‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 126 sur 607 · COMNÈNE — COMONFORT · texte numérisé non relu

COMNÈNE — COMONFORT

pouvait seule au douzième siècle écrire l’histoire d’une manière qui la fit passer aux siècles suivants. Anne Comnène a écrit la vie de son père, et cet ouvrage, bien que présentant tour à tour le ton du panégyrique et de la satire, répand un grand jour sur l’histoire de la première croisade et sur les intérêts divers des croisés et des Grecs , réunis contre les infidèles, mais fort mal unis entre eux. Partout elle fait l’apologie de la conduite de son père à l'égard des croisés, qui l’ont accusé de perfidie. Anne fait retomber ces reproches sur les chefs des croisés , qu’elle maltraïte beaucoup, nommément Boémond, fils de Robert Guiscard, ennemi naturel d’Alexis. A travers une foule de détails inutiles, mais que l'étiquette de la cour de Byzance lui faisait sans doute paraître importants, nous devons à Anne Comnène plusieurs particularités curieuses qui seraient perdues pour l’histoire. On lui a reproché de raconter des prodiges, et elle le fait avec une conviction qui prouve que les Grecs n'étaient pas moins superstitieux que les Latins. Le savant Du Cange a donné de l’A/exiade (tel est le titre de l'ouvrage d'Anne Comnène), en quinze livres, une édition au Louvre, avec les notes de David Hoeschelius , in-f° , 1651 ; et le président Cousin a traduit cet ouvrage, qui s'étend depuis l'an 1031 jusqu’à l’an 1118.

Alexis aväit donné pour époux à sa fille Nicéphore Bryenne, personnage de haute naissance, mais qui n’avait que les talents et les goûts paisibles de l’homme de lettres. L’ambitieuse princesse voulait régner à tout prix ; etsa mère Irène la soutenait dans ses prétentions insensées. Dans la dernière maladie d’Alexis, Anne alla se jeter à ses genoux pour l’engager à déshériter son fils Jean au profit de Bryenne. Alexis ne se laissa point fléchir. Jean, qui par précaution s'était fait proclamer du vivant même de son père (lan 1118), inaugura son règne en éloignant de sun service tous ceux qu’il ne croyait pas lui être attachés. Mais les amis de Bryenne n'avaient pas été chassés de la cour. Ils se réunirent contre l'empereur, résolurent de le tuer, et gagnèrent les gardes, qui leur promirent de les laisser entrer lorsque leur maître dormirait. Retenu par le remords ou par la timidité, Bryenne fit échouer l’entreprise en ne paraissant pas pour donner le signal. Anne s’emporta contre la faiblesse de son mari, qui, disait-elle, n'était qu’une femme , tandis qu'elle seule avait montré le caractère d’un homme. Jean Comnène fit grâce de la vie aux conjurés, et se contenta de confisquer leurs biens, que même il leur rendit peu de temps après. Anne, vaineue par tant de générosité, se résigna désormais à régner sur les beaux esprits et les philosophes qui composaient sa cour. Elle survécut à son frère et à son mari, n'écrivit l’histoire d’Alexis qu'après leur mort, et mourut elle-même paisiblement , lan 1148. Charles Du Rozoir.

COMONFORT (Iewace), président du Mexique, né le 12 mars 1812, à Puebla, était fils d’un colonel d'origine irlandaise, qui lui laissa une fortune considérable. A vingt ans il défendit les principes libéraux dans l’armée de Santa- Anna. Gouverneur militaire de Jalapa, il fut élu en 1842 membre du congrès ét ne cessa dès lors d'y siéger. Dans Ja guerre avec les États-Unis, il prit part aux combats qui se livrèrent autour de Mexico En 1855, il devint administrateur de la douane à Acapulco. Destilué et proscrit par Santa-Anna, qui s’eflorçait d'établir un despotisme militaire sur les ruines du parti libéral, Comonfort leva l'étendard de la révolle (19° mars 1854), et baLtit le dictateur en plusieurs rencontres; puis il marcha sur la capitale et installa au pouvoir le vieux général Alvarez. Celui-ci, se sentant incapable de gouverner, le remit presqu aussitôt à Comonfort (10 décembre 1855), qui était alors ministre de la guerre. La situation du président provisoire élail très difficile : d'opinions libérales mais modérées, il avait contre Jui le clergé et les radicaux. Après avoir ballu ces derniers à Puebla (22 mars 1856), il mit sous le sequestre les biens ecclésiastiques des deux États, et s’associa au

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