‹ Dictionnare des Ieux CommunsChapitre 13 sur 14 · RÉTROGRADE · texte numérisé non relu

RÉTROGRADE

« Loin de nous ces esprits rétrogrades, qui prétendent nous ramener aux siècles de l'ignorance et de la superstition. »

(Orateur dans les réunions publiques.)

Demandez-lui ce qu'il entend par les « siècles d'ignorance et de superstition », vous aurez beaucoup de chances de lui voir quitter la tribune avant qu'il ait pu s'expliquer. Mais, s'il s'explique, il prophétisera le retour de fa dlme, des droits seigneuriaux, du battage des étangs, des corvées, à moins qu'on ne l'envoie, lui, à la Chambre ou, tout au moins, le candidat qu'il patronne. Et, en plein xix" siècle, il trouvera des auditeurs assez naïfs, assez bêtes pour croire à ces inepties et y applaudir.

RÉUNION: Une réunion nombreuse et choisie. — Ce qui ne veut pas dire grand'chose aujourd'hui, car, en faisant le dénombrement de cette réunion nombreuse et choisie, l'on comptera vingt banqueroutiers en gerbes, quarante banqueroutiers en herbe, trois cents bourgeois enrichis par l'usure ou l'escroquerie, autant de nobles qui ont battu monnaie avec leurs blasons, deux ou trois cents femmes adultères, cent ou deux cents demoiselles de nom seulement, et une dizaine d'honnêtes gens à qui l'occasion seule a manqué pour faire faillite à l'honneur et qui regardent d'un œil d'envie les gredins triomphants.

Rêve.

« Ton nom I pour que je le redise dans mes rêves. »

(Fr. GaiUardet et A. Dumas. La Tour de Nesle.)

Rêves dorés. — Son image adorée me 'poursuivait dans mes rêves. Les rêves de grandeur.

tt Pauvre jeune homme I je l'ai revu bien souvent dans mes rêves. »

(Ch. Lafont. La Famille Moronval, acte III, se. v.)

« Oh! j'ai le droit de parler ainsi, moi, que la Providence a placé auprès d'elle depuis son enfance; moi, premier confident de ses rêves de bonheur. »

(Mallian, P. Tournemine et Bernard. Le Curé Mérino, acte I,

se. VII.)

«8i DICTIO^NAIRE

Être le jouet d'un rêve,

« On se croit le jouet d'un rêve (( Ou d'une hallucination. »

(A. Pommier. Ports.)

4t ÉVEIL. Le réveil, du lion. Le réveil d'un peuple longtemps opprimé. Le réveil de la Pologne, Peuple, réveille-toi! Le réveil des mauvaises passions,

« Le peuple est réveillé. Le peuple est souverain. »

(André Chénier. Le Jeu de paume.)

Réveil des nations,

« Le drapeau de l'indépendance italienne salue ces trois couleurs immortelles qui ont toujours brillé comme une aurore divine sur le réveil des nations. »

|E. Wœstyn, H. Crémicux et £. Bourgct. La Voie sacrée ou les Etapes de la gloire, acte 1. 1850.)

J'ai connu un philosophe qui, tous les soirs en se couchant, adressait à Dieu cette prière : « Mon Dieu, faites que je ne me réveille plus. »

Révélation.

« Le coupable a demandé à faire des révélations. »

En général, la conduite des hommes manque tellement de limpidité qu'il y en a bien peu qui ne soient, sans cesse, sous la crainte que leur inspire quelque révélation.

Revendication. La revendication des droits du peuple. — Finit par des barricades et des coups de iusil.

RÊVER. Rêver à la mort de Louis XVL

Rêverie. Perdu dans ses rêveries»

« Il la trouva seule, plongée dans une douce rêverie. »

{Style de roman,)

Révolution. Notre immortelle Ré^wlution*

« De l'autre (côté), l'esprit de notre immortelle Révolution, le respect de la conscience humaine, le gouvernement du pays par le pays, la paix. »

{La Iî)rance du 2i décembre 1878.)

Ridicule. Le ridicule tue en France. — Combien de gens qu'il devrait avoir tués et qui se portent à merveille !

Rieur. Ne pas avoir les rieurs de son cô^é. — Qu'importe t si l'on a la raison pour soi.

Rigidité.

« La rigidité cadavérique du sujet nous a permis d'aflirmer que ta mort remontait à plusieurs heures. »

{Style de dMsteur.)

Rigueur.

(c Un attentat aussi exécrable appelle sur la tète du coupable toute la rigueur de la loi. »

(Style de procureur de la République.)

RiRË. Le rire désarme. Le rire sardonique. Le rire de Voltaire. Il faut bien rire un peu. Les Français aiment à rire. Le rire est contagieux. Le rire est le propre de l'homme.

« Mieux est de ris que de larmes escrire,

tt Pour ce que rire est le propre de l'homme. »

(Rabelais. Gargantua. Aux Lecteurs.)

Ris. Les ris et les jeux.

