‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 35 sur 370 · ARS · texte numérisé non relu

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tioo. Ainsi le MUmant reçoit le ven( plus de l'arrière. Poor (aire arriver un navire on poosse la barre au vent ; quelquefois on aide à la rapidité de la manœuvre en brassant les voiles deTarriëreen ralingue. Faire arriver m vaisseau, c'est employer l'action du gouvernail et celle des voiles pour le faire tourner sur lui-même ; et le laisser arriver, c'est lui laisser continuer un mouve» meot de rotation qu'il a commencé de lui-même. — Un bâtiment arrive de tant de degrés ou de tant de quarts de Tent quand l'angle d'incidence du vent sur ses voiles est augmenté de tant de degrés ou de tant de quarts de veot. — Il arrive vent arrière quand il obéit jusqu'à courir sur la parallèle au Ht du vent , c'est-à-dire qu'il présente sa poupe au vent. — II arrive tout plat, lorsque dans un cas pressé, par exemple, le mouvement produit est grand et précipité. — Il arrive en dépendant^ en rondissant , si la rotation s'exécute lentement et par degré ; certaines expressions ont été adoptées pour les eomnoandemens à faire > dans cette manœuvre, au limonier qui est à la barre ; on dit : Arrive ! arrive un peu ! arrive tout ! laisse arriver] sans arriver ! n'arrive pu ! n'arrive plus ! ce qui précède les explique suffisamment.—On arrive sur un bâtiment, quand on manœuvre de manière à venir couper en un point quelconque la route qu'il suit, et lorsqu'on est parvenu à ce point, on est dans les eaux de ce bâtiment. — On arrive pour tel ou tel bâtiment quand dans une rencontre à contre-bord on se détourne en arrivant pour éviter l'abordage. — Une armée navale arrti;e tout â la fois, quand tous les bâtimens qui la composent exécutent cette manœuvre en même temps. — Elle arrive par la contre-marche, quand ce mouvement est fait successivement par chaque vaisseau; c'est-à*dire lorsque^ étant rangée sur une ligue, son premier vaisseau conmience à arriver, et que ceux qui le suivent viennent l'un après l'autre faire le même mouvement dans le même lieu ou révolution a été faite par le vaisseau de tète. — On dit vulgairement arriver à bon port.

ARRONDIR , V. a., un cap , une Me ou un rocher. Les doubler en décrivant autour une ligne courbe ou anguleuse, de telle sorte qu'on soit toujours à la même distance de ces objets. Si l'on arrondit au vent , il faut le faire à une certaine distance , de crainte de tomber sur l'objet qui est sous le vent ; si Ton arrondit sous le vent, on peut ranger l'objet de plus près en se défiant toutefois des courans et du calme momentané que peuvent produire l'abri des terres si elles sont hautes.

ARSENAL , s. m. Un arsenal de marine est un grand port militaire , où l'on construit , arme , radouËe et conserve des bâtimens de l'état. Co port doit être fortifié et appartenir & une ville de guerre.

On trouve dans uu arsenal des cales couvertes , des bois de construction et de mâture dans des hangars

ou coulés sous l'eau, des forges , un magasin général, des corderies , des ateliers pour la voilerie , la menuiserie, la sculpture, la peinture, la tonnellerie, l'avironnerie, etc.; un parc pour Tartillerie, une salle d'armes, des magasins pour lés vivres, où l'on. conserve les vins, l'eaurde-vie, les farines, le biscuit, les légumes et les salaisons ; une mâture ou machine à mater, des radeaux, des pontons, des clialans, des citernes, des pigoulières à chauffer le brai, etc. ; des bassins de construction , des batçaux à pompe pour les carènes et les incendies , des machines à curer, etc. Un arsenal de marine devrait encore être pourvu d'une fonderie de canons, d'une manufacture de toile à voiles, et', en un mot , de tous les établissemens nécessaires à la construction et à l'armement des navires de guerre.

L'arsenal tient à une rade où vont mouiller les bâtimens armés , et à un port destiné aux bâtimens de commerce.

On dit souvent le port en parlant de l'arsenal : nous allons désarmer dans le port. Mais en s'exprimant ainsi on prend la partie pour le tout; car, dans ce cas, on désigne l'enceinte où sont amarrés les bâtimens qui flottent sur l'eau. Un port n'est pas toujours un arsenal ; ainsi les ports du Havre, de Dunkerque, de Marseille ne méritent point ce titre. 11 est évident que le mot port qui a une signification générale ne saurait se substituer à celui d'arsenal , ce dernier dérivant sans doute de ars machine ou de arx citadelle.

Dans chaque arsenal est un bagne ou caserne des forçats. Le bagne de Brest qui fut construit, en 1751 , par . Choquet Lindu, ingénieur en chef des bâtimens civils de ce pert, est très remarquable par son architecture. On renfermait à Constantinople les esclaves chrétiens dans une prison que les Italiens nommèrent bagno^ parce qu'elle contenait des bains : telle est l'origine du mot bagne. Les forçats , d'abord rameurs sur les galères de l'état, sont appelés encore aujourd'hui galériens. Mais de puis 1748, époque eu Ton cessa de construire de semblables navires, les forçats travaillent dans les arsenaux. On a calculé que le nombre de ces malheureux reste toujours à peu près le même dans les bagnes de France. Le gouvernement ne devrait-il pas rechercher la cause de ce chiffre constant? Mais depuis long-temps les lois punissent les voleurs, et l'on ne s'est pas encore demandé s'il est possible de prévenir le crime.

