‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 310 sur 370 · PHI · texte numérisé non relu

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que cet Etat s'attacherait A rester neutre, si le choix lai eQ était laissé.

Dans le Nord, le Danemark occupe, sur la mer Baltique, une position favorable pour avoir une marine puissante; son personnel en officiers et matelots eât très capable; cet Etat possède aussi quelques colonies, mais le cercle de ses relations commerciales, les moyens d'alimentalion de sa marine marchande sont trop restreints, pour qu'il puisse armer et entretenir une force navale importante. Quant au rôle qu'il aurait à jouer dans une grande conflagration maritime, le Danemark ne peut avoir oublié la destruction de sa flotte accomplie, sans déclaration de guerre, par les escadres anglaises dans le port de Copenhague.

La Suède serait, dans un grand conflit maritime, l'Etat qui s'attacherait d'autant plus i conserver la neutralité, que s'il n'aurait à perdre qne la petite île de Saint-Barthélémy, dans l^s Antilles, parles chances de ce conflit, l'intérêt pressant de son commerce lui conseillerait infailliblement de s'abstenir d*y prendre part.

En Orient, la Turquie a perdu, comme on le sait, son prestige de nation guerrière, sans acquérir de compensation soua le point de vue de l'industrie et sous celui du commerce naviguant. L'issue de la bataille de Navarin ayant détruit la force navale que cet Etat était parvenu à créer, à organiser avec le concours de marins étrangers, et son intervention, dans une grande Iqtte maritime, si elle lui était permise par la rivalité de la Russie et de l'Angleterre, ne devant lui présenter aucun avantage, en retour de chances funestes, sa neutralité ne serait pas douteuse, à moins que son existence même, comme nation, ne fût sérieusement menacée, par l'effet d'une commotion générale^

Quant à la marine égyptienne, que le dix-neuvième siècle a vue naître, le conflit récent dans lequel i'Angleterre est intervenue en Syrie, pour affaiblir la puissance -de Méhémet-Ali, bien plutôt, comme on le sait, que pour venir en aide au sultan, en présage un autre qui prendrait vraisemblablement , dès le principe d'une grande lutte maritime, ou pourrait prendre tout-à-fait à Vimproviste, le caractère le plus sérieux. Il semble presque hors de doute que, soit sous la couleur d'une •nouvelle intervention officieuse, pour la Porte Otto- «nane, soit sons tout autre prétexte, et si les événemens ne laissaient pas au pacha d'Egypte le temps de former une- forte alliance, sa flotte serait l'un des premiers buts des hostilités de la part de ('Angleterre^ l'occupation provisoire do l'Egypte, en vue de la possession de risthme de Suez, le second acte de celte intervention, dont les conséquences, si elles devaient s'accomplir, ne sauraient être, ainsi qu*on le voit, trop sérieusement méditées.

L'éventualité, en effet, de l'entrée de la Qotte dans le- Bosphore, soit sous un prétexte analogue de protection, soit à tout autre titre que suggérerait à a» cabinet aussi habile que celui de Saint-Pétersboorg, cette première complication d'intéièts, ne serait pas fa plus improbable de ces conséquences, quel que 6oitfe système de sage temporisation adopté par la polîtîqK de ce cabinet, et dans la question d'Orient , et dan celle de son contact, en Asie, avec les dominateurs de rinde.

Des deux puissances maritimes en Orient, dont now venons de parler, qui, pour leur sûreté mntuclle on même pour la conservation de leur nationalité, ne devraient, dans le conflit sérieux à prévoir, en faire qu'une, avec Talliance d'un grand Etat (pour que les forces navales réunies de ces puissances fussent eu mesure de prendre part au conflit), si la marine militaire de l'Egypte est plus avancée que celle de la Turquie, principalement sous le rapport du matériel, il est évident que, réduites à. leur état d'organisation imparfaite, les deux flottes n'auraient, soit. séparément, soit u.éme réunies, à défaut du concours éventuel qui leur serait indispensable, aucune influence de quelque efficacité.

Ces développemens établissent^ relativement àuxhait autres puissances dontnous avons passé succinctement en revue les élémens de force navale, que quatre marines seulement, celles de l'Angleterre, des Etats-Unis d'Amérique, de la Russie et de la Hollande, seraient réellement capables de prendre part, avec ou contre la France, â une lutte sérieuse qui, en les intéressant toutes à divers points de vue, viendrait à éclater ; 1er marines d'Espagne et de Portugal, celles du Danemark et de la Suède, à raison^ les unes de leur faiblesse, le$ autres de leurs intérêts commerciaux, ne s'y engûge^ raient, eq effet, d'une part, qu'à U dernière extrémité, et ce n'est, d'autre part, que pour niémoire qu'il y a lieu de citer la marine autrichienne, d'abord, bien qu'elle soit intervenue avec ûes moyens insigniOaiis dans la question de Syrie; puis la marine du royaume des Deux-Siciles ; enfin celles de la Sardaigne et du Brésil.

Nous avons, de plus, étudié le degré de forée, ainsi que la diversité des intérêts susceptibles de détermioer les ajliances qu'amènerait éventuellement la même lutte. Il en est résulté !<> que si, vraisemblablement, les Etats-Unis resteraient neutres, comme dans la dernière guerre^ il ne paraît pas du moins â. craindre pour la France qu'ils fassent, .contre elle, cause commune avec l'Angleterre, à moins que celle-ci n'achetât son con* cours par les plus larges concessions ; 2° que la Hollande, également, d'ailleurs, portée à rester neutre, mais ayant tout à craindre pour sa colonie de Java, s'allierait bien à l'Angleterre pour conserver cette pié-

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