« Les ris et les jeux reviennent égayer la scène. Momus et kl Folie agitent encore leurs grelots. »

* (Journal des Débats 7 ventôse an VIII.)

« Parmi les plis de ce magique ouvrage « Erre toujours un essaim de plaisirs, « Les doux attraits et les ardents désirs, « Les ris, les jeux, le charmant badinage. »

(B. Imbert. Le Jugement de Paris, chant I.)

« L'agence des ris et des jeux. »

(Pailleron. L'Af/e ingrat.)

« Les jeux, les ris et la danse « Sont partout en abondance. »

(Racan. Odes.)

« Ame de Tunivers, amour, source féconde « Des plaisirs, des ris et des jeux. »

(Destouches. Prologue de la Fausse Agnes.)

Roi. I^ roi de la création. Le roi martyr (Louis XVI).

a Des mains révolutionnaires, encore fumantes du sang du roi martyr. »

(Chronique indiscrète du xix« siècle.)

« Plusieurs de ses parents les plus chers avaient été proscrits après la mort du roi martyr. »

(V* d'Arlincourt. Les Trois Châteaux, ch. xiv.)

Le roi des animaux. Le roi des airs.

« Pourquoi vis-je sans îerreur le rapide roi des airs, l'aigle, frappé de la foudre, tomber à mes pieds? »

(Ballanche. Antigone.)

« Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous

[sommes]. »

(Goraeille. Le Cid, acte I, se. i.)

28'i ^ DICTIONNAIRE

£tle :

«Qui sert bien son roi ne fait que son devoir, »

{Idem, acte II, se. i.)

Qui semble être la devise des royalistes.

Henri IV a inspiré le vers suivant, un de ces vers qu'on doit ranger dans la calégorie des vers solitaires, suivant l'expression de Rivarol, relevée par M. E. Fournier {VEsprit des autres) :

« Seul roi de qui le pauvre ait gardé la mémoire. »

(Gudin (le la Brenelleric. Œuvres complètes. 1 80<J.)

Barthélémy, dans sa Némésis, a tiré de ce vers une épreuve photographicjue avec retouche en disant, touiours du même Henri :

« Le seul roi dont le peuple ait gardé la mémoire. ^

En citant ce vers, un autre Henri, Henri Rochefort, ne manquait jamais d'ajouter :

a Ce qui est bien flatteur pour les autres. »

Romain. *

ft Qui nous délivrera des Grecs et des Romains? »

(dément. Epitres, xviii« uiècle.)

Berchoux commence par ce vers son épître sur les Grecs et les Romains :• « Qui me délivrera, etc.. »

Rond. L'argent est rond, il doit rouler. La terre est ronde. Amis, buvons à la ronde!

Rose. Rosée. Un teint de lis et de rose.

• « Nuages favorables, ne soiiflVez pas que le soleil brûle ei dévore les roses de son teint. »

(Dorât. Imitations de poètes Zafiiu. Le Mantouan.)

« De cutis l'oseo rubore. »

(Apulée. Métamorphosest 1. II.)

Roses et incarnat du teint.

« Quiim tu Lydia, Telephi

« Cervicem roseam, cerejj Telephi

« Laudas bracliia, vagJ »

Malédiction! Lydie, loi*sque tu vantes le cou de rose et les bras d'albâtre de Téièphe.

(Horace. Ode XIIL)

« Ce ne sont rien que iys^ et roses que son teint, m

(Corneille. La Veuve, acte 1, se. v.)

Il n'y a pas de rose sans épines. Les roses s'épanouissaient sur son visage.

« La beauté voit {)érir ses traits, « Les roses du teint se flétrissent. »

(Bcrnis. L'Automne.)

« Sur les lis de son sein moNement je repose, (( Je baise mille fois ses deux lèvres de rose. »

(Collètet.)

Roses de la pudeur.

« Ses yeux (de Virginie) étaient fermés, mais la sérénité était encpre sur son front ; seulement les pâles violettes de la mort se confondaient sur ses joues avec les roses de la pudeur. »

(Bernardin de Saint-Pierre. Paul et Virginie.)

La rose est la reine des fleurs.

« Qui est-ce qui peut reconnaître dans une rose sèche la reine des fleurs? Pour qu'elle soit à la fois un objet d'amour et de philosophie, il faut la voir lorsque, sortant des fentes tJ'un rocher humide, elle brille sur sa propre verdure, que le zéohyr la balance sur sa tige hérissée d épines, que Taurore Ta couverte de pleurs, et qu'elle appelle par son éclat et par ses parfums la main des amants. » •

(Bernardin de Saint-Pierre. Études de la nature.)

« Caroline, plus juste à son heure suprême, « A la reine des fleurs rendit son diadème... »

(Lucc de Lancival. Poésies diverses.)

