L. LAURENT
Eu droit, cette expression se prend dans plusieurs accep tions ; ainsi elle est synonyme de clause, de charge: on dit les conditions d’un marché, d'un contrat, d’une vente, etc. On norme encore condition un événement futur et incertain duquel on fait dépendre une disposition ou une obligation. La condition casuelle est celle qui dépend du hasard, et qui n’est nullement au pouvoir du créancier et du débiteur. La condition potestative est celle qui tient à un événement qu'il est au pouvoir de l’une des parties contractantes de faire arriver ou d'empêcher, La condition mixte est celle qui dépend tout à la fois de la volonté de ces parties et de celles d’un tiers. La condition d’une chose impossible, ou contraire aux bonnes mœurs, ou prohibée par la loi, est uulle et rend nulle la convention qui en dépend. Dans les donations et testaments, elles sont seulement réputées non écrites.
CONDITION DES SOIES. On nomme ainsi des établissements qui, créés d’abord à Turin en 1750, furent importés ensuite à Lyon (23 germinal an xi1), à Saint-Chamond, à Saint-Étienne, et successivement dans les centres d'industrie dont la soie est la base. Celle de Paris a été établie par un décret du 2 mai 1853. Un établissement analogue se fonde en Angleterre. Pour en comprendre lutilité, il faut se rappeler que ja soie a la propriété d’absorber une certaine quantité d’eau, qui augmente son poids d’une manière très-sensible. Cette propriété d'absorption , pour une matière dont le prix est toujours fort élevé, a de graves inconvénients ; elle peut servir la mauvaise foi soit du patron, soit de l’ouvrier, et dans tous les cas l’acheteur et le vendeur ne peuvent connaître la valeur réelle de l’objet de leur transaction. C’est pour parer à ces inconvénients que l’on a établi les conditions des soies, où la dessiccation de ces matières s'exécute avec la garantie de l'administration et sous la surveillance des chambres de commerce. Pour dessécher les soies, on les enferme dans des cages d’une construction telle que lair échautfé puisse facilement agir sur elles. On ne pèse les échantillons que lorsqu'ils accusent des conditions thermométriques et hygrométriques constantes,
Des bureaux de condition des laines ont été établis sur des bases semblables à Paris, à Lyon et dans beaucoup d’autres villes.
CONDITIONNEL, adjectif qui signifie soumis à certaines conditions, subordonné à quelque événement im prévu; une promesse condilionnelle. En grammaire et en logique, c’est ce qui marque ou exprime une condition
Substantivement et dans un sens particulier, conditionnel se dit d’un mode du verbe, dont les temps expriment l’affirmation avec dépendance d’une condition. Ce mode a plusieurs temps : Je ferais, que les graminairiens appellent le conditionnel présent, est un présent ou un futur, suivant les circonstances du discours, et on peut l’employer sans déterminer aucune époque : Je ferais actuellement votre affaire, si vous m'en aviez parlé plus tôt, est un présent, Je ferais votre affaire avant qu'ii füt peu, si elle dépendait uniquement de moi, est un futur. Enfin je ferais un voyage aux grandes Indes, si j'élais plus jeune, est un futur dont l’époque peut, à notre choix, être ou ne pas être déterminée. En général, cette forme exprime presque toujours un futur: Je l'attends, il n'a promis qu’il viendrait. Viendrait est ici pour viendra, l'exécution de ce qu’on promet dépendant presque toujours de quelque condition exprimée ou supposée. 7
Au passé, on dit : j'aurais fait votre affaire si vous m'en aviez parlé, ou j'eusse fait votre affaire si vous m'en eussiez parlé. La différence entre ces deux temps consiste en ce que j'aurais fait marque plus particulièrement l'époque. où l'affaire aurait été entreprise, et Jj'eusse fait,
celle où elle eût été finie. On dit encore, j'aurais eu fait, et c'est un passé antérieur à un autre passé qui l’est luimême au temps où l’on parle.
