CONFÉDÉRATION HELVÉTIQUE — CONFÉRENCE
: CONFÉDÉRATION HELVETIQUE. Voy Suisse.
CONXF ÉRENCE, mot fait du verbe latin conferre, formé de la préposit.on cum, et de ferre, porter. Il s'entend dans deux acceptions assez différentes : 1° de l'acte par lequel on compare deux ou plusieurs choses ensemble, pour voir le rapport ou les différences qui peuvent exister entre elles; 2° des entreliens qu'ont ensemble des ministres, des princes, des ambassadeurs , pour régler les af- : 1ires d'État et les intéréts de la politique, ou bien de sim-
les parlieuliers assemblés pour traiter de leurs affaires 8x ou discuter sur des matières de r eligion, de droit, de science ou de littérature. On dit, dans 16 premier sens, la conférence des ordonnances , des lois, des coutumes, des temps, des textes, des passages, etc. Le mot con/erence, comme celui de concordance, se prend, en ce sens, non-seulement pour l’action dc conférer, de comparer, mais comme désignation spéciale de la chose conférée, ou du corps d'ouvrage, du livre qui renferme l’exlrait ou le résultat des conférences qui ont eu liea sur un objet. Jean Cassin, religieux du quatrième siècle, a publié eu 24 livres les Conférences des Pères du désert; Pierre Guenois, lieutenant à Issoudun (Berri), est auteur d'une Conférence des Ordonnances (1578, 3 vol. in-fol.) et d'une Conférence dés Coutumes (1596, 5 vol. in-fol.).
On nomme conférence chez les méthodistes lautorité ecclésiastique suprème. Cette inslitution. créée par Jobn Wesley, s'assembla pour la première fois en 1744, sous la présidence du fondateur. Elle se réunit tous les ans, ct s: compose de 100 pasteurs, élus par leurs congrégations; non-seulement elle est Chargée de maintenir dans la secte unité de croyance, mais elle nomme aux places vacantes, dirige les voyages des missionnaires, touche et gère tous revenus de chapelles et de biens-fonds.
En fait de conférences politiques ou qui ont pour objet de traiter d’affaires publiques, nous citerons la célèbre conférence qui eut lieu entre les ministres plénipotentiaires de France et d'Espagne (sous Philippe IV) pour la paix des Pyrénées et le mariage de Louis XIV (novembre 1659), dans l'ile des Faisans, formée par la rivière de Bidaossa, et d’où cette ile retint le nom d'£’e de la Cor- Jérence.
Depuis, ce mot a joué un grand rôle en diplomatie. C’est ainsi que nous avons eu les conférences de Londres, devenues si inportantes pour la solution des questions d'où sont sortis les royaumes de Grèce et de Belgique, et qui se composaient des ambassadeurs de certaines puissanees résida nt régulièrement à Londres. Celles qui réglèrent le sort de là Belgique furent tenues pour la première fois le 1er novembre 1830, à la demande du roi des Paÿs- Bas. Ce congrès rédigei successivement le traité dit des 18 ardicles , puis celui des 24 arlicies; mais Autriche, la Prusse et la Russie s'étant prononcées contre l'emploi de tout moyen coërcilif, la France et l'Angleterre agirentseules, et firent accepter aux deux pays le traité du 21 mai 1833.
Frois nouvelles conférences se sont tenues de nos jours à Londres. La première, en 1864, essaya de régler à l'a-
miable les aflaires du Schleswig-Holstein, et se Sépara, le #5 juin, sans avoir pu arrêter la guerre qui avait éclaté eutre la Prusse et l'Autriche et le Danemark. La seconde, en 1867, s'occupa de la question du Luxembourg, et aboulit au traité du 11 mai 1867, qui stipulait la neutralisation du gran l-duché et la démolition des fortifications de sa capitale, La troisième cun/trence de Londres fut provoquée, à l’instigation de la Prusse, par la Russie, qui profila de Fétat d'i impuissance oO 1 la guerre avait jeté la NA pour demander Ja révision du traité de 1856. Plusieurs fois ajournce, la conférence s’ouvrit enfin au mois d: février 1871 et acccepta, par le traité da 13 mars sui-
vant, les réclamations du gouvernement russe contre Ja h° utralisation de la mer Noire.