Aller où va la feuille de rose. — C'est une réminiscence de r&dorable fable d'Antoine Arnault dont voici la fin :

« Je vais où va toute chose, u Où va la feuille de rose « Et la feuille de lauriûr. »

Les parodistes n'ont pas manqué de trouver une variante pour le dernier vers. Ils ont dit :

« Ft la Teuille de papier. »

Rossignol. Les chants karmonieux du rossignol faisaient résonner le bocage. — Ce qui facilite au premier élégiaque venu l'occasion de raisonner pendant deux ou trois pages. rossignol, ils ont presque autant abu.sé de toi que de l'hirondelle, ces pleurnicneurs littéraires!

Cfuinler comme un rossignol. 11 y a toujours des criliq'ies dramatiques qui croient ne rien pouvoir adresser de plus élogieux à une cantatrice.

<t Déjà le rossignol faisait entoinlio son doux ramage. » a L'air doux et embaumé était iinprégiié de volupté; le

calme qui régnait autour de nous n'était interrompu que par le chant plaintif du rossignol. »

(M-« Coltin. Claire dTAlbe.)

c Le rossig^ol^ premier chantre de la création, entonne des hymnes à l'Eternel . »

(Chateaubriand. Le Génie du Christianisme.)

« Le rossignol chantait dans un cyprès. »

(Chateaubriand. Le Dernier des Abencerages.)

« Les chants des rossignols, les déserts enchanteurs, « Le murmure des eaux et Témail des prairies. »

(Deshoulières. Stances.)

Roue. La roue de la fortune, — Elle en écrase plus d'un sur son passage.

Rouge. Le rouge de la honte lui monte au visage.

« On a vu quelques meneurs promener le drapeau roupre, en vocitérant la Marseillaise. » ,

{^Style de journal réactionnaire.)

Roulement.

« Le roulement du tonnerre ajoutait encore à la sombre horreur de cette scène. »

[Style de roman.)

Ruine. Ruiner. La ruine de ses illusions.

« Les femmes vous ruineront, mon fils. »

Il s'est ruiné pour les femmes. — Celui qu'une femme ruine est un imbécile, celui qui ruine une lemme est un misérable.

Ruisseau. Le doux murmure du ruisseau à travers la prairie.

« Un petit ruisseau couUit son onde transparente, qui serpentait à travers la prairie tout émaillée de fleurs. »

« Nous nous arrêtâmes au bord d'un limpide ruisseau dont le murmure se mêlait aux chants de la fauvette. »

{Genre classique.)

Limpide ruisseau.

« Sa vie modeste et simple avait coulé comme un limpide ruisseau. »

(yte d*Arlincourt. Les Trois Châteaux, ch.z.)

« Charmant vallon, le plus doux des déserts, •« Où souvent seul j'ai cherché la nature, « J'entends déjà ton ruisseau qui murmure. »

(Ducis. OthellOf acte T, se. ii.)

• Le ruisseau c De son morAïun?

Embellît un jvViî. berceau. »

Sable. — Quand les poètes veulent exprimer un nombi*e intini, il ne manquent pas de le comparer aux sables de la mer.

■ Plus nombreux mille fois que les sables des mors. »

(Baour-Lonuian, Veilléet poétiques^)

Sacerdoce. L'exercice de la magistrcUure doit être un saeer-

doce.

« De nos jours, le journalisme, qui devrait ètra un sacerdoce, n'est plus qu'un commerce, et souvent un oommoive honteux. •» •

(Style des La Rochefoucauld moiicrnos.; «

« Je sais que, pour moi, le journalisme a toujours M un saint ministère, la presse un sacerdoce. •

(Jules David. Lucim Spalma, liv. III, ch. ii. 1935.)

Sacré. Fouler aux pieds tout ce qu'il y a de plus sacré au monde.

« Rien n'est sacré pour vous, et la reconnaissance « N'a jamais enchaîné l'affreuse médisance. •

(Et. Gosse. Le Médisant, acte I, se. ht.)

« Les lois ont voulu frapper ces autours lufAuit^s (|ui se jouent de ce qu'il y a de plus sacié, et dont les pages révoltantes font frémir à la fois la pudeur et la nature. »

{Procès de P,'L. Courier, défense de M* Bervillo.)

Sacrement.

« Mort dans la... de son âge, muni des sarrnmonts do TKglise. Il a reçu les derniers sacrements avec une piété nt utio onction qui ont édifié tous les assistants. »

Sacrilège. Porter sur V autel une inain sacrilège,

« Quoi! c'est toi, malheureux I dont la main sacrilège « Dépouilla de trésors nos moutiers révérés ! •

(Ch. Nodier. Poésies diverses,) H Du roi le plus pieux, d'un des plus saints morteU, m Vos sacrilèges mains renversent les autels. •

(Treneuil. Les Tombêauw de Sainl'Denis,)

Sage. Le sage smt se contenter de peu. — La sagesse no scrait donc qu'une question &*appétît?

Le sage est maître de ses passions.

« La mort n'efifraye pas le sage ; i] l'attend avec calme, et sa confiance dans une vie meilleure lui pennet d'envisager sans crainte le moment où son âme, quittant son enveloppa mortelle, ira se réfugier dans le sein du Tout-Puissant. »

« La mort ne surprit point ce sage, il Tattendatt. »

(Emil? Perrin. Eloge de M. de Cailleux, lu à la séance publique annuelle de l'Instituty octobre 1878.)