CONDOLÉANCE , mot formé de la particule cum, et du verbe latin dolere, s’affliger, et par lequel on marque la part que l'on prend à la peine ou à la douleur d’autrui. Il n’est guère d'usage aujourd’hui que dans ces façons de parler : compliments de condoléance, lettres de condoléance, etc. Ce mot paraissait étrange à Vaugelas; ce qui peut paraître plus étrange encore à quelques personnes, c'est d’y voir joindre celui de compliment, qu’on est habitué généralement à prendre dans le sens favorable de félicitation, qnoïiqu’il signifie proprement une marque d’honnêteté, un témoignage écrit ou verbal de civilité dont l’objet a besoin d’être déterminé.
Il faut bien se garder d’ailleurs de confondre les mots condoléance et doléances.
CONDOM, ville de France, chef-lieu d’arrondissement du Gers, ancienne capitale du Condomois, située dans une vallée riante, au confluent de deux petites rivières, avec 8,282 habitants (1872). Entrepôt des vins du pays, Condom a un tribunal de {re instance, une bibliothèque publique et un collége. On y prépare des cuirs et on y fabrique des fils et des tissus de coton. Son ancienne cathédrale est curicuse. Un monastère, fondé au neuvième siècle et sécularisé en 1549, a été l’origine de cette ville. Dès 1317 elle fut
le siége d’un évêché, dont Bossuet fut titulaire avant de passer à Meaux, Condom fut ruiné par les guerres de religion,
CONDOMA, nom sous lequel Buffon désigne l'antilope coudous, qu'on rencontre dans les parties basses de la Cafrerie. Cet animal est remarquable par ses cornes courbées trois fois et contournées en spirale.
CONDOMOIS, petit pays de l’ancienne Guienne, borné au nord par l’Agénois, dont il faisait autrefois partie; au levant par la Lomagne, au midi par l’Armagnac, et au couchant par le Bazadoïs. C'était avec ce dernier pays que le Condomoïs formait une lientenance de roi , sous le gouvérnement de Guienne et de Gascogne. On lui donnait 67 kilomètres de longueur, sur 53 dans sa plus grande largeur, Son sol est fertile en blé; on y recueille aussi beaucoup de vin, ét du reste il fournit tout ce qui est nécessaire à la vie. Du temps de César il était habité par les Nitobriges, sous Honorius il se trouvait compris dans l’Aquitaine. De la domination des Romains il passa sous celle des Visigoths, et suivit la destinée de l’Agénoiïs. Il fut réuni à la couronne avec le Bordelais et la Guienne, en 1451, sous le règne de Charles VIT. Le Condomois fait à présent partie des départements du Gers et de Lot-et-Garonne, Condom en était la principale ville.
CONDOR (en latin vultur gryphus). Cet oiseau, appelé aussi vautour des Andes, a été longtemps fort imparfaitement connu; mais les descriptions détaillées et les belles figures que M. de Humboldtet Temminck en ont données permettent d’apprécier à leur juste valeur tout ce que les anciens en ont dit. Le condor quoiqu'il ne soit pas le plus grand des oiseaux de proie, est cependant l’un de ceux qui offrent les dimensions les plus considérables ; il est entièrement brun, excepté sur les moyennes rémiges de ses ailes et leurs petites couvertures, qui sont blanches, ainsi qu’une touffe de duvet , placée derrière le cou; son bec est surmonté d'une caroncule grande el sans dentelures, dont la couleur varie du rouge violet au violet presque noir; il en a aussi une à sa partie inférieure, La femelle, qui manque de ces caroncules, est entièrement d’un gris brun, sans traces de blanc aux ailes; son petit, dans le premier âge, est brun cendré, sans collier ni caroncule.
Cet oiseau, dont les premiers observateurs avaient tant exagéré la force et les dimensions, reste le plus volumineux de tous les oiseaux de proie de son continent; mais il sur-