SOLVABLE
« Est-il solvable ? »
(Demande de fonrnisseur à fournisseur.)
SoMDRE. Le Sùmhre empire de Pluton,
« Rien ne pouvait le distraire de ses sombi^s penstVs. »
« Olivier tomba dans une profonde et sombre rêverie. » (M«« de Genlis. Le* Ch^vabers du Cjfgne, ch. xy.)
SouMRiL. Le sommeil est limage de la mort, — Pour ceux qui ont le sommeil tranquille ; pour les autres, e>st 1 image de Ton fer.
c Sommeil, lils de la nuit et fr^re de la mort. »
vT. G»utier. Poésies diverses.)
L'hiver est le sommeil de la nature. GoiWei* quelques heures de soimmeiL Sommeil ag^itè par des fêtes affreujt. Le sommeil de l'innocence.
« Mais son sommeil est encore agité par des rêves pénibles. »
(Ch. Lafont. La Famitle Mcronn«l, acte IL se. i.,
Le sommeil a fkti sa paupière.
« Cependant le sommeil avait fui ses paupières. »
(V. Dttcange. Léomd'9 ou la Vi^rille de Suresne.)
Goûter les douceurs du sommeil.
« C'est là que ces bonnes gens goûtent les douceurs d\jun ommeil tranquille. »
(Duor^y-DuminO. Petit- Jacques et Geot-^tte.)
Dernier sommeil de la mort. Dormir du dernier sommeil.
« lui sommeil de la mort, du sommeil que j'envie, tt Frasque tous maintenant dorment... »
^Hé^é^ippe Moreau. Le ùijfofotù,^
w-rf
DES LIEUX C()31MUNS Joi
tt dieux ! de quel remède est ma douleur suivie,
« De ne tenir la vie « Que des seules faveurs du frère de la mort. »
(Racan. Odes.)
Somnambule. Somnambule extra-lucide; elle lit le présent, le 'passé et l'avenir.
(Littérature foraine.)
Son. Sons harmonieux,
« Suis-moi sous ces ormeaux, viens, de ^âce, écouter « Les 800S harmonieux que ma flAtc respire. »
(André Chenicr. Idylles.)
« Les sons harmonieux de l'orchestre avaient retenti. »
(Y* d'Arlincourt. Les Trois Châteaux, ch. m.)
Sons belliqueux,
tt Une musique militaire fera retentir les airs de ses sons belliqueux. >'
{Rapport du citoyen Dayid iur la nérémonie projetée ê pour le 10 août 47 9S.)
Songe. La vie n'est qu'un songe... —4 Un cauchemar, pour bien des gens.
CV n'était pas un songe.
« ÂLFBED. — Tout cela n'était pas un songe... mon Dieu I mon Dieu! »
Boulé, Rimbaut et Dupré. Emery le Négociant.)
So'nner. Madame a sonné ? Je crois qu'on a sonné. Qui sonne ainsi, passé minuit ^ à la grille au parc ? Faire sonner la particule.
Sort. Le sort décidera. Sort infortuné. Depuis le jour qu'elle a uni son sort au mien. A quoi tient le sort des nations ? Le sort est pour bien des gens un bouc émissaire qu'ils rendent responsable de toutes les fautes qu'ils ont commises.
Sortir. Sortez, ouf appelle.
tt Pas un mot de plus, monsieur... Sortez, ou j'appelle. »
(D'Ennery. L'Honneur de ma Fille, acte I, se. 1. 1835.)
C'est le cri de la femme indignée.
Souffle. Le souffle du zéphir. Le souffle empoisonné dé la calomnie. N'avoir plus que le souffle.
Le souffle populaire.
« Au nombre des institutions renversées par le souffle
DICTIONNAIRE pbpulaire^ on remarqua la chute de TAcadémie française. »
(Jay. Discours de réception, 19 juin 1832.)
Souffrance. Souffrir. Avoir un billet en souffrance. Souffrir le martyre. Les allumettes soufrent aussi. — Aimable jeu de mots encore trop fréquent.
Souhait. Souhait de roi. On adresse régulièrement ce cliché à l'heureux mortel, père déjà d'un garçon, quand madame lui donne une fille. Cela se dit en serrant fortement la main du papa et en esquissant un sourire aimable.
Souhaiter. Je vous la souhiite bonne et heureuse, accompagnée de plusieurs autres.
(Rengaine du l^^jan^ér.)
« Opto, Domine, et hune natalem, et plurimos alios quàm felicissimos agas. (Je souhaite, seigneur, que cet anniversaire de votre naissance soit heureux et accompagné de plusieurs autres encore plus heureux) ».
(Pline le jeune à Trajan. Lettre LXXXIX.)
Soulier. Le soulier de Corneille. — ^ J ^ deux écoles : l'école qui prétend que Corneille a feit mettre un béquet à son soulier, et l'école qui soutient le contraire : le béquet ne prouverait pas la misère ; il prouverait de l'économie. Je connais plus d'un propriétaire qui fait raccommoder ses souliers. J'en connais même un qui achève les vieux souliers de ses locataires; mais celui-là est légèrement taxé d'avarice.
Être dans ses petits souliers.
Soumettre. Soumission. Se soumettre à la volonté divine. Faire acte de soumission. — En politique, c'est accepter le mandat impératif.
Soupe. La soupe fait grandir.
m Si tu ne manges pas de soupe, tu ne grandiras pas. »
Cela se dit aux enfants qui ne veulent pas manger de soupe.
Soupière. Soupièi^e électorale. — Soupière qui sert à faire bouillir le bouillon électoral. — Gobelet des escamoteurs en fait d'élections. Les adversaires politiques de Napoléon III ont prétendu qu'elle a joué un grand rôle sous l'Empire.
Soupir. Le dernier soupir. — C'est souvent un soupir de satisfaction.
Un 'profond soupir s'exhala de sa poitrine.
Soupirer. Soupirer pour les beaux yeux d'une belle. Quavezvous à soupirer ainsi?
Source.
« Nos renscippnements, puisés à une source autorisée, nous purmettent de démentir les bruits qu'ont fait courir certains de nos confrères au sujet de... »
(Déraeoti de journal ajournai.)
La source du plaisir. Le travail est une source de ri' chesse.
Sourd. Sourd comme un pot. Rester sourd à la voix de l'honneur. Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Sourire. Le sourire des Grâces. — Un sourire qui illumine le visage.
«... Et en parlant ainsi un sourire illumina son austère visage. »
(Perd. Laloue et F. Labrousse. Le Prince Eugène et l'Impératrice Joséphine ^ acte I, se. ti.)
Soustraire. Rien ne peut le soustraire à ma vengeance. Rien ne peut le soustraire à mon courroux. Rarement le coupable parvient à se soustraire à la vindicte publique.
Soutenable. Ce que vous dites là n*est pas soutenable.
Soutenir. Soutenir une absurdité.
«... Soutiens-moi, Chatillon. »
(Voltaire. Zatre, acte II, se. m.)
Propos qu'on prête aux ivrognes qui ne tiennent pas sur leurs jambes.
Soutien. Soutien du trône et de V autel.
« Soutien du trône et des intérêts du peuple, M. de Lally se distingua parmi les fondateurs de notre libei*té. »
(De Pongervillc. Discours de réception à F Académie française.îO iuia 1830.)
Souvenir. Souvenir impérissable.
a De tels souvenirs ne s'effacent pas du cœur; ils y restent gravés comme sur lairain. »
Dernier souvenir.
« Et s'il me donne une larme, un dernier souvenir, vous le consolerez^ madame; vous le consolerez, ma mère. »
(Dumanoir et A. d'Ennery. Les Drames du cabaret, acte m, 8C. IT.)
Les souvenirs se pressent en foule, •
« Les souvenirs se pressent eu foule dans son âme. »
(ChatoRubriand. Atala.)
