‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 291 sur 370 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

PAQUET (BN),ac<i;. Amener en paqaei, c'est ame* ner ses voiles ayec précipitation.

PAR , prép. L'emploi fréquent et tout exceptionnel que, dans le langage maritime. Ton fait de cette préposition, ne permettait pas de la passer squs silence dans une œuvre destinée à en expliquer tous les termes, et c'est au même point de vue que nous avons réservé le rappel des deux autres prépositions a et db, dont, en marine , Ton se sert aussi très fréquenmient pour abréger le discours, et faire connaître lacom'quement les idées, les manœuvres, les situations, etc. Selon Tordre alphabétique, nous commencerons par la préposition d,

A. Sa signification est souvent semblable , conune, sans doute, on .l'a déjà remarqué dans plusieurs de nos articles, à celle des prépositions : ian$^ pendant, mt^ aveCj vers9 par, elc. Exemples : lancer ou mettre à l'eau ; — bftLim'^nt à N mâts ; chaloupe, canot à N avirons ; mettre à fond de cale ; — placer à joindre, à toucher ; — être à flot, A sec, à quai, à pic, à l'ancre ; — aller à bord; aller à terre; gouvernera la lame; à barre branche;— * courir A bord opposé, ou à contrebord ; mettre à la cape ; — être à bAbord, A tribord^ A l'avant, A rarrière, A tel air de vent, A:N encAblures. .i^Donner A la bande, hisser A téie de mAt, amener A mi-mât, etc.

Comme expressions adverbiales et spéciales A la maj>ine, on dislingue les suivantes : A la marée; Ami-noArée; A marée, ouA mer, haute; A marée, ou Amer, basse; à marée montante ou descendante ; A mer étale ; A Tattérage; à la côte; A vue de terre; — A la sonde; A la bordée; A bout de bordée; A petits bords; A la voile^ A toutes voiles ; A l'honneur; à sec ; à mAta et A cordes ; -—A la flottaison ; A la demande; A l'appel,— canon A la aerre; ancre A poste ; — A la bonne heure (ce qui veut dire, en réponse A un commandement de manœuvre, 4Somme pare à virer, que Ton va se préparer pour Texé- •cution); à-dieu- va, commandement de cette exécution avec enseiùble et célérité* [Foy. A-dieu-va.)

ps. Cette préposition sert également à exprimer, des rapports de lieux, de situations, de dimensions, etc. Exemples : un vaisseau est de Tavant ou de l'arriére d'un autre bAtiment^ selon leur position respective, relativement A la direction de leur mouvement; — un vaisseau navigue de beau temps , de belle mer ; il navigue de flot, de jusant ; il entre ou il sort de mer liante, de mer basse ; — un bAtiment est de N tonneaux ; il A N métrés de longueur de l'avant A l'arriére, etc.

Par, est plus particulièrement encore emplo)ré pour désigner la position d'un bâtimenj, d'un objet par rapport A un autre objet ou A un autre bâtiment. Ainsi, un port, une batterie A terre, sont par le travers d*tin vaisaeau, ou le vaisseau a ce port, cette batterie par son travers, lorsque le port ou la batterie se trouvent dans

le plan prolongé du maître couple du vaisseau, ou au une lignp horizontale, qu'on imagine amenée perpendiculairement A sa longueur. — Le vaisseau a le port on la batterie par sa hanche [Voy, ce mot), ou par bajoue (Foy. ce nv)t), selon que ce port ou cette batterie soDt situés sur une ligne dont l'extrémité aboutirait A Tune ou A l'autre de ces parties du bâtiment, en formant un . angle avec son axe longitudinal ; — on dit aussi : canon* ner, aborder un vaisseau par sa hanche ou par sa joue, soit de tribord, soit de bâbord ; — si un vaisseau paraît A l'avant ou A l'arriére d'un autre vaisseau, ce dernier est vu par l'avant ou par l'arrière; — un vaisseau navigue ou est mouillé par N brasses d'eau, lorsque la mer a, dans le lieu où il se trouve, une profondeur de TU brasse; — il est par telle hauteur, quand sa position sur la mer correspond au parallèle du globe,' dont la latitude est égale au nombre de degrés indiqués par cette hauteur; — >De même, il navigue, ou bien il se trouve par telle longitude, lorsque son méridien est à cette distance du premier méridien, etc.

PARAGIiOSE , s. f. Bordage volant qu'on place le long et auprès de la carlingue d'un bAtiment. Il n'est pas fixé, afin de permettre la visite du canal des anguillers qu'il recouvre.

PARADIS , s. m. Endroit dans lé fond d'un port ou d'un havre, où les bâfimens se trouvent en sûreté par tous les temps.

