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dans les périls de la navigation , et le coudait an combat; l'officier de santé adoucit ses nnaux, partage ses dangers et soutient son courage, quand ses organes affaiblis ne possèdent plus cette m&le énergie qui, dans des circonstances très variées^ en fait un homme qu'on ne saurait trop admirer.
A ces titres, combien est digne de considération et d'estime l'homme qui se dévoue, qui consacre son existence à de tels devoirs, en embrassant la plus pénible par les travaux qu'elle lui impose, la moins brillante pour l'avenir qu'elle lui promet, entre toutes les carriè- Tes que sob éducation lui rend Bccessibles! £t, en effet, combien de zèle, de persévérance et d'abnégation ne lui faut-il paSj pour acquitter sa tâche en conscience; que de difficultés i vaincre, de dégoûts à surmonter! Nous devons, pour l'honneur de cet exercice éclairé de l'art de guérir, à bord des vaisseaux, pour Thonneur de cet héroïsme de philantropie, donner, au moins, une idée générale des obstacles de toute nature qu'il rencontre sans cesse. Les premiers sont ceux qu opposent i son zèle, d'une part, l'incommodité, Tinsalubrité des hôpitaux de bord; l'humidilé, le froid ou une chaleur excessive; la fumée, le ^ruit et le tumulte, l'agitation continuelle, enfin, du navire ; d'autre part, Ja parcimonie des règlemens, la pénurie des moyens, l'impossibilité de leur application méthodique* Puis c'est l'indocilité du malade lui-même qu'il faut combattre avec d'autant plus de ménagemens, que si pour lui faire accepter un moyen contre lequel luttent ses préjugés, on lui présente la mort en perspective, c'est cette chance qu'il préfère avec un stoïcisme désespérant. £n revanche, ce môme matelot, malade, s'ingénie constamment à se procurer les alimens et surtout les boissons les plus funestes ; quand une sollicitude éclairée s'attache à le préserver des injures de l'air, il y échappe en s'exposant à la bise, à la pluie, ou en se couchant sous une écoutille pour humer un air froid dont Tinfluence lui est fatale; de là des symptômes, des accidens, qui déconcertent toutes les prévisions de la science.
Mais ce n'est pas tout que d'appliquer les moyens curatifs, dans des circonstances aussi défavorables, une autre étude essentielle au médecin navigateur est celle qui doit le conduire à deviner la maladie sur la physionomie seule des hommes dont la santé lui est confiée : insouciant et dur au mal, le matelot dissimule, le plus long-temps qu'il peut, ses souffrances, soit par timidité, soit par un faux-point d'honneur ; souvent par la crainte des remèdes et de la diète. Le chirurgien de bord, dès que l'altération du visage ou la pesanteur de l'allure de l'un des hommes de Téquipage lui indiquent le besoin de son secours, est donc forcé d'aller au devant des confidences, do les provoquer par des moyens appropriés au caractère de chacun.
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Nous n'avons josqu'ici considéré Tofficler de santé que dans les circonstances ordinaires de la navigaiioB; mais c'est lorsqu'une épidémie fait invasion à bord, dans les longues traversées, qu'il a à déployer tout ce que fa nature lui a donné de courage et d'énerçie ; car alors il lui faut lutter, non-seulement contre la maladie ellemême, mais encore contre l'affreuse démoralisation qoi atteint trop souvent la plupart des hommes de Téquipage, et qui les foudroie instantanément, ou les IIttc, aans force el sans défense, aux ravages de l'impitoyable fléau. Ce champ de bataillo du médecin, s'il est plos modeste, son courage, s'il est moins brillant que le courage militaire, n'en sont pas moins glorieux; car les épidémies ont leurs dangers, non moins réels etimminens, qu*il doit affronter, avec un sang-froid intrépide, sans l'enthousiasme et l'excitation qui accompagnent et animent le combat.
