‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 193 sur 607 · CONFESSION · texte numérisé non relu

CONFESSION

généralement établie, et que jusque là les paroles de Jésus- Christ n'avaient pas paru susceptibles d'autre interprétation. Cet usage parait, il est vrai, avoir été beaucoup moins fréquent dans les premiers siècles qu’il ne l’a été depuis. La raison en est toute simple : la confession n’était pas encore devenue une pratique de piété; c'était un remède, auquel on n'avait recours que dans la nécessité, c’est-à-dire quand on s’élait rendu coupable de quelque faute mortelle; et ces fautes n’étaient pas communes alors, parmi des hommes pleins de ferveur, et toujours préparés au martyre. Il était rare d’ailleurs qu’on admit une seconde fois à la confession ceux qui retombaient dans de nouveaux crimes, après avoir passé par les longues épreuves de la pénitence. Enfin, un grand nombre de personnes, ne recevant le baptême que dans un âge avancé, ne se confessaient jamais. Régulièrement, la confession se faisait secrètement, comme aujourd’hui, à un prêtre; mais pour certaines fautes plus graves, il fallait recourir à l’évêque. C'était lui alors qui imposait et réglait la pénitence, qui jugeait si elle devait être secrète ou publique; qui décidait si pour le bien du pénitent, pour lexpiation de ses crimes, la réparation du scandale, l'exemple des autres, l'édification de tous, il était à propos ou non que cette confession fût faite publiquement ; et cette confession était une partie de la pénitence canonique. Lorsque le nombre des pénitents s’accrut et que les confessions devinrent plus fréquentes, les évêques se déchargèrent de cette fonction, devenue trop pénible, sur un ou plusieurs prêtres, qu'on nommapénitenciers. Commel’évéque, ils ne devaientadimettreà la pénitence publique que ceux dont les fautes avaient eu quelque éclat; la confession et même la pénitence devaient demeurer secrètes lorsqu'elles eussent pu causer quelque scandale, déshonorer le pénitent ou l’exposer à l’animadversion des lois. Mais les pénitenciers n’eurent pas toujours la prudence qu’exigeait leur ministère : un d’entre eux, sous Nectaire, évèque de Constantinople, soumit à la confession publique une femme qui avait péché secrètement avec un diacre. Le scandale causé par cette indiscrétion fit supprimer les pénitenciers et rétablir l’ancienne discipline, non-seulement à Constantinople, mais aussi dans la plupart des autres églises. Quelques années après la confession publique fut entiérement abolie. Jusqu'au treizième siècle, les chrétiens ne connurent d'autre obligation de se confesser que les besoins de leur conscience. Mais les siècles d’ignorance et de barbarie ayant étoufté la piété et multiplié les désordres, la confession fut négligée ou devint abusive. En 1215, le 4° concile de Latran se crut obligé d'ordonner à tous les fidèles, sous les peines les plus sévères, de se confesser au moins une fois dans l’année à leur propre pasteur. Cette loi, renouvelée depuis par le concile de Trente, fait encore la règle de la discipline actuelle. La confession imposait aux hommes un fardeau trop pesant pour qu’elle ne rencontrât pas de nombreux adversaires. Dès le second siècle, les montanistes, et au troisième les novatiens, ne laissant au coupable que le désespoir, refusaient de reconnaître à l’Église la puissance de remettre les péchés les plus graves. Les vaudois, ne donuant de pouvoir qu'aux hommes purs, préféraient pour donner l'absolution un laïc sans péché à un prêtre coupable, ce qui n’eût pas été toujours facile à distinguer. Les f1 agel- Jants trouvaient plus commode de chasser leurs péchés à coups de fouet, en se déchirant le corps avec une folle cruauté. L'erreur des vaudois devint celle de Wicel ef, puis de Jean Hus, de Jérôme de Prague, qui finirent, ainsi que Pierre d'Osma, par regarder la confession comme l’invention des papes. Luther voulut la conserver. Mais la base de l'autorité divine une fois retirée, quel fondement assez solide pouvait maintenir une institution aussi onéreuse ? Elle tomba d'elle-même parmi les luthériens. Cal vin, plus conséquent que Luther, la supprima totalement. Ses disciples, après lai, ont épuisé tous les arguments possibles

DICT. DE LA CONYERS, — T, VI

contre cet usage de l’Église catholique ; plus d’une fois cependant les protestants , effrayés des désordres occasionnés par l'oubli de la confession, essayèrent de la remettre en vigueur.