C'était aussi l'avis de La Fontaine :

« La mort ne surprend point le sage, « Il est toujours prêt à partir. »

La Mort et U Mowraat.)

Sain. Un esprit sain dans un corps sain; et plus souvent en latin : Mens sana in corpore sano.

(Juvénal. Sat. X*.)

C'est aujourd'hui la devise de maint professeur .de gymnastique.

Saint. Il ferait damner un saint. •

Sainte.

u Les saintes ûUes (les sœurs de charité), dont le dévoue* ment inaltérable est à la hauteur de tous les sacrifices. »

, (Tout le monde.)

Saisir. Prompt à saisir les côtés faibles d'une œuvre. Saisi d'épouvante et d horreur. Saisi de respect à la vue du vénérable vieillard.

« Gardes, qu'on le saisisse \ »

(Tiré du répertoire classique.)

Saisie.

« Vous ne pouvez pas payer? Eh bien! assignation, commandement, sommation, saisie et vente ; je ne connais que

ça. »

{Ultima verba de l* huissier.)

Salade.

« Fatiguez bien la salade pour qu'elle soit bonne. — Elle doit être bonne, car je suis fatigué moi-même. »

Un peu de salade dégraisse les dents. Uinsalata ben salata, moUo oillata etpoco aceto, disent les Italiens.

Salaire. Tôt ou tard le crime reçoit son salaire.

« Tant que le salaire de l'ouvrier ne sera pas sufûsamnjent rémunérateur, les révolutions seront & craindre. »

DES UEOX COMXnVS

« Le salaire de remployé est csctmparatiTement mointlrr que celui de l'ouvrier, car l'emploTé t>>t tenu à oertainofî dépenses, à certains frais de toilette, dont se passe ùidlement Touvrier. ■

Tout trawdl mérite salaire,

Salabié.

« Je ne suis pas un salarié de la police, moi I »

Salamalec. Avez-f^ous bientôt fini w>s salamalecs ? « Défions-nous de ses salamalecs. »

(Mannontel. Poi^mnie, diul IT.)

Saur. On n*est saU que par la boue.

Salivation.

a Docteur, le mercure m*éprouve. — Un peu de salivation « ce n'est rien ; nous allons couper ça avec un peu de chlorate de potasse. »

(Don Juan en tnitonent)

Salle. Salle bondée de monde. La salle était des plus brillantes.

{Style de rtporter.)

Salon.

« Le salon de la marquise de G... est un des raivs salons où Ton sache encore causer, et où les hommes les plus j^ininents de tous les partis puissent se rencontrer comme sur un teiTain neutre. »

Ces dames au salon !

(Chez Yénus publique.)

Salpêtre, C'est un salpêtre que cet enfant !

Salsepareille.

« Oui, mon cher, huit jours entiers d'une félicité sans pareille. — Et maintenant ? — Maintenant, j'en suis à la salsepareille; ô amour! amour! »

Salubrité.

« C'est une mesure de salubrité publique. »

Cri de journaliste soi-disant indifrné demandant le balayage de la feuille d'un confrère, so^s prétexte de morale.

Salut. Hors de l'Églisepas de salut. Le salut de l'Etat Veadge, Au nom de votre salut étemel, je vous en conjure. Le salut de la patrie en dépend. Salut fraternel. Salut et fraternité.

Salutation.

« Veuillez agréer, monsieur, mes salutations les plus distinguées. »

S90 DICnONHAIRE

Salve. Éire sahté d'une salve d'applaudissemenis, — Un bruit particulièrement agréable aux oreilles de Tacteur auquel il s'adresse, et particulièrement désagréable aux camarades en scène et même aux camarades dans la

salle.

Sanctuâirs. Le sanctuaire des Uns. Le sanctuaire de Thémis.

« L antre de la chicane sert de vestibule au sanctuaire de Thémis. a

(Herdcr. Le TetbUtm éêPtrit, 1782.)

Sanctuaire des lettres.

« limiterai, dans le sanctuaire des lettres, Texemple que je reçois du sanctuaire des lois. »

{Réponte de H. Horellet au dtseoMn de réception de M, LaertteUe atté, 5 mors 1804.)

Sang. Le noble sang qui coule dans ses veines,

a Fière du sang espagnol qui coule dans mes veines. «

(ChateaiabriftQd. Atala.)

c Louise, il faut du sang à mon honneur... 11 me faut la vie de cet homme. »

(Fr. Soidié. La Ctoeeriê des Gcnett, acte IV.)

Laver l'outrage dans du sang.

« n me trouvera seul et prêt à laver dans son sang Toutrage fait à mon ami. »

CPoujol et MaréchàUe. A Mmuitl acte U, se x.)

Le sang de mes ancêtres,

« Et ton sang avait bien raison... C'était le sang de vos ancêtres, madame. »

(D^Ennery et Marc Fonrnier. Poi/iocM, acte I, se. xi. 1850.)

a Songe, au moins, songe au sang qui coule dans tes veines. »

(Voltaire. Zaïre.)