Si, au bruit de l'artillerie qui tonne à bord, et pendant la durée du combat même, l'officier de santé ne peut, comme homme, se soustraire complètement à l'influence de cet enthousiasme, il faut toutefois qu'il la domine pour pouvoir accomplir cette autre mission de douleur qui consiste à porter le fer dans les chairs palpitantes des blessés, pour pouvoir conserver le calme impassible dont il a besoin, afin de les secourir aussi promptement qu'efficacement, au milieu de l'horrible fracas et du sanglant carnage d'une bataille navale.
Quel nouveau courage enfin ^ et quelle nouvelle industrie ne lui sont pas nécessaires, au moment où, semblable à une épidémie, un naufrage ne laisse à l'officier de santé d'autres ressources que celles qu'il sait puiser dans son active, dans son infatigable énergie^ pour suppléer à la privation d'objets de la plus absolue nécessité, pour vaincre les obstacles qui s'opposent à l'application de préceptes dont le succès serait infaillible I c'est alors qu'on ne peut trop admirer cet homme qui, tout à l'exercice de son ministère d'humanité le plus élevé, et lorsque chacun ne pense qu'& soi, s'occupe lui seul de tous les autres, et oubliant son propre danger, ses propres soufiTrances, ne semble tenir aucun compte de la vie, tant qu'il lui reste quelqu'un à secourir, une douleur à soulager. Tel est le chirurgien de la marine à bord (1).
Nous n'avons pas encore parlé de son instruction médicale, de cette instruction théorique et pratique qui lai est cooamune avec les officiers de santé des hôpitaux, et que garantissent d'ailleurs les concours auxquels les passages successifs d'un grade à un autre sont constamment assujétis. Mais , privé de tous conseils étrangers,
(1) Voy. Hygiène nav^, par le docUur Forget; el particulièrement le Chirurgien de marine, par le même. (Article de la France maritimej tome S*.)
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et vMoU A 061 propre* moyenf , la soieixset oomi» mé* deohi, comme obimrgien, comme pbtrmâcieDy est poar lui on detoir encore plu rigoureuxi et c'est 001» peioe d'imputation d* me sorte d'homicîde volontaire qu'il ne doit pas cesser de la cultiver par de constantes médii»4 ttoM et par les <^ierrations iea plus multipliées»
Au surplus, le nombre des chirurgiens que comporte OBI navire de guerre est réglé, quant aux bâtimens des premiers rangs, sqr le Dombredeshonomes embarqués; MMS avons donné, A cet égard, les indications qui com«* preoneai les bAtimena de tout rang* (^oy. ëqdipagb.) Le personnel des officiers de santé» dans les ports» dans les colonies et sur la flotte, ce qui comprend par conséquent tant ceux embarqués ou A embarquer sur lea bAtimena de TEtat que ceux attachés aux régimeos d'artillerie et d'iaCanteiie de marine, se compose de :
SAVOik :
3 premiers médecins en chef;
2 premiers chirargiens en chef;
3 premiers pharmaelem en ehef; 9 secoDAs médaeltts em chef ;
5 seconds chirurgiens en chef; 2 seconds pharmaciens en chef;
2 médecins professeurs ;
3 chirurgiens professeurs ; »
4 pharmaciens profess^ors ;
se cbirarileBi de première oisise ; 177 id. de deuxi^m» classe; 158 id. de troisième classe ;
13 pharmaciens de première classe ;
17 td. de deuxième classe ;
24 id« de (solstémcclasse.
510 ofAciers de santé, à la tète desquels est piicé un inspecteur général duserriee de santé^ qui réside hshltnellemenfr près du mleifltère» à Paris*
80 sœurs hospitalières, et 325 infirmiers, servans^etc, concourent aux soins donnés par les officiers de santé dans les hôpitaux des ports (^ot^.Hôpital). Le nombre des malades qui sont traités dans ces hôpitaux YSrie de 2,200à 2,500, termes moyens, par an.
