‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 309 sur 370 · FUI · texte numérisé non relu

FUI

P&pFONTIÉ, adj. Bâtiment profoDUé, qui tire beaucoup d'eau, dont la carène descend profondément dans rèau où il flotte.

PROIiOXGEIit V. a., un bâtiment, une ligne ennemie, une eôle, c'est courir parallèlement à ce JbâlimeQt, à cette ligne, à cette c6le et â peu de distance. — On prolonge encore un bâtiroei\^ enoemi, en se plaçant parallèlement â lui ou en Tabordant de long en long.

PROS, s. m. Embarcation malaise très remarquable par sa marche supérieure. Qn distingue entre autres les pros volans des carolins.

PROUE , s. f. Portion indéterminée d'un bâtiment. Les uns comprennent sous ce nom la face antérieure et apparente d*un bâtiment flottant ; d*autres, toute sa partie comprise entre l'étrave et le maître couplé, et quelques uns Téperon seulement.

PUISSANCE MARITIME» s. f. Nous avons eu déjà l'occasion de le faire remarquer (Voy. Marins)^ les vaisseaux, Içs frégates, soit à voiles, soit à vapeur, les flottes, en un mot^ sont les représentans de la puissance maritime des nations; mais ils ne sont que le résultat, ils ne constituent point les élémens, les bases fondamentales de cette puissance; la force réelle et durable, la vitalité de la marine d'un £tat, reposent sur les institutions qui Tpnt fondée, sur les moyens quil a acquis successivement d'étendre et de développer son commerce naviguant, de s'assurer, dans de nombreuses colonie^, et des stations fortes pour ses escadres, et des déboucliés certains pour les produits, non seulement de sa propre industrie, mais encore de ceux

de l'industrie des autres Etats, qu'il peut se charger d'importer sur tous les points du globe. L'extension de la marine commerciale d'une nation lui procure â la fois, et les richesses indispensables pour l'entretien de sa marine mililaire, et les matelots (exercés dont il a besoin pour l'armer, et qui refluent abondamment, en cas de guerre, de ses navires marchands sur ses flottes.

Telle est la voie dans laquelle la France était entrée ▼ers la seconde moitié du dix^pseptième siècle, et dans laquelle elle s'est laissé promptement dépasser, à la mà^ d'un revers qui n'éUit pas irréparable, par une ^ nation dont un accroissement rapide de puissance navale, déjà accompli, devait se montrer comme d^autant pins â redouter, dès te principe, que c'était pour cette oétîen, à raison de sapoeition géographique, niie côn<« dition de son existence même. On a paru le eomprendre« quoique tardivement, lorsque la France est venue ea>aide à réoaaneipation des Etats-UiMS d'^Afitérique. ' Mêm^ oe bal une lois atteint, elle s'en ^sl contentée; puis une déplorable incurie a fait fermer^es yeux sur In iMKver éitmenâ tfanimeatiè qnl venait da surgir en-

tre les denx Etats, sur des semences de haines Irréconciliables qui n'ont point tardé à. se développer, et dont le débar<|ueme|it sar la pla^ de Quiberon a été le premier signal.