Son souvenir ne me quittei*a jamais.
« Adieu, Caroline... je vous perds... mais votre souvenir ne me quittera jamais. »
(Léonce et Molôri. La Famille Menneville, acte II, se. vu.)
SuYKUX.
« Sa soyeuse chevelure tombait en boucles d'or sur se' épaules d'alb&lre. »
(Style (Je roman.)
Spécialiste. Un de nos plus célèbres spécialistes. — Nombre de CCS célèbres spécialistes doivent leur renommée à la litlérature qui s'étale le long des murs.
Spécimen.
u Ce bœut, messieurs, un des plus beaux spécimens do Tospèce, a été primé, ete. »
[Style de comicf! agricole.)
Spectacle. Spectateur. Le spectacle de la nature. Le spectacle des passions hwnaines. Avez-vous fini de vous donner en spectacle ? Spectacle touchant des larmes,
« Des témoignantes les plus sincères d'attachement pour sa personne et pour la cause du roi venaient souvent lui oflrir d'agréables illusions ou le spectacle touchant des larmes quL* »8S malheurs faisaient répandre, etc. »
(M"* Oampan. Âtémoiret êur la vie privée de Marie-Antoinette, 18i6.)
Spectacle imposant,
« C'était un spectacle imposant que celui de la rade d«^ Brest. »
{Eag. Sue. La Vigie de Koat^Ven.)
Le spectacle imposant et grandiose de la mer.
Spectre. Agiter, promener le spectre rouge. — C'esl-à-dire le spectre de la révolution, le spectre sanglant des révolutions. Allusion à la brochure de Homieu, le Spectre rouge. Sous l'Empire, les journaux officieux, aux époques d'élections^ n'oubliaient jamais de promener dans leurs colonnes le spectre rouge, pour enrayer les électeurs ruraux.
Spéculation. Y a-t-il moyen de faire quelque bonne spéculation? • « La spéculation envahit touU Autrefois, on mettait vingt
ans à faire fortune ; aujourd'hui, les moins pressés veulent s'enrichir en quatre ans. »>
{Bourgeoisiana.)
Spéculer. Spéculer sur les fonds publics, spéculer sur la crédulité publique, — C'est le grand art de nos modernes financiers.
Spéculateur.
« Tôt ou tard les Kp:3culateurs à la Bourse finissent par sombrer. »
Oui, mais auparavant combien de victimes ont-ils fait sombrer?
Sphère. LcC sphère des connaissances humaines. Pour être heureux, il faut rester dans sa sphère.
Spiritueux. Les spiritueux sont nuisibles à la santé. Il est plus spiritueux que spirituel.
Splendeur. La splendeur du trône. *
« Le soleil qui disparaissait derrière les hautes collmes inondait l'horizon de sa splendeur. »
(Genre descriptif.)
Splendide.
« Votre fête était tout bonnement splendide. »
{Propos de parasite.)
Spontané. Les mouvements du cœicr sont spontanés. — Ce qui n*empôche pas que souvent on les regrette.
Squelette. Hideux squelette. — L'homme à l'état de réjouissance.
Maigre comme un squelette, La maigreur d'un squelette.
Stationnaire. L'art est stationnaire : rien de bien saillant cette année encore au Salon.
. (Critique d*art, — ouverture du Salon.)
Stomachique. Cette liqueur apéritioe, bienfaisante et stomachique se recommande en outre par... etc.
(Littérature de prospectus.)
Store.
a Baissez le» stores, on pourrait nous voir. »
(Un voyage à Cythère en fiacre.)
Strapontin.
« Pas une place, pas le moindre strapontin. »
tCe qu'on entend les soirs de premières.)
Subalterne.
« Apprenez que je ne fraye pas avec des subalternes comme vous, nonobstant. »
(De seront à simple pioapiou.)
Subir. Subir les coups du sort avec résignation. Puiser dans la religion chrétienne les forces nécessaires pour subir les coups du sort.
Subrepticement. Un adverbe employé uniquement par les troupiers.
« Que vous manigancez toujours et agissez subrepticement qu'il faudra voir à changer de tactique, ou sinon au bloc. »
Subversif. Discours subversif. — Tels discours subversifs sous tel gouvernement sont fort sages sous tel autre.
SuKUR. La sueur du peuple. — Certains économistes en font souvent sentir tout le mérite.
S*engraisser de la sueur du peuple. Gagner son pain à la sueur de son front.
« Les sueurs de nos frères ont servi vos caprices... Oh ! prenez garde, monsieur le comte! »
(Paul Fouchcr et Àlboise. La Salpétrière, acte lU, se. v.)
a Nous mangerons du pain arrosé de notre sueur. »
(Ducray-Dumioil. Petit-Jacques et Georgette.)
Suffire. La moitié de ça suffit.
Suffrage. Heureux si je puis mériter vos suffrages.
(Propos de candidat.)
« Je viens, mes chers concitoyens, briguer vos suffrages : si vous me jugez digne de vous représenter, je m^attacnerai à, etc. »
Ce ne sont pas les promesses qui coûtent le plus.
Rien n'est plus précieux que vos suffrages. Nous ne laisserons pas porter la main sur le suffrage universel. Il faut que les suffrages soient exprimés librement.
Suicide. Le suicide est un crime.
u Mais vous ne savez donc pas que le suicide est le plus grand des crimes? »
(J. Bouchardy. Les Enfants- Trouvés, acte I, se vu.)
Personne n'a le droit de condamner le suicide, parce aue personne ne peut savoir ce qu'un être humain^ aouc de sa raison, a eu à souflrir avant d'eu arriver k ce moyen extrême.
SufTB. La suite au prochain numéro.
(Inévitable phrase des romans-feuilletons.)
Suivre. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, — Encore une erreur proverbiale ; les jours se suivent et se ressemblent presque tous, surtout pour les malbeureux. 11 n'y a guère que la maladie et la mort qui fassent diversion.
Suppôt. Suppôt de Satan. Suppôt de Thémis.
Suppression.
« Un journal est une propriété dont la suppression ne doit pas être laissée à l'arbitraire d'un gouvernement. »
(Opinion des directeurs de journaux.)
Succéder. Succéder sans remplacer,
a Recevez mes regrets, vous à qui j'ai succédé (à la députation) sans pouvoir vous remplacer. »
(}!aiile de Girardin, au tombeau d'A. Thiers, 3 sept. 1878.)
«c Si vous avez pu donner sa place, je sais mieux que personne, messieurs, que vous ne l'avez pas remplacé. »
(Maxime du Camp. Discours de réception à l'Académie française, S3 décembre 4880,)
Succès.
« Dès le premier acte, le succès de la pièce était assuré. »
(Style de feuilleton thééUral.)
Véritable succès.
« En somme, belle et bonne soirée, et l'Ambigu tient un véritable succès. »
{Les Soirées parisiennes, — Événement du 13 mai 1878.
« En résumé, grande et légitime réussite. L'Ambigu tient sa pièce d'été. »
(Cb. Ilonselet. L'Événement du 13 mai 1878.)
Succomber.
« Entourées do réductions, comment ne voulez-vous pas que ces pauvres lilles finissent par succomber un jour ou rautre? »
{Propos de MM, les moralistes.)
Tablier.
« Rendez votre tablier, Françoise. — Avec Wcn du plaisir, madame; j'en ai as.sez de votre baraque. '>
(De ménagère à cuisinière.)
Le « Rendez votre tablier » est une expression relevée à Fusage des bourgeois de haute volée. Dans la petite bourgeoisie, madame dit à sa bonne à tout mire : « Marie, fichez -moi le camp ! »
Tache. C'est une tâche au-dessus de mes forces.
(Propos de paresseux.' aCHER.
« Ah! mon Dieu, voilà ma robe perdue. — Ce n'est rien, ça ne tache pas. »
« Et tâchez voir d'obéir un peu pour voir. »
{Style de troupier.)
