‹ Dictionnaire universel et raisonné de marineChapitre 78 sur 370 · BRU · texte numérisé non relu

BRU

capitaine de brûlot prenait rang après le dernier lieutenant de vaisseau» et avant tous les enseignes. On donnait encore ce grade aux personnes qui étaient trop âgées pour entrer aux écoles des gardes marines. Après un certain temps» ces capitaines de brûlots privilégiés prenaient rang parmi les lieutenans de vaisseaux » et entraient ainsi dans les cadres de la marine royale.

BRIJLOTS A VAPEUR. Nous venons de parler des brûlots ordinaires qui sont chargés de matières inflammables, et qui sont dirigés la nuit sur les vaisseaux ennemis qu'on veut incendier. Les Grecs » dans la guerre de leur indépendance» s*en sont beaucoup servis contre les vaisseaux turcs , et le capitaine Miaulis s*était rendu célèbre par ces incendies maritimes.

Mais aujourd'hui les brûlots sont devenus bien plus dangereux au moyen de la vapeur» et par le succès qu'ils peuvent avoir pour mettre le feu aux plus grands vaisseaux de 'guerre, sans que ceux-ci ^ient pour ainsi dire le moyen de s'y soustraire. Pour en faire connaître les terribles effets, nous citerons le récit quen a fait M. Thomas Don, ingénieur civil (le 19 août 1840) :

« Parmi les puissantes machines de guerre qui se préparent à Wolwich ( arsenal de la marine , située sur la Tamise près de Liondres), les plus remarquables» après V Infernal qui lance un jet de feu aussi loin que les plus fortes pompes hydrauliques lancent un jet d'eau» sont les brûlots à vapeur. Ces brûlots consistent en deux fuseaux coniques en planches» cerclés è la façon des tonneaux.

Leê cônes sont attachés aux deux côtés d'une longue poutre de sapin de quatre-vingts à quatre-vingt-dix pieds. Sur cette espèce de radeau» on établit une vieille machine à vapeur de 6 à 15 chevaux» et sur l'avant un seul canon Paixhans chargé jusqu'à la gueule. Cette machine est destinée à être lancée de toute sa vitesse» pendant la nuit, contre le flanc des navires ennemis. La pointe ferrée de la poutre pénètre dans la carène» et je choc met le feu au canon qui ouvre une énorme brèche au dessous de la flottaison , et fait immédiatement conler le vaisseau. Ce qu'il y a de particulier dans ces brûlots, c'est que s'ils manquent le navire contre lequel ils sont lancés , il continuent leur route en droite ligne , et un bateau à vapeur va les rallier à une ou deux lieues au large» pour les renvoyer de nouveau» après avoir approvisionné leurs foyers de charbon»

Une centaine de ces machines suffiront donc à Aé^ truire cent vaisseaux de ligne ou autres bàtimens de guerre! voiles» qui ne pourront que difficilement leur échapper; et comme elles ne coûtent que de 8 à 10,000 francs» on peut les multiplier aisément. On les a baptisées de javelots de mer, tandis que les marins les appellent navettes de mer^ parce qu'elles sont destinées à être lancées et relancées comme des navettes »

CAB

jusqu'à ce qu'elles aient atteint le navire ennemi queTott veut détruire. C'est ainsi que deux bateaux à vapeur de commerce, sans autre munition que de la houille, peuvent venir à bout du plus gros vaisseau do haut bord , en le plaçant entre eux , et en se tenant hors de portée de ses projectiles. La guerre maritime, lorsqu'il en éclatera quelqu'une , va changer complètement de face par la vapeur qui y jouera le plus grand rôle ; elle agira avec la plus grande activité et aussi le plus grand succès ; en sorte que les combats navals se décideront entre les brûlots ou les bateaux à vapeur , et que la puissance qui en possédera de plus fortes dimensions, et en plus grand nombre pourra obtenir la prépondérance sur mer en temps de guerre comme en temps de paix.

BUCHE ou BU YSE » $. f. Sorte de bAtiment hollandais, {yoy. BATIMENT.)

BUGALET, f . m. [Fey, bitimuit.) BUQUETTE , s. f. Echelle des diamètres ou des

CAB

largeurs d'une pièce de bols ou d*nn mât dang les divers points de leur longueur.

BURUV , s. m. Petit rouleau de bois fait au tour que Ton emploie à réunir deux gros cordages en passant Fœillet de l'un dans l'autre , ou à saisir les pataras à leurs estropes , ou encore à suspendre de grosses caliorneS. — On nomme aussi butin un gros èpissoire en bois dur, court et arrondi qui sert à élargir ou à fixer la grandeur des œillets -des estropes, bagues, etc. —On donne encore le nom de burin à une sorte de bélier qu'on emploie à chasser des coins entre les bridolés et deux pièces de mât qu'on veut réunir. — Enfin on appelle coins de burin les coins qu'on pousse entre les billots du ber d'un vaisseau qu'on veut soulever au dessus de son chantier.