ARTIFICES, 5. m. Les artifices dont on se sert dans la marine sont les fusées volantes, pour signaux de nuit, et, contre l'ennemi, les charges des projectiles creux , les chemises soufrées et les pots à feu.

Le salpêtre (nitrate de potasse), le charbon, le Soufre et la poudre entrent presque toujours dans la préparation des artifices-

Le salpêtre est réduit en poudre impalpable, ou

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ûn moiûfl 6n farine » c'est-à-dire en ctliUixit èjMitké* ment tenus.

Lé fcharbon doit ètfé fait aVecl da menu bo(^ qti'orf j>Iace debout contre les parois d*Une chaudière enterrée' jusqu'à O^lO dés bords. On met le feu, et on ajoute du bois à mesure que la carbonisation s'opère. Ott soulève la masse de temps en temps » on met lé coii- Tercle Qt on couvre de terre dès que le dégagement deé vapeurs a cessé; et au bout de quarante-huit heures oti retiré le charbon que Ton conserve dans des barils tet" mes. Lorsqu'on veut remployer, on letiedt pendant Une demi-heure dans le baril de trituration avec quatre fols son poids de balles de bronze ; on le passe ensuite ftn crible de laiton , puis au tamis de crin fin ()làcô etitrè deux tambours. On peut aussi triturer dans fan sac eh cuir de vache , que l'on bat pendant cinq minutes avec une masse en hors. Le sac doit être bien rempli.

Le soufre s'achète en bâton quand il doit être fondu^ en fleurs quand il doit être employé en' pondre. Dans le premier cas , on évitera d6*Ie faire passer à j'élaft pâteux, ce qui arrive à 1600 environ; dahs le second, oti triturera le soufre dans le baril pendant quatre héurejB avec le double de son poids de balles , ou dans le mortier , et on le passera au tamis de crib clair.

On réduit la poudré en pulvérin , soit en l'agitant pendant deux heures dans le baril à triturer » avec une fois et demie son poids de balles , soit en la frappant pendant deux heures dans le sac en cuir.

Plusieurs autres substances entrent encore dans la

composition des artifices qui servent à incendier.

jFïi<é«4 de êignaux.

Une fusée se compose du cartouche , étranglé à da partie inférieiire; du pot, légèrement tronconique et étranglé pour se lier au cartouche; du chapiteau, qui surmonte le pot et y est collé ^ar des franges ; d'une baguette de bois léger, qui dirige le mouvement de la

fusée.

Le cartouche se charge sur une broche et &vec des baguettes percées suivant leur axe. Le carton est rabattu sur le massif de la charge et percé de trois trous pour la communication du feu. La gorge est amorcée avec un bout de mèche.

Le pot est rempli d'artifices de garniture^ qui , par leur variété, peuvent fournir divers ftîgn'aut.

La conq>osition ordinaire pk)ur la chargé des cartouches est : 0.248 pulvérin ,1.054 salpêtre, 0.2i6 soufre, 0.496 charbon grossièrement pilé.

On obtient un feu plus brillant avec 1.280 salpêtre, 0.320 soufre , 0.400 charboa, 0.130 limaille d'acier ou de fer.

On brûle aussi quelquefois des amorces pour faire des signaux.

PrëjèctiUs créux.

Ces projectiles soni chargée de pondre qui lés fait simplement éclater , ou ils contienneut en outré dëi mèches incendiaires ; dans ce cas ils inéitent le feu k bord des bàtimens quils atteignent.

Les projectiles creux sont de deut sottes : lés grenades qu^on lance à la main , leâ bombes et les obus qui sont envoyés par les bouches à fëu.

La grenade est un petit boulet cfeùx rempli de poudre. Une fusée communique le fett à la chai-ge, et celle-ci fait éclater le projectile. Les grenades sont 1^ plus souvent lancées des hunes par les gabierS qui portent sur la poitrine un étui en fér-blahc (^aésé dans un i)audrier et contenant fane mèche de guerre. Cette mêèhe a été préparée avec dti chanvre qu'on a fait bouillir dans une lessive saturée dd salpêtre. Les matelots décoiffent la fusée, y mettent 16, feu, font faire trois tours de bras à fa grenade et la lancent aussitôt. Ces projectiles sont employée principalement dans lés abordages. Leur invention est très dnclenrie ; ott s'en servit en effet au siège de Rouen en 1562.

Bombes et obus. — On place le projectile kixt la couronne; on verse la poudre, on y met (si on veut des projectiles incendiaires) la mèche ou là roche à feu. On essaie là fusée qui doit être de longueur convenable , suivant la distance du but^ et entrer aux trois quartà ; on couvre sa tète d'un Ut d*étoupes, et on la chasse avec soin au moyen du chasse-fusée, de manière qu'elle sorte de 0^011 pour les grenades et leS obiis, de 0™022 pour les bombes et obus de 8 pouces , et de O'^OSS pour les projectiles de 10 et 12 pouces.

Roche à feu.

COM^OSITIOKS DIVERSES.

Salpêtre

Pulvérin

Régule d*antliiioiDe

Poudre grenée

Soufre

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