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ne peayent pas leDir-prédsétnent le plus près. Lorsque les armées sont sur le même bord, c'est presque toujours sur la perpendiculaire du vent qu'elles combatteot. Une armée qui fuirait vent arrière ne serait pas pour cette seule raison à Vabri d'une attaque ; rien n'em« pécherait de la combattre et de la poursuivre sur la ligne du vent arrière.
L*armée qui a de gros bàtimens peut compter moins de voileSy sans pour cela être moins forte; bien plus, à nombre de canons égal à celui de Tennemi , il y a un avantage positif à ce qu'ils sçieftt répartis sur un petit nombre de navires. Et, pour nous exprimer comme le maréchal de Saxe^ nous dirons que la victoire est du cdCé des pins gfros vaisseaux. Moins de voiles permettent à Tamiral de moins serrer ses lignes et de conserver pins de liberté dansées mouvemens ; d'exécuter plus vite les évolutions et de réparer promptement les avmries; peu de bâtimens voient mieux les signaux et craignent moins d'être coupés.
Mais ce qui, avant toutes choses, assure la supériorité, c*est un amiral ayant une grande connaissance de la mer, une excellente tête et un coup d'œil auquel rien n'échappe. Lorsque le combat est une fois engagé à portée de canon, on n'a qu^à faire un feu bieii nourri et bien dirigé : mais lorsque rarlilLerieadqnné la supériorité à l'un des partis, c'est par des manœuvres savantes et «droites qu'on parvient. à échapper à une ruine complète ou à anéantir entièrement son ennemi. C'est particulièrement avant rengagem'erit'que le talent du général doit se montrer; c'est alora que sa su^riorité éclate dans les dispositions qu il fait prendre à ses bâtimeos. Calculer le ponr et le contre pour se décider A rester. au vent ou à laiteer arriver; attaquer, avec toutes ses forces réunies, une seule portion de celles de son ennemi ; traverser une lighe mal formée ,' couper, doubler des navires en désordre; en même temps reftié* dier auxinconvéniens qui se présentent, tirer avantage, le premier^ du phis léger changement de l'almo^ sphère; connaître l'espace indispensable, pour que l'armée exécute sans'embatras les évolutions qui de* viennent nécessaires ; et , par dessus toutes choses , savoir en cas de revers se retirer avec le moins de per* tes possible , tout cela exige de rares facultés, que la nature ne prodigue qu'i un très petit nombre d'hommes ; il faut des siècles pour produire des Tourville et des Nelson.
On ne saurait trop insister sur Timportance de la manœuvre; car c'est à celte science que la marine française doit toutes ses victoires. En effet, il n'y a point d'exemple où, à forces égales, une armée anglaise nous «it battus; ce fait est tellement incontestable, que l'amiral Bing^ traduit devant un conseil de guerre, à la suite de la victoire remportée sur lui le 20 mai 1756,
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dans les eaux deMahon, parle comte de la Galissonière» rappela ce fait comme moyen de défense : «S'il est un
t seul exemple, dit-il, qu'A forces égales nous ayons f battu les Français, je phase condamnation aur moi ; c mais s'il n'en est point, comment pourriez-vous me c trouver coupable ? » Malgré la vérité de son allégation, ou piutét à cause de cette vérité, ses juges le fi-
rent fusiller. C'est parce que la science du manœuvrier n'avait pas été donnée A nos* marins de la révolution que nous avons, pendant les guerres de cette époque, éprouvé de grandes pertes. Ces guerres ont démontré que sur terre le courage peut suppléer A tout, mais qu'il n'en est pas ainsi sur mer.
AUME JA ou A&MEJER , t. m. On désigne pur cette expression le travail qu'ilfauteffectuerpour amarrer un bAtiroent dans un port ou une^ rade.
ARMEMENT. Faire Tarmement d'un navire, c'est le mettre en état d'aller A la mer*: c'est le lester, le mAter, le gréer, lui donner un équipage, des vivres, des embarcations et tpus les approvisionnemens de campagne ; c'est le oharger d'artillerie et de munitions. On voit que le mot armement a une acception très large ; il s'emploie aussi pour les bAtimens marchands.
Dès qu.'un bAUment entre en armement^ le capitaine reçoit de la direction des constructions navales un devis indiquant d'une manière complète tous les détails nécessaifes A l'armement, et de la direction do port un état d'armement, où sont classés les objets qui doivent être délivrés. On fait des extraits par aréicles de cet état , et chaque maître , chaque commis reçoit A son tout; une feuille d'armement, qui lui indique ce qu'il a A réclamer pour sa partie dans les magasins. Ainsi l'embarquement de.tout l'attirail nécessaire A un navire qu'on arme se fait par les soins d'agens responsables qui se trouvent sous les ordres des officiers du bord, ayant chacun ladireclion d'un<Iétail ou service spécial» tel que Tarrimagei la timonerie, le g^éement, l'artillerie.