Taille. Taille élégante. Sa taille de guêpe. Sa taille qui tiendrait entre les dix doigts. Taille souple comme un roseau.
(Style de roman.)
Que de souffrances endurent nos élégantes dans Tespoir de s'entendre dire qu'elles ont des tailles de guêpe, ce qui est le comble du ridicule ! Regardez si la Vénus de Milo a une taille de guêpe. Ët^ la Vénus de^jtfilp vous vaut bien, mesdames.
« Sa taille égale en souplesse « Le jeune et tendre roseau. »
(Uarmontel. Pétrarque pnrtant pour Vaucluse. Chanson.)
Taille smlte,
«Ils oiù choisi, pour exécuter ce complot alTreux, une femme qui Joint à une taille svelte, à des traits régulière, des grâces peu communes et l'audace du crime. »
[Rapport du comité de sûreté générale^ relatif à l'assassinat de Afarat, 16 juillet 1793.) .
a Sa taille, faite en guêpe, était à tenir dans la main d'une fille de douze ans. »
(A. de Vigny. Stello,)
Talent. Le vrai talent est modeste, — Cette vérité nous vient de l'Inde. Un demi-siècle avant Jésus-Christ, Calidasa, lauteur de la Reconnaissance de Sacountala Ta ainsi formulée dans un autre de ses drames moins connu, le Héros et la Nymphe, . .
u La nioclesiic convient au mérite : elle fut toujours Tornement île la valeur. » ,
(Aclc I. scène de Pourouva et de Afanava. Traâ. de l'anglais par Langlois.)
Tarpéienne. La roche Ta^péienne est près du Capitole.—Poiw les députes, la roche Tapéiennc c'est Tinvalidalion sans
espoir de retour ; pour les filles galantes, c'est la hotte à chiffons, c'est l'hôpital, c'est la loge de portière.
« Je n'avais pas besoin de cette leçon pour savoir qu'il y a peu de distant du Gapitole à la roche Tarpéienne. »
(Mirabeau. Difcours à l'Assemblée nationale.)
Taureau. Fort comme un taureau. Il faut prendre le taureau par les cornes... et les maris de front.
Tempérer. L'âge tempère les passions. — C'est une question de tempérament. Chez les tempéraments nerveux, l'âge augmente au contraire les passions. En grande partie, les attentats à la pudeur sont commis par des vieillards.
Temple. Temple de Cornus.
« Le père de ce fidèle desservant du temple de Cornus était né d'une famille plébéienne de Lyon. »
{Chronique indiscrète du xix* siècle.)
« Des temples plus brillants (des tripots) ont été ouverts à* la fortune. »
(Jouy. Guillaume le Franc-parleur.)
Les classiques égrillards ont découvert le temple de l'Amour où l'encens est offert à la postérité.
Temple de Plutus.
« Les actions gagnent déjà ; il y a dans ma cour une banque, un agiot; on dirait du temple de Plutus. »
(Scribe et'!Bayard. Les Actionnaires, se. ziz. 1829.)
Le temple des Arts.
« En portant ses tributs au temple des Arts, il ne cherchera pas à renverser ses concurrents dans sa route, »
(La Harpe. Discours de réception à l'Académie française.)
Temporel.
« Le pouvoir temporel du pape, monsieur, est un nonsens... Croyez-vous que nous ayons fait 89 pour, etc. »
{Propos de boutiquier démocrate.)
Une question qui peut se flatter d'avoir fait couler des flots d'eûcre, que cette question du pouvoir tempol-el î Pourquoi le pape se dessaisirait-il du pouvoir temporel ? Chacun ne tient-il pas à ce qu'il a. Demandez au premier épicier venu de vous abandonner l'héritage de son arrière-grand -père, vous verrez comme vous serez reçu. Il me semble que le pape vaut bien le premier épicier venu.
Temps. Le temps c'est de Vargent.
(Axiome anglais.)
Faire perdre un temps prédeux. La faux du temps. Cela se perd dans la nuit des temps y Au temps heureux de ma jeunesse. Le temps des amours devrait durer toujours. Quel temps fait-il aujourd'hui ? — 11 n'y a rien qu'on regrette plus que le temps perdu et rien que l'on gaspille avec plus de facilité. Il n'y a guère que les nlles galantes qui n'aiment pas à perdre leur temps avec des gens aont elles ne peuvent rien tirer, parce que, pour elles, le temps c'est de l'argent.
« Le temps ne fait rien à l'affaire. »
(Molière. Le Misanthrope, acte I, se. n.)
temps ! à mœurs ! (0 tompora ! ô mores !) — Exclamation cicéronienne à l'usage de tous les Gérontes, de tous les moralistes de carton.
u temps ! 6 siècle ! 6 mœurs ! »
« (Destouches. LHomme singulier, acte lY, se. ii.)
« Autre temps, autres mœurs, madame. »
(Decourcclle, R. Deslandes et A. Rolland. Le Château des
Tilleuls.)
Le temps ne respecte rien.
» Le temps est un ouvrier qui ne respecte rien. »
(Cratès. F^agmetUi,)
Le temps est un grand maître. — Pour dire que le temps console de tout; pour dire encore qu'il amène bien des changements. Les farceurs ont adopté la variante suivante : Le temps est un grand maigre.
« Le temps est un grand maître, il règle bien des choses. »
(Corneille. SertoriuSf acte II, se. ly.)
« Le temps est un grand mattre ; il commande à Tamour. »
(Fabre d'Eglantine. Le Présomptueux, acte III, se. ti.)
« Le temps est un grand maître,
« Et le plus obstine finit par s'y soumettre. »
(Laya. L'Ami des Lois, acte lY, se. lu.)
« Le temps est' un maître qui enseigne toutes choses. »
(Eschyle. Promet hée enchaîné, acte Y, se. i.)
Tenailles.
« Ce discours lui déchirait le cœur comme avec des tenailles. »
A la Chambre, le discours d'un rapporteur, qui conclut à l'invalidation d'un de ses collègues, déchire le cœur de ce collègue comme avec des tenailles.
DES LIEUX COMMUNS 81 i
Ténèbres. Les ténèbres de l'ignorance. L'empire des ténèbres. Le sombre empire des ténèbres,
{Style classigve.)
« Indigne superstition, qui semble vouloir replonger la France dans les ténèbres de l'ignorance et les horreurs du fanatisme. »
(E. Arthaud. Le Garçon de caisse.)
« L'aspect de ces climats, depuis longtemps célèbres, a Déjà de l'ignorance éclaircit les ténèbres. »
(Ancelot. Louis IX,)
Tenir. Nous tiendrons nos lecteurs au courant.
(Cliché de journaliste.)
Tenture.
^« D'épaisses tentures de velours tapissaient cette chambre où tout semblait inviter à l'amour. »
{Style de roman.)
Chez les filles galantes, les tentures ont, entre autres avantages, celui de pouvoir dérober la vue de Tamant de la première heure, si l'amant de la seconde heure arrive trop à Timproviste, et ainsi de suite autant d^* fois qu'elles comptent d'amants dans une journée.
Terme. Être arrivé au terme de la vie, La mort met un terme à nos maux. Monsieur , je viens pour le terme,
(Antienne trimestrielle de MM. les concierges.)
tt Quand on ne peut payer son terme <t II faut avoir une maison à soi. »
(Georges Daval. Monsieur Vautotar.)
Terpsichore. Le temple de Terpsichore,
a La petite Héberti qui, après avoir brillé quelques jours parmi les fringantes élèves de Terpsichore, etc. »
{Les Deux Cours et les Nuits de Saint-Cloud. Londres, 1852.)
a Etranger aux jeux de Terpsichore, notre spéculateur dirigea ses premières attaques, etc. »
(Chronique indiscrète du xix* siècle.)
