‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 19 sur 607 · COLET — COLIBRI · texte numérisé non relu

COLET — COLIBRI

vie nouvelle, se jeta alors dans la politique : elle partit pour l'Italie, assista à la prise de Naples par Garibaldi, et soutint avec vivacité la cause de l’unité italienne. De là les derniers ouvrages sortis de sa plume : Naples sous Garibaldi (1861), l'Italie des Ilaliens (1862-64, 4 vol. in-18), Les Derniers marquis (1867) et les Derniers abbés (1868). ,

Le mari de Mme Colet, professeur d'harmonie au Conservatoire et auteur de quelques ouvrages, la laissée veuve en 1851, avec une fille. D ,

COLFAX (ScnuyLer), homme politique américain, est né Je 23 mars 1823, dans l'État de New-York. Orphelin de bonne heure, il ne reçut d’autre instruction que celle de l'école primaire; mais à force de travail il compléta ses études, et à vingt-deux ans il fonda dans l’Indiana an jour-

nal politique, destiné à défendre les opinions radicales. Député de cet Etat au congrès (1854), il s’y fit remarquer par ses aptitudes oratoires et devint,-sous la présidence de Johnson, l’un des chefs du parti républicain. Élu viceprésident de l’Union en 1869, il se démit de ces fonctions à la fin de 1872 pour aller prendre la direction de La Fri bune, de New-York.

COLETTI. Voyez KOLETTIS.

COLIBRI, genre d'oiseaux de l’ordre des passereaux , dont quelques ornithologistes ont fait une famille sous le nom de {rachilidés (de trochilus, petit oiseau). Remarquables par la petitesse de leur taille en général, et par l'éclat et la magnificence de leurs couleurs, les colibris se distinguent par les caractères suivants : Bec long, droit ou arqué, tubulé, à pointeacérée ; bouche très-petite, langue susceptible de s’allonger, entière à la base, divisée en deux filets depuis le milieu jusqu’à la pointe ; pieds impropres à la marche. Leur large queue, leurs ailes excessivement longues et étroites, la petitesse extrême de leurs pieds, leur sternum très-grand et sans échancrure, la brièveté de leur humérus. ou os du bras, sont, avec toutes les autres dispositions organiques qui s’y rattachent, les caractères saillants d’une structure pour un vol continu, bourdonnant et tellement rapide qu’on n’aperçoit nullement le mouvement des organes qui l’exécutent, Le battement des ailes est si vif que l’oiseau, s’arrêtant dans l’air, semble être immobile, sans action, ou s’y balancer presque aussi aisément que certaines mouches. La rapidité de leur vol les a fait comparer sous ce rapport aux martinets. La petitesse de leur gésier doit être aussi prise en considération, L’extensibilité de leur langue et le manque de cœcum sont deux caractères qui leur sont communs avec les pics. Le volume très-grand de leur cœur a été considéré avec raison comme exerçant une grande influence sur le haut degré d'énergie musculaire qui préside à la vélocité et à la prestesse de leur vol. Ce qui fait le plus rechercher ces oiseaux est sans contredit la beauté de leur plumage, dont la richesse et les reflets métalliques surpassent l'éclat de l'or et le brillant des diamants. C’est pourquoi les Indiens, admirateurs de la magnificence de leur robe, leur avaient donné les noms de rayons ou cheveux du soleil.

Les colibris ont été distribués en deux sections : la première est celle des colibris proprement dits où trochilus, qui ont le bec fléchi en are; la seconde, sous la dénomination d’oiseaux-mouches ou ornismya (de ëpwç, oiseau, et pute, mouche), renterme les espèces qui ont le bec droit. La plus petite espèce d’oiseaux-mouches n'excède pas la grosseur d’une abeille. Tous ces oiseaux habitent les contrées les plus chaudes de l'Amérique. Ils se plaisent dans les jardins, où ils voltigent autour des fleurs, dont ils puisent le nectar en plongeant leur langue au fend des corolles, d'où leur vient leur nom vulgaire de bec-fleur. Is mangent aussi des insectes, puisqu'on en trouve souvent leur estomac rempli, Jamais ces oiseaux ne marchent ni ne se posent à terre, TS passent la nuit et le temps dela plus forte chaleur da jour perchés sur une branche, ct souvent sur Ja plus

COLIBRIE — COLIGNY

grosse, Leur cri, plus ou moins aigu, se compose des syllabes ère tère. Ils vivent isolés, mais ils se rassemblent souvent, voltigent en nombre, se battent entre eux avec acharnement, et défendent leurs nids avec courage. Un colibri force souvent les moqueurs et les pipiris à lui céder l'arbre sur lequel ils sont perchés.

