‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 77 sur 370 · BRU · texte numérisé non relu

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tants Tun de l'autre de 0°*» 33 ou de 0"*» 65, et qui, par leur longueur calculée pour cet effet» indiquent la largeur du bordage. Une opération analogue sert à déterminer les différons diamètres d'un mât en chantier.

BROCHETEUR » s. m. L'ouvrier qui brochète. {Foy. ce mot,)

BROCHETTE» t.f. Petit morceau de bois qui sert â brocheter. (Foy. ce mot.)

BRULOT , s. m. Navire quelconque chargé d'artifices et de matières combustibles, destiné â incendier les bâtimens de l'ennemi.

Les armées navales faisaient marcher autrefois â leur suite un nombre considérable de brûlots. Tourville en avait seize dans sa campagne de la Manche» en 1690^ et vingt-un en 1691. Aujourd'hui on ne se sert plus de ces machines incendiaires» et la victoire apparlient au général qui sait bien diriger le feu de ses batteries^ â l'aide de savantes manœuvres. On peut dire que les brûlots devaient disparaître avec les galères, car ces derniers bâtimens» armés d'avirons, pouvaient aisément les remorquer pour les élever auvent et les diriger contre l'ennemi. Il était d'ailleurs facile â un navire de guerre d'éviter un brûlot le plus souvent mal armé et dépourvu d'hommes. Dans la bataille de la Hogue^ livrée le 29 mai en 1692» les Anglais lancèrent â la faveur de la marée contre le Soleil-Royal^ vaisseau monté par Tourville, cinq brûlots qui n'amenèrent aucun résultat. Quoi qu'il en soit, nous ferons connaître, d'une manière abrégée» les dispositions intérieures d'un brûlot» afin de réunir dans ce Dictionnaire tous. les élémensqui se rapportent â la marine, k son histoire comme â la pratique suivie de nos jours.

On place dans l'entrepont d'un vieux navire» tribord et bâbord, â une certaine hauteur» une claire-voie sur laquelle on dispose des artifices et des matières combustibles. Sur le milieu de cet échafaud et dans toute son étendue, règne une coulisse destinée â contenir le saucisson ou la mèche qui doit communiquer et porter le feu partout. On couvre toute la surface de la clairevoie de panaches» de cravates» de brandes» de sarmens» de pelotes, de lances à feu, de barils ardens» de ppts-âfeu et d'autres matières propres A l'incendie.

Le saucisson est un boudin rempli d'un mélangé en parties égales de soufre et de salpêtre. Ces matières sont pilées ensemble et passées au tamis.

Panaches. —X)!! fait fondre parties égales de résine» de brai sec et de soufre, on verse de Thuile de térébenthine» et on ajoute peu â peu de la poudre â canon pulvérisée. Les panaches sont des poignées de chanvre trempées dans cette composition.

Cravates. — - Des bandes de toile sont mises dans une chaudière contenant de l'eau saturée de salpêtre. Qn ajoute de l'huile de térébenthine» on retire les cra»

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rates , on les étend sur de la pondre écrasée , on les snspend à l'ombre , et quand elles sont sèches , on les coaTre de pondre pulvérisée.

^randes.^Cesont des fagots de brins minces et bien secs trempés par leurs deux bouts dans une composition de résine» d'huile d'aspic » d'huile de térébenthine» d'huile de lin» de salpêtre et de poudre.

Les sarmens sont trempés dans une composition & peu près semblable.

Pelotes ou calebasses. — On réunit une quantité suffisante de rubans de sapin détachés par le rabot « et on les jette dans une fusion composée de brai sec » soufre, salpêtre» goudron» huile de térébenthine» huile de lin » poudre.

Lances à feu. — Ce sont des fusées destinées i jeter le feu au loin.

Barils ardens. — On remplit des barils ordinaires de suif^ de brai gras» d'huile de térébenthine, d'huile de lin» de poudre pulvérisée» de brandes et de grenades. Les barils ardens sont» en outre» lardés ou garnis de lances à feu.

On place encore dans l'entrepont des pots à feu » des grenades et des bombes chargées.

Sur la claire-Yoie on étend d'abord des toiles goudrouDées » on répapd de la poudre à canon » et on dispose les différens artifices au moment où le brûlot doit être dirigé contre l'ennemi.

Uii brûlot est muni de grappins d'abordage tenus par des chaînes» et disposés sur son beaupré et sur ses vergues. Des sabords sont percés dans l'entrepont » afin que l'air donne de l'activité à l'incendie. Aussilét après l'abordage » l'équipage du brûlot se place dans une chaloupe » communique le feu à la mèche, et opère promptement sa retraite. Dans plusieurs circonstances des chemises soufrées suffisent pour brûler des bàtîmens ennemis. {P^oy* artifices.)

Dans leurs combats sur mer, les Grecs , les Romains et les Carthaginois lançaient du feu et des poutres enflammées; ils se servaient du feu grégeois qui brûlait même dans l'eau » et peutrêtre que Fincendie de la flotte romaine» commandée par Marcellus, doit être attribué à des brûlots plutôt quaux miroirs ardens d'Archimède. En 1761, on crut avoir retrouyéie secret du fettgr^eois;les expériences qu'on fit alors» pour constater l'effet de ce feu , furent si concluantes que les ministres de Louis XY s'empressèrent de faire disparaître l'auteur d'une semblable découverte.

Le corps de la marine royale avait autrefois trois grades intermédiaires (capitaine de brûlot, lieutenant de frégates et capitaine de flûte) qui servaient de récompense aux anciens maîtres^ et aux officiers de la marine marchande qui » appelés pendant la guerre au service 4o Tétat » avaient élé jugés dignes de cette faveur. Le

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