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ter, aucun de ces moyens n'existant dans po« arsenaox, il fallut recourir à l'industrie privée pour leg machioes à vapeur; mais »n ne put en obtenir que des appareils de 80 et 160 chevaux, qui laissaient énormément à drsirer sous tous les rapports.
De bons modèles d'ailleurs manquaient, et ce fut en Angleterre, en s'adressant à MM. Fawcet et Prestoo, fabricans de machines à vapeur à LiverpooL que l'administration se procura l'appareil de 160 chevaux, qui a été mis à bord du Sphinx, l'un dea meilleurs bâtimens de ce genre qui aient existé; la marine eut, dès lors, un bon modèle pour la fabrication des machinei dont elle avait besoin (1).
Mais, dès lors, aussi se présenta la triple question de savoir si nous devions rester tributaires de l'étranger, pour en obtenir les appareils nécessaires â la marine royale, ou en confier l'exécution aux usines françaises appartenant à des particuliers, ou. enfin, créer an établissement qui assurAt â la marine des moyens de fabrication à l'abri de toutes vicissitudes, et dont elle restât/ libre de régler les travaux en ton te circonstance.
La solution ne pouvait être douteuse; d'une part, la force navale du royaume ne devait pas être mise dans la dépendance de fabriques sur lesquelles il deviendrait impossible de compter en temps de guerre, et précisèment alors qu'on aurait le plus besoin d'y recoarir; d'autre part, les usines particulières n'offraient aucoos garantie sous le rapport d'un^ bonne fabrication ; leceamerce ne leur faisait pas de commandes, et on les rojait succomber, tour à tour, devant Timpossibilttô dclaUer contre la concurrence de Tindustrie étrangère, malgré les droits énormes dont les produits de celle-ci étaieot frappés à leur entrée dans le royaume.
Tels sont les motifs de la création de l'usine d'Indret, comme usine-modèle pour la fabrication des macliinei
(1) Rapport $ur le matériel de la marine, par M. leturM Tupinier. 1858.
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k sapeur propres à la Davigatlon. Sa situation à peu f>rés centrale par rapport aux grands arsenaux de Brest, Lorient et Rochefort; l'avantage de pouvoir utiliser les bâtimens de Tancienne fonderie^ enfin, et surtout la facililô qu'offre la Loire pour y faire arriver les approvisionnemens de tout genre, telles étaient aussi les considérations qui devaient déterminer le choix cle cet emplacement.
On a cependant beaucoup critiqué ce choix ; on a dit que la Loire n'ayant pas, dans cet endroit, assez de profondeur pour des bâtimens à vapeur de 160 chevaux, il serait, à plus forte raison, impossible d'y atmer-com* plëtement des bâtimens de 220 chevaux et au-dessusj^ qu*il eût mieux valu s'établir à Lorient, où les bâtimens construits à Indret sont envoyés pour y achever leur arnnement.
Il est vrai que le lit de la Loire est tt*è8 mobile, et que, depuis quelques années, le principal courant pa** ralt tendre à se porlet vers la rive droite, en s'écartant d*Indret; mais des travaux d'arA ayant pour objet do changer cette tendance, ont eu déjà un résultat satisfaisant, et rendront, sana aucun doute, à cotte partie du fleuve la profondeur qu'elle avait, quand les frégates de 44 canons, construites â la Basse-Indre, venaient â Indret, pour y être complètement armées.
D'un autre côté, il n'est pas absolument nécessaire que les bâtimens à vapeur construits h Indret aillent â Lorient pour ceumème effet ; leur installation pourrait ôtre terminée au bas de la Loire, et, par exemple, â Vaimbœuf, où ils embarqueraient leur charbon, ainsi que tout le surplus de leur chargement.
On a, de plus, demandé si les appareils fabriqués â Indret sont aussi bien confectionnés qtie ceux j|)rovenant des usines anglaises ou des établissemena industriels français; si ces nitèmes appareils ne Coulent pa3 plus cher ; s*il ne vaudrait pas mieux employer â encourager l'industrie des fabricans français les sommes qu on dépense dans l'établissement éé la marine.