Les nids des colibris sont remarquables par la solidité de leur construction et par la délicatesse de leur tissu, qui est fait avec diverses sortes de coton, ou d’une bourre soyeuse recueillie sur les fleurs, et couvert à l'extérieur de lichens pareils à ceux qui croissent sur l'arbre où ils sont posés. Ceux des oiseaux-mouches sont construits avec le même soin et attachés à un seul brin d'oranger ou de citronnier, et quelquefois à un fétu qui pend de la couverture d’une habitation. La ponte est de deux œufs blancs, un peu plus volumineux qu’un pois ordinaire, Les couvées se répètent, dit-on, jusqu'à quatre fois par an. Le mâle et la femelle partagent le travail du nid et de lincubation, qui dure environ douze à treize jours. Au moment de leur naissance les petits sont à peu près de la grosseur d’une mouche commune.

Depuis que le plumage si brillant de ces oiseaux les a fait rechercher pour les collections des musées, les cabinets des amateurs et la parure des dames (on en a fait des garnitures de robes), on a rejeté la chasse avec la glu, qui en salit les plumes, et on les abat soit au moyen de petits pois lancés avec une sarbacane, soit en les inondant avec l’eau projetée par une seringue, soit à l’aide d’une arme à feu chargée de sable au lieu de plomb, ou par l'explosion seule de la poudre, si on tire de très-près. On peut aussi les prendre avec un filet à papillon, lorsqu'ils voltigent sur les plantes et les arbrisseaux naïns. Quoique ces oiseaux paraissent peu défiants, et se laissent approcher jusqu’à cinq ou six pas, cette chasse exige beaucoup d'adresse, parce qu’ils ont toujours lœil au guet, et disparaissent brusquement en poussant un cri aussitôt qu’ils se voient menacés d’un danger. On compte plus de cent cinquante espèces, tant de colibris que d’oiseaux-mouches, dont les plus recherchés pour leurs brillantes couleurs, sont le colibri topaze, le colibri grenat, \lecolibri hausse-col doré, le colibri hausse-col vert, le colibri ptastron bleu, etc., l’oiseau-mouche sapho, l'oiseau-mouche rubis topaze, etc.

On est parvenu à apporter de jeunes colibris vivants en Angleterre : ils étaient apprivoisés, et y ont vécu quelques mois; on les conserve plus longtemps en domesticité en Amérique. On les nourrit avec du miel ou du sirop. Les colibris sont représentés dans l’ancien monde par les souimangas. L. LAURENT.

COLICITANTS. Voyez LiciTATION.

COLIFICHET. Ce mot, formé du latin coZ/a, colle, et figo, je fixe, j’attache, signifie a{{aché avec de la colle. On a d’abord donné ce nom à de petits morceaux de papier, de carte , de parchemin, représentant diverses figures, collés sur du bois, du velours, etc. Les religieuses employaient à cela queiques-uns de leurs innocents loisirs. On a également appelé ainsi certains ouvrages de broderies faits sur du papier qui leur sert de fond. Avec de la soie plate, appliquée au moyen de laiguille sur le papier, on représente des fleurs et des oiseaux qui paraissent également des deux côtés, et font un bel effet à cause du brillant de la soie et de la vivacité des couleurs. Les religieuses de Bourges excellaient dans ce genre de colifichets, et ceux qu’on porta en Chine excitèrent l'admiration des habitants, qui ne pouvaient concevoir le mécanisme de cette broderie représentant des deux côtés les mêmes figures.