« Tigre altéré de sang... »

(Voltaire. Zofins, acte V, se. x.)

« Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes. »

(Corneille. Boraee, acte IV, se. t.)

« Si Ton doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, € À ce tigre altéré de tout le sang romain. »

(Idem. Cûuia, acte I, se. ui.)

Le sang de la victime crie vengeance. Sentir tout son

sang affluer à son cosur. Son sang bout dans ses veines.

Tout son sang ne suffira pas pour laver un pareil a/front.

Des ruisseaux de sang. Le baptême de sang. Baignant dans

' son sang.

Le sang de nos frères crie vengeance.

« Vois-tu ce sangl... il crie vengeance. »

(M»* de Genlis. Les Chevaliers du Cygne, ch. vu. 1795.)

« Le sang de nos braves demande réparation ou vengeance. »

(Ad. d'Ennery. La Prise de Pékin^ acte II, se. xi. 1861.)

Sang généreux.

tt Des femmes, qui toutes n^appartenaient pas à la dernière classe du ^uple, demandèrent la farandole sur la place encore teinte d'un sang généreux. »

(Jouy. L'Ermite en province, t. III.)

Sanglant. Subir un affront sanglant. Il resta sanglant et sans vie sur le champ de bataille. Faire une sanglante injure.

Sangler. Sanglé dans son corset. — 11 existe encore quelques vieux beaux qu'on rencontre sanglés dans leur corset.

Sanglot. Étouffer ses sanglots. Les sanglots Vempéchaient de parler. Le bruit des sanglots.

a Des sanglots étouffèrent la voix d'Ermance ; bientôt un tremblement convulsif s'empara d'elle. «

(Sophie Gay. Un Mariage sous F Empire.)

Sanguinaire. Ce monstre sanguinaire vomi par Venfer. — On donne souvent du monstre sanguinaire au hideux Fouquier-Tinville, qui faisait des calembours et débitait des facéties en envoyant à la mort les victimes de la Révolution.

SANTé. Et cette santé, comm/ent vort-eUe ?

{Propos d'abordage.)

« Je bois à la sanlé de notre honorable président, à celle de M. le maire, et au maintien de nos glorieuses institutions. »

s( Je bois à la santé du roi, à celle de son auguste épouse, à celle de ses enfants et au maintien de nos glorieuses institutions. »

(Toast sous LouiS'Philippe.)

il ne faut pas jouer avec la santé. La santé est le plus 'précietUB des biens.

a La santé, le plus grand des biens, tt File tous lus jours de ma vie. »

(Bernli. Epttre VL)

On n'apprécie la santé que lorsqu'on l'a perdue. « Jamais la santé de l'empereur n'a été meilleure. »

298 DTCTTOîmATRE

(Refrain chanté par les journaux chaque fois que Napoléon 111 était indisposé.)

« Jamais le roi, le souyerain, le président de la République, le saint-père {ad iibitum)^ n'avait été plus gai et en menleur état de santé. »

(Toujours la même rengaine chaque fois que le souverain d'un Etat préside à une cérémonie quelconque, ou assiste à une soirée quelconque.)

Saper. Saper le trône et Vautel. Saper les fondements sur lesquels repose la société. — 11 pai'ait qu'il y a des gens qui éprouvent le besoin de s'asseoir sur des décombres.

Sarment. Un feu clair de sarments pétillait dans l'âtre.

(Style de roman : arrivée des chasseurs dans une ferme.)

Saturnales. Les honteuses et sanguinaires saturnales de la Révolution, Les saturnales de 93, qui rappellent les plus mauvais jours de notre histoire, (Un des plus beaux clichés politiques connus.)

11 y a plus de deux cents ans, Mézeray faisait dire, dans son Histoire de France, au duc de Biron devant ses juges :

« Je vous ai rétablis, messieurs, sur les fleurs de lis, d'où les saturnales de la ligue vous avaient chassés. »

Saupoudrer. Saupoudrer un discours du sel de la plaisanterie. — Un sel que les Français prodiguent trop souvent sans discernement.

Sauter. Reculer pour mieux sauter. — Un exercice gymnastique auquel s'entendent fort bien certains hommes politiques.

Sauvegarde. Preyidre sous sa sauvegarde. Les lois sont la sauvegarde des sociétés.

Savant. Savoir. Savant modeste. Les vrais savants savent qu'ils ne savent rien. (Réédité nombre' de fois depuis saint Augustin.)

Une femme en sait toujours assez. — Vieux dicton recueilli par Molière.

« Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, « Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez. »

(Les Femmes savantes, acte II, se. vu.)

Montaigne (Essais, liv. I, ch. xiv) dit la môme chose.

Scandale. Scandaleux. Le public est fnand de scandale,

« C'est grâce au scandale qu'une certaine presse, bat monnaie. »

[Propos de moraliste.)