Il est de fait que, supérieurs aux produite des ateliers français, ceux de l'usine d'indret ont pu, dans l'origine, paraître inférieurs aux machines anglaises, souslerap* port de la qualité du fer et de la perfection des. ajustages ; il est également vrai qu'à la mémo époque, les prix des appareils sortis des usines françaises étaient moins élevés que ceux fabriqués â Indret; mais ces dés^avantages, inhérens à tout commencement d'établissement (le ce genr^, pouvaient justement aussi être attribués aux soins plus grands apportés dans lea fabrications» ainsi qu'au meilleur choix des matières employées.
Quant à l'observation que, comparées aux machines anglaises, celles d'Indret étaient plus chères» l'excédant de prix se trouvait plus que compensé par l'avantage d'avoir une usine toujours ouverte et des ouvriers
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exercés, avantage inappréciable surtout pour \eê eas de guerre.
La sagesse de ces prévisions s'est, au surplus, manifestée, lorsque, au milieu des complications politiques qui éclatèrent en 1840, il fallut s'occuper de la fabrication des dix-huit appareils à Tapeur dont on avait besoin pour les paquebots transatlantiques. (P^o^* Pa-
OUfiBOT.)
L'usine d'Indret ne contient pas seulement les ate^* liera propres â la fabrication des ntachines à vapeur, mais aussi un chantier pour la construction des eoquea destinées A recevoir ces machines.
L'avantage def réunir, à portée lés uns des autres, lea ateliers dans lesquels on établit les appareils et les bâ« timens qui doivent porter ces appareils, ne saurait être contesté ; seulement ce qu'on a eu, dans le principe, â regretter, c'est la nécessité où Ton s'est trouvé de faire du dhantier d'Indret un établissement à part, ayant une administration distinicte de l'usine proprement dite. Cette nécessité qui, d'ailleurs, a eessé, nous conduit â faire connaître succinctement la gestion actuelle de l'établissement dan« son ensemble.
Lors de sa création en 1828, il avait fallu rechercher un homme fort versé déjà dans la fabrication des machines à vapeur, pour lui conflef finstallation et la mise en activité des moyens d'exéciiflon de toute sorte; M. Gengembre, fn&énie^r^^étaniHen à Paris, fut ehoisi. L'administration passa avee lui un marché par lequel il s'engagea à créer l'usine qu'on voulait établir» etâen diriger les travaut pendant dit ans, â la eondi« tion de; recevoir pour traitement 3 p. o/d de ta râleur des machines qu'il ferait fabriquer, tant que cette valeur ne s'élèverait pas au-dessus d'un million, et 2 p. V« de tout ce qui dépasserait cette somme (1).
Ce marché touchait à son terme lorsqu'il se trouva résilié par le décès de M. Gengembre, et, depuis, la direction des travaux en régie, tant de l'usine que du chantier de construction a été confiée â un ingénieur de la marine, avec des sou6«ingénieurs sous ses ordres. Aujourd'hui l'établissement d'Indret a pris assez de développement pour qu'il convienne d'en attribuer la direction supérieure â un direetear des constructions navales, qui aurait sous ses ordres un ingénieur et trois sous-ingénieurs. Six bâtimens â vapeur, dont quatre de 220 chevaux, s'y construisaient à la fois, dès Tannée f 8S8, et, plus tard, les ateliers de Tusine ont été montés et outillés de n^anière â pouvoir fabriqtier chaque année une masse de machines équivalant à 2,700 chevaux; les directions des constructions navales â Lorient et à Cherbourg ne peuvent être classées dans
(4) Bapi^t, déjà cité, sur ie matériel de la mar^$, par M. le baron Tuplnier. 1838.
un rang supérieur à celui que délerminont tant et de si importans travaux (1).
Forges royales de la C/eamiade. — C'est en 1793 que, en vertu d'un décret de la Convention, cet établissement, vendu au roi, vers 1781, moyennant2,500,000fr., par M. Babaud de la Chaussade qui l'avait fondé, passa de l'administration des domaines dans les attributions du ministère de la marine, et ce département n'a pas cessé, depuis, de le faire exploiter pour Tapprovisionnement de ses arsenaux. La propriété immobilière compranait, originairement, des terres plantées en vigne, des terres labourables, des moulins, qui en ont été successivement détachés, avec un haut-fourneau et quatre forges.
L'établissement se compose aujourd'hui de quatorze osioes principales» d'environ 3,000 hectares de bois et 6 à 700 hectares de prés. Les usines qui sont éparses à de grande» distances les unes des autres, entre Ne vers et Cosne, consistent en :
Un haut-fourneau ;
Un atelier pour la fabrication des câbles-chaînes 3
Trois grosses forges^ . Quatre forges aux ancres ; >
Trois taillanderies ;
Un atelier d'ajustage;
Une petite forge;
Un four k réverbère eC on four jk manche (2).
