ABATTRE
ABATTES , s, A Mouvement horizonUI et qui tient de celui de rotation imprimé à un bâtiment, par le vent , par la lame, la marée, etc. On dit d'un navire : Il commence son abaltée, il est dans son abattée, il fait son abattée, une grande abattée, il a fini son abattée. Les abattées ne vont jamais au delà de six quarts (GT^SO'). — €e mot no s'emploie que quand le mouvement est involontaire. (Foy. abattre.)
ABATTRE 9 v, a. Abatlre un bâtiment en carène, c'est Tincliner jusqu'à mettre sa quille soit au niveau de l'eau , soit hors de l'eau, afin d'y faire quelques répa* rations ou radoub. Dans le dernier cas^ qui est le maximum d'abattage, on dit que le bâtiment est abattu en quille et que la quille est éventée. Pour procéder â cette opération, il faut décharger le bâtiment, recalfater le pont et le vaigrage des gaillards, fermer et calfater tou* tes les ouvertures du côté que l'on veut abattre, mas* quer en outre ces ouvertures avec des boiits de planche, fixer solidement tout ce qui peut rester i bord, et éga-
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User te tirant d*eau de Tavant A Farrière, à l'aide du lest qu'on place aar Tavant et dans la cale, en observant que les capacités de l'arrière sont supérieures à celles de l'avant, et en ayant soin de maintenir ce lest avec des cloisons et des compartimens , afin qu il ne se déplace pas pendant l'opération. Il Taut ensuite fixer le bâtiment près du ponton sur lequel on veut l'abattre avec une aussière, et établir dans la grande écoutille, perpendiculairement à la carlingue, un pont ou cloison qui se trouvera horizontal lorsque le bâtiment sera abattu, et sur lequel les hommes qui resteront à bur4 pourront agir en cas d'événement, par exemple, pomper s'il se déclare quelque voie d'eau. On installera trois pompes, dont lune aura son pied sur Textrémilé des varangues, et les deux autres contre le vaigrage. Les mâts seront arc-boulés dans la cale près de leur emplanture; on les décoincera aux étambrais des ponts, et on ridera les haubans du côté opposé à celui que Ton veut abattre, jusqu'à ce que le n^ât touche l'étambrai du pont du côté où Ton ride. On étalera ensuite ces mêmes mâts avec des aiguilles de carène. Ces aiguilles Sont de fortes pièces de bois ; on en place ordinairement deux à chacun des deux grands mâts. Les deux aiguilles du même mât ne sont point d'égale longueur ; la plus grande joint le mât près des jotereaux , la seconde a quatre ou cinq mètres au dessous. Leur tète est taillée en sifflet, afin qu'elles puissent s'assujettirau mât plus exactement. On appuie les aiguilles sur le second pont, parce que les gaillards seraient trop faibles pour les supporter, et on ménage dans les gaillards des panneaux â cet effet. On époulille avec soin le second pont, pour qu'il supporte mieux l'effort des aiguilles, et, de peur qu'elles ne glissent, on place entre elles et le côté du navire un ou plusieurs bordages de can, contre lesquels on les appuie, et on cloue des taquets sur leurs côtés. Comme les aiguilles sont nécessairement placées sur le côté qu'on veut abattre, on a soin de calfater les panneaux par lesquels elles traversent les gaillards , afin que l'eau ne puisse pénétrer dans l'intérieur du bâtiment par ces ouvertures. A l'endroit où doit porter la tète des aiguilles, on garnit le mât d'une fourrure de toile, par dessus laquelle on met un bout de jumelle ; on fait ensuite une rousture ou deux autour de la tète de TaiguîUe et du mât, et pour resserrer ces roustures, on place à coup de marteau, entre elles et les aiguilles, des coins de rousture, qui sont concaves d'un côté et convexes de l'autre.
Au capelage de chaque mât et au dessus des roustures les plus élevées, il faut ensuite installer, du côté du vent, des palaras et des palanquins , que Ton ride aussi également que possible sur des arcs-boutans saisis dans la batterie. Après avoir achevé de consolider l'appareil des aiguilles, en introduisant, â coups de masse,
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des coins entre le pied des aiguilles et la base sur la* , quelle elles reposent, on place â chaque mât deux caliornes d'appareil : Tune est aiguilletée au capelage du mât , de telle sorte qu'elle puisse descendre sous la hune, où on lui fait une cravate pour multiplier les points d*appui sur le mât ^ l'autre est aiguilletée â joindre autant que possible au dessus de Taiguille la plus élevée. Par le travers des mâts du ponton, sont fixées des caliornes correspondantes â celles frappées sur les mâts; on peut alors passer dans les caliornes du bâtiment et celles du ponton les garans d'appareil à Taide de cordages , appelés passe-appareils. La meilleure manière de passer ces garans est celle-ci : on commence â faire glisser dans la poulie de retour frappée sur le pont du ponton un des bouts du garant d'appareil , et on le fait monter au moyen du passe-appareil, dans le clan du milieu de la caliorne qui est frappée sur le mât d'où il descend et remonte successivement dans les clans des caliornes, frappées Tune sur le mât, l'autre sur le ponton, et on lui fait faire dormant au capelage du mât. On fait encore croiser sur le pont du ponton les courans d'appareils, afin de pouvoir les bosser en plusieurs endroits avec plus de facilité. Enfin , après avoir placé des palans de redresse frappés, pour relever le navire s'il y a lieu ^ d'un côté â la tête du mât du ponton, et de l'autre â des erses passées dans des taquets cloués sous le vent en dehors du cô:é du navire, après avoir fixé des aiguillettes qu'on amarre aux boucles des pataras et aux chaînes des haubans , les deux aiguillettes le plus en avant, se croisant avec les deux aiguillettes le plus en arrière, pour empêcher les embardées que le courant ou le vent peuvent occasionner au navire, et après avoir mis vis-à-vis des porte-haubans des coussins suives en bois, nommés défenses, et qui servent à amortir des chocs extérieurs, on peut procéder h l'inclinaison du navire. Il faut virer bien également, afin que les deux mâts et les garans agissent ensemble; on met les garans hauts aux cabestans, les uns après les autres et après les avoir tous bosses. Si le bâtiment est dur à abattre, on aura pu guinder les mâts do hune qui tendront à favoriser l'action des appareils par leurs poids. Dès qu'on a viré jusqu'à ce qu'on ait découvert les parties que Ton veut réparer, il faut pousser le travail avec activité; car le bâtiment fatigue beaucoup dans la position où il se trouve. La /!j. 1, pi. II, représente un bâtiment abattu en carène : A, est le ponton ; C, les aiguilles de carène ; D, les caliornes de redresse et d'abattage ; F, les garans d'appareils.^On dit aussi : Abattre la tente, la plier, et abattre un mât, le mettre à bas.
ABATTRE, v. «. Tourner.— Faire abattre un bâtiment BOUS voiles, c'est lui imprimer un mouvement de rotation â l'aide des voiles de l'avant^-^Uu bâtiment