Quand le bAtiment a été lancé ou visité et radoubé, et que le doublage en cuivre a, été appliqué ou réparé, on met les bas mAts en place, soit au moyen de lamacliine A mAter, soit au moyen de bigues. La cale e^t nettoyée et blanchie A la chaux. Le lest en fer. est arrimé le long de la, carlingue jusque vers les mAts de misaine et d'ar^ timon. Les gueuses sont placées, en long, elles s'étendent vers les flancs du navire, sont, disposées sur plusieurs plans et d'une manière symétrique de chaque bord. Pour s'en assurer, on tient suspendu un fil A plomb le long de l'épontille A mat'ches de la grande écoutille. Il faut aussi tous les jours prendre le tirant d'eau, afin de smvre A cet égard les dispositions du devis.
Au dessui du lest eu fer^ on établit la ci^le A Têtu t
dont les caisses eubiqaes en tôle sont placées par rangées transTcrsales ou par antennes, snr des cabrions oo madriers d'an fortéquarrissage. On insère des planches entre les côtés verticaux dès caisses pour les préserver de la rouille et les acorer en même tMups* Les caisses étant arrimées, on les remplit à l*aide*de manches et d^ pompes qui vont prendre Teau dans des citernes amar« rées le long du bord. Chacune de ces caisses contient un ou deux kilolitres d'eau, ce qui fait un ou deux tonneaux métriques (le tonneau métrique vaut mille kilogrammes). Pour une navigation de trois mois, il faut à un équipage de 800 homme«,.2in kilolitres d'eau, à raison de trois litres par homme chaque jour.
Dans la cale au vin on dispose, sur trois ou quatre plans, des futailles cerclées en fer, de quatre barriques et au dessous. On place le premier plan sur des cabrions, et tous les plans sont acorés avec du bots d'arrimage. Une cloison transversale , qui tient toute la largeur du navire, règne sur rarrièrè de Tarchi-pompe et sépare la cale i l'eau ée la cale au vin. On met en outre, dans cette dernière cale, des vivres, tels que sel, fromage, choucroute , oseille , beurre, huile déclive ^ vinaigré, sucre, café, viandes pour les malades.
Dans un magasin général , on dépose tous les objets de rechange et d'armement confiés à la garde du maître magasinier. Le bisenit et le eharbon de terre sont reçus dans des soutes delà cale.
Au dessus de la soute aux poudres de l'avant est la soute aux légumes, dans laquelle on place le ris, les pois, les fayols, les fèves, le poivre et la moutarde.
Dans des soutes du faux entrepont, on dépose les voiles de rechange; on arrime les barils de farine et
de salaisons.
Les cftbles, les grelins, les aussières, les caliornes sont envoyés par la grande écoutille dans la fosse aux cAbles. -Les chaînés ont des puits particuliers. Contre répontille de la grande écoutille, on place, les becs en l'air, la maîtresse ancre.
Dans Tentrepont les maîtres déposent les objets do service courant et particulier à chacun de ces employés. Les effets d'habillement et les sacs de l'équipage vont aussi dans Tentrepont.
On prend un nombre suffisant d'embarcations avec leur armement ; les mâts et les vergues de rechange qui constituent la dréme sont saisis sur le pont, entre le grand mât ti le mât de misaine ; et en avant de ce dernier mât , sur le vibord , on suspend les ancres au nombre de quatre : deux ancres de bossoir et deux
ancres de veille.
Pendant le cours de ces travaux qui oonstituent l'arrtmage , on s'est occupé du gréement. {^oy. AenÊs.) H ne reste plus â prendre que l'artillerie ; mais avant d'entrer dans quelques détails sur celle partie imper-
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tante de Tarmement, nous suivrons le devis des poids Composant l'armement du vaisseau dé 90 canons , le Suffren.
CAL^PL &B }.*SX»OSAKT DS CttAKOa.
Epaisseur de la tranche fomiant Teiposant de
ma
charge à 2 mètres de batterie, le bâtiment
Gliargé..,.,., t.. f
Eiposant de la charge, pu poids total du yolume de Teau de mer déplacé par cette tranche. . . .
Devis dei poi4$ eott^oiant Vartnement.
ArUUerie, nmnttloDs ds gn^ne, équipement et rechanges de rartillerie.
Mâture, agrès, apparaux et rechanges des divers services
Vivres pour SQO hommes pour trois roots (compre» nantie biscuit, la farine, les salaisons, assalsonnemens et rafralchissemens de toute espèce) .
Tare des fntaHles contenant les salaisons, farines et assaisoDoemens, et poids . des ustensiles de
cambuse
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Boissons..] Vin. i
( Eau-de-vie
Caisses à eau en t61e
Pièces à eau
Futailles pour le vin et reati-de-vie. .. »
Gomirastibiet. ( ^^'^';^^^ '^^ ;;;;^
Chantiers et bols d'arrimage
Pro.vUions de table du capitaine et de Tétat-mf^or Equipage composé de 800 hommes et leurs effets. Embarcations et menus objets d*armement....
Total do poids de l'annement
fleste pour lest. ..../......- « . .
Ëgalilé de l'exposant de chaige...
Lest en far*
Composition du lest en fer, saumons gueuses de. ... .
Mètres.