasin général, et devait figurer sur ses registres; rien, par conséquent, n'en pouvait sortir, pas même le vaisseau armé, sans que ce vaisseau ne parût en être extrait, et remis par le garde-magasin général à la charge de ceux qui devaient le monter.

Il faut reconnaître qu'il y avait , dans ce principe, une grande pensée d'unité d'action ; e'était d'ailleurs un ordre de choses qui semblait rationnel, à l'époque où tout le service de la marine se partageait entre deux seuls corps, dont l'un, ladministration, était exclusivement chargé de la gestion des arsenaux^ pendant que l'autre, le corps des officiers de vaisseau, avait jpouT unique mission de commander les bâtimens.

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Mais quand , à la faveur des progrès des sciences mathématiques, un corps d'ingénieurs instruits est venu remplacer les maîtres charpentiers constructeurs de navires , lorsque de plus fortes études ont amené de notables perfcclionnemens, que les fabrications ont grandi, que les détails se sont multipliés dans de fortes proportions, l'impassible inintelligence des registres s'est promptemcnt manifestée, et Ton a bientôt reconnu que, sans la participation de ceux qui exécutaient les travaux^ il était impossible de comprendre ce qu'ils avaient fait, et^ â plus forte raison, d'en rendre compte.

De là, principalement, est résulté la décision prise en 1828 : que le magasin général serait seulement te dépositaire des matières premières, pour les délivrer, sur des demandes successives, aux directions chargées de les mettre en œuvre; que ces directions auraient la garde des objets travaillés, et de ceux qui ne seraieut encore qu'en état de confection préparatoire ; qu'elles seraient chargées d'en suivre l'emploi, soit à terre, soîl à la mer, et qu'elles en rendraient compte sous leur propre responsabilité, (/^o?/. , au surplus, Matières. — Foi), aussi Matériel.)

Magasin général (à bord). C'est un emplacement réservé, à bord de tous les bâtimens de guerre, pour recevoir les menus-objets d'armement, de rechange ou autres mis sur l'inventaire, à la charge des maîtres comptables. Cet emplacement est garni de coffres, d'armoires et d'étagères , pour qu'on puisse y classer méthodiquement chaque sorte d'objet. (^Foy. Magasinier.)

MAGASIN PARTICULIElt , s. m. Ainsi que nous l'avons expliqué au mot Inventaire (F^oy. ce mot), une ordonnance de 1776 avait institué, comme annexes du magasin général, àes magasins particuliers. Chaque vaisseau ainsi que chaque frégate, armés, devait avoir un de ces magasins exclusivement affecté k recevoir, au désarmement, la totalité des objets portés sur son inventaire, afin qu'on pût les y retrouver au jour du réarmement.

Les objets provenant du désarmement des bâtimens, étant maintenant remis aux directions que ces objets concernent, les magasins particuliers sont devenus les magasins des directions. {Foy. Magasin.)

M AIIOXNE , 5. f. Galère turque.

MAIE, s, f. Grandecaisse dont lefondest en caillebot is. On y met égoutter les cordages qu'on vient de goudronner.

MAIGRE (en), adv. L'équerrage d'une pièce de bois est en maigre, lorsque l'angle plan qui le forme est moindre que 90"*.

MAIGRE EAU. On donne souvent ce nom à un endroit de la mer qui a peu de profondeur.

MAIGRIR, V. a., une pièce de bois, c'est enenle*

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TÇf tout ce qu'il faut pour lui donner la forme qu'elle doit avoir.

M AILliE , s. f. C'est la distance qui se trouve entre les couples qui forment la carcasse d*un bâtiment. Pour lesbâtimensde guerre, cette distance, ces jours ouvides sont toujours très faibles. On construit môme, maintenant, des bâtimens à mailles pleines, c'est-à-dire dont les couples se touchent. Les mailles des bâtimens marchands sont moins serrées que celles des bâtimens de guerre, et elles sont en proportion do la grandeur du navire et du degré de solidité que veut lui donner le constructeur. — On nommait maille de vaigrage la distance qu*on laissait entre certaines vaigres de la cale. — On donne aussi quelquefois le nom de mailles aux œillets de têtière, qui reçoivent les rabans de faix des. voiles.

'MAILLER, V. a. C'est lacer une bonnette supplémentaire à une voile, avec un petit filin qui passe par des œillets pratiqués, à cet effet, dans la voile et dans la bonnette.