Après la chute du prince Couza, la conférence de Paris, en 1866, délibéra sur le sort des principautés danubiennes. et fut forcée, en se séparant, d'accepter les faits qui venaient de s'accomplir.
On a donné le nom de conférences à des réunions de commissaires spécialement chargés de traiter des ques- {ions d'utilité européenne ou internationale, et dont les travaux ont amené des conventions diplomatiques De ce nombre sont les conférences tenues à Paris pour l’établissement d’une ligne télégraphique entre l’Europe et l'Amérique méridionale (1863); pour régler la législation des sucres (1864); pour asseoir les bases d’un Code télégraphique international (1865); pour une convention monétaire entre la France, l'Italie, la Belgique et la Suisse (1865). La conférence ou plutôt le congrès de Genève, en 1864, amena un traité pour la neutralisation des hôpitaux et ambulances de guerre. Les nombreux traités de commerce ont été, en général, précédés de conférences douanières entre les Etats intéressés,
A l'exemple des lectures qui se font en Angleterre, on a établi dans ces derniers temps des sortes de léçons publiques ou conférences, faites, en dehors des corps enseignants, sur une partie quelconque-des sciences ou de la liltérature générale, ou même-sur des questions de circonstance. Cette façon d'exprimer ses idées en public se propagea rapidement, et l’on fabriqua pour celui qui y
* avait recours le mot de conférencier. Les premières con-
férences, dues à l'initiative de M. Albert Leroy, furent inaugurées en 1863, dans une salle de la rue de la Paix. On en fit une série d’autres en 1864 dans la salle Barthélemy, au profit des blessés de l'insurrection polonaise: quelques allusions politiques en firent suspendre le cours par le gouvernement, On en ouvrit encore sur plusieurs points de Paris, presque loujours avec succès, notamment sur le boulevard des Capucines, et aujourd'hui on en compte dans toutes les grandes villes de France. Le ministre Duruy établit même en pleine Sorbonne des conférences scientifiques et littéraires, faites par des professeurs et qui se sont continuées depuis 1864 jusqu’en 1869. Suivant ses habitudes tracassières, l'autorité s’est arrogé le droit de réglementer les conférences : la personne qui parle, le sujet qw’elle veut traiter, et jusqu’au localdésigné,
tout est matière à autorisation spéc iale, qui n’est valable que pour une année.
Les conférences judiciaires sont des exercices préparatoires dans lesquels on s’éludie à acquérir les usages du barreau et la facilité d'élocution qu’exige la profession d’avocat. À Paris, ces sortes de réunions sont nombreuses et très-suivies. La conference des avocats stagiaires tient ses séances une fois par semaine dans la bibliothèque 8e EU au Palais de Justice, sous la présidence du bâton-
er: Chaque avocal stagiaire est tenu de s’y présenter en mi et de signer sur un registre destiné à constater les présences. Les questions sont proposées el discutées par les membres de la conférence; le bâtonnier résume les débats, et met aux voix le point liligieux.
Les conférences religi uses sont des discussions entre laïcs ou entre ecclésiastiques de même communion ou de croyances diverses, sur des points religieux, plus ou moins contestés. Pour trouver l’origine des conférences, parmi les chrétiens, il faut remonter aix premiers jours de l’Église, car des lors le schisme et l'hérésie s’efforçaient de lui déchirer le sein. De là, chez les premiers Pères, deux. sortes de conférences : la confér ence écrile et la conÿérence parlée. Telles sont les homélies de saint Augustin, de saint Chrysostôme et de lant d'autres. On peut ranger dans la même catégorie les colloques avec les protes- Lants, et Iles discussions entre ministres de différentes re-: lisions,
On à également donné le nom de conférences à des as-
semblées, très-fréquentes autrefois, où chaque évêque réunissait la plus grande partie de ses prêtres pour les faire disserter sur les points de morale qui se rencontrent le plus fréquemment dans l'exercice du saint ministère. Le résultat de ces travaux fournissait un recueil de décisions dont on formait ensuite un corps d'ouvrage, nommé pareillement conférences. Le plus célèbre de tous ces livres est celui du diocèse d'Amiens, qui forme 16 gros volumes.