Relativement A ta marine commerciale, une ordon-» nàncede 1819 a prescrit (fue tout navire qui entré* prend un voyage de long cours, ou est destiné A faire la grande pAehe, doit embarquer un chirargien pour vingt hommes, non compris les moaSsès, et que ce chirurgien doit avoir son diplôme d'officier de santA. Si Téqui*page comporte moins de vingt hommes, et c'est ce qui arrive pour le grand nombre des bAtimens mtr<^ chauds^ te eapitaine doit être muni d'un coffre A médi* camens et d'une instruction écrite, désignée sous 10 eom bizarre de ehâturgien de pupier^ laquelle renferme rappKcation de ces médicamenS) ainsi que des moyens èuratifs les plus simples, aux divers cas de maladies. Le ehirurgien, au surplus^ qui ae résigne A embarquer, en c6tte qualité^ iur un navirA de commerçai est ordinaire*'
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ment un jeune officier de santédépourvu d'autres moyena de[sttbsist«r. Accoeilii commeune chargeimposée par lea réglemens, obligé de débattre avec Tarmateur la quo^ titéde ses émolumens, il est souvent forcé ^ pour sup« pléer A leur insuffisance, soit de participer, d'una m»* niére quelconque, au service du bord^ soit de prendrai une mince pacotille pour en trafiquer en pays étranger. Indépendamment de la pénurie des ressources uioia* dres encore que sur les bAUmens de guerre, il est pre»* que eonstaioment en lutte avec le capitaine, lorsqu'il s'agit des soins k donner A des malades dont les braf sont indispensables A la manœwre, et c'est dans de telles circonstances, surtout, qu'on a vu des chirurgiens se dévouer A remplacer, autant qu'ils le pouvaient du moins, les hommes qu'ils avaient A aoîgner. La résis*" tance qu'ils renoontrent sous le i^Apport dont noua venons de parler, est telle quelquefoia que, dans les co'looiest l'autorité s'est vue obligée de sévir contre dea capitaines qui, en temps d'épidémie, redisaient d'en** vdyer leuM malades A terre, pour ne point se prirer de leur service, ou dans la crainte de payer des joumtes d'hôpital.
Il importe de ne point perdre de tue qu'en naviguant pour le commerce, le matelot ne cesse point d'appartenir à l'Etat» et c'est d'après ee principe, non moins qit*A titre de mesare d'ordre publie, que l'ordonnance de 1819 a prescrit l'embarquement d'un officier de santé sur chacun des navires qui ont vingt hommes d'équi* page et au dessus ; maîa lA ne doit pas s'arrêter la soi* licitude de l'administration de la marine. Elle doit sui* vre le matelot sur les bAtimens, en très grand nombre^ où, A défaut de chirurgîea, il est non^eeulement privé de tous soins» mais mAme forcé de se livrer aux phis rude» travaux, lorsqu'il est malade ; et, de la part des conunaii* dans des bAtimens delà marine royale, en creisîôre ouen station, ce serait encore protéger efficacement le commerce <|uie d'exercer et faire exercer parles oIGciara de santé de leur bord une surveillance assidue, sur ce pomt de beaucoup d'intérêt pour le suecès de ses ez« péditions. Combien de navires marchands naufragés^ perdus corps et biens, pour s'être trouvés, au nu>ment du danger, avec des équipages affaiblis par la maladJe, faute des soins las plus simples I
Pour teranner ce qui concerne le corps des ofificiera de santé de la marine, en général, concluons ^'ii n'en eat pasqni soit plus recommandabln et par son instrne^ tien seHde, et par les éminentes qualités que nous avons essayé d'esquisser. Les aervioes qu'il rend, Aces diverd titres, lai en assurent-ils un prix proportionné à leur importance? Non, sans doute, et il semble que dans cette prcrfession, la fortune, comme Ta si noblement exprimé un officier de santé en chef de ce corps, se compose, non du bien qu'on amaase» mais de celui