MAILLET, s. m. Le maillet dont les calfata font usage pour enfoncer Tétoupe dans les joints desbordages est en bois de chêne vert, long do 40 à 45 centimètres, fnortaisé à jour et fortifié par des anneaux de fer; son manche est comme ceux des maillets ordinaires. — Dans l'atelier de la garniture, on se sert d*un maillet à peu près semblable, pour enfoncer l'épissoir entre les torons des gros cordages.

MAILLETAGE, 5. m. Assemblage de clous à maugère, dont la tête a 20 millimètres de largeur, qui sont enfoncés, les uns à côté des autres, sur le doublage en bols d'un bâtiment pour empêcher les vers de le traverser et d'arriver jusqu'à la muraille. On ne maillèle plus guère que les réserves et les pontons.

MAILLETER , v» a. Action de faire le mailletage. {Foy. ce mot.)

MAILLOCHE, s. f. Gros maillet, dont la masse contient une cannelure dans le sens de sa longueur; il sert k fourrer les cordages.

MAILLOiV , s. m. ^'œud coulant qu'on fait â Textrémité d'un moyen cordage pour accrocher un objet quelconque et aider à le hisser à bord.

MAIiV , s. f. Oq emploie fréquemment, à bord, des mains de fer, grosses et fortes crampes qui servent â accrocher des palans. On agit main sur main, en pesant de haut en bas sur un cordage, et mam avant, en halant à peu près horizontalement, sans secousse et sans variété d'efforts.

MAISTRANGE , 1. f. C'est, dans les arsenaux, la ciasse éminemment utile et capable des maîtres-entretoons des diverses professions d ouvriers 3 c'est aussi, h bord des bâtimeos de guerre, la classe non moins intéressante et précieuse, sous les mômes rapports^ des

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ofiiciers-marioiers ou maîtres chargés des différons détails qui se rapportent à la manœuvre, à l'artillerie et à l'entretien, pendant la navigation, tant de la coque,|qae des diverses parties de l'armement du vaisseau. {Voy» Maître.)

Maistrance {Ecoles de). C'est Tinstltution qui a pour objet, dans les ports de Brest, Toulon et Rochefort, de former, par un enseignement spécial, des maîtres ainsi que des contre-maîtres, pour chefs de chantiers et d'ateliers. {Foy. Instruction.)

MAITRE, s, m. (Arsenaux.) Des maîtres-entretenus sont attribués dans les arsenaux, et aussi dans les ports secondaires, à chacune des directions qui y font exécuter des travaux.

Ainsi, \fis cinq directions des constructions navales ont, ensemble, 130 maîtres-entretenus, dont 48 maîtres charpentiers, 12 maîtres forgerons, 17 maîtres, chefs des ateliers des machines et ajustage, de serrurerie et autres ateliers à métaux; 5 maîtres mâteurs, 7 maîtres cordiers, 14 maîtres calfats, 7 maîtres perceurs, 5 maîtres enûn de chacune dos professions de poulieurs, menuisiers, tonneliers et peintres.

Les directions des mouvemens du port ont, pareille'» ment ensemble, 52 maîtres-entretenus, dont 38 maîtres d*équipage (officiers-mariniers), 7 maîtres voiliers» 5 maîtres pompiers, 2 maîtres, chefs des ateliers deq boussoles.

Les directions d'artillerie ont aussi 52 maîtres-entretenus, savoir : 35 maîtres-canonniers, 6 maîtres-artificiers, 5 maîtres-armuriers, 7 maîtres fondeurs, foreurs et mouleurs.

Tous ces maîtres-entretenus sont divisés en cinq classes, dont la première a 2,000 fr., et la cinquième 1,000 fr. de solde annuelle.

Les directions des subsistances ont ensemble 17 maîlres-entretenus.

Enfin, 42 premiers maîtres de manœuvre, 42 seconds maîtres de manœuvre ou de canonnage, et 84 seconds maîtres ou quartiers-maîtres de profession, sont atta* chés, dans les ports^ aux escouades de gardiennage des vaisseaux.

Maître {Equipages des bâiimens). A la tête des maîtres de bord est le maître d*équipage; c'est le premier officier-marinier d'un vaisseau, celui qui a le plus d'autorité après les officiers de l'état-major du bâtiment.