Terrain. Terrain glissant. — Le terrain de la Bourse est un terrain mouvant. C'est ce que Casimir a dit en vers : « Sur le terrain mouvant du tiers consolidé. »
{L'École des Vieillards^ acte I, se. i.)
Terre. La terre, notre mère commune. Remuer ciel et terre. Que la terre lui soit légère.
(Les derniers mots d'une oraison funèbre.)
31Î BTCTTONNAIRE
« Nec illi
« Terra gravis fueris. »
(Martial.)
Terreur.
« Un drame épouvantable vient du jeter la terreur dans la commune do... »
(Style de journaliste.)
TÊTE. Cétait une noble tête de vieillard,
(Fr. Gaillardet et A. Dumas. La Tour de Nesle^ acte III, se. ix.)
Quelques-uns poursuivent la tirade et ajoutent : « Que 1 assassin a revu bien souvent dans ses rêves. »
Théâtre. Le théâtre du monde. Être appelé à jouer un grau .' rôle sur le théâtre du monde.
« Aussi voit-on rarement qu'il cherche à monter sur le théâtre du monde. »
(Saint-STremond. ÇSuvres diverses.)
Tiède.
« L'eau est-elle bonne ? — Tiède, mon cher. »
N. B. A entendre les baigneurs, l'eau est toujours tiède, surtout loi^squ'ils greluttent; amour-propre de baigneur.
Tien. Il ne faut pas confondre le tien avec le mien. — Sur e«î chapitre-là les hommes ne plaisantent pas. Les tribunaux n'ont pas été, en partie, institués pour autre chose.
Tiers. Se moquer du tiers comme du quart. — C'est faire preuve de philosophie ; mais encore faut-il avoir une position indépendante pour se payer ce luxe-là.
Tiers état. — C'est au tiers état que nous somnîo> redevables de notre glorieuse Révolution. Oui, messicut les bourgeois, qui avez trouvé le moyen de rempl.icr les privilèges de la noblesse parle privilège de la pièii de cent sous.
Tige.
u La belle Ëléonore, semblable à une fleur tristement penchée sur sa tige. »
Tilbury.
u Le vicomte monta dans un élégant tilbury et lança son cheval dans la direction des Champs-Elysées. »
{Style de roman.)
Quand le romancier, par extraordinaire, roule voiture, il n'est pas rare qu*il ne trouve le moyen d'ajouter le nom du fabricant à qui il la doit.
Timbre. Le timbre de sa voix d'une pureté remarquable. — Pour Tamoureux, le timbre de la voix de celle qu'il aime est toujours d'une pureté remarquable. Les dilettanti sont plus difficiles, quand il s'agit d'une chanteuse.
Tirer Tirer le diable par la queue. •— 11 faut que cette queue soit joliment solide pour résister à toutes les attaques.
Toiles. Les toiles se touchent. — Quand on n'a plus d'argent, les toiles se touchent.
La toile ou mes quatre sous.
(Cri des Toyous lorsque la toile tarde à se lever au théâtre.)
Tombe.
'< Avant que la tombe se referme à jamais sur celui qui fut notre ami, permettez-moi de venir lui dire un dernier adieu. »
Déposer des fleurs sur la tombe de quelqu'un. — 11 y a des gens qui seraient si heureux d'entendre de leur vivant les stupides éloges dont on sature leur cadavre.
» Fais que sur ma tombe paisible « Les humains jetlent quelques fleurs; « Dis leur que mon ombre sensible K Bénit qui lui donne des pleurs. »
(M"** de MoQtanclos. Œuvres diverses. 1790.)
Tombeau. Descendre au tombeau.
« Pour la seconde fois, le major pensa descendre au tombeau. »
(V. Ducange. Léonide ou la Vieille de Suresne.)
La paix du tombeau.
u Cette paix de la tombe où quelquefois j'aspire. »
(Jouy. Scylla^ acte V, se. yni.)
Tomber. Tomber éploré aux genoux de...
u Elle veut parler : des sanglots élouffent sa voix ; pâle, les cheveux en désordre, elle tombe éplorée aux genoux de son père et ne fait entendre que des paroles entrecoupées de larmes. »
(Le D«" Véron. Cinq cents mille francs de rente.)
Ton. Avoir le ton du grand monde. Un^^etit verre d'eau-devie à jeun, ça donne du tan. Le ton fait la chanson.
S14 BTCnONXÂIRE
Toxique.
« Le meiUeiir tonique est sans contredit le mn de quinquina de... Dépôt dans toutes les principales pharmacies. »
11 y a environ une cinquantaine de préparations au quinquina qui ont, chacune, la prétention d'être le meilleur tonique, d'après les prospectus.
Tonneau. Toujours du même tonneau. — £n effet, pourquoi changer quand il est bon?
Torrent. Torrentiel. Le torrent populaire auquel rien ne résiste. Un torrent de plaisirs.
« Que de torrents de plaisir et de flammes
« Le tendre Hymen va verser dans vos âmes ! »
(Yerger. SpithcUames. t730.)
Le torrent des passions.
« Hélas ! Passepoil ne vous écrira plus, Oreste a perdu son Pylade, le coquinasse a cédé au torrent tumultueux de ses passions, n
(Ànicet-Bourgeois et Paul Féval. Le Bossu, acte 1. 1862.)
« Jeune et tendre fleur qui va être exposée au vent impétueux du monde, au torrent des passions. »
(Àug. Ricard. La Grisetie. 1829.)
Torrent de lumières. — Qui ne connaît la belle chute de rOde de Lefranc de Pompignan sur la mort de J.-B. Housseau et insérée dans tous les traités de littérature ?
« Le Dieu poursuivant sa carrière « Versait des toiTents de lumière « Sur ses obscurs blasphémateurs. »
« Messieurs, Franklin est mort... Il est retourné au sein de la Divinité, le génie qui affranchit l'Amérique et versa sur l'Europe des torrents de lumières. »
(Mirabeau. IHâCOurs à l'Assemblée nationale.)
Torrent de larmes.
tt Et comme il vit que ces paroles lui faisaient répaiidre un torrent de larmes, il ajouta aoucement... »
(Aimé Martin. Essai sur la vie et tes owarages de Bernardin de Saint-Pierre.)
Torsade. Ses cheveux ramenés en torsade.
(Style de roman, concurrence à MH. lea permquieit.)
Tort. Tous les torts sont de son côté.
« Apprenez que je n'ai jamais fait tort d^un sou à personne. »
Que de fois celui qui s'exprime ainsi est un gredin qui a volé tout ce qu'il possède !
« Quand tout le monde a tort, tout le monde a raison. »
(La Chaassée. La Gouvernante^ acte I, se. m.)
Toupet. Avoir un fameux toupet. — Il n*y a rien de politique dans cette expression, il n'y a aucune allusion au légendaire toupet du roi Louis-Philippe. Cela veut diro avoir beaucoup d'aplomb, beaucoup d'impudence. On le voit, l'allusion est mipossible.
Tour. Elle est faite au tour. — Quand elles sont habillées, toutes les femmes semblent faites au tour.
Tourbillon. Le tourbillon des plaisirs.
tt Je vous ai vue dans le tourbillon du monde et des plaisirs, recherchée, adulée. »
(M"* Cottin. Claire d'Albe.)
Tourmente. Tourmente révolutionnaire.
« Vers la fin du siècle dernier, quand la tourmente révolutionnaire s'était apaisée. »
(M™« Ancclot. Salons de Paris.)
« Ne vois-tu pas que la France échappe enfin à la tourmente révolutionnaire, et que le calme va enfin renaître sur les abîmes refermés ? »
(Ferd. Laloue et F. Labrousse. Le Prince Eugène et l'Lnpératrice Joséphine, acte I, se. vi. 1849.)