Il y à une question à faire à ceux qui nient l'institution divine de la confession et son usage dans la primitive Église. On voit qu’elle est pratiquée par les sectes orientales, séparées de l'Église romaine depuis tant de siècles. D'où vient qu’elle se trouve chez elles? Assurément elles n'ont pas pris cet usage dans l’Église romaine , et réciproquement celle-ci n'aurait eu garde d’admettre ce que des schismatiques auraient inventé. On dit qu’elle a été établie par les prêtres ; mais si les hommes ont eu tel crédit sur les fidèles, d’où vient donc que ceux des protestants qui ont voulu la rétablir n’ont pu réussir ? En l’abolissant ils se privaient du bien sensible qu’elle opère dans les personnes et dans les sociétés. Les sectes qui rejettent la confession font encore une objection singulière. Elles prétendent que la confession favorise le relâchement en offrant plus de faculté par la réconciliation. Mais oublient-ils que la confession n’exempte pas de la contrition, puisque sans celle-ci elle devient inutile, selon la doctrine de l’Église catholique? La confession, au contraire, pratique de profonde humilité , n’estelle pas un moyen d'obtenir la douleur, et même une preuve de repentir? Pour nous, nous dirons avec Bossuet que ls confession étant un frein nécessaire à la licence, une source féconde de sages conseils, une sensible consolation pour les âmes affligées , on ne peut croire que ceux qui ont retranché une pratique si salutaire puissent envisager tant de biens sans en regretter la perte:

La plupart des règles monastiques , celles de saïnt Benoït, de saint Colomban , de saint Basile, etc., pour mieux inculquer l’obéissance et l'humilité , assujettissaient les religieux à faire tous les jours leur examen de conscience, en présence de leurs supérieurs, à leur découvrir ce qui se passait dans leur âme, et à se soumettre aveuglément à leurs décisions. Cette pratique a pu être appelée confession, parce qu’elle demande aussi des aveux ; mais elle n’a jamais été confondue avec la confession sacramentelle, et n’a jamais fait partie du sacrement de pénitence. Ce n’est donc que dans . ce sens qu’on doit entendre ce qui a été dit que des abbesses auraient eu la permission d’entendre les confessions de leurs filles. L'abbé C. BANDEvILLE. ]

CONFESSION (Billet de), attestation par laquelle nn prêtre certifie qu’il a entendu quelqu’un en confession. Après * la révocation de l’édit de Nantes, les protestants furent en proie à d’indignes persécutions. Quelques-uns , pour conserver leurs biens et leur liberté, abjuraient le culte proscrit, mais la plupart se rétractaient au lit de mort. Une nouvelle déclaration royale prescrivit les plus terribles pénalités contre les relaps. Des billets de confession furent exigés des malades ou de leurs familles s’ils étaient décédés après leur rétractation. L’ordonnance ou déclaration royale dispose : « Ceux qui dans une maladie refuseront les sacrements seront après leur mort traînés sur la claie, et leurs biens confisqués; et s’ils guérissent, ils seront condamnés à faire amende honorable, les hommes aux galères perpétuelles, les femmes à être renfermées, et leurs biens également confisqués. » L’absence du billet de confession suffisait pour motiver la culpabilité et la condamnation. Rulhière, dans ses Æclaircissements historiques sur l’édit de révocation, ajoute : « Les notes que l’on mit sous les yeux du roi pour l’engager à souscrire cette terrible loi méritent d’être citées. Sur la peine des galères avec confiscation de corps et de biens, il y avait cette note : « C’est la même peine qu’à ceux qui sortent du royaume sans permission. » Sur la peine d’être traîné sur la claie, la note porte la même peine que pour les duels, c’est-à-dire procès à la mémoire, privé de sépulture, traïné sur la claie , et pendu par les pieds. On ajoute « que le concile de Latran a décidé que ceux qui

manquent à faire leurs pâques doivent être privés de la sépulture chrétienne ». Et ces pénalités furent exécutées avec la plus inflexible rigueur.