Les principaux ouvrages que ces forges fournissent sont:
Les ancres de mouillage ; celles pour corps morts ;
Le^ câbles-chaînes; les suspentes d« basses vergues, etc.;
Les linguets, manilles, èmérillons pour les chaînes ;
Les mèches de cabestan ;
Les épontllles en fer, tournées ;
Les lattes, pour courbes verticales de pont, en fer eorroyé ; • Les lattes, pour armatures de ïaquets de baux ;
Les arbres des roues des bâtimens à vapeur;
Tous les objets de grosse forge qui .exigent l'emploi du martinet et qui se composent de fers corroyés.
Mats, nous l'avons suffisamment établi (F^oy. Travaux), c'est â ce même établissement que devrait être attribuée, par une mesure générale, la fabrication, pour l'approvisionnement ides arsenaux, de tous les objets d'installation et d'armement, en fer, qui doivent offrir une sécurité absolue d'emploi; tels sont, parmi ces objets :
(i) Considérations sur la marine et sur son budget, par M. le baron Tapioier. lail.
(S) Voir encore 1« Baj^port sur le matériel de la marine, que nous avons cité plus haut, et dans lequel nous ne pouvons mieui faire que puiser Is plupart de ces documens.
Les ferrures de gouvernail de rechange ;
Les freins pour gouvernails;
Les arcs-boutans pour supports d'embarcations;
Les clefs de mât;
Les barres, en fer, pour gouvernails ;
Les crémaillères pour ridagedes haubans;
Les pitons à fourche pour bragues ;
Toutes les chevilles à crocs et â boucles employm dans l'armement , etc.
La seule énonciation des ouvrages *de premier ordre, tels que les ancres et les câbles-chaînes (ces dan| moyens de salut sur lesquels repose toute la sûreté d ■ vaisseau)^ devait suffire â établir la haute ifn|>ortanct pour la flotte, de l'usine de la Chaussade, et pourfist on a vu s'élever la question de savoir si la marine avait besoin de cette usine, et si les ouvrages qu'on y exéonie ne seraient pas plus convenablement, soit fabrîqaô dans les ports, soit confiés à l'industrie privée.
L'administration de la marine a facilement élablL d'une part, que les arsenaux n'ont ni assez d'ouvriers» assez de forges pour leurs travaux courans, qu'ils masquent des marteaux et martinets qui sont nécessaira pour corroyer le fer et en assembler les pièces de forls dimensions, telles que celles qui composent les ancra et les autres principaux ouvrages que foo exécute i Guérigny ; et, d'autre part, quant au recours à l'indostrie privée, qu'il serait impossible d'en attendre des confections a^ssi parfaites que cela est reconnu indispensable: une expérience décisive Ta prouvé.
Ainsi, lors de Texpédition d'Alger, il fallut s'adresser pour les câbles*chaînes, dont on devait réunir prompts* ment une très grande quantité, aux usines du conmerce, soit en France, soit en Angleterre, afin de suppléer à ce que les forges de la Gliaussade ne pouvaieat fournir. Or, les câbles-chaines, fabriqués dans les usines du commerce en France, se sont trouvés d'une déso* lante infériorité, et depuis on s*est vu forcé à eu limiter l'emploi à l'amarrage des bâtimens dans Tinlérieur dei ports ; les câbles de fabriques anglaises luttèrent seab de qualité, non sans quelque désavantage, avec ceox de Guérigny.
Ce que l'on ne saurait trop remarquer, c'est la continuité des soins particuliers qu*exige la fabricitMi d'une ancre, d'un câble-chaine et de tel autre desfna* cipaux objets, dont nous avons donné l'énuoiératioa sommaire, et que n'admettent* point des fabricatioai dont le but est d'assurer des bénéfices aux spéculalenn qui les dirigent, tandis que toute confiance doit être accordée, sous ce rapport, â des régisseurs pônétrêi de l'intérêt qu'ils ont, avant tout, â éviter les mal-façooi, en fondant leur réputation et l'espoir de leur avaacement sur le succès de leur gestion.
Cette confiance est au plus haqt point corroborée par