Depuis le concordat de 1801, on vit un grand nombre d’ecclésiastiques discuter quelquefois entre eux dans nos ëglises les vérités de l'Évangile. On se rappelle encore les conférences de la Sorbonne, celles surtout de Saint-Sulpice, où l'abbé Frayssinous donna une vive impulsion au mouvement catholique de la jeunesse de cetie époque. Deux orateurs chrétiens ont repris plus tard son œuvre, et les voûtes de Notre-Dame retentissent encore des homélies des abbés Lacordaire et deRavignan, des PP. Felix et Hyacinthe. Ces conférences, du reste, se tiennent chaque année dans la cathédrale à l’époque du carème.
CONFERVES. Ces plantes, qui constituent pour la plupart des botanistes un genre de la famille des acotylédonées hydrophytes, ont été élevées par Bory de Saint-Vincent aù rang des familles naturelles : leur caractère est d’être composées de filaments libres, simples en général, tubufeux, cylindriques, articulés, et présentant des espèces de valvules à chaque articulation. Les conferves sont pénétrées par une matière colorante verte, qui s’agglomère dans leurs tubes en globules de forme et de volume variables suivant les espèces, et semblent en être la substance reproductive ; car ils grossissent dans le tube où ils se sont formés , et, se développant après sa rupture, ils constituent une plante uouvelle, Dans un assez grand nombre d'espèces, les globules ont la singulière propriété de se mouvoir, après qu’ils sont devenus libres, comme le font certains animalcules infusoires; ce. qui les a fait considérer comme intermédiaires aux animaux et aux végétaux, dont ils ont successivement la manière d'être.
Les conferves habitent spécialement les eaux douces stagnantes, rarement les eaux salées, et quelquefois la surface des bois humides et pourris; on les distingue des céramineires et des ulvacées, avec lesquelles elles ont plusieurs points de ressemblance, en ce qu’une fois désséchées elles ne reprennent plus comme ces dernières, par l'immersion un peu prolongée, l'apparence de la vie.
On établit plusieurs genres parmi les conferves, mais pour la plupart mal déterminés; aussi nous bornerons-nous à dire quelques mots de la conferve des ruisseaux ( conferva rivularis, Lin. ), qui fait partie des conferves proprement dites. Cette plante se trouve dans tous les ruisseaux; elle paraît être celle dont Pline à parlé sous le nom qu’elle porte encore aujourd'hui, et à laquelle on attribuait de son temps la singulière propriété de guérir presque instantanément les fractures et les plaies de toutes sortes, non-seulement chez l'homme et les animaux, mais encore chez les végétaux. C’est pourquoi Pline fait dériver le mot conferve du verbe latin conferruminare, qui signifie souder, consolider.
P. GERvAIS.
CONFESSEUR. Ce mot a deux significations principales dans l’Église catholique. Il se dit d’abord d’un prêtre qui reçoit la confession sacramentelle d’un fidèle. 11 ne suffit pas d'être prêtre pour entendre les confessions ; il faut encore avoir la juridiction requise. L'ordination donne Lien au prêtre le pouvoir surnaturel et intérieur pour remettre les péchés; mais ce n’est que de la juridiction qu’il reçoit des sujets sur qui il peut exercer validement ce pouvoir, Cependant tout prôtre, même dégradé, a le pouvoir d'absoudre un mourant quand on ne peut trouver un prêtre ayant juridiction. Le confesseur doit être un ami sincère, un
véritable père pour celui qui le fait confident de ses fai-
blesses. Le secret le plus inviolable eat prescrit aux confes-
CONFÉRENCE — CONFESSION “seurs par le droit canon ; il l'était déjà par le droit naturel,
.que qu’à celui qui a donné sa vie pour la foi. Cependant
Un prêtre ne peut dans aucun cas, sans aucune exception, révéler ce qui lui a été déclaré en confession : c’est la décision du quatrième concile de Latran.