« Après la tourmente révolutionnaire, le premier soin d'une autorité qui voulait rétablir l'ordre, etc. »
(Discours de rentrée prononcé par M. ViTÎen, prœ. génér. Cour royale d'Amiens, 3 nov. 4830.)
« Ce qui doit nous préoccuper. . . c'est d'organiser les forces conservatrices sur le terrain où se réfiij^ieront les Français après la tourmente révolutionnaire. »
{Gazette de France, 7 janvier 1879.)
Toux. Voilà une vilaine toux. Voilà une toux qui sent le sapin.
Tradition. C'est un des deimiers acteurs qui aient conservé la tradition. — Est-ce qu'ils savent eux -nié m es ce que c'est que la tradition, ceux qui parlent de sa conservation?
Trafic. Un honteux trafic. Quel diable de trafic faites-vout là?
Trafiquer. Trafiquer de sa plume. Trafiquer de son honneur. — Voilà ce que c'est que d'avoir des besoins.
Thicolohb. Le drapeau tricolore a fait le tour dtt monde^
(Yi-.martiiio.)
Ce à quoi les révolu lioiinaires répondent : u C*e.<l précisément pour cela que c*e.t au tour du drapeau rouge d'exécuter le même voyage. »
Triste. Triste comme un bomirt de nuit.
Tristesse. Tristesse de Vdme. La tristesse répandue sur tous ses traits.
Tristesse indicible,
« Alors, une indicible tristesse s empara de son âme. »
(M-« Ancclot. Les Sahns de PëHs.'
Trosiper. Tromper V espérance. Je suis un muh'n, moi, <m ne me trompe pas facilement. — Rien, au cou traire, qui se lai.v>c tromper plus souvent qu\m homme qui a la prétention de ne jamais être trompé.
ÏR.>i*vER. Trouver à qui parler,
« Traître 1 tu trouveras en nous à qui parler ! »
(Molière. Les FéekenXt «de IIT» se viO
Ulcération.
« Dot leur, je CTOis que j'ai là une petite ulcération? — C'est un chancre, un chancre induré, monsieur. »
((> qu'on entend clici ui. médecio spéculiste.)
Ulcérer. L'âme itlcêrée.
Unanime. Des Cipphuulissementsunanimrs ont salué Vorateur en descemiiint de la tribune L'orateur a qmtlé la tnbune au militu d'unanimes applaudissements, — C*est souvent la joie de le voir partir qui se manifeste par des applaudissements.
Uni. Vnis comme les deux doigts de la main.
Union. L'union fait la force, et Vamitié la soutient. Buvons à l'union des peuples. Jamais union ne fut mieux assortie, yott^ uniouy contractée sous de si kcm^ux auspices» fut longtemps sans nuages.
Dë8 U£UX communs 311»
Universel. Il n'y a pas d'homme tmiverseL II n'y a^pas de remède univeraeL — Ce n'est cepeudant pas ce que prétendent un tas de prospectus pharmaceutiques.
Université. Aima parem. — A une distribution de prix, le ministre ou le professeur qui, dans son discours, prononce « aima parens », doit avoir la voix légèrement émue et tremblante.
Urne. Urne funéraire. Aller pleurer sur l'urne où reposent les cendres de.,.
[StjfU classique.)
« Sous Tombre des cyprès et des peupliers repose son urne sacrée w
(H"* CotUn. Claire iTAlbe.)
« Et montrant l'urne de mon père : — Sous cette tombe sacrée, lui ai-je dit, repose la cendre du meilleur des pères.»
{Idem, idem.)
User. Il faut user, mais pas abuser. — Faites comprendre cela aux mendiants de toutes les classes qui passent leur vie à harceler ceux qui ont eu la faiblesse de leur rendre un service.
En usez-vous ? — Demande que se croit obligé de faire un bon bourgeois chaque fois qu'il ouvre sa tabatière devant quelqu'un.
Utils. Joindre Vutile à l'agréable.
« Omjie tulit punctum, qui miscuit utile dulci. »
(Horace. Art poétique,)
Pour une femme galante et sensible, c'est avoir à la fois un entreteneur et un amant de cœur.
Vaincre.
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gluiie. »
(Corneille. Le Cid, acte Ii;, te. i.)
Imitation des Be^s de Sophocle :
• Ce n*e8t pas sans travaux qu'on arrive à la gloire. » Et Granval, dans son poème de Cartouche, chant I : « Plus grands sont les périls et plus grande est la gloire. «
Stè tlCtlONNAtRfi!
Va. 'Ol, .
« La valeur n*aUond pas le n<Hiibre des années. »
(GomeOte. L% Cttf, acte II, se. i.)
Fotre en prodk/es de valeur. Awrir de bonnes valeurs en porfefeutUe. — Elles sont toujours bonnes tant qu'on n'a pas besoin 'de s*en déftùre. Mais» le jour où Ton est forcé de les vendre, pourquoi donc sont-elles toujours en baisse Y C'est peut-être une affaire de chance personnelle.
VALLis. Vallée de mUére. Vallée de larme.
« Mon passage sur cette vallée de larmes, qu'on appelle le monde, nm été marqué que par des infortunes. »
(Arm. ChariemagM. Ln Tnrii il... ^M9.)
« Remerdes donc la bonté divine, ma fille, qui vous retire si vite de cette vallée de misère. »
(Chateubriukd. Atete.)
« Il (Filleron) avait connu tous les maux qui pèsent sur Thumanité, et non de ce qui vient quelquefois nous consoler dans cette vallée de larmes. »
(i¥oe4i di #ViirQN, tf/toiM de 1^ Udra.)
VAPBua. Le régne de la vapeur.
« Si Napoléon I«r n'avait pas méconnu la vapeur, TAngleterre, monsieur, serait une province française. »
Vapsoiis. .
n Docteur, qu*a donc ma femme t — Ge n^eal rien. . . des
vapeurs. »
Varikr. Il faut savoir varier ses plaisirs, — Heureux ceux qui peuvent varier leurs plaisirs! il y en a tant qui n*ODt que la désolation de varier leurs'peinesl
Va-t*en. Va-^t'en voir s'ils vieànent! — C'est le synonyme do : « Le bon billet qu'a Lachfttre », de : « Compte làdessus et bois de Teau ». Autant dire : « 11 n'en est rien, c*est un leurre, quelle bonne plaisanterie! »
> a-r^n voir s'ils viennent ! est le titre et le refirain d*uuc chanson populaire dont, seul, le refrain a survécu :
« Une fille de quinie ans,
« D'Agnès la pareille,
« Qui pense que les enfanta
« Se font par roroille.
« Va-t-en voir s'ils viennent, JeanI
« Va-t*en voir a*ils viennent l s
DBS UECX COMMUNS 911
Vaudevillb. le J^onçnû , né aiotti, créa le vaudemOe^
(Boileaii.^
ViAU. Adorateur du veau d'or» «- Le veau d*or, un dieu à la portée de toutes les intelfigenees, un dieu qui se manifeste sous les e^èees... sonores, métalliques et ayant cours.
« Sous ces vastes lambris oft rheoreuse ikhesse « Etale ses écrins au milieu des flatteurs, « J*ai vu des courtisans, pour la moindre laq^esse, « Se faire du veau d*or les vils adorateurs. »
(▲•ét^L AlèwmhAlmtmtth eu Ùtmtimiln, iSM.)
Vblours. Des yeux de veUnars. Sa dœvehart inondaU ses épaules comme un rieke manteau de vekmr». Le veUmrs de ses grands yeu».
€ Une pftleur morteUe 8*élendit sur son visage» Ikisant ressortir le velours noir de ses grands yem. »
(▲ Urttey. Lêl RewmwkÊ dt Clodkm. — /Vmet éi 19 j«1d IS78.)
Velouté. Ses joues anaiaU la flraàeheut ei le vtiouU de la
pêche.
YmaïAMCs. San sang crie vengeance. Vefigeenoe! vengeance ! an égorge nos frères!
