‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 268 sur 370 · HIER · texte numérisé non relu

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les tropiques, par l'effet du vent d'est qui y souffle constamment, elle en a perdu et en perd évidemment partout ailleurs. Pour ne citer que les côtes de France et celles des pays les plus voisins, on sait que Aigaeamortes, sur la Méditerranée, qui est maintenant située à environ 8 kilomètres de la mer, était un port du temps de Saint-Louis ; l'Océan s'éloigne, de même, en beaucoup d'endroits, des côtes de France, d'Angle* terre, etc. Ainsi la mer qui, à la fin du seizième siècle, baignait ces vieux murs de Brouage, sur lesquels on voyait, il n*y a pas Ipng-temps encore, les anneaux en fer, destinés à Tamarragedes navires, en est actuellement à une grande distance; les marais de Lincoln, en Angleterre, sont des terrains abandonnés par la mer, etc., etc. Nous sommes forcés à borner ici cet exposé de faits d'ailleurs bien connus, et qu'ilnous a paru utile de rappeler, quoique très auccinctement.

Nous avons dit plus haut que l'eau de mer n'est point seulement salée; mais, de plus, qu'elle a un goût acre et nauséabond au plus haut degré. En raison de cette saveur, ainsi que des principes actifs qu'elle contient, elle ne peut servir comme boisson, encore bien qu'on ait prétendu que certaines peuplades sauvages en font leur breuvage habituel, ce qui a besoin de confirmation. On a également prétendu que le czar de Russie, Pierre I^^, voulut accoutumer les enfans de ses matelots à ne boire que de l'eau de mer, et l'on a d'ailleurs ajouté que la plupart en moururent, ' ainsi que cela de* vait arriver.

Mais, depuis très long-temps déjà, l'on s'est eflbrcé de dégager Teau de mer des parties salines et autres qu'elle contient, afin de la rendre potable, ce que l'on a obtenu à un certain degré, du moins, en la distillant; et, en cherchant à la purifier. Nous n'aborderons qu'avec une extrême concision le détail des nombreuses expériences faites dans ces vues, en divers pays; et l'on conçoit, d'ailleurs, que s'il était possible d'amener Teau de la mer, par quelque t)rocédé d'un facile emploi que ce fût, à l'état de boisson complètement salubre, un tel résultat aurait le plus haut intérêt pour la navigation. Le problème est très compliqué; car, bien que l'eau de mer, après sa distillation ne soitplus salée, elle demeure chargée de substances volatiles animales et végétales, que cette opération ne peut lui enlever. Ainsi, lorsque le capitaine Gook, pendant son second voyage de découverte, en 1772, voulut, à la dernière extrémité, faire usage de l'appareil propre à la distillation de l'eau de mer, dont son navire, la Résvtution, avait été muni, le goût nauséabond de l'eau produite par cet appareil, parut tellement insupportable à son équipage, qu'il préféra user de l'eau de piiife ramassée à bord, au moyen de voiles étendues horizontalement, quoique le passage de celte dernière eau à travers les cordages du grécmeot,

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