On appelle aussi confesseur celui qui a publiquement confessé et proclamé la foi de Jésus-Christ, qui a souffert pour elle et qui était disposé à lui sacrifier sa vie. C’est ce quidistingue le confesseur du martyr, nom qui ne s’appli-
ces deux noms sont souvent confondus dans les histoires écclésiastiques. Plusieurs pères s'élèvent dans leurs écrits contre ceux qui avaient la présomption de se présenter euxmêmes aux tyrans, et on ne leur donnait pas la glorieuse qualité de confesseur. D’un autre côté, on donnait cette qualification à celui qui avait confessé la foi devant un tyran, même sans souffrir ; à celui qui, après avoir bien vécu, était reconnu pour saint : c'est même ainsi qu’on désigne les saints qui n’ont point le titre d'apôtres, d'évangélistes , de martyrs, de docteurs, ou vierges ; et enfin quelquefois à celui qui avait le rang de chantre et psalmiste. CONFESSION. Ce terme a plusieurs significations. Tantôt il se prend pour louanges ; tantôt il veut dire profession de foi. Une autre acception commune de ce mot dans les auteurs ecclésiastiques est celle de confession prise pour le lieu des églises, ordinairement sous le principal autel, où reposaient-les corps des saints martyrs, et dans lequel on descendait par quelques degrés. On appelle encore confession un oratoire, le lieu où le prêtre confesse, l'habit monastique, etc.
Dans l’Église catholique, on appelle confession la seconde partie du sacrement de pénitence : c’est ce qu'on appelle la confession sacramentelle, et on la définit d’après le catéchisme du concile de Trente : une accusation que le pénitent fait de ses péchés à un prêtre qui a juridiction sur lui, pour en recevoir la pénitence et labsolution. Elle est générale ou particulière, suivant quele pénitent remonte à l’origine de sa vie ou à la dernière absolution qu'il a reçue. On la dit auriculaire quand elle se fait à l'oreille du prêtre, publique lorsqu'elle se fait en public, devant les fidèles. La confession prise ainsi comme partie du sacrement de pénitence est d'institution divine, et a toujours été pratiquée . dans l’Église, Que la confession ait été instituée par Jésus- Christ lui-même, c’est ce que prouvent l'Évangile et la tradition. Au chapitre xvin de saint Mathieu, Jésus-Christ dit à ses apôtres ( et ens’adressant à eux il parle aussi à leurs successeurs ) : «Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel; et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans le ciel. » Au chapitre xx de l'Évangile selon saint Jean, il leur dit aussi et d’une manière plus explicite : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les rétiendrez. » Il est évident qu’il s’agit ici du pouvoir de remettre les péchés, tout le monde l'accorde : on doit accorder aussi qu'il s’agit du pouvoir de les remettre dans la confession ; car comment les connaîtraient-ils pour les remettre et les retenir? Au chapitre v de son épitre, saint Jacques dit aux fidèles : « Confessez vos péchés les uns aux autres. » Il est encore évident qu’il ne dit pas de se confesser à tout le monde; la raison et la prudence défendent également d'aller avouer ses faiblesses au premier venu. On doit donc entendre encore ces paroles de la confession à faire aux prêtres, Aussi lisons-nous dans le chapitre xix des Actes des 4pôtres qu'une mullitude de fidèles venaient trouver saint Paul, et. que ces fidèles confessaient et accusaient leurs péchés. [Au premier siecle, saint Barnabé, saint Clément; au deuxième, saint Irénfe; au troisième, saint Cyprien, Tertullien, Origène ; au quatrième, presque tous les Pères, et en particulier saint Ambroise, forçant par ses larmes ses pénitents à pleurer leurs crimes, attestent que la confession était