Comme premier maître de la manœuvre, il doit la connaître parfaitement, ainsi que tous les détails qui se rapportent au gréement, aux apparaux de mouillage, etc., afin de se trouver constamment en mesure de faire exécuter les ordres qu'il reçoit, et qu'il est chargé de transmettre. Pour ce dernier effet, il faut qu'il ait une voix puissante et nette, afin que l'équipage puisse l'entendre distinctement d'un bout du vaisseau à 'autroi et

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qu il sache bien manier le sifflet, dont les tons, marqués et connus, déterminent les mouvemens successifs h effectuer. Le maître d'équipage est, d'ailleurs, chargé et comptable de tout le rechange du vaisseau, en câbleschaines et câbles en chanvre, ancres, cordages, goudron, etc.

Après lui viennent, dans l'ordre hiérarchique des officiers-mariniers, les premiers maîtres de canonnage et de timonerie, puis le capitaine d'armes, et enfin les maîtres de charpentage, de calfatage, de voilerie, le maître armurier-forgeron ; tous ces maîtres composent le petit état-major du bâtiment. Nous avons, au surplus, donné au mot Equipage {Voy, ce mot) un tableau dans lequel le nombre des premiers maîtres, seconds maîtres, quartiers-maîtres, etc. de ces diverses profeisions, est spécifié pour chaque rang de bâtimens.

II nous reste à rappeler que les premiers maîtres de manœuvre, de canonnage et de timonnerie, et les capitaines d'armes de première classe qui leur sont assimilés, sont susceptibles de parvenir au grade d'enseigne de vaisseau, lorsqu'ils ont satisfait aux conditions déterminées par la loi. {Voy. P£bson5el.)

Mmtre-valet. On nommait ainsi, autrefois, le commis du munitionnaire chargé de la distribution des vivres à bord des bâtimens ; la même fonction est confiée, aujourd'hui que les vivres sont fournis par l'Etat, à un commis aux vivres ou distributeur. (Foy, Vivres.)

Maître ou patron. Titre qu'on donne au maître reçu au cabotage, qui commande une barque, un bateau ou autre petit navire.

Maître-pilote. C'est, dans un port militaire, ainsi que dans un port du commerce, le premier des pilotes qui y sont en serviee. {F^oy. Pilotage.)

Maître de port ou de quai. Dans les ports mar« chands, le maître déport est chargé, sous les ordres du capitaine de port , de désigner aux navires du commerce, â leur arrivée, la place qu'ils doivent occuper, de les faire ranger et amarrer dans l'ordre le plus convenable, d'indiquer les lieux propres pour chauffer et radouber ceux qui en ont besoin, et, en un mot, de veiller à tout ce qui concerne la police et la sûreté des quais et des bassins.

Maître gréeur. Dans les ports du commerce, pareillement, le maître gréeur est le marin qui est chargé de gréer les navires.

Maître forestier. C'était un maître ou contre-maî- Ire charpentier détaché de l'un des grands ports militaires, pour aller, dans les forêts, choisir et marquer les arbres propres au service de la marine; — surveiller rabattage et l'équarrissage de ces arbres, puis leur charroi aux ports flottables ou autres lieux de dépôt. {^Foy. Martel.vce.)

MAITRE-COUPtE , «. nu En construction, c'est

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le couple dont les doux branches qui le forment sont écartées entre elles, au fort, d'une distance détermi* nant la plus grande largeur du vaisseau, hors-membres. {Foy. Construction.)

Maîtresse-varangue. On nomme ainsi la pièce inférieure reposant sur la quille ou la varangue du maîtrecouple, qui est, par conséquent, la varangue la plus plate ou la moins acculée. (Foy. Yarangue.)

MAITRESSE-ANCRE ou Grande ancre, s. f.

C'est la plus forte des ancres que Ion donne aux vaisseaux; elle était aussi nommée ancre de miséYicorde* {Foy, Ancre.)

MAJEUR, adj. Les bas-mâts d'un bâtiment sodI ses mâts-majeurs. Les deux basses voiles du grand mit et du mât de misaine composent, avec la brîgantine da mât d'artimon, les voiles majeures de ce bâtiment. MAJOR, s. m. (Voy. Organisation.) MAL DE MER, s. m. Soulèvement d'estomac que produit à la mer le mouvement continuel du bâtiment, chez les personnes qui ne sont pas habituées â naviguer.

MALARESTE , synonyme de Patarassb.