Pendant rintervalle de len»ps écoulé entre le déasetro de la Hogue (1692) et la guerre d'Amérique (1778), k France n'ayant plus de marine, et ayant perdu ses colonies dans la guerre qui s'était terminée par la paix honteuse de 1763, PAngleterre dont la puissance commerciale avait déjà pris une très grande extenaion, surtout après son âete de navigation (en 1688), avait mar* cbé rapidement à la eonquèle de la suprématie sur mer, qu'elle a su- depuis conserver. Durant tout le dix-feiiî* tième siècle surtout, cette suprématie a atteint son apogée, et l'a mise à. même de soudoyer l'Europe entière contre la puissance continentale de la France. Mais, depuis le commeneement du dix-neuvième siècle, le développement de plMS en plus, actif de l'industrie en Angleterre a codstitué pour cet Etat, non plus seulement un avantage du premier ordre, mais même une nécessité rigoureuse, dans l'action de recbercher, de trouver, è«tout prix, de nouveaux'débouchés pour rexubéranee des produits de cette industrie; sa situation est devenue telle, en un mot, qu'il semble que la guerre seole, désormais* puisse lui- faire obtenir les moyens d'échanges et de transactions commerciales dont elle a besda, qu'il faut qu'elle se procure, pour se préserver à son tour d'une terrible catastrophe. Déjà on avait vu son gouvernementde Plnde, poussé par cette nécessité, plus que par son ambition, à s'ouvrir de nouvelles voies commerciales, s'engager dans la lutte désastreuse de l'Afghanistan ; c'est le même intérêt commercial qui force l'Angleterre à prolonger cette lutte, et à ne reculer devant aucun sacrifice pour retirer de la guerre avec la Chine les avantages qu'iïlle est condamnée à poursuivre partout ; c'est à une fatale nécessité qu'elle obéit, en demandant à cette .guerre,«iion plus la répara* ration d*une insulte, mais la conquête commerciale d'un nouveau monde. Enfin, c'est en cédant à la même loi, que l'intérêt commercial est le guide /»bligé'desa diplomatie, le mobile invariable de sa politique, dans ses relations avec les puissances européennes; au fond de tous ses actes , de ceux qu'elle s'iITorce le plus de marquer, même par de grands et réels sacrifices, dn sceau de ta philanthropie et du désintéressement (ainsi qu'on Ta tu pour raffranchissement des noirs dans ses colonies, et pour les actes relatifs à la répression delà traite), est toujours l'intérêt commercial , soit actuel, soit habilement pressenti pour un avenir plus ou moins ébigné, sait parfois mènie toot-à^fail éveninel.

C'est par uAé loi analogue et aussi inflexible, selon une condition rigoureuse de son existence même, que l'Angleterra a dû acquériri comme puissance mariiimf»

la snpériorité non contestable, d^aifleurs, contre Vabns de laquelle tes autres Etvts ne doirent pas cesser un seul instant dé se tenir en garde; il y a entre eux, sur ee point, une solidarité à ne point perdre de vue; car ee n*est plus sensément sur la force numérique des escadres de l'Angleterre que se fonderaient pour ces £tal8 les dangers de la supériorité de sa marine militaire; ce n'est p!us seulement dans l'importance et le Tégime économique de ses colonies, dans la force et dans ractivité continuelle de sa nombreuse population maritime, qu'il faudrait iroir les éléraens de son énergie, en cas de guerre; la même nécessité fatale, dont nous avons parlé, et qui, en présence des progrés industriels accomplis, sur le continent, au détriment de son commerce, la pousserait au parti désespéré d'enga* ger une lutte à TimproYiste, doublerait infailliblement les efforts de cttte énergie, et, par suite, exigerait remploi de moyens de résistance d'autant plus efGcaces.

Une autre puissance maritime s'est élevée et croit en force de jour en jour, par le même seul effet de l'élan imprimé à son commerce naviguant. Déjà, dans an conflit sérieux, la marine militaire des Etats-Unis d'Amérique a montré qu'elle pouvait lutter avec avantage contre celle de l'Angleterre, quelle que soit la supériorité de celle dernière. Entre ces deux puissances qui n'en formaient qu'une, à l'origine, il y a, tout porte à le croire, un levain dé ressentiment mutuel de nature à ne point permettre d*al)iance, en cas de guerre, à moins de cfrconstances tout-à-faît exceptionnelles.