(Le ligaal de Mes det i
L'heure de la vengeance a sonné. Tremblez et craignez ma vengeance ! — D n*y a que les hommes vraiment forts et vraiment supérieurs qui dédaignent la vengeance. Aussi les coropte-t-on. — Les femmes savourent leur vengeance, parce qu'au fond de toute ven^ance féminine il j a une pomte de coquetterie, et rien ne leur plaît autant que m coquetterie. Enlever un amant à une amie dont elle a à se plaindre, est la vengeance préférée d'une femme. Et quelle femme n'a pas on ne croit pas avoir à se plaindre d'une amiet
La vengeance o&este.
« N'avez-vous pas cru voir, comme nous, la vengeance cé-> leste peser sur sa tête?»
{JProeèÊ CmaiÊBmg, 4S». MéftâtiMn 4t fct. fAi. deUraë)
« Ceux-là du moins n'avaient immolé qu'une victime, et la vengeance avait anné leur bras. »
{Prooii LeUêvré. BéçmUUoire de l'an. gén. V.de Sùnl-Bowiel.)
« Son saog criera vengeance, et je ne l'aurai pas. »
(Cogaeill^. Le Cid, acte UI, ic m>)
IfÈz^mjetimu ie moM^e firmde, — Ceit-à-dire ^11 est 4on% àti se reo^^er Umgiêmçê après FaScMa.
La zen(fetmee est k pUtisir des éitus.
» Ce n'est qns pov les dîeox qa'eit finte la Teogeance. »
miHBf giw—, «cie m. se. m.)
« CcH k plaieir des dieux et ie bonheur des femmes. »
IC Bdavîfse. X«i Cwn^rfiwfy acte IL ac t.)
VK!iijr« l^OTckê oui distillent le venin, bu eaudà venenum. -^ Combien a hommes les filles d'Ère n'ont-eltes pas, iftvee raison, comparés à des serpents ? 11 est vrai cjue, de leur e6té, les fils d'Adam r enToient la comparaison k l'adresse de bien des femmes. Les deux sexes, sons ce rapport, ont également raison tons deux.
• Autant en emporte ly vens. »
(YinoM.)
Les Tents jouent nn çrand rôle dans ïlphigéme en Aulide^ de Racine. Les vieux habitués de la Comédie- Française ne peuvent réprimer un sourire à l'audition des deux vers suivants, auxquels on donne une interprétation équivoque:
ft Avez-vous, dans les airs, entendu quelque bruit? « Les vents nous auraient-Us exaucés cette nuit? »
(iicle I, se. l)
Vénus. Frétresse de Vénuê, — Une prétresse qui rend ses oracles sous un ciel... de lit.
VBaoïCT. Nouê attendcms avec confUmee k [verdict du jury.
(PiropM d^atseat.}
Dans ces moments-lài Tavocat ert eertainement plus à son aise que l'accusé.
yi::niTÉ. Pour rendre hommage à Ul vérité.
u Vous jures de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité? —Je la Jure. »
U n'y a que la vérité gui fàehe. — Le mensonge fâche bien davantage. Traitez un honnête homme de voleur, vous verrez s'il rira.
Prendre la vérité pour guide.
« Ici-bas, le seul honneur solide
« G*eat de prendre la vérité pour guide. »
La vérité tùute nue.
« J*ose. j*ose espérer qu*uD jour la vérité m Paraîtra toute nue à la postérité. »
(Gomeflte. Clitandre, acte IT, w. tu.)
La vMté sort de la bmtche de Vinnocence.
« On a bien nûaoa de dire que la tenté sort de la bouche des enfants 1 »
(Dettondief . La Famnê Agnèê^ Mte III, ic in.)
Vermeil. Uauhe vermeille. Les lèvres vermeilles,
« Et ces belles lèvres vermeilles ? »
(F. yfOm.)
« Sentant son sein pressé par la bouche vermeilld « De Tenfont qui 8*eveille. »
(C. DelaTigne. Datuté, cattato.)
« De sa divine main elle me cueillerait, « Et, me cueillant, elle me baiserait « De sa bouche vermeille. »
(Segrais. Bghguet,)
Liqueur vermeiUe. •* Chez les poèids^ '/est une rime fatale à treille et à bouteille.
Vernis. Le vernis du monde. Le vernis de la civilisation, — N'est plus qu'un cirage bien terne, à présent.
Versificateur. C'est un versificateur, ce n'est pas un poète. — Un versificateur est à un poète ce qu'un gâte-sauce est à un cordon-bleu. L'un s'adresse à l'esprit, l'autre à l'estomac, et tous deux au goût.
Version. Notre version est la seule exacte, la seule conforme à la vérité.
(Prétention des feuilles publiques.)
Vertu. — La vertu n'est souvent qu'une question de position ou de tempérament.
« Voilà ce que je crois, « £t comment la vertu ne perd jamais ses droits. »
(Fabre d'figUntine. Le Philinte de Afotiêre, acte III, se. viu.)
Arôme de la vertu, parfum de la vertu. — Il ne porte pas souvent à la tête.
« Je voudrais enfin vous retracer la vie si pure, si pleine de bonnes œuvres et de belles actions de M.Billecoq, mort après avoir fourni une noble carrière, laissant parmi nous un parfum de vertu. »
(Dupin aine. Ccnfértmè 4ê la MU. dê$ tmoeau, 1«' dé-' eembre i8S9.)
su DICTIONNAIRB
« Non, non; de nos aïeux on a beau ftùre cas^ « La nai8«ânoe n'est rien où la vertu n'est pas. »
(T. Ooraeilla. LêFmtin de Pierre, acte rv, ao. v.)
La ^)eriu trouve tùinjoun sa récompense. — Monnaie courante de la phrase d'Euripide :
« Les bons trouvent à la Un le prix de leur vertu, et les méehants le juste chAtiraent dû à leurs crimes. »
{Lêt BacelUmtny acte I, ac it.)
C'était également l'opinion de saint Augustin, de civi- MeDei:
« Dieu rfiecmpensa en cette vie les vertus purement humaines. »
C'est aussi Tavis des dramaturges modernes qui ne manquent jamais, à la fin de la pièce, de faire triom-
Ï^her la vertu et de punir le vice dans la personne.de 'affreux traître.
« Qa veut dire que la vertu est toujours récompensée. »
(À. d'Bnnert al 0. Lemoine. La Gréée de JH»u^ acte V, M. n. i84l.)
Sentier de la vertu.
« Mais lorsque le coupable a eu, dès ses premiers ans« pour le guider dans le sentier de la vertu, les exemples et les préceptes de ses proches. . . »
(Causes criminelles célèb. du iii* siècle, IStS. Procès Castaing.)
• ...)•« Rien ne peut compromettre,
« Rien ne peut alarmer un cœur honnête et pur
« Qui suit de la vertu le sentier toujours sûr. »
(Desforges. Tbm /ohm, acte II, se. ▼.)
« Faut d'ia vertu, pas trop n*en faut. »
(MoBTcd. L'Erreur dtun moment, op. con., 4773.)
Vbrtdeux.
« Ici repose M»* Z... Elle fût bonne mère, épouse fidèle et vertueuse, regrettée de sa fleimilie et de ses amis, »
(Modèle d*épitaphe pour femme modèle.)
« Quand on fut toujours vertueux, n On aime à voir lever Taurore. »
A prétendu Dejaure en un distique de son opéracomique de Montano et Stéphanie, distique resté fameux, et que manquent rarement de citer les joueurs qui rentrent au point du jour.
VsavK. Verve endiablée. -«- Une verve à laquelle rien ne résiste.
Jamais U ne ftti phu en verve. Jammîs m verve n'emi
e d'éclat, — La verve art à la blagae ce qui'mn dessin loristiqae est à une charge.