Aux persécutions contre les protestants succédèrent celles contre les jansénistes. Tout le clergé de France se divisa en accepiants, en appelants et en réappelants. Malheur aux paroissiens dont le curé était acceptant ! les sacrements leur étaient refusés, s’ils n'avaient pas signé le formulaire, et s’ils étaient morts dans l’impénitence finale. Aux vivants comme aux morts il fallait un sillet de confession , aux premiers pour se marier, aux autres pour recevoir les dernières consolations de la religion et la sépulture chrétienne. Le parlement de Paris luttait contre l'archevêque. Le prélat bravait les arrêts de la cour ; et La cour faisait brûler par la main du bourreau les mandements du prélat. Les lettres de cachet, les refus de sacrements et les arrêts du parlement se croisaient dans toutes les directions.

La nation restait indifférente à cette longue polémique, et la civilisation marchait au milieu de ces controverses rétrogrades. Bientôt les rôles furent changés. Le gouvernement avait rendu l’éfat civil aux protestants. Le clergé et le parlement s'y opposèrent. Cette opposition ne produisit qu’un scandale de plus. Les familles protestantes purent s'unir entre elles, et même avec des familles catholiques : il leur suffisait de produire un billet de confession. Aujourd’hui encore le billet de confession est nécessaire pour contracter mariage à l’église; mais ce n’est souvent qu’une vaine formule : le prêtre se contente d’une apparence de confession , d’une promesse de revenir au tribunal de la pénitence; parfois même devant une répugnance trop forte, il s’abandonne à l’échanger contre une offrande. Ce qui prouve que toujours

Il est avec le ciel des accommodements.

Dans un temps qui n’est pas bien loin de nous, le billet de confession jouait un certain rôle politique. Il était nécessaire à l'avancement; nous n’affirmerions pas qu’il ait cessé aujourd’hui d’être au moins une bonne note.

CONFESSION D’AUGSBOURG. Voyez AUGSBOURG ( Confession d’) et PROTESTANTISME.

CONFESSIONNAL. Dans les églises consacrées au culte catholique, on appelle ainsi un ouvrage de menuiserie composé de trois niches ou cellules, séparées par une cloison adossée à un mur, ou à un pilier, couvertes en dôme, en plate-forme ou en amortissement, La niche du milieu a une porte pleine jusqu’à la moitié de sa hauteur, et à clairevoie dans tout le reste. Cette niche contient un siége, et a, de droite et de gauche, des volets battant sur un grillage en bois, à travers lequel on voit dans les niches de côté : celle-ci n’ont point de portes, et ont un accoudoir au lieu de siége. Ces constructions doivent être commodes et simples.

A.-L. Mizuin, de l’Institut,

C’est dans la niche du milieu que se place le prêtre pour recevoir la confession des fidèles. Cé ne fut d’abord qu’un modeste escabeau. Le confessionnal tel que nous le voyons aujourd'hui dans nos églises date des temps modernes. Une naïve miniature du quinzième siècle nous représente un prêtre disposé à entendre les confessions. Il y est assis sur un petit banc; vis-à-vis de lui est un pénitent, qui s'avance poussé par son ange gardien.

CONFESSIONNISTES. C'est ainsi qu’on appelait autrefois les protestants luthériens qui suivaient la confession d'Augsbourg.

CONFETTIL, C’est l'expression générique employée en Italie pour désigner les sucreries de toute espèce, mais surtout les amandes, les noix et autres fruits recouverts de sucre, qui servent, comme on sait, de joyeux projectiles dans les derniers jours du carnaval, alors que l’allégresse est à son comble. Des équipages, des fenêtres et des balcons, il tombe alors une pluie de confetti, de bouquets de

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