La Russie ne se présente, comme puissance maritime, qu'en troisième ordre, dans ce rapide aperçu des narines étrangères, quoiqu'elle ait plus de vaisseaux et de frégates que les Etats-Unis d'Amérique, mais parce que l'élément maritime est chez elle*encore très imparfait, et que son commer>;e naviguant, seule pépinière de matelots exercés, est loin d'avoir pris le môme développement. C'est à un autre point de vue, et toujours à moins de complications extraordinaires, qu'il est difficile de penser que la Russie joigne, dans le cas d'un conflit sérieux sur mer, sa force navale à celle de TAngîeterrc. Indépendamment de la question d'Orient, il y aura beaucoup plus loin, vers le plateau de TAsie, une grande querelle à vider entre ces deux puissances, et, en attendant, il y a une lutte sérieuse, quoiqu'elle demeure occulte, qui semble ne pas laisser craindre qu'aucune desdeuxg'interpose pour concourir aux succès^ à Tacoroiasement de force de Tautre.

On sait, en fffet, que l'Inde, malgré son étendue et sa population, n'offre plus un débouché assez considérable aux productions de la Grande-Bretagne; elle pMe donc set vues plus haut et plus loin, jusqu'au pîateau central de l'Asie (1): C'est là qu'elle voit, non pas (i) Itmmê du d9vm MondeSj n* du 15 Juin 1842.

PCI

du territoire, mais des marchés à conquérir ; non pas des sujets, mais des consommateurs à soumettre. Ce sont ces contrées, non encore nées à l'industrie qu'elle Teut Inonder, parla grande artère de llndus, des pro-

doits de ses manufactures. Mais c'est là aussi qu*elle se trouve face à face avec la Russie, qu'elle la rencontre sur tous les marchés, la découvre sous toutes les intrigues. Le caractère constant de la politique étrangère de cette dernière puissance, dont l'un des traita les pTus marqués est de n'avoir aucune confiance dans Tamitté de ceux dont les intérêts ne s'accordent pas arec les siens, semble, en résumé, éloigner l'éventualité d'une coalition maritime entre les deux Etats, seul point qui importe ici à notre examen,

La Hollande est évidemment l'une des puissances inaritimes qui auraient le plus à craindre d'un grand conflit sur mer. Par la persévérance et l'habileté qu'elle a mises à perfectionner le régime économique de ses colonies, et notamment de celle de Java, elle a créé, pour son commerce, des débouchés tropimportans et trop précieux, pour qu'ils ne soient pas envién par l'Angleterre qui en a un besoin insatiable pour les produits de son industrie. La Hollande, en cas d'une lutte maritime, et lors même qu'elle ne s'y trouverait pas immédiatement engagée, qu'elle ne serait pas attaquée la première, ne manquerait pas de voir les flottes anglaises prêtes à tondre sur ses colonies; son choix ne pourrait donc être douteux.

A peine s'il est désormais permis de compter encore TEspagne au nombre des puissances maritimes. Sa flotte de guerre vient d'être officiellement réduite, comme on le sait, à un vaisseau, quatre frégates, une corvette et quelques bâtimens légers. Mais il reste à l'Espagne, de sa grandeur passée, plusieurs colonies importantes, et entre autres celle de Cuba. En s'abandonnant à l'influence de l'Angleterre, malgré la contrebande organisée sur la plus grande échelle, que cette dernière puissance exerce presque. à main armée, principalement sur les côtes de la Catalogne, il faut que te cabinet de Madrid s'abuse étrangement pour ne pas prévoir que, dès les premiers coups de canon qui annonceront un conflit maritime sérieux, celles des colonies espagnoles dont la conquête offrira quelque avantage à rintérêt commercial anglais, seront fortement menacées.

Le Portugal n'est pas moins déchu, ainsi que noU| l'avons dit {Foy. Colonifs), du rang qu'il a a^trefoi» occupé parmi les puissances maritimes ; sa force navalOr restreinte, actuellement, à 2 vaisseaux, 6 frégate» et quelques corvettes et bricks, ne lui permettant pat d'apporter un poids notable dans les résultats d'an grand conflit, en même temps quil aurait beaucoup i perdre, quant aux colonies qui lui restent, on peut croire

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