BURINER , v. a. C'est frapper à coup de masse ou de burin sur les tètes des coins destinés à assujettir et & maintenir des acores ou des épontilles. On burine dés aiguilles de carène en chassant des coins sous leurs pieds avecle burin.

CilB

CABANE, s. f. Nom des chambres des mattres à bord des bâti mens de guerre , ou des petites chambres et couchettes établies à Tarrière des bâtimens de commer ce pour les passagers et les ofQoiers.

CABANER, V. a., une embarcation, c'est la mettre sans dessus dessous la quille en Tair. *-^Cabaner une ancre, c'est la placer en long dans un chaloupe après l'avoir retirée du fond de la mer.

CABANER , V. n. Un bâtiment , une embarcation cabanent lorsqu*ils chavirent. {Foy. ghavirek). — ^Une ancre cabane , lorsqu'étant mouillée, la patte qui mordait le fond venant à le quitter par une cause quelconque > elle se renverse sur sa croisée. Dans cet état elle ne peut plus retenir le bâtiment qui l'entraîne.

CABESTAN, s. m. Cette machine qui s'élève verticalement sur Taxe longitudinal et sur Tarrière des bâtimens, dans la seconde batterie des vaisseaux, ou sur le gaillard des autres navires, est mise en mouvement à l'aide de barres par une partie de l'équipage, lorsqu'on veut rentrer â bord les câbles ou les chaînes qui tiennent le bâtiment au mouillage. On virera au cabestan toutes les fois qu'on devra désaffourcher , se mettre à pie , déraper et lever une ancre. On ae sert encore du

CAB

cabestan pour guinder les mâts de hune^ et en général pour les manœuvres qui exigent une grande puissance. Le cabestan a deux cloches ,, et une mèche en fer dont le pied repose sur une carlingue établie sur les baux de la première batterie. L'étambrai du cabestan est formé par deux forts madriers fixés sur les baux avec des chevilles â ëcrous. Ces madriers reçoivent la mèche dans un trou circulaire garni d'un collier en cuivre; ils ne peuvent être mis en place q^'après l'installation du cabestan. Sur le milieu de la carlingue est Une crapaudine en cuivre, dans laquelle doit tourner le pied de la mèche.

On établissait autrefois un petit cabestan sur le gaillard d*avant; ce cabestan n'avait qu'une cloche.

La marine a adopté un nouveau èabestan proposé par M. Barbotin, capitaine de corvette, et connu sous le nom de cabestan Barbotin. La première conception de ce cabestan remonte â Tannée 1832; elle a été successivement perfectionnée par l'auteur, soumise â l'expérience et approuvée par le ministre de la marine en 1834.

A lamancBuvredescâbles, qui entraînait de nombreux incon venions, on fit succéder l'emploi des ehatneê qui, en offrant plus de sécurité pour l'ancrage» aug-

menfèrest les difficultés de l'appareillage dans certains cas, et rendirent lesaccidens plus fréqoens. On sentait

le besoin d'avoir des cabeslans dont le mouvement fût constant et uniforme , et qui ne pût être arrêté que par la résistance de l'ancre. Pour cela , il fallait d'abord supprimer la tournevire dans la manœuvre des câbleschat nés.

La pièce principale du cabestan Barbotin est une roue dentée, ou couronné en fonte de fer, à double engrenage, dont les diverses projections sont représentées par les fig. 5, 6, 7 et 8, pi. YII. Elle est fixée à la base, de la cloche d'un cabestan (fig. 5) par sii boulons P {fig. 6). L'engrenage inférieur sert à la manœuvre des câbles-chaines, et Fengrenage supérieur à celle de la tournevtre-cbaîne pour les câblea-chanvres , et des guinderesses en fer. Ldi figure 6 représente les projections horizontales de la moite de chaque engrenage, en supposant que ces engrenages aient été coupés par un plan passant par le milieu des gorges où rainures GHIK (fig. 5.) Ces rainures existent dans tout le contourne la roue; elles séparent les dents des engrenages qu'on nomme aussi points d'arrêt. La largeur de ces rainures est déterminée dans chaque engrenage par le diamètre du fer des maillons des chaînes, et leur profondeur par la largeur de ces mêmes maillons ; de sorte que les mailles horizontales, en entrant de profil dans ces gorges , ne peuvent en toucher ni les côtés ni le fond. Les arcs du cercle do la {fig, 6), dont les rayons sont AC, représentent le fond de ces gorges. L^espaceLMNOPQ (/i^. 5), compris entre deux points d'arrêt consécutifs, a la forme du maillon; il reçoit les maillons verticaux. Le grand diamètre de cette figure elliptique est égal à la longueur totale du maillon , plus le jeu nécessaire à l'engrenage ^ le petit diamètre a quelque chose de plus que la largeur totale du maillon.