MALE , adj. La mer est mâle, lorsqu'elle est couverte de lames élevées qui brisent sur les bordages et embarquent dans différentes parties. — On dit qu'un bâtiment est mâle, lorsqu'il s'élève bien â la lame et n'embarque pas d'eau.

MALES, s. m. pL, synonyme d'AiGOiLLOTS.

MALINE, 8, f. Nom qu'on donne aux grandes marées qui arrivent aux époques des syzygies.Les grandes malines sont les marées des équinoxes. On dit : Noua sommes dans les malines. (Voy, Marées.)

MALSAIN , adj. Les côtes qui présentent do mauvais mouillages, dont le fond est semé d'écueîts, sont des côtes malsaines.

MANCHE , s. f. Fourreau de toile ou de cuir. On s'en sert pour conduire l'eau des pompes jusqu'au dalot, d'où elle tombe dans la mer ; on l'emploie encore pour faire descendre Teau et le vin de campagne dans les futailles de la cale ; pour le vin, la manche est en cuir.— > Les manches à vent, sont de larges fourreaux de toilo â voile, quon place verticalement â bord, ouvertes par les deux bouts. Leur extrémité inférieure correspond par les écoutilles dans la cale, ot l'extrémité supérieure, en forme d'entonnoir, s'élève â la hauteur des basses vergues. Le vent régnant s'y précipite et descend dans les parties inférieures du bâtiment, dont il renouvelle l'air vicié plus ou moins promptement.

MANCHE, i.m. Un manche d'aviron comprend la partie que le rameur saisit avec les mains pour le mettre en mouvement. C'est le liera de la longueur d'un aviron â pointe. Le manche d'un aviron à couple eit moins long.

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MANCHETTE , i. f. Bout de cordage, qui rst attaché dans un endroit quelconque et dont rextrémité, garnie d'une cosse, sert à soutenir à une certaine hauteur quelque manœuvre courante qui^ sans cela, descendrait trop bas.

MANCHON , I. m. Conduit en fer, qui sert de garniture intérieure aux écubiers.

MANDRIN, s. m. Rouleau de bois poli, en cylindre, de diverses dimensions, qui sert de gabari dans les ports et qu*on emploie à bord comme moule à car-

touches.

MANÉAGE, I. m. Trayail à la main. Corvée exigée des matelots employés au commerce, qui consiste à charger et décharger des marchandises sans qu'ils aient droit à aucun salaire.

MANÈGE , s. m. Mot peu usité, qui exprime l'art de conduire un bâtiment.

MANGER , V. a. La mer mange un bâtiment, lorsqu'elle le choque et le couvre instantanément. — Un bâtiment est mangé par la terre , lorsqu'il se trouve près d'une céte qui, plus haute que sa mâture, empêche de le distinguer du large. —Un objet qui abrite un navire est dit lui manger le vent.— Manger du sable, c'est tourner l'ampoulette, avant que tout le sable soit passé.— Un cordage usé par le frottement d'un corps dur, qui a passé et repassé dessus, est dit être mangé. Il est ragué, si c'est lui-même qui a frotté contre le corps. ** La lune mange le temps, lorsqu à son lever le temps se met au beau.

MANIARLE, adj. On dit : Un temps maniable, un vent maniable, qui permet aux bâiimens de manœuvrer facilement. — Un cordage maniable, qui est souple, facile â ployer et court bien dans les poulies. — Une voile maniable, qui est facile à mettre dehors comme â serrer.

MANIER, V. a. Bien manier son bâtiment, c'est le manœuvrer avec vivacité et précision.

MANNE, s. f. Petit panier d'osier qui sert â em-. barquer et débarquer le lest en cailloux. Une mannée ou manne pleine de cette sorte de lest pèse environ 20 kil. ; il en faut 60 à peu près pour un tonneau.

MANCffiUVRE,s. m. et s. f. Ce mot, en marine, reçoit plusieurs acceptions fort diverses : manœuvre^ homme de peine employé dans les arsenaux (s. m.); manœuvre, opération qui s'exécute dans l'intérieur des ports ; mancsuvre d'évolution ; manoeuvre des ancres ou de mouillage; et enfin, manamvre du gréement (s. /*.). Nous commencerons par ce dernier mot, auquel nous avons renvoyé pour compléter notre article Gréemeiyt.