PABAGE , s. m* Partie de mer qui avoisineun cap, une île, une côte. Les parages de Terre-Neuve, les parages du cap Saint-Vincent, etc. — ^En construction, on entend par parage tant le poli qu'on donne aux couples, pour y appliquer parfaitement les bordages et les vaigres, que celui qu'on donne également A ces bordages.

PABAGLAGE, s. m. Sorte d'estacade, qu'on forme accidentellement de mAtereaux et d'espares, pour garantir les bordages et les cAbles d'un navire mouillé ^ans une rivière.qui charrie des glaces.

PARALLAXE , s. f. On désigne sous ce nom la différence entre la position d'un astre vu de la surface de la terre, et celle qu'il aurait étant vu de son centre.

Nous avons expliqué {Voy. Astronomie, 26) comment la parallaxe des Astres les fait paraître moins élevés au dessus de l'horizon qu'ils ne le sont en réalité, et nous avons indiqué, au mot Hauteur, les corrections qu'on doit faire subir aux hauteurs observées pour en déduire les hauteurs vraies, tant en les dégageant de l'influence de la parallaxe que de celles de la dépression et de la réfraction {Foy. ces mots) ; il s'agit donc seulement ici dea calculs particuliers qu'exige la détermination de la parallaxe A l'instant des observations.

Or, la parallaxe change, non seulement avec la distance de l'astre A la terre, mais encore avec son élévation sur rhorizon : elle est la plus grande â l'horizon et

PAB

'derîeot nulle aa zénith en décroiitant, au far et à ne* soie que la hauteur augmente, d*aprës une loi renfermée dans la formule :

Sin p S3 gin P. Cos H

P désignant la parallaxe horizontale, P la hauteur de l'astre, et p la parallaxe de hauteur ou celle qui a lieu à l'instant où la hauteur de Tastre est H.

La parallaxe horizontale P, qu'il faut d'abord connaître pour pouvoir calculer la parallaxe de hauteur p, dépend de la distance de l'astre à la terre, et Tarie, conaéquemment, à chaque instant. Celle du soleil ne Tarie que dans des limites assez étroites, pour qu'on puisse, le plus ordinairement^ la considérer comme constante «t égale k 8", 6; mais celle de la lune doit toujours être calculée pour le moment knème des obserTations , car sa grandeur croît depuis 53' 48'' jusqu'à 6V 2A". Nous ne parlerons pas de la parallaxe des planètes, parce que les marins ne font guéres d'obserTations sur ces astres, et que d'ailleurs la Conntàs$anee des temps renferme tontes les indications qui les concernent; quant aux étoiles fixes, on sait qu'elles n'ont point de parallaxe sensible, parce que le diamètre de la terre n''a aucune grandeur comparable avec leur distance.

Occupons-nous d'abord de là parallaxe du soleil. La ' révolution apparente de cet astre s'effectue dans une durée qui diffère si peu de l'année civile^ qu'il se retrouve à très peu de chose près, un jour quelconque, à la même distance de la terre qu'il se trouTaitle môme jour de l'année précédente^ en sorte qu'on peut contruire, une fois pour toutes, une table des parallaxes horizontales du soleil et calculer ensuite la parallaxe de hauteur au moyen de la formule précédente, qu'on peut même réduire à

p = P. Goi H

Car, on peut substituer sans erreur sensible les arcs aux sinus, lorsqu'il s'agit d'arcs aussi petits que le sont en général P et p. Il suffit d'un exemple pour montrer Tusage de cette dernière formule.

On a observé, le i« février, une hauteur du bord inférieur du soleil, dont on a conclu la hauteur apparente du centre de 480 50'. On demande la parallaxe de hau- . teur, sachant que la parallaxe horizontale est de W\12. Substituant ces valeurs dans la formule, nous avons

p =3 8,72. Cot (48» 50^)

ee qui donne, en réalisant les calculs :

Log cos (48a 50^; sa 9.8183919 Log 8,72=0.9405165

Log p = 0-7589034

d*oùp = 5", 74.

La table suivante dispense les marins de ce petit eal-

PjiB

cul ; on y prend à vue d'œil, dans la colonne qui porte pour titre le mois courant, la parallaxe correspondante à la hauteur cherchée tlans la première colonne. Par exemple, ici, nous trouvons dans la colonne, \w février, et devant la hauteur A8°, le nombre 5^', 84 qui diffère trop peu du nombre ô'% 74, donnée par le calcul, pour qu'on ne puisse le lui substituer sans erreur. On pourrait d'ailleurs arriver exactement à ce dernier nombre, par un petit calcul des parties proportionnelles ; mais, comme en général une différence de 3° en hauteur ne donne qu'une différence de quelques dixièmes de secondes en parallaxe, il n'est pasr nécessaire d'en tenir compte pour les observations faites à bord.

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