La figure 7 est une coupe faite dans toute l'épaisseur de la couronne par un plan passant par le rayon AS (/ijf. 6) , et le milieu des cases elliptiques des deux engrenages.

La figure 8 est une coupé faite dans toute l'épaisseur de la couronne par |in plan suivant le rayon AE , et le milieu d*un point d'arrêt de chaque engrenagjB.

pour se rendre parfaitement compte de l'un des engrenages d'une roue dentée, il faut se figurer que, sur le contour d'un cylindre en terre glaise , il existe une rainure ou gorge dont la largeur est un peu plus grande que le diamètre du fer d'une chaîne « et dont la profondeur est égale aux 0,7 environ de la largeur du inaillon , prise de dehors en dehors, et qu'ensuite on applique la chaîne sur le cylindre , de manière que les maillons verticaux entrent dans la gorge et que les horizontaux enfoncent dans la terre glaise » jusqu'à ce que la terre les déborde d'une quantité égale & peu près au

demi-diamètre du fer du maillon. En retirant la chaîne de dessus le cylindre , on verra que chaque maillon a laissé son empreinte sur la terre , et on aura la forme d'une roue à engrenages.

Un massif circulaire , des désengreneurs , un plan incliné, un tournrquet, le linguet Béchameil complètent le système de cabestan que nous venons de décrire.

Supposons qu'on veuille virer sur l'ancre de tribord. Voici comment il faut procéder pour amener la chaîne à Tengrenage , afin de pouvoir ensuite virer sur cette

ancre :

On enlève le boulon de la manille , qui doit toujours être dans la batterie, entre les bittes et le puits; on porte le bout de la chaîne qui vient de la cale sur bâbord , en le passant le long de l'hiloire de la grande écoutillesur l'arrière , on frappe ensuite un bout d'aus-* sière de 15 à 20 brasses, destiné à cet usage, sur la partie de la chaîne qui vient du puits; on garnit l'aussière i la cloche du cabestan, et l'on vire jusqu'à ce que l'on puisse engager la chaîne dans l'engrenage. Cela fait , on continue à virer après avoir largué Taussière , et on amène à bras le bout de la chaîne qui vient de la cale jusqu'à la rencontre de celui qui est resté sur le pont, en arrière des bittes ; on marie ces deux bouts , on lève le tour de bitte et on vire dans le sens opposé ^ en mettant à bâbord, de l'extrémité des barres du cabes* tan à la grande écoutille , des hommes armés de crocs pour conduire la chaîne à son puits de tribord , au- fur et à mesure quelle sort de la couronne par l'effet du désengreneur.

.Les dispositions de l'appareillage exigent de grandes précautions , surtout dans les mauvais temps , puisqu'il faut défaire le tour de bitte avant d'opérer. Il est donc de toute utilité d'avoir , sur l'avant des bittes , un point d'appui très supérieur aux bosses , qui sont loin de présenter dans cette circonstance toute la sécurité désirable. Sous ce rapport, surtout, le nouveau cabestan ne saurait fonctionner san» l'aide du linguet Béchameil.

(P^Oy, LlNflOET.)

La puissance des cabestans Barbotin est telle qu'on n'est plus obligé de recourir à l'appareil dit Marguerite pour déraper les ancres. Les engrenages supérieurs des couronnes accélèrent beaucoup la manœuvre des mâts de hune et Kembossage des bâtimens. Enfin l'emploi du cabestan Barbotin dans les grands apparaux, tel que le halage des navires aur les cales, etc., évite le chocage, qui n'est jamais sans danger, et la suspension obligée du mouvement.

CABILLOT, s. m. Petit morceau de bois tourné, qu'on emploie beaucoup dans le gréement ; on en vo t la forme (/!$• 1, pi. X.) et l'usage (fig. 2.}— On nomme aussi caHUot une cheville de bois, qui passe dans l'œillet d'une cheville de fer sous la hune d'un grand bâtiment.

152 CAB

Elles serrent ensemble à tenir la hune sur ses barres. CABINE, s. f,j d*un bâtiment de commerce. {Voy*

Page 1