Màhgbuvre de gréement. Mous avons déjà fait remarquer au mot Hauban (Yoy. ce mot), que les manœavrea du gréomeat doivent être diitioguées , avant

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tout, en manœuvres dormantes et manœuvres courantes : les premières, ainsi nommées, parce qu'elles sont fixes, telles que les haubans, gal-haubans, étais et faux étais, etc.; les secondes, parce qu'elles passent dans des poulies, et servent, soit â hisser la mâture haute ainsi que les vergues, soit à déployer et orienter les voiles, à les carguer, à embarquer et débarquer Tartillerie, les ancres, les embarcations, et autres objets d'un poids considérable; ces manœuvres courantes sont les drisses et itagues, les balancines, les écoutes, amures, garans de caliornes, etc., que nous avons d'ailleurs décrites, ainsi que les manœuvres dormantes» chacune â son article.

Mais, â l'article Goudron (Voy. ce mot), nous avons renvoyé au mot Manobuvke, pour parler de cet enduit donné aux fils de chanvre, dont se composent les cordages qui sont alternativement exposés â l'ardeur du soleil et â l'influence de l'eau de mer ou de l'eau de «pluie.

Au sujet de cet emploi du goudron, plusieurs questions importantes ont été depuis long-temps soulevées, et de nombreuses expériences effectuées; noua ne rapporterons ici que les principales des solutions obtenues.

Ainsi l^* en passant des mains du fileur danslachaiH diére qui contient le goudron, le fil de chanvre ne se charge de cette substance (qui augmente le poids des cordages, sans leur donner plus de force), que dans la proportion d'environ 20 à 24 p. 7o ^^ ^^ poids ; 2"* quant à l'influence de la qualité, à celle du plus ou du moins de fluidité du goudron, le fil provenant d'un chanvre fia et doux, tel que le chanvre du Nord, prend et garde comparativenfent plus de goudron qu'un chanvre moins épuré; 3' à la rupture de fils blancs et goudronnés, on a reconnu que les fils blancs sont sensiblement plus forts que les fils goudronnés ; 4^ Tinfluence du degré de chaleur du goudron sur la force des fils est à peu près nulle ; 5° enfin, en ce qui concerne la conservation des fils de carret goudronnés, dans les magasins» si l'altération de ces fils, en approvisionnement, n'est pas d'abord très sensible, bien que l'avantage reste encore, sous ce rapport, aux fils non goudronnés, cette même altération s'accroil dans une progression rapide, après un certain laps de temps.

Mais il n'y avait pas à conclure de ces résultats que Ton dût renoncer à goudronner les cordages du gréement 5 car si les expériences établissent que les corda* ges blancs sont plus forts, qu'ils se conservent mieux, et que même ils résistent plus long-temps à un travail continu que les cordages goudronnés, elles prouvent, d'un autre côté, que le goudron prolonge la durée de ceux qui sont exposés aux alternatives de chaleur et 4'humidit6 dont nov9 avons parlé.

C'est poorqooi l'on confectionne, dans les arsenaux» des cordages blancs pour les apparaux destinés aux manœuvres de la plus grande force, telle, par exemple, que le halage des bftttmeDS à terre (ou encore que l'érection, à Paris, de Tobélisque de Luxor, pour laquelle opération des cordages blancs ayaient été envoyés du port de Cherbourg) ; mais c'est aussi pourquoi Ton s'est oottstarament arrêtée goudronner les fils de carret que l'on emploie dans la confection des manœuvres du gréement, ainsi que de celles du mouillage des ancres ou auta*es' analogues.

Nous avons décrit la plupart des premières dans divers articles, et d'autres mots amèneront la mention de celles dont nous n'avons pas encore parlé; les secondes se composent principalennent des câbles, grelins et anssières en chanvre, des bosses de bout et serre-bosses, des garnitures de caliorues de capon, et de traveriières d'ancres, des tourne-vires également en chanvre ; nous aurons occasion de revenir sur ces dernières.

Manoeuvre d'évolution. (P^oy. Évolution.)

MiNGEUVRR. Opération qui s'exécute dans l'intérieur des arsenaux de ce genre : tels sont les abattages en carène^ les mâtages et démAtages, les halages à terre des vaisseaux, frégates et autres bâtimens; les entrées des bftUmens dans les bassins de radoub et leurs sorties de oes bassins, les lancemens ou mises à l'eau, etc.

Mavgeuviib. Homme de peine, que l'on emploie dans les arsenaux. On nomme ainsi, en effet, les journaliers qui, notamment dans les ports de Lorient et Cherbourg, où il n'existe plus de bagne, sont affectés aux meuvemens des bois, au lestage et délestage des bâtimens ou autres travaux de même sorte, pour lesquels nous avons exprimé le vœu, fondé sur les plus puissantesiconsidératiens (yoy. FoRÇiTs), de voir substituer, lisâcilicment, dans les ports de Brest, Toulon et Rochefori, des manœuvres aux condamnés que la marine est forcée à y entretenir, au grand détriment de son service, et de la sûreté do ses établisscmens.

MANOËUVREH.v. a. Ccst,par l'application des connaissances qu'enseigne la lactique, à l'aide d'un coup d'œil juste, rapide et convenablement exercé, faire exécuter, soit par une armée de terre, soit par une armée navale^ ou encore, soit par une divisioii, de troupes, soit par une division de bâtimens, comme par an seul régiment, ou par Téquipage d'un seul vaisseau,^ les manœuvres, évolutions et mouvemcns à opposer aux manœuvres, mouvemcns et évolutions de l'ennemi. Nous n'avons pas besoin défaire ressortir les difGcultés toutes spéciales, qui résultent pour l'homme de mer, pour l'habile marin, ainsi que pour l'habile capitaine, do la différence du champ, tant de bataille que d'évolution, sur lequel ils ont â combattre, ou simplement à manœuvrer • Hoimb db mbr) ; non plus de rap-

IJAB

peler ce qu'il f^ut, â raison de cette même éifCéfonee,

d'énergie exceptionnello aux hommes composant les équipages, dans les terribles épreuves où souvent le moindre péril â redouter est celui provenant du fea de l'adversaire qu il faut vaincre.

flianœuvrer un vaisseau, une frégate ou un antre bâtiment, c'est donc, en général, le conduire, le diriger, selon l'état du temps, de la mer, les qualités ou les défauts du bâtiment, à l'aide du vent, des voiles et do gouvernai), en sachant préjuger, â l'instant opportun, les changemens d'allure, les augmentations ou diminutions de voiles que les diverses circonstances de la oavigation peuvent nécessiter ; d'où l'on voit que ces principes sont applicables à la manœuvre des bâtimens du commerce, comme à celle des bâtimens de guerre.

AIAiXOEUVRIER, s. m. Qualification attribuée à riiabilc capitaine, et, plus spécialement, â l'habile marin, ainsi qu'à l'homme de mer, que distinguent essentiellement une théorie complète, non moins qu'une expérienitc consommée , de la manœuvre, soit d'un vaisseau, soit d'une escadre, soit, au haut de l'échelle de capacité, d'une armée navale. L'on dit de tels hommes, qu'ils sont bons, excellcns, grands manœuvriers. On peut, à la rigueur, comme l'exemple donné par Du^ gay-Trouin semble le prouver, être bon ou même grand manœuvrier, â l'aide de la seule expérience; mais c'est une exception très rare, et une haute instruction théorique est, au contraire, d'une nécessité que l'on doit regarder comme générale, pour la meilleure application de la science pratique dans les circonstances diflîcilea contre lesquelles Thommede mer surtout a si fréquemment h lutter.

HIAXOQUE, s. f. Écheveau de petit cordage de .30 et 60 brasses. Le bitord, le merlin, le lusin, la ligne de lock, sont mis en manoqae dans les corderief.

MA\TELET, s. m. Sorte de volet âpeu près carré qui sert à fermer les sabords d'une batterie, il y en a qui sont d'une seule pièce et sont fixés extérieurement â la muraille par leur partie supérieure. D'autres sont de deux pièces, l'une ferrée au dessus du sabord, l'autre s'abuUant en dessous. Ce sont des mantelets brisés. — Les sabords des batteries élevées se ferment avec des mantelcis volans, qui ne sont pas fixés à demeure et ne roulent pas sur des gonds comme les premiers; on les nomme faux*mantelets.

M ANNELLE , s. f. Sorte de levier qui servait de barre de gouvernail.

MARABOUT , t. m. Voile de galère qu'on employait dans les mauvais temps.

MARBRE , s. m. Le marbre d'un gouvernail est un cylindre horizontal sur lequel s'enveloppent les cordages qui font mouvoir la barre du gouvernail, et qui, établi sur Tarrière, tourne sur aon axe à Taide tfose

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