« Un fait scandaleux s'est produit... Nous l'aurions passé sous silence si quelques-uns de nos confrères n'en avaient déjà parlé. »

(Arrivé dernier nu poteau des renseignements.)

Mener une conduite scandaleuse.

Sceau. Le sceau de la mort,

<( Le sceau de la mort est déjà empreint dans tous ses traits. »

(M"»» Cottin, Claire cPAlbe.]

Le sceau du génie,

« J'avais en moi une de ces émotions que nous inspire la présence de ceux que Dieu a marqués du sceau du génie. » (Ferd. Laloue et F. Labrousse. Le Prince Eugène et l'Impé' ratrice Joséphine, acte I, se. vi.)

Scène. Avoir VhaUtude de la scène. x\.voir une parfaite connaissance de la scène. Scènes bien conduites^ scènes à effet.

Scepticisme. Le scepticisme moderne se rit de tout. — Oui, en public et par genre. Mais chez lui, comme il en rabat, le scepticisme moderne qui croit aux tables tournantes et aux spirites /

Sceptre. Le sceptre de la mode, — Tout aussi éphémère qu'un sceptre royal.

Tenir le sceptre de la mode.

Scintiller. Un esprit qui scintille. Un style qui scintille.

Scintillement. Le scintillement des étoiles.

Scrutateur. Il ne pouvait pas soutenir le regard scrutateur de,..

« Son regard scrutateur qui semblait aller chercher la pensée au fond de Tâme. »

{Style de roman.)

Scruter les consciences.

Scrutin. — Le nouvel oracle de Delphes.

Et maintenant la parole est au scrutin. Assurer Vintégritè du scrutin,

« Marchons au scrutin en colonne serrée; et, armés de

nos bulletins de vote, faisons sni^ir de l'urne les noms des amis de la République et de la liberté. »

(Style de jouroaliste, prorassion de foi d'ua candidat, dernier «Unéa.;

Sculpture. La sculpture est un art grandiose, — 11 faut le croire : tous les sculpteurs le disent.

Secours.

(1 Mourir! non, non, tu ne roouiTas pas... du secoui^! du secours I... tu n'es pas blessé... et personne ne m'entend. .. et pei*sonne ne vient... ô mon Dieu ! mon Dieu ! mon Dieu. »

(Fr. Cornu et H. Auger. Pauvre Mère.)

« Ecoute... on aie au secours... cette voix, c'est celle de Marie!... Les misérables, ils l'enlèvent! Elle est sauvée! elle est sauvée 1 »

[Idemy idem.)

Secret. Il n'a pas de secrets pour vous. Cest le secret de Polichinelle, Les femmes ne sa})ent pas garder un secret. Ton secret périra avec toi^ misérable !

H Trois hommes masqués... et le comte est mort, lui qui, poiit-être, avait le secret de mon enfant... oh! n'importe... mort ou vivant, je saurai, moi, s'il était Tassassin. »

(J. Bouchardy. La Sœur du muietier.)

« Il n'est point de secrets que le temps ne révèle. »

(Racine. Britannicus^ acte IV, se. ir.)

SECRÈru. Maladies secrètes. — Traitement des maladies secrètes, guérison sans mercure.

[Littérature de pissotière, littérature murale.)

Séculaire. Une allée de chênes sécuhiires conduisait au château,

{Style de roman.)

Sécurité. Sécwité profonde,

« A quelle autre époque les Français ont-ils joui d'une sécurité plus profonde? >

(Jouy. GuiUaume le Franc-parleur.)

Sous tous les régimes c*est ce qn*ont affirmé les flagorneui^ politiques.

Sedan. La boue de Sedan. — Les adversaires de TEmpire l'ont-ils assez remuée, cette boue l

Séduire. Séduire une pauvre jeune fille.

« Quand on assiste à toutes les couines de chevaux, qu'on est du club des Jockeys, qu'on est membre du Casino, on ne doit pas tix)uver une fènnue qui vous résiste. On peutimpuné-

DES UEUX COMMUNS tiW

ment, fotig^ué dôs conquêtes do la ville, venir an villa^v séduire une pauvre jeune fille et rire après de ses loi^mes, de sou désespoir et au déshonneur de sa famille. »

(Fr. Cornu et H. Auger. Pauvrt Mère,)

Sein. Pleurer sur le sein d'un ami. Son sein se soulevait,

« Â ces mots, un profond soupir s'échappa du sein d*Ermance. »

(Sophie Gay. Un Mariagn tous VKmpirê,)

« Ahl daignez enfin verser dans son sein le secret de tous vos malheurs 1 »

(M">« Coltin. EUnabeth,)

« Chère Elise, que n'es-tu ici? je pourrais ploiiror sur ton sein. »

(Idom. Claire d'Albe.)

« Ce secret, il Ta versé dans mon sein en pleurant... »

(Ch. Oesnoyers, Boulé et Chabot do Bouln^ Rita VEspagnoU^ acte I, se. X.)