Yessib. Itendre des vessies pomr des kademes, — Cest le lot de la moHIé da genre Imiiiaiii. De temps en tempe^ on Yoît des réjonîssanees pnbliqnes avec aecompagnement d'illnminations, qaî n'ont d'antre bot qne de faire prendre des vessies pour des lanternes.
YsuYi. Sa veuve incomsokLhk hà a fait iriser ce monument.
(Modèle d'^piliphe, geare Tuulcn.)
Snr le maibre, les venres sont toujours inconsolables. Dans la vie, ce n'est pas tout à fait la même chose.
ViABUL L'taBpertise a démtmtri que V enfant était né vûi5fe«
(Propos de eonr d'aniaco.)
YiBUR. Saooir faire vibrer la carde sensible, — La corde senfdble par excellence c'est la vanité ; U n'est pas difficile de la faire vibrer.
Vicissitude. Avoir cçnnu les vicissitudes de la fortune. — On a beau avoir connu les vicissitudes de la fortune, rien ne s*oublie vite comme le malheur. On ne peut jamais croire qu'on a manqué de tout quand on ne manque plus de rien, et, quand on ne manque plus de rien, on ne s'imagine jamais qu'un jour on pourra manquer de quelque chose.
VicTiMK. Noble et pure victime. Victime de ses passions. Victime des fureurs populaires. — Dans la vie, on est toujours victime de quelqu'un ou de quelque chose.
Victoire. Enfant chéri de la victoire. Longtemps la victoire lui fut fidèle. Grisé par la victoire. Chanter victoire. Que la victoire marche sous nos drapeaux! La modération, après la victoire, est la plus belle vertu d'un chef d'armée.
Voler à la victoire.
« Le voyez-vous comme il (le prince de Gondé) vole ou à la victoire ou à la moit I »
(Bossuet. Oraison funèbre du prince de Condé. 1087.)
Un jour, Victor Hugo écrivit ceci au poète Charles Bataille qui lui avait envoyé un volume de poésie : « Votre nom devrait être Victoire. » Bataille répondit ; « Victoire^ c'est le nom de ma cuisinière. v>
SM BICTIONNÂÏRE
VicTOAiLLR, Se bourrer de victuaille. — Quelle belle occasion pour un philosophe de placer à la suite un : « tandis qu'il y a tant de gens qui peuvent, à peine, mangei du pain sec! »
YiDANOiUR. Tout n'eii pas rose dans le métier de vidangeur
ViDB. Le %nde attire. Le vide de mon cœur. Sa mort laissa* un grand vide dans le monde scientifique, — Il ti'y a rien comme certaines femmes pour faire le vide dans les porte-monnaie, après quoi rien n*eiTraye plus ces femmes que le vide.
Vie. La vie n'a qu*un temps. Je donnerais ma vie pour elle, La vie future, La vie est semée d'écueils. Mener une vie d(' sotnt. Faire le sacrifice de sa vie. Un chien en vie- vaut mieux qu*un évéque mort, — Qu'est-ce que la vie? Un courant électrique cnii fonctionne tout le temps qu il est imprégné de fluide.
« Je ne lui al pas pardonné, entends-tu bien? J*aurai sa vie ou il aura la mienne. »
(Roland Bavehery et Looli Gordies. BêOMmarthaiii acte II, se. n.)
La vie ne vaut pas la peine qu'on la dispute.
« Demeurons immobile, spectateur indifférent d'une existence à demi-passée; qu'on s'en empare, qu'on la déchire, on n'en prolongera pas la durée I Vaut-il la peine de la disputer?»
(Benjamin GoBitant. Adolphe, eh. ti.)
La vie est une lutte, — On trouve dans le Livre de Job, ch. VII :
« La vie de l'homme sur terre rçssemble à un combat. »
A quoi ii*a-t-on pas comparé la vie ?
« La vie est un néant... le monde est un désert. »
(L. Araault. Pùrrt de Porto, acte V, se. u.)
« Notre vie est une lutte continuelle pour atteindre au bonheur. »
(Kuripide. Les SvgppUantet.)
« La vie est un voyage. »
(Ménandre. Frag. des Fétu de Videam.)
« La vie est courte. »
(Amphis. Fragment de L'Empire dot fenuMi*)
« La vie coule comme un torrent. »
(Sénèqae. Hertuh ferievm, aele II, se. i.)
« La Tîe bYsi «lu'ttwftfoe d le SMMMle une «umTtis»
santeiîe. »
(SraÉHft 4e» .fV^Mif SAi— 4e Swift pHr Ou >iif«w.
^B^M^P Vr^^v^ Vp^^^V ^Bb^^B ^P^^BV'^M^^BK^^^L V
« Et si la vie est un passai»
« Sur ce passif • Au moais semoDS des fleurs. »
ViEiLi.\AD. VillMSirt vioUard (M. Thîers^.
Le sùd$in vieiOard (le même M. Thiers).
.^ip-AB6KNT. Cei tnfojHt a du vif-argmi dans ks veine$. — > C'est souvent la faute du père.
Vilain.
« Le temps des Tilains ii*est plus. Grâoe à noti^ immorioHe Révolution, un homme en vaut un autre, monsieur le comte ! »
[St^k lie thi^trt.)
Vin. Le vin esi le lait des vieillards. <— Un bruit que les vieux ivrognes font courir.
A bon vin pas d'enseigne, — Vieux proverbe à la faveur duquel les cabaretiers ont souvent servi de la piquette. L'habitude de signaler l'entrée des cabarets, soit par une branche de sapin, soit par une pomme do
gin, date de très loin. L'enseigne des cabarets ohox los omains était une branche de lierre. C'est Publiu!) S3rrus qui, le premier, a dit dans ses Sentenoe$ :
« Au vin qui peut se vendro, la branche de lierre 6Ht Inutile. »
De 1& notre dicton : A ban vin pas d'enseigne.
Violence. La violence ne prouve rien. Savoir maitriêer la violence de son caractère. La violence des passions. Savoir faire violence à ses passions,
Violette. HuMle comme la violette, 8e eaeKer eomme la violette,
a Elle a pris place au bano des danseuses, elle y a ohoUI Teodroit le moms en évidence, et là, se cachant parmi N<m oompagnes, comme la violette sous Therbe. . • »
(V*d*Arlificoort. U$ Tfoii CHàtêaua, oh. fil.)
Les violettes de la mort.
(Style d^f poèt«f du primltr Bnplrt.)
3t8 DICTIONNATRE
« Et Pançc du départ sur ses lèvres muettes « Répandait de la mort tes pâles violettes. »
(Campenon. Foétiei.)
YioLONCBLLB, S^amusev comme un rai dans un viokmeeUe.
« Le violoncelle est un instrument qui porte à l'âme.— Vous avez raison, c'est celui qui se rapproche le plus de la voix humaine. »
Le roi du HohnceUe.
Vipère. Elle a une langue de ^ére. Je fécra$erai comme une vipère,
VisAGK. Faire bon visage.
« Eh quoi! vous changei de visage! — Ge n*est rien, la chaleur. —Mais elle se trouve mal; holàl <|iielqu*un! »
VisiBLB. Madame est-elle visible? C'est visible à l'csil nu.
Vision, Vision céleste. Être le jouet d'une vision. — Les politiciens de bonne foi sont souvent le jouet de visions qu'ils veulent faire partager à toute une nation.
ViVK. Vive l'Empereur ! (4808). Vive le JRoC / (4844). Vive la Charte l (4815). Flue 2eBd/(4830). yî«e ta Bépublique! (4848). Vive l'Bnmereur! (485S). Vive la Bépublique! (4874).
Il faut que tout le monde vive. — C'est surtout la pensée des scélérats oue le iury vient de condamner k mort pour crime d'nomiciae. Pensée tardive.
Vivre.
« Nous n*avons qu'un temps à vivre, « Amis, passons-le gaiement. »
(Rofrain de la cbuuoB Jo min m u du têmfi jiurfiif, de Idiee de RonneTal.)
V(BU. iVotis faisons des vosux pour son bonheur.
« Je formais des vœux sincères pour le bonheur du peuple, de ma patrie et de mon souverain. »
(If "• de Gealii. Itt ChêvtUUrt du Cygm^ çh. sv.)
Combler ksvcsux.
€ Cet heureux Jour eomble | J^ \ vœui;
« Plus de soudSy plus de tristesse, « UvroDMOoa tous & Tallégresse, « ^ célébrons d'aussi doux nœuds. »
(ItieuM, Une Heure de tuurie^e, m. am. iS04.)
¥(Si Cest
V il cTot aussi sa ate tki
VoGOO. Yégimt fa fafare. — iTesl ue varùnle dm : « sort en est J€l)é, QÈB^j&t^ oâ ■.
« Et la crame cogBnM, pooss^^tii liartlbiH^nt oohrp, h vogoe la galâe, pu que la panae est pleine. »
*aAiàm. r i rfftM .)
VoïK. StoBfe fa ftdMK Mie. les mîis de IKn tmi mpémétrablei.
« O moa Dfaa! 6 nooDiaB! fM lOt lofat sont profoiiiles et infinieel»
Le$ vùk$ légaks. r c mnàm re par totOet les wries fè^Ues. —* Phrase qae lait entendre le eréancier qui se t^ehe.
VoiiA. Garçon!... et mom bifteck J — Voilà! monsieur^ voOà!
(Gb qB*OB entend daM kt etifés.)
YoiLB. Le voUe de fcnowffme. BétUdrer U voile de l'anonyme. Les wdleê de la nuit Le voUe de la religion. Soulever un coin du voile qui nouê oaehe |fa nature. Voile de tris^ teste.
a L'étranger le contemple avec attendrissement, l'interroge et, satisrait de ses réponses, laisse échapper un éclair Je joie à travers le voile de tristesse qui couvre son front, u
(De Pongerville. Diieowr» de réception à l' Académie A'OfiMiM, S9 juin 1850.)
Déchirer le \>oile qui cache la vérité.
tt Lorsque vous venez de déchirer le voile qui me oaohiit la vérité. »
(PtMiJol et Maréchallc. À Mm^Us aoU 11, M« il.)
Jeter un voUe sur le passé.
tt Sur le passé jetez un voile épais. »
(Bérangcr. la SattUê^ÀlHânee.)
Voir. Voyons voir^ que je voie un peu I
« Que ressentei-vous, madame? — Des langueurs, des malaises ; il faut vous dire que depuis deux mois je ne vois plus. »
Il est si bête, qu'on lui ferait voir la lune en plein midi. — Gela dépend de quelle lune on entend parler* ^
Voix. Obéir ù la voix de Vhonneur. Nous avons rarement entendu une voix d'un timbre plus pur et plus sympathique. La voix du sang. C'est la voix du sang qui parle.
« La voix du sang ne parle à Tenfant que jusqu'à Tâge de huit à dix ans. »
(Ducray-Duminil. Petit'/acgueê et Georgeite.)
« Fort bien, vous niez la voix du sang, jeune homme. »
{Idem, idem.)
La voix de l'innocence.
« La voix de Tinnocence serait souvent étouffée, s'il n'existait pas des moyens de comprimer une malveillance malheureusement trop facile. »
{Proeét de Contrafatto, 48 fr. Défeme de M* Sannièn.)
La voix de la nature.
« Et je démens pour vous la voix de la nature. •
(CornetUe. Don Sanehe d'Aragon, acte Y, se. t.)
« Le désir de briller, Tamour de la parure,
«I Font taire dans un cœur la voix de la nature. »
(Etienne. Le» Deux Gendres, acte I, se. i.>
La voix du peuple, c'est la voix de Dieu, — Une vieille, très vieille pensée qui, de nos jours, sert de devise aux
B artisans du suffrage universel, qui croient encore à )ieu.
« C'est une pensée qu'Hésiode eut, ditK>n, le premier,
Îiu'Aristide développa en défendant Périclès, et quTlristote ormulaen sentence. »
(Qaittard.)
Elle a été consignée dans le Trésor des Sentences de Gab. Meurier, xvi* siècle.
Voix lamentable. — Voix qu'on entend dans les romans genre Anne Radcliffe.
« Nous entendîmes une voix lamentable qui semblait sortir du Ibnd de la grotte. »
Vol. Le commerce est un vol organisé,
(Napoléon !•'.)
« Monsieur le commissaira, je viens me plaindre d*un vol. »
(Ce qu'on entend dans les burcAui des cominisMirei.)
Volant. Les bons mots se crmaietU, renvoyés comme ks volants par les raquettes.
Voleur. Les yauiares ne craignent pas les voleurs, « Cantabit vaeuus coram laJtrone viator. »
(ioténal. StU, X)
a Le ^yageur sans le sou se moque du voleur. »
Volcan. Danser sur un volcan.
« Ce ii*était plus comme en 18S9, lorsque Paris dansait sur un volcan. »
(J. Àbbot La Prmeeue Mathilde. Londres, iSM.)
« Nous habitons sur des volcans, nous marchons sur des abîmes. »
(BeiûaniB ComitnC D9 la AêUgion dans tm êowrees, «m formet et Mt déveUif'pemêats.)
Les épiciers disent tout simplement : « Où allonsnous? » en levmt les mains au ciel.
Mon coBur, comme un volcan, lance des laves éPamùur.
(Style romantique.)
Volés. Mes UluHons partirent comme une volée d'oiseaux.
(gtyle de roman.)
Volonté; Les demUres volontés,
« Et moi, Sire, afin de remplir la dernii^re volonté de mon père. . . je dois remettre entre les mains de Votre Majesté un coffret Œivoire. »
(Ad. dVanvy et Ferd. Dague. Marié de ifoneini, aete IV, se. Ilil.)
VoLTiGKR. Voltiger au caprice du vent,
u Frêles comme la feuille cirante dans nos champs, « Ils voltigent comme die au caprice des vents. »
{i^L, Laya. Bftire à un Jeune euUivatêur,)
VouTi. La voûte amrée.
(Styk acadéiafaiae.)
LavcûteoMurêe respiendiisait d^étoiles. La voûte céleste,
« J*eaoalade un mur. j'arrive dans un bosquet, je la trouve, et là, 'sous la voOte céleste, au milieu de la nuit, nous nous jurona un étemel amour. »
(Ttienne. Una M êêts de ■w r lti^ e, k. t. 1804.)
La ooMf MMf. — > Toigoon le ciel, dans le langaga éetpoètes.
332 MCnOBIKAnUI AES UMMSL CmMUSS
« Le uni pnft f■e^Mio■i a*tee pas miseailiUe. »
C'est une hnitatiOQ de cette pensée ^Ag&Shxm i^* Oltmpuos) :
• Il est mi tfDil a d i il dss cboscs ^ ne som pas misemblables. »
PTonblioiis pas la ▼ariant» coaoîqae àm ven de Bai* leaa :
« Le vrai peat quelquafiàs a'fllra
Teitx. Ses yeux Imeoif des édân.
« LesédaiiB qâ sortaiaildesyeasdtttieiUard. »
(ChaterahriuMl. Atels.)
les yeux aoRl ie mirmr de Tdav. ~ Quelque amoareuse qu'elle soit, je ne connais ^as de femme à qui les yeux de son bien-aimé tiendraient lieu d'armoire à glace.
C*e$t ia beauii la pku C loi a ii u i s que de beaux feux. Oui , si par « beaux yen » on entend de grands yeux bétes et iendus en amande, des yeux comme les entre-
Sreaeors de romans en procurent à leurs h6rome<«. — on, si « beaux yeux » Teulent dira « yeux