Enfin colifichet se dit des ajustements de femme qui ne servent qu’à la parure. Par une conséquence toute naturelle, on a donné le nom de colifichet, en architecture, à tous les ornements mesquins ou de mauvais goût. On dit aussi du cabinet d'un amateur qui ne contient que des tableaux,

2+gravures , lithographies, images de peu de valeur : ce ne

sont que des colifichets. En termes de musique, on appelle

colifichets les passages trop fréquents qui présentent une

trop grande variété de sons, trop de broderies, de fioritures,

de roulades étonnant l'oreille sans plaire à l'esprit et sans

toucher le cœur. « Les chanteurs , dit J.-J, Rousseau , qui,

abusant à tout propos de ce luxe musical, embarrassent le

chant, en dénaturent le caractère ou en cachent les beautés,

font des colifichets. »

Le colifichet n’a pu manquer de se glisser dans la littérature, de s'emparer des productions de l'esprit, ou plutôt du bel esprit; car le véritable esprit a su s’en garantir sans efforts.

Colifichet est donc en tout synonyme de babiole, bagatelle, petit objet de fantaisie, On applique ce nom à tout ce qui n’a que de l'apparence et point de solidité. C'est à cause de la légèreté de sa pâte, sèche, légère, faite sans beurre et sans sel, qu’on à donné le nom de colifichet à une espèce d’échaudé dont on régale les serins. En termes de monnaie, le colifichet est une petite machine dont se servent les ajusteurs et les tailleresses pour écouaner les pièces, c’est-à-dire les réduire au poids légal. H. AUDIFFRET.

COLIGNY (Gasparp, comte DE), amiral de France, gouverneur et lieutenant général de Paris, de l’Ile-de-France, du Havre, de Honfleur, colonel général de l’infanterie, ete., naquit au château de Châtillon-sur-Loing, résidence seigneuriale de sa famille, le 16 février 1517. Son père, noble bressan, s'était établi en France après la réunion de son pays à ce royaume. Il occupait un rang supérieur dans les armées de sa nouvelle patrie. Il prit le nom de Châtillon. Il avait épousé Louise de Montmorency, sœur du connétable, et dont il eut quatre fils : Pierre, Odet de Châtillon, Gaspard et Dandelot. Le premier mourut en bas âge. Gaspard occupe une grande et honorable place dans l’histoire du seizième siècle, comme homme d’État, homme de guerre, et comme chef du parti protestant. Son père, se rendant, par ordre du roi, à Fontarabie, pour défendre cette place, alors assiégée par les Espagnols, mourut à Acqs près Bayonne, le 4 août 1522. Il avait par son testament recommandé sa femme et ses enfants au roi et à son beau-frère le connétable Anne de Montmorency. Odet, depuis la mort de Pierre, son frère aîné, était destiné à soutenir le nom et l'honneur de sa noble maison. Le connétable pouvait disposer en faveur de l’un de ses fils de la première nomination au chapeau de cardinal ; il ne put faire accepter cette faveur du roi par aucun d’eux, et il l'offrit à Gaspard, à Dandelot, ses neveux, qui refusèrent également. Odet n’hésita pas, et dès lors. Gaspard devint le chef de la famille.

Après avoir terminé ses études , et ce qu'un appelait alors ses exercices , il fut, avec son frère Dandelot, présenté par le connétable à François 1° , qui accueillit avec bienveillance les fils d’un de ses plus vaillants capitaines. Gaspard se lia de la plus intime amitié avec François de Guise, fils aîné de Claude de Lorraine : ils étaient inséparables; les deux amis partirent à l’armée des Pays-Bas , commandée par le duc d'Orléans, et combattirent toujours à côté l’un de l’autre. Coligny fut blessé à l’attaque de Montmédy ; mais sa blessure était légère, il ne quitta point les rangs. Une lettre de son oncle le connétable le rappela en France; mais, malgré les instances de son oncle et de sa mère, Coligny reprit bientôt le chemin de Flandre. Il fut grièvement blessé au siége de- Bains; dix jours après il signala son retour aux combats par de brillants faits d’armes. L'année suivante il partit pour l’armée d'Italie. Son frère Dandelot l'accompagna; ns se distinguèrent tous deux à la journée de Cerisoles. Ils s'étaient. emparés chacun d’un drapeau, et furent armés chevaliers sur le champ de bataille par le duc d’Enghien. Il revint ensuite en France, et servit dans l’armée de Champagne, que commandait le dauphin, et qui était alors la seule force capable. d’arrêter Charles-Quint dans son invasion, Après la retraite.

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