Déposer un secret dans le sein d'un ami,

« Il sentait depuis longtemps le besoin d*énancher son cœur, et de déposer le secret de sa vie dans le sein de la plus sûre et de la plus tendre amie. »

(V. Ducange. Léonidê ou la Vieille de Suresnr. ISSi).)

« Avant de mourir, je déposerai dans ton sein le secret do ma vie. »

(M"* de Genlis. Les Chevalier» du Cygne, ch. vu.)

« D'où natt votre chagrin ?

tt Ne puis-je le calmer? Versez-le dans mon scia. »

(Andrieux. Poéaiet diveraei.)

Au sein de la volupté.

« Le gouvernement de Naples s'endormait au sein des voluptés. »

(Ph. de Ségur, Décade historique, t. I.)

SÉJOUR. Séjour enchanteur. Le séjour des Grâces,

(Genre claisique.)

Sel. Sel attique. — Un sel qui s^est évaporé depuis longtenips.

« Il faut de sel attique égayer la satire. »

(Ecouchard-Lebrun. ÉpUrei.)

tt II est de sel attique assaisonné partout. »

(Les Femmea savantes, acte III, se. u.)

Selles. Comment vont les selles ?

(Propos des médicastres qui aiment À fourrer le nez partout.)

S.EMBLÂBLE. Traiter les semblable par les semblables.

(Axiome homéopathique.)

296 DICnONNAIBE

Semer. Semer la discorde et la guerre,

(Genre héroique.)

Sentiment. Sentiment impérieux qui ne laisse place à aucun autre.

< Nul homme (plus gue saint Bernard) n'a exercé sur son siècle un enïpire aussi extraordinaire : entraîné vers la vie solitaii^ et religieuse, par un de ses sentiments impérieux qui n'en laissent pas d'autres dans Tâme, il alla prendre sur Tautel toute la puissance de la religion. »

(G«nt. JSloge de Sviger,)

Nobles sentiments dignement exprimés.

Sentir. Je sens que je Vaime.

« Oh ! oui, je sens que je Taime déjà, cette jeune fille, et la sympathie soudaine qui a rapproclié nos cœurs, et... »

(Ad. d'Ennery et Ferd. Ih^aé. Marie de JUancmù acte 1, se. t . 1 6G4. .

Une cuisinière est toujours sensible à ces paroles : (( Je sens que je vous aime », surtout quand c'est un militaire qui les prononce. Si le militaire est gradé, sa sensibilité s'exagère en raison du grade.

Séparation. Si^pnration de Vdme et du corps. Cruelle séparation. Séparés dans ce monde^ nous nous retrouverons dans un monde meilleur.

Séparation étemelle.

« Est-ce qu'au moment d'une séparation étemelle, nous pouvions lui cacher la vérité ? »

(Ad. d'Ennery. La Prise de Pékiny acte III. se ▼.)

Seriner. Seriner vingt fois la mém^ chose. — Il arrive quelquefois qu'on n'est pas encore compris. A qui la faute? Au serineur ou au seriné?

Serment. Il ne faut ni parler de corde dans la maison d'wi pendu, ni serment dans celle de certains hommes d'État.

Fidèle à ses serments. Serments d'amour. Serments d'ivrogne.

Se faire un jeu de ses serments.

« Jsyouterai... que vous ne craignes pas de déchirer un cœur que vous a\ez i^ndu sensible, et que vous vous faites un jeu de tous vos sarments. »

.EUenDe. Une Hewre de mariage^ se. xvm. 1804.)

Service.

« Vous me rendriez un signalé service en me prêtant... » Cela se dit, s'écrit et se chante.

DES UEUX COMMUNS ^)T

Serviteur.

« De Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur. »

Servir. Servir les mauvaises passions. — Un moyen comme un autre de gagner malproprement de l'argent,

Skdl. Il vaut mieux être seul que mal accompagné. — Ce cliché que ne cessent de répéter les pères de famille dont les fils se plaisent dans ta mauvaise société, r.ct.s vient du théâtre espagnol.

(Fvraand de Rojav. La Céleitine, scène de Célestioe et de Sempronio, xv* siècle.)

SéviR. Je vais être obligé de sévir.

(Propof de marchapd de sor'^'t.)

Sexe. Ce sexe à qui tu dois ta mère.

(Lt'gouvé.)

Il faut être galant envers le sexe, — Le sexe faible^ celui qui a sa force dans le ventre ; le sexe fortj celui qui a sa force dans la tête.

La honte de 8o:i sexe.

« Quelle houto importune au visage te monte, « Pour un sexe quitté dont tu n'es que la honte? »

{ùHwAlU, CUtandre, acte II, se. vu.)

Sexe enchanteur.

a Sexc enchanteur, tu ris de ma tendresse, « Quand je veux boire à la coupe d'amour. »

(J. Lagarde. La Coupe d'amour, romanee.)

Il n'y a plus que les vieux beaux, qui datent du temps de Charles X, qui donnent aujourd'hui aux femmes u du sexe enchanteur ».

Siècle. Il y a un siècle qu'on ne vous a vu.

(Propos d*abordage.)

