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Teût fortement imprégnée de goudron. Le capitaine Philips, qui employa ce même appareil dû à irving» dans son Toyage au pôle boréal, n'obtint pas un meilleur résultat.
De nouveaux essais amenèrent toutefofs des perfeclionnemens, au nombre desquels il convient de citer la cuisine distillatoire de Lamb, approuvée en 1807 par Famirauté anglaise et installée sur le vaisseau de 50 canons, le Trutly, puis l'appareil proposé en 1819 par MM. Grazer et Chater, de Clerkenwell.
En France , plusieurs illustres navigateurs, tels que Bougainville, Hamelin, et en dernier lieu le capitaine Freycinet, à bord de la corvette VUranie, ont eu recours à la distillation de Teau dé mer. Ptiisiéùrs savans (et entre autres M. Rochon , membre de Tlnstitut) se sont occupés de la solution du problème. En 1816, M. Kéraudren, inspecteur général du service de santé de la marine, publiait un mémoire sur cette intéressante question, et, deux ans plus tard, il faisait connaître avec nne sage réserve, les résultats, concluans jusqu'à un certain point, du moins, des expériences faites simultanément dans les cinq grands ports.
Des recherches semblables ont eu lieu aux États- Unis, et le docteur Baud a donné, la description d'un appareil distillatoire, adapté à la cuisine du paquebot américain, le Mentor.
En 1825, le capitaine Konning, de la marine danoise, à Altona^ célèbre d'ailleurs par diverses inventions de beaucoup d'intérêt pour les navigateurs, apporta, dans la question soulevée, le tribut de ses connaissances spéciales, en proposant un systèYne de cuisine qui, sans augmentation de combustible, donnait par la distillation la quantité d eau nécessaire à la consommation de l'équipage.
Plus récemment, MM. Wels et Daviés ont pris un brevet d'importation, pour unappareiTinventé par eux, en Angleterre, dont l'essai a été fait à Boulogne, à bord du sloop anglais, \Ailxance, et qui serait, dit-on, supérieur aux procédés usités en France , par la simplicité de sa constmction, la moindre place qu'il occupe .à bord, Téconomie du combustible, eu égard au rendement d'eau distillée, etâ la- qualité de cette eau (i).
Dans ces derniers temps, enfin, beaucoup d'expériences ont été faites, plusieurs brevets d'invention ont été pris, et même diverses sociétés se sont formées à Paris, pour l'appliiiation de perfectionnemens plus ou moins remarquables, apportés dans rétablissement d*appareils de distillation et d'épuration analogues. Nous avons assisté à un assez grand nombre d'épreqve9,.et notamment à Iselle ordonnée en 1840 par le ministre de la
(I) Z'/^nnofafcMr Journal de Boulog^e-siir- Mer, cll'J foîr.cTII de la France maritime .
marine, d'un appareil proposé par M. Cotelle, de Bordeaux; nous avons recueilli et conservé pendant très long-temps l'eau épurée provenant de cet appareil, eau très potable assurément, et demeurée telle après plus d'une année, eau très limpide, parfaitement inodore, dissolvant «bien le savon, etc., mais ayant toujours, à notre avis, un laible goût d'empyreume, qu'il sembla très difficile, sinon impossible, d'enlever complètement i cette sorte de produit.
D'autres perfectionnemens surgiront encore, sans aucun doute; mais reste et restera à résoudre, même à ^la suite de ces perfectionnemens attendus, la question ie savoir pendant combien de temps l'usage habituel, non interromputurtout,.de cette* eau de mtr distillée et épurée, comme boisson, pourra être fait sans altérjer la santé des équipages. C'est ce dont feront juger peutêtre les nouvelles expériences en cours d'exécution, qui ont été ordonnées, par suite d'un rapport de M. le capitaine de corvette Lavau , commandant la corvette de charge, VÀube, en mission sur les côtes de la Nouvelle- Zélande, qui avait à bord une cuisine distiiratoire do Tinvention de MM. Rocher et Peyre. « Quant à la quac lité de l'eau (produite par cet appareil, dit le rapport c de M. Lavau), elle ne laisse rien à désirer, en lasoufc fiant convenablement; elle est fort bonne au goût, c surtout quand elle a séjourné pendant trois ou quatre « jours dans la caisse, et ses effets ne sont nullement conc traircs à la santé des personnes qui en font usage (1). > Ce que le rapport ne parait pas mentionner, et ce qui était pourtant fort essentiel, c'est la duréo du temps pendant lequel l'usage habituel et non interrompu de l'eau a été fait, car on sait que l'eau de mer distillée et épurée n'est pas sensiblement insalubre pendant vingt à trente jours d'usage, comme boisson, mais qu'au delà decelte durée l'incertitude est complète. L'appareil do MM. Rocher et Peyre remplirait, au surplus, d'après le même rapport, les conditions économiques d'un très bon service, ce qui prouve qu'à un point de vue général de la solution très importante dont il s'agit, on est dans la voie de progrès réels, et que la question, capitale il est Vrai, de l'innocuité d'un long usage del'eau de mer épurée, est celle qui doit le plus désormais fixer Tattention des officiers de santé embarqués sur les bàtimens de l'État, qui emploieront les appareils.
Ainsi que nous l'avons dit, nous aurions à considérer la mer elle-même sous un grand nombre de rapports, et notamment sous celui de son incessante mobilité. Nous devons nous borner à dire que la nier est calme, lorsque sa surface est unie: — rtf/ée, quand, après un calme parfait, il s élève une légère brise qui fait sillonner sa surface par de petites lames ; — la mer moutonne, lorsque
(1) Annales maritimes^ ISif, 1I« parlic, p^c*? G*'>-
8a B«iitce, toarmeiitée par une forte brise, s'agite eo lames courtes et couronnées d'écume disséminée CQmme des flocons de nQîge, sur un fond d'azur; — elle .est houleuie, si les lame3 s'élèvent en ondulations; — clapoteuse, si les lames sont courtes et fort agitées ; — elle cremey quand des vagues, d'une très grande bapiteur, laissent entre elles des abîmes profonds ; — la mer est dure, lorsque le navire, au plus près, en reçoit de fréquentes et fortes secousses; — elle brise, si ses Qots mutinés rencontrunt un obstacle, sont, en effet, brisés, et jaillissent plus ou moins haut, avec fracas; — elle déferle, au moment où, s'élevant en voûte, les lames ^ retombent de tout leur poids sur le navire qu'elles ren*contrent. L'intensité des. vents, la direction des courans, le gisement et la configuration tant des qôtes, que des écueils et des bas-fonds produisent, comme on le sait, ces divers états de la mer, variables au plus haut degré. On sait aussi que jamais la mer n'est plus croise ni plus n^auvidse, que lorsqu'un Calme subit succède à un ouragan ; qu'alors le navire privé de l'appui qu'il trouvait dans ses voiles, et ne gouvernant plus, tangue et rouleau point que sa mâture menace à chaque instant de se briser «Cependant^ les navigateurs ne tardent |)a3 i se fainiliarlser avec ces affreuses tcnirmentes, et sachant qu'elles leur font courir moins de danger en pleine mer que sur les 'cfttes, ils se hjLtent d'appareiller, dans certains parages aurtout, dès qu'ils préjugent une tem?* pète.
A ^n autre point de vue encore, la mer monte, quand il y a flot; — elle baisse ou descend, lorsqu'il y aju* sant; — elle est haute ou pleine, lorsqu'elle, cesse de monter;^— éfa/e et va baisser, quand elle est sur le point de descendre ; — ^Ue est basse, k la fin du jusant, e.tc.
MÉRIDIEN. (Voy* Astronomie, 7 et t9.)
MERLIN > ^* ^' Petit cordage composé de deux ou troia fils carets commis ensemble. Il sert A coudre les ralingues et à faire de petits amarrages.
MERLINER, v. a. Employer du merjin.
MESURES NAUTIQUES. Les marins se seiVent de trois unités particulières pour mesurer le chemin parcouru pat on navive : ce sont le degré du méridien, la lieae marine et le mille marin»
Le degré dm méridien, ou le degré de latitude, est la trois cent soixantième partie d^un graùd cercle terrestre : la terre étant considérée comme une .sphère parfaite.
La lieue marine est la vingtième partie d'un degré du méridien.
Le mille marin est le tiers d'une lieue marine» et par conséquent la soixantième partie du degré ; il est donc équivalent i une mintUe de degré.
Les grandes dislances se comptent en lieues marines et les petites en milles.
Outre ces mesures, les Français emploient eDcore« sous le nom de brasse, une longueur de cinq pieds <fo roi, qui sert principalement pour déterminer la profoodeur de Teau, .et sous celui à'encâblure, une longueiir de 120 brasses ou de 100 toisas, qui sert à estimer à vue les petites distances telles que l'ouverture d'un port, la largeur d'un passage étroit, etc.
La substitution des mesures françaises actuelles» â ces anciennes mesures, ne pourrait s'effectuer' saos inconvénient, si l'on n'abandonnait la division du cercle en 360 degrés, adoptée par tous lés peuples, pour la division décimale en 400 degrés. Dans ce cas, un degré du Qiéridien répondrait à 10 myriamètres et la minuta centésimale à 1 kilomètre, ce qui rendrait les calculs beaucoup plus simples ; mais il faudrait alors que toutes les tables, cartes et plans fussent construits d'après le même système, et cette réforme entraîne peut-être plus de difficultés qu elle n'oîlre d'avantages. ' Quoi qu'il eu soit, voici les rapports des mesores nautiques avec le mètre :
Le degré du méridien équivaut à. . . 111111 mètres j
La lieue marine 55S5, |
Le mille marin id^i, |f
La brasse 1 «624
L'encablure 194.904
Nous ferons observer que les chiffres qui servent à indiquer les différentes profondeurs ou hauteurs de fonds sur les cartes hydrographiques^ et qui, dans les cartes françaises, expriment des brasser, désignent dans toutes les cartes étrangères des quantités plus petites que la brasse, de sorte que les Francis peuvent employer avec sécurité les cartes où les profondeurs de l'eau sont données en* mesures étrangères, en prenant pour des brasses les nombres de ces mesures.. (/^oy.
Sonde.)
METTRF, V. a. Les acceptions diverses que ce mot reçoit, en marine, reviennent toutes à la signification de placer ou disposer de telle ou telle manière, laisser descendre ou conduire^ selon telle ou telle direction, soit un bAtiment pris dans son ensemble, soit sa coque seulement, soit enfin les divers obijets. qui composent son gréement et son armement ; ainsi :
Metthb un vaisseau en chantier, c'est commencer sa construction, élonger sa quille, travailler ses couples de levée, etc. — Mettre en place ces couples, c'est les élever et les fixer sur la quille. — MeUre en csuvre des bois , des fers , c'est équarrir les bois, forger les fers. — Mettre à Cœuvreàes ouvriers, c'est leur faire commencer un travail*
Mettre un bâtiment à l'eau, c'est le kncer {Foy. Lancement). — Mettre un vaisseau dans une forme, un bassin, .c'est l'y faire entrer, soit pour lui appliquer son doublage, soit pour chauffer sa carène, etc.— Jlfet<re
un Tateseatt'it /lof, o'est» aprèg arroir laistiô eatrer Peau dana le baaain, faire sortir ce Taiaaeau dès qu'il flotte.
Mfnritv on Taisaeau en rade^ c'est le sortir du port, lorsque son armement est terminé, pour qu'il poisse mettre à la voile, ou appareiller au premier ordre ; le mettre dehors, c'est le remorquer hors de la rade, soit au moyen d'un bateau à Tapeur, soit au moyen d'embar* cations. — Mettre en mer, c'est quitter une baie, une côte, et prendre le large. — Mettre à la mer une embarcation, c'est l'y faire descendre, au moyen de caliomes oo de palans, de dessus le pont d'un bfttiment.
Mettre le cap à tel ou tel air de vent, c'est faire telle ou telle route, suivre telle on telle direotion. — Mettreàla cape, c'est tenir le vent avec une seule voile, par un gros temps, soit que l'on puisse oo non gouverner.— Mettre en ;?aiine,. c'est coiffer un hunier et garder la vent dans l'autre, au plus près du vent, pour arrêter le navire ; on dit encore mçtire en travers^ vent dessus vent devant. — Mettre en ralingue, c'est dispo* ser une on plusieurs voiles, de manière que le vent ne frappe ni dessus, ni dedans. —-Afêttrd le$ voiles sur les: cargues^ c'est les déferler sans les border, pour \«$ tenir prêtes à appareiller ; c'est aussi les carguer sans les. serrer. — Mettre à culer une oo plusieurs voiles, c'est les coiffer, en leur faisant prendre le vent par dessus, pour faire culer le vaisseau. — Mettre à courir ou met* tre à route, c'est faire^ servir, orienter les voiles, de manière qu'elles prennent le vent dedans, et gouverner à route, après qu'on a mis en panne ou qu'on a changé de route, pour quelque cause que ce soit. — Meure àsec^ c'est serrer tontes les voiles, quand le vent est trop violent, ou lorsque par un beau temps, en croisière, on veut se dérober à la vue. — Mettre à la bande , c'est faire ini^liner le vaisseau sur Tun de ses côtés, au moyen de poids que l'on y place^ pour découvrir et visiter, du côté opposé, une partie de la carène.
Mbttkb à bord^ c'est accoster le bord d'un bèlimeift^ de manière à pouvoir y monter. — Mettre les canons aux sabords ou en batterie, c'est les placer k leur poste de combat.*- Les mettre à la serre, c'est les hAler en dedans, la culasse dans laffût, et la volée appuyée contre la serre, au dessous du pont su^éTieur.'^ Mettre à poste un objet quelconque, en générai, c'est placer cet objet, dans l'endroit qui lui est assigné^ avec les précautions convenables pour l'y maintenir; ^e dit des ancres, des embarcations, des câbles, etc.
Mettre à terre, c'est débarquer, soit de rartillerie, soit des hommes, en vue d'une descente ou autre opération.
Mettre embargo, én6n (Voy. ce mot), c'est interdire la sortie d'un port à ton» bàtimens, soit nationaux, soit étrangers.
MEURTRIÈRE, $. /. Tioa qu'on perce dans le
pladchev d'un gaillard, pour tirer à couvmrt sur on. en* nemi qui aurait abordé le bâtiment.
MI, fiari. Un hunier ou perroquet est amené ou hissé â mi-mât, lorsque leur vergue n'est élevée qu'à la moitié dn guindant. — Naviguer à mi-canal, c'est ne pas s'écarter du milieu d'un canal.— A mi-marée, c'est lorsque le flux n'a élevé la mer qn*â la moitié de la hauteur qu'elle doit atteindre.
MINAHOUET., s. m. Petite planche étroite et mince percée d'un bout, don ton se sert pour garnir un petit filin. — On donne aussi ce nom à un petit appareil qu'on frappe sur le^ rides, pour roidir les haubans de hune et de perroquet des petits faAtimens,
MINOT, s.m. Synonyme de porîe^lof. (F. ce mot.)
MINUTE , s. f. La minute de degré égale un mille oo tiers de lieue marine de vingt au degré. — Pour mesurer le sillage avec le loch, on employait un sablier passant en une minute, maiotenant on n'efllploie plus •que' des demies où dea quarts de minute. {Foy. Me-