SiÈOE. Le siège de la pensée. Faire le siège de la vertu d'une femme. — Dans ces sièges-là, les capittdations sont loin d'être rares.

Sifflement. Le si Clément du vent dans les cordages. Le sifflement de la vipère.

Signe. Signe de l'honneur (croix d'honneur). — Le signe de Thonneur brille sur sa poitrine.

DICnONNAIRB

c Je le sais bien, cette croix qu*on réyère, « Pour le Français toujours ploine d'appas, « Gage sacré d'un noble caractère, « Appartiendrait de droit à vos soldats ; « Mais Tavocat dont la mâle éloquenoe, « Aux noirs complots du calomniateur, « Peut arracher la vertu, Tinnocence, « Peut bien porter le signe de Thonneur. »

(Ménissier et A. de Courchamp. Le Passeport. 1811)

Silence. La parole est d'argent, mais le silence est d'or. Rien ne troublait le silence de la nuit. Dans le silence du cabinet. Silence, Polichinelle danse.

« Le silence et la modestie sont la parure des femmes. »

(Euripide. Les BéraeUdet^ acte II, 3c. ii.)

Avant lai, Sophocle avait exprimé à peu près la même idée dans Ajax furieux, acte II, scène i, en disant :

« Le silence est Tornement des femmes. »

« Le silence est Tesprit d'un sot. »

(Pablins Syrus. Sentences.)

Le chevalier Bonnard y a introduit une légère variante ; il a dit :

« Le silence est Tesprit des sots. »

Sillage. Le noDtre traçait son sillage phosphorescent.

(Style de roman, scène de Ja traversée.)

Sillon. Sillonner. Une large cicatrice^ glorieux sillon. Les chagrins avaient tracé leurs siUons sur son visage. Les larmes sillonnaient son visage.

Sillon argenté.

« Il tend Tonde, et ses deux cétés « Tracent deux sillons argentés. »

(Perraut. Chasse.)

Simple. Cest simple comme bonjour.

SiMPLiaTÉ. La simplicité sied aux jeunes filles. La simplicité doit être la seule parure d'une fille sage. La simplicité est la plus belle parure des jeunes fiUes. — > C'est ce que ne cessent de répéter les mères de famille économes.

« Son feront est couronné de Therbe des prairies, « Pour prouver que de la beauté « Le premier ornement est la simplicité. »

(Oemoustier. Lettres à Emilie.)

Singe. Malin comme un singe. Le singe est de tous les animaux celui qui ressemble le plus à Vhomme, — Et cela au physique comme au moral ; il y a pourtant des singes qui valent mieux que certains nommes.

On n'apprend pas à un meux singe à faire des grimaces.

Site. Site pittoresque.

a La Suisse est peuplée de sites pittoresques qui font Tadmiration des touristes. »

Situation. Cette femm£ est dans une situation intéi'essante. Il n'y a pas une situation dans cette pièce. L'intérêt ne languit pas un instant; les situations sont bien amenées.,.

Sœurs. Les neuf sœurs, La poésie et la peinture sont sœurs.

Soirée. Par une belle soirée d'automne. — Combien de romans commencent ainsi ou encore par: une froide soirée d'automne,

tt La duchesse a fait les honneurs de cette soirée avec son amabilité ordinaire. »

{Style de reporter.)

Sol. Fouler le sol sacré de la patrie. Le sol natal.

« Ah I prenez en échange une vie agitée

« Que loin du sol natal Torage a transplantée. »

(Delavigne. Le Paria^ acte I, se. i.)

Inutile de faire admirer la beauté de cette Ggure : « TJn orage qui transplante une ine agitée » / Pas mal pour un classique!

Soldatesque. Soldatesque effrénée,

% Je n*aurais pas cette pensée qu*un jour peut venir où ce château sera envahi par une soldatesque effrénée. »

(Alph. Araault. Les Zouaves, acte I, se. i, 1856.)

« Il y a qu'une soldatesque effrénée m*a pris pour M. Delaroche. »

(Decoarcelle, R. Deslandes et A. Rolland. Le Château des TUleuU, acte V, se. xi. 1853.)

Solde. Vente d'un solde de soieries à des prix très avantageux. — N. B. Sur les prospectus, les prix sont toujours très avantageux... pour le marchand.

Soleil. Avo'lr des rentes au soleil. — Rien de tel pour réchaufler l'existence.

Le soleil d'Austerlitz. Le soleil luit pour tout le monde.

3ft0 DICTIONNAIRE

Qu'en pensent les pauvres diables qui vivent dans les mines?

Le soleil darde ses rayons, *

« D'un côté, le soleil dardait ses ravons brûlants et les Oots écumeux se teignaient du pourpre de ses feux. »

(£. Arthiuidl. J> G€arçon de caisse, (8330

Solliciter. — Mendier d'une manière convenable, avec phrases et périphrases.

« J'ai rhonneur, monsieur^ de solliciter de votre bienveillance le poste de... ou la place de... »

Sollicitude. — Une